Archive pour la catégorie ‘Venezuela’

Haïti: Les divagations de Chavez

Dimanche 24 janvier 2010

Haïti: Les divagations de Chavez

© Le JDD

Pas à une provocation près, le sulfureux président vénézuélien, Hugo Chavez, affirme que le tremblement de terre en Haïti a été provoqué par la marine américaine qui testait une « arme sismique » en mer des Caraïbes.

Hugo Chavez ne recule devant rien. Pourfendeur de « l’impérialisme américain » aussi notoire qu’obstiné, le chef de l’Etat vénézuélien est allé très loin dans la provocation ces derniers jours en attribuant aux Etats-Unis la responsabilité directe du tremblement de terre qui a ravagé Haïti le 12 janvier dernier. Selon le leader populiste, citant des informations en provenance de la déliquescente « flotte russe du Nord » (*), l’US Navy aurait provoqué le séisme en testant en mer des Caraïbes une arme d’un type tout particulier. Il s’agirait en effet de missiles dits sismiques, fonctionnant grâce à des « générateurs impulsionnels à plasma ». Toujours selon le maître de Caracas, le but final de ces expérimentations, qui auraient été initiées par l’armée américaine dans les années 1990 sous le sigle HAARP (pour High Frequency Active Auroral Research Project), serait de « détruire l’Iran grâce à une série de séismes ».

Internet se régale

A la tribune, devant un parterre de militaires et dans des propos relayés par la télévision publique ViveTV, Hugo Chavez a étayé sa démonstration en affirmant que « la semaine dernière, les tests américains ont provoqué un séisme de magnitude 6,5 sur l’échelle de Richter dans la ville d’Eurêka, en Californie, sans faire de victimes ». En revanche, la même expérimentation en mer des Caraïbes a, elle « causé la mort d’au moins 140 000 innocents ». Effet voulu de ces opérations militaires, a continué Chavez, le séisme ainsi provoqué a fourni à Washington l’occasion « d’entamer son invasion humanitaire en envoyant au moins 10 000 soldats pour contrôler, en lieu et place de l’ONU, le territoire haïtien ». Difficile à croire? Visiblement pas pour le leader vénézuélien qui en veut pour preuve la présence en Haïti, avant la catastrophe, du général P. K. Keen, très haut gradé de la Navy, chargé « de superviser les opérations de secours prévisibles ».

Celui qui déconseille à ses concitoyens de chanter sous la douche – pour économiser l’eau – ou qui leur recommande de ne pas acheter des cadeaux de Noël aux enfants – pour endiguer « la folie consommatrice »- n’en est donc pas à une élucubration près. Cette dernière sortie d’Hugo Chavez pourrait même prêter à sourire si le peuple haïtien n’était pas confronté à un drame aussi épouvantable (selon le dernier bilan officiel, plus de 75 000 personnes ont trouvé la mort dans le tremblement de terre). Il n’en reste pas moins que les déclarations du président vénézuélien ont, en quelques heures, fait le tour du net. Et les sites s’intéressant aux conspirations et autres théories du complot – dont celui du Réseau Voltaire, mouvement fondé par le sulfureux Thierry Meyssan et dissous en 2007 – n’ont bien évidemment pas manqué de faire leurs choux gras de ces nouvelles divagations chavistes.

(*) Fleuron de la marine soviétique en son temps, la flotte russe du Nord, stationnée en mer de Barents, représente un aujourd’hui un véritable danger en raison de sa forte concentration en bâtiments nucléaires souvent désaffectés, mais pas toujours désarmés, ni démantelés. En outre, mais seulement selon Hugo Chavez, « la flotte russe du Nord observe les mouvements et activités navales des Etats-Unis dans les Caraïbes depuis 2008″.

Sarkozy reçoit Chavez, l’invite à  ne pas s’enfermer dans un camp

Samedi 27 septembre 2008

Sarkozy reçoit Chavez, l’invite à  ne pas s’enfermer dans un camp

© Reuters – Vendredi 26 septembre

PARIS (Reuters) – Nicolas Sarkozy a invité le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale latino-américaine, à  ne pas « s’enfermer dans un camp », apprend-on auprès de la présidence française.

La France était pour le très prolixe leader antiaméricain l’avant-dernière étape d’une tournée qui l’a conduit à  Cuba, en Chine et en Russie et qu’il achèvera au Portugal.

Selon l’Elysée, le président français a exhorté Hugo Chavez à  ne pas fournir à  ses adversaires prétexte à  le « caricaturer » et l’a invité à  « penser à  l’avenir », alors que l’administration américaine est sur le point de changer.

Cela n’a pas empêché le président vénézuélien de se lancer devant la presse à  une nouvelle diatribe contre les Etats-Unis, dans la cour de l’Elysée, à  l’issue de son entretien de 40 minutes avec Nicolas Sarkozy.

« On est harcelé et attaqué par les Américains », a dit Hugo Chavez, qui a également dénoncé « l’hégémonie du dollar » et accusé les Etats-Unis d’avoir « acheté le monde avec du papier qui n’a pas de valeur réelle ».

Les Etats-Unis veulent régler la crise financière actuelle « en utilisant le même remède, en faisant marcher la planche à  billets, et je doute fortement qu’on puisse régler la crise comme ça », a ajouté le dirigeant vénézuélien, qui a dit compter « sur la sagesse européenne ».

Nicolas Sarkozy avait un temps misé sur Hugo Chavez pour faire libérer l’ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt des mains des Forces armées révolutionnaires colombiennes, avant que l’armée colombienne la libère.

COOPÉRATION

Hugo Chavez a dit avoir félicité le président français pour « son leadership, son action et son dynamisme international » et a soutenu sa proposition d’une remise à  plat du système financier et monétaire mondial.

Il a cependant souligné que si Nicolas Sarkozy était favorable à  un « capitalisme régulé », il voyait pour sa part dans le socialisme la solution aux difficultés actuelles.

Selon l’Elysée, Nicolas Sarkozy a fait part à  son homologue vénézuélien du souhait de la France de développer ses relations avec le Venezuela, soucieux de diversifier son économie.

La France est prête à  des transferts de technologie, notamment en matière de transports et d’énergie, ainsi que dans le domaine de la défense, dans la perspective de lutter contre les trafics dans la région caraïbe, a-t-il fait valoir.

« Nous allons renforcer les relations entre les deux pays », a confirmé Hugo Chavez, qui a notamment mentionné les activités des sociétés pétrolières françaises Total et Perenco au Venezuela, le métro de Caracas et l’industrie automobile.

La coopération entre les deux pays sera examinée lors d’une réunion mixte les 2 et 3 octobre, a-t-il précisé.

Il enfin démenti des rumeurs selon lesquels il avait l’intention de demander l’extradition de l’ancien activiste vénézuélien Ilitch Ramirez Sanchez, alias Carlos, détenu en France et poursuivi par la justice française pour des attentats dans les années 1980.

« Il s’agit seulement de spéculations. Nous n’avons pas discuté de ce sujet. Nous n’avons pas de mandat juridique pour demander l’extradition de Carlos car il n’a pas commis de crime au Venezuela », a-t-il déclaré.

Emmanuel Jarry, édité par Gérard Bon

L’Occident pousse la Russie vers l’Iran et le Venezuela (Nezavissimaïa gazeta, RBC Daily)

Mercredi 3 septembre 2008

L’Occident pousse la Russie vers l’Iran et le Venezuela (Nezavissimaïa gazeta, RBC Daily)

© RIA NOVOSTI

MOSCOU, 1er septembre – RIA Novosti. Il y a trois mois, Téhéran avait déclaré que la première centrale nucléaire iranienne en cours de construction par des spécialistes russes à  Bouchehr pourrait être mise en service dès septembre-octobre, rappellent lundi les quotidiens Nezavissimaïa gazeta et RBC Daily.

Cependant, à  la veille de la visite effectuée aujourd’hui par une délégation d’Atomstroïexport en Iran, la compagnie a refusé de préciser la date de mise en service de la centrale, dont la construction se prolonge indéfiniment. L’Occident menace de punir la Russie pour la guerre en Géorgie, par conséquent, l’intensification de la coopération avec l’Iran dans le domaine nucléaire pourrait être une sorte de réponse à  ces menaces, et une éventuelle monnaie d’échange dans le marchandage avec l’Occident, si ce dernier se résigne à  prendre des sanctions sévères.

« La réaction exagérément sévère de l’Occident, surtout des Etats-Unis, aux actions de la Russie à  l’égard de la Géorgie rapproche certainement Moscou de pays du type de l’Iran et du Venezuela », estime Rouslan Poukhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies. Selon lui, à  un moment donné, « cédant à  l’influence de l’Occident, la Russie a partiellement « trahi » l’Iran, en réduisant le niveau de soutien apporté à  ce pays dans l’arène internationale ». Mais cette politique favorable à  l’Occident pourrait toucher à  sa fin. « A présent, à  la suite des événements dans le Caucase, nous subissons une grande pression, nous avons besoin de partenaires et d’alliés, c’est pourquoi le pendule s’est déplacé de l’autre côté », a déclaré l’expert à  Nezavissimaïa gazeta.

Les sanctions prises par l’ONU à  l’encontre de l’Iran restreignent tous ses contacts avec le monde extérieur dans les domaines para-nucléaire et militaire. Les Etats-Unis et l’UE ont réduit leurs investissements, ce qui n’a d’ailleurs pas touché les petites entreprises, dont les intérêts sont éloignés de la grande politique. « Du point de vue iranien, les rapports avec les compagnies étrangères sont certainement loin d’être idéaux et l’Iran voudrait entretenir des contacts commerciaux normaux, a déclaré au quotidien RBC Daily Mohammed Shakil, expert d’Economist Intelligence Unit. Mais les petites entreprises ont trouvé une brèche dans les sanctions de l’UE et en ont profité, grâce à  quoi la pression de ces sanctions sur l’économie de l’Iran a diminué ».

M. Shakil a souligné que les Iraniens suivraient attentivement l’évolution de la discussion entre les pays de l’UE sur les sanctions à  l’encontre de la Russie. Il estime que l’économie iranienne pressée par les sanctions pourrait servir d’exemple de ce à  quoi conduisent ce genre de restrictions, les principales victimes étant les grandes entreprises européennes.

Cet article est tiré de la presse et n’a rien à  voir avec la rédaction de RIA Novosti.

A Minsk, Chavez fustige l’impérialisme EU

Jeudi 24 juillet 2008

A Minsk, Chavez fustige l’impérialisme EU

© IRIB

Le président vénézuélien Hugo Chavez a profité mercredi d’une visite à  Minsk chez son « frère » Alexandre Loukachenko, pour stigmatiser une nouvelle fois l’ »impérialisme américain et ses valets ». « Nous luttons contre le même adversaire, l’impérialisme américain, contre des pays qui s’en font les valets », a dit Chavez, dont c’est le troisième voyage en Biélorussie. « Nous sommes en train de gagner, mais une longue bataille nous attend encore. Les objectifs des hégémonistes ont été ratés. L’impérialisme américain va continuer à  décliner », a-t-il prédit. « Aucun président d’aucun autre pays n’a fait autant que cet homme pour notre pays depuis notre indépendance. Personne ne mérite plus cette récompense que toi, Hugo. Prends soin de toi », a déclaré plus sobrement Loukachenko en lui accrochant la médaille de la ville à  la poitrine sur la place Simon Bolivar.

Chavez défend les immigrés et menace l’Europe de fermer le robinet de pétrole: stupeur de l’UE

Samedi 21 juin 2008

Chavez défend les immigrés et menace l’Europe de fermer le robinet de pétrole: stupeur de l’UE

© Alter Info

La menace brandie par le président vénézuélien Hugo Chavez jeudi soir de ne plus fournir de pétrole aux Européens est « absolument disproportionnée », a déclaré vendredi devant les journalistes à  Bruxelles le Haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune Javier Solana.

M. Chavez a menacé de suspendre les fournitures de pétrole vénézuélien aux pays de l’UE après le vote mercredi dernier au Parlement européen d’une directive européenne selon laquelle les sans-papiers (immigrés clandestins) pouvaient désormais être retenus dans des centres spéciaux fermés en Europe jusqu’à  18 mois avant d’être expulsés vers leur pays d’origine.

Intervenant à  la télévision nationale, le président vénézuélien a qualifié de « fasciste » la ligne approuvée par l’UE et a déclaré que le « pétrole vénézuélien ne devrait plus aller vers ces pays européens ».

« A mon avis, a dit M. Solana, cette déclaration est absolument disproportionnée ».

Le Venezuela vend le plus gros de son pétrole aux Etats-Unis et ce, en dépit des relations tendues avec ce pays. Il n’est qu’un fournisseur secondaire de brut pour l’Europe. Pourtant, certaines sociétés européennes travaillent au Venezuela, notamment le français Total et le norvégien Statoil.

Chà¡vez rejette « de toute son âme » la directive Retour approuvée par l’Union Européenne

Samedi 21 juin 2008

Chà¡vez rejette « de toute son âme » la directive Retour approuvée par l’Union Européenne

© Alter Info

Lors d’une cérémonie ce jeudi à  Caracas en présence du président élu du Paraguay, Fernando Lugo, Hugo Chà¡vez a rejeté « de toute son âme » la Directive Retour approuvée cette semaine par le Parlement européen. Chà¡vez a averti que les pays qui appliquent cette directive ne recevront plus de pétrole vénézuelien. « Il faut rejeter de toute son âme cette Directive de Retour » regrettant qu’en Europe domine les courants de droite et d’extrême droite, certaines d’entre elles très proches du fascisme et de l’ultranationalisme. Chà¡vez a néanmoins appelé à  ne pas faire d’amalgame entre les gouvernements et les peuples ou les mouvements sociaux qui eux s’opposent à  cette directive qui ordonne l’emprisonnement dans des centres fermés entre 6 et 18 mois sans aucun droit à  un processus juridique. « Il faut rappeler qu’au XXe siècle alors que l’Europe était en proie à  des guerres intestines et à  deux guerres mondiales, les Européens arrivaient pratiquement nus sur des bateaux de marchandises or, aucun d’entre eux n’a été enfermé ou renvoyé en Europe. Ils ont constitué des communautés en Amérique latine et sont complètement intégrés dans nos pays ».

chavez

« Nous ferons respecter la dignité du peuple ».
Pendant la cérémonie qui se tenait au siège de la compagnie pétrolière nationale (PDVSA), Chà¡vez a averti « nous n’allons pas rompre les relations diplomatiques avec le pays qui applique cette directive mais nous ne lui fournirons plus de pétrole ». « Imaginez vous que l’on approuve une Directive de retour des investissements européens. Au moins ici au Venezuela on n’en a pas besoin ». Chà¡vez a précisé qu’il s’agissait d’une position propre du Venezuela. « On verra quelle mesure prendre contre tout pays européen qui applique cette directive de la Honte. » Il a signalé : « Nous ne resterons pas les bras croisés et nous allons appeler les gouvernements d’Amérique latine de gauche comme de droite, les Parlements d’Amérique latine, l’OEA, nos institutions nationales, les institutions africaines, les gouvernements africains pour qu’ils unissent leurs efforts pour lancer un seul cri : respecter la dignité de notre peuple, nous nous la ferons respecter »..
Le Paraguay invité à  l’ALBA
Chà¡vez a invité le président paraguayen à  considérer d’intégrer l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) dont font aujourd’hui partie la Bolivie, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Il a signalé l’augmentation de l’exportation de brut vers le Paraguay dans le cadre du Plan de coopération énergétique mis en œuvre par le Venezuela. « Nous allons envoyer du pétrole au Paraguay et il ne lui manquera pas de dérivés de pétrole ». De son côté Lugo a loué le processus de changement en cours au Venezuela comme participant à  la création « d’un royaume de Dieu sur terre » et a invité Chà¡vez à  son investiture le 15 aoùt. « Je pense que la révolution vénézuélienne n’a pas encore atteint son apogée, c’est le grand défi des vénézuéliens de construire cette révolution » a t-il signalé lors de sa participation avec son homologue vénézuélien à  une cérémonie de remise de fonds pour la construction de logements. Le chef de l’Etat vénézuélien a remercié Lugo et signalé que « nous n’aurons jamais fini de construire le monde que nous voulons mais au moins nous nous y attelons ».

URL: http://www.cadtm.org

Hugo Chavez met en garde contre les machinations américaines

Samedi 31 mai 2008

Hugo Chavez met en garde contre les machinations américaines

© IRIB

Le président vénézuélien a mis en garde contre les démarches divisionnistes de Washington dans son pays. « Soutenue par l’administration Bush, l’opposition vénézuélienne sème la discorde parmi le peuple », a déclaré Hugo Chavez, avant d’ajouter que le peuple vénézuélien déjouera avec vigilance les complots américains. « L’administration Bush et l’opposition cherchent à  embraser les Etats de Tachira et de Zulia, par des attentats à  la bombe, et les opérations menées par leurs sbires. », a réitéré Hugo Chavez.

La 4ème Flotte américaine dans les eaux vénézuéliennes

Samedi 31 mai 2008

De la 2ème Guerre Mondiale à  aujourd’hui

© Mondialisation.ca

Avec les rodomontades des Etats-Unis en direction du Venezuela qui ont désormais atteint un sommet, le Pentagone a décidé de réactiver la quatrième flotte de la Navy dans les Caraïbes, l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud.

C’est une manœuvre audacieuse et elle a déjà  fait naître la controverse au sein de la région au sens large.

Cette flotte, qui commencera à  patrouiller en juillet, sera basée à  la Station Navale de Mayport, à  Jacksonville en Floride, et répondra au Commandement méridional des Etats-Unis à  Miami. Le contre-amiral Joseph Keran, chef actuel du Commandement Naval des Conflits Spéciaux [Naval Special Warfare Command], supervisera les opérations. 11 vaisseaux sont actuellement placés sous le Southern Command, un chiffre qui pourrait augmenter dans le futur. La Navy prévoit d’assigner un porte-avions à  propulsion nucléaire, le USS George Washington, à  cette force.

Il est difficile de voir comment la restauration de la quatrième flotte est actuellement justifiée. Cette manœuvre n’a servi qu’à  s’opposer un peu plus au président du Venezuela Hugo Chavez, déjà  énervé par la violation de l’espace aérien vénézuélien ce week-end par des avions de l’US Navy. Sur le long-terme, les rodomontades du Pentagone pourraient encourager les armées sud-américaines à  affirmer une plus grande indépendance vis-à -vis de Washington, une tendance qui est déjà  bien avancée.

Réagissant avec colère à  l’annonce de la Navy, Chavez a déclaré : « Ils ne nous font pas peur le moins du monde ». Chavez a fait remarquer « en compagnie du Brésil, nous étudions la création d’un Conseil de Défense Sud-Américain » qui défendrait l’Amérique du Sud contre les interventions étrangères. « Si une Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) existe », a posé comme postulat le dirigeant vénézuélien, « pourquoi l’OTAS, l’organisation du Traité de l’Atlantique Sud, ne pourrait-elle pas exister ? »

Bien que la résurrection de la Quatrième Flotte ait conduit beaucoup de personnes à  penser que les Etats-Unis suivent dans la région un cap de diplomatie de canonnière, il y eut une époque où cette force servait sans doute un besoin réel. Quelle est l’histoire de la Quatrième Flotte dans les eaux vénézuéliennes ?

Le Venezuela pendant la Deuxième Guerre Mondiale

A la veille de la 2ème G.M., le Venezuela était le premier exportateur de pétrole du monde et, durant le conflit, les riches champs pétroliers de Maracaibo, situés dans l’Etat de Zulia, à  l’extrême ouest du Venezuela, étaient considérés comme une ressource cruciale, tant par les puissances de l’Axe que les puissances alliées.

Les filiales pétrolières britanniques et américaines de Royal Dutch Shell, Standard Oil et Gulf opéraient en fait depuis longtemps dans le Bassin de Maracaibo, avant le déclenchement des hostilités européennes. Le transport du brut depuis les champs de production de Jersey Standard dans le Lac de Maracaibo se faisait par bateaux-citernes à  faible tirant d’eau. La raffinerie de la Royal Dutch Shell située sur l’île d’Aruba, qui transformait le brut de Maracaibo, avait une importance stratégique puisqu’elle fournissait sa production, non seulement à  la Grande-Bretagne, mais aussi à  la France.

En 1940, la Grande-Bretagne recevait du Venezuela au moins 40% de ses importations totales de pétrole et, durant les premières années de la guerre, ce total a bondi jusqu’à  80%. Le pétrole vénézuélien représentait aussi une denrée vitale pour les Nazis et la capacité de l’Etat allemand à  faire la guerre en Europe. Aussi tard que 1938, le pétrole produit à  Aruba, Curaçao et au Venezuela comptait pour 44% des importations allemandes de pétrole. L’Allemagne n’achetait pas directement le pétrole du Venezuela, mais auprès de compagnies pétrolières américaines et anglo-néerlandaises qui acheminaient le brut vénézuélien vers les raffineries d’Aruba et de Curaçao et qui vendaient ensuite le produit fini en Europe. Le commerce entre le Venezuela et l’Allemagne est resté à  des niveaux normaux mais il a brusquement pris fin en septembre 1939 avec le début du blocus naval britannique de l’Allemagne.

Dès 1940, avec la Grande-Bretagne qui était de plus en plus isolée en conséquence de l’attaque allemande et avant l’entrée des Etats-Unis dans la guerre, le sentiment vénézuélien était profondément anti-allemand. Pendant ce temps, le Venezuela s’est déplacé vers l’orbite américaine et est devenu le principal bénéficiaire de l’aide économique américaine. Les officiels militaires américains préféraient que le Venezuela restât publiquement neutre, dans un effort de prévenir tout mouvement allemand pour pilonner la côte vénézuélienne.

Cependant, la neutralité du Venezuela n’était qu’une fiction légale : en réalité, cette nation sud-américaine avait accordé aux vaisseaux et aux avions américains un accès spécial à  ses ports et à  ses pistes aériennes. Deux jours après l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais, le Venezuela déclara sa solidarité avec les Etats-Unis et, le 31 décembre 1941, cette nation andine rompit ses relations avec les puissances de l’Axe.

Opération « Roulement de Tambour »

Il ne fallut pas longtemps au Nazis, après la décision du gouvernement vénézuélien de vendre du pétrole aux alliés, pour prendre des contre-mesures. Le 12 décembre 1941, Hitler rencontra ses conseillers navals et approuva PAUKENSCHLAG ou « Roulement de Tambour », une opération sous-marine dans les eaux caribéennes de l’Atlantique Nord. En février 1942, les sous-marins allemands sillonnèrent les Caraïbes et firent couler 25 bateaux-citernes en un mois.

Les Nazis étaient principalement concernés par les îles néerlandaises de Curaçao et d’Aruba, des colonies néerlandaises, où les forces étasuniennes avaient érigé des fortifications défensives pour protéger les raffineries qui transformaient le brut de Maracaibo. (Avec une capacité estimée de 480.000 barils/jour de brut, la raffinerie d’Aruba, possédée par Standard Oil of New Jersey, et la raffinerie de Curaçao, possédée par Royal Dutch Shell, dépassaient Abadan en Iran et ses 250.000 barils, le complexe de Bakou en URSS avec environ 230.000 barrels, et les usines les plus grosses aux Etats-Unis, à  Baytown, Port Arthur, Bayonne, Baton Rouge et Whiting, avec plus de 100.000 barils chacune).

Le 15 février 1942, un convoi de bateaux-citernes et de navires quittèrent la Barre de Maracaibo. Les premiers bateaux en ligne étaient le « Monagas », de Mene Grande Oil Company, suivi par le « Tia Juana » et le « Pedernales », appartenant tous deux à  la Lago Petroleum Corporation. Ces bateaux-citernes étaient suivis par le « Rafaela », qui appartenait à  Shell, et le « San Nicolas » et l’ « Orangestad », appartenant à  la Lago Oil and Transport Co, dont le siège se trouvait à  Aruba. Une quantité d’autres bateaux-citernes rejoignirent la colonne.

L’attaque des sous-marins allemands et la création de la Quatrième Flotte

Soudain, un sous-marin allemand torpilla le « Monagas », qui coula immédiatement. Les bateaux-citernes « Tia Juana », « Pedernales », « Rafaela », « San Nicolas » et « Orangestad » furent aussi touchés et essuyèrent des pertes. Le même jour, la raffinerie d’Aruba fut attaquée par un missile tiré d’un sous-marin allemand. Les retombées politiques de l’attaque étaient prévisibles : bientôt, des manifestants en colère descendirent dans les rues de Caracas pour dénoncer l’agression allemande.

En réponse à  l’escalade allemande accélérée dans les Caraïbes, l’US Navy créa la Quatrième Flotte pour pourchasser les sous-marins dans l’Atlantique sud. L’action des Etats-Unis est loin d’être arrivée trop tôt : tandis que la guerre navale faisait rage dans les Caraïbes, le Venezuela subit d’énormes pertes économiques. En conséquence de la perte des bateaux-citernes, la production dans le Bassin du Lac Maracaibo a dù être réduite de près de 100.000 tonnes de brut par jour. En juillet 1942, la situation était encore rude, avec des bateaux-citernes opérant à  seulement un-tiers de leur capacité moyenne de 30.000 barils.

Les attaques allemandes contre la raffinerie d’Aruba marquèrent le début de la Bataille des Caraïbes. Ce ne fut pas avant aoùt 1943 que la Quatrième Flotte fut capable de renverser les rôles dans les eaux vénézuéliennes aux dépens de la menace sous-marine. En 1950, avec les sous-marins qui étaient partis depuis longtemps, l’US Navy a dissout la Quatrième Flotte.

La restauration de la Quatrième Flotte

La Navy soutient qu’elle a besoin de ressusciter maintenant la Quatrième Flotte pour combattre le terrorisme, maintenir les voies maritimes économiques de communication libres et ouvertes, contrer le trafic illicite et pour apporter l’aide humanitaire et les secours contre les catastrophes naturelles.

Toutefois, cette manœuvre arrive à  un moment particulièrement sensible au sein de la région. La Colombie, alliée aux Etats-Unis, a lancé une attaque meurtrière de l’autre côté de la frontière équatorienne, tuant 16 membres de l’insurrection de guérilla des FARC, incluant le numéro deux de l’organisation, Raul Reyes. Le week-end dernier, Chavez a accusé la Colombie de lancer une incursion trans-frontalière, tandis que le Pentagone vilipende régulièrement le Venezuela pour son accumulation d’armes, dont l’acquisition d’avions de chasse de haute performance, d’hélicoptères d’attaque et de sous-marins propulsés au gazole.

Contrairement à  la 2ème G.M., alors que beaucoup de Sud-Américains accueillirent chaleureusement la Quatrième Flotte dans les eaux caribéennes, certains voient la présence navale actuelle des Etats-Unis comme une menace voilée dirigée contre les pays de la « Vague Rose » de la région. Dans une interview donnée à  la télévision cubaine, le président bolivien Evo Morales a fait remarquer que la force navale des Etats-Unis constituait « la Quatrième Flotte d’intervention ».

L’ancien dirigeant cubain, Fidel Castro, a demandé pourquoi les Etats-Unis ont cherché à  faire revivre la Quatrième Flotte à  ce moment précis. Ecrivant dans le quotidien cubain Granma, Castro a suggéré que cette manœuvre constituait un retour à  la diplomatie étasunienne de la canonnière. Castro, dont la nation insulaire a été confrontée à  un blocus naval des Etats-Unis lors de la crise des missiles cubains de 1962, a fait remarquer : « Les porte-avions et les bombes nucléaires qui menacent nos pays servent à  semer la terreur et la mort et non à  combattre le terrorisme et les activités illégales ».

Les États-Unis reconnaissent avoir violé l’espace aérien du Venezuela

Jeudi 22 mai 2008

Les États-Unis reconnaissent avoir violé l’espace aérien du Venezuela

© Ahora.co.uk

Les États-Unis ont reconnu officiellement qu’un avion de l’US Navy a violé l’espace aérien du Venezuela. Les ministres vénézuéliens des Affaires étrangères et de la Défense avaient dénoncé ce lundi cette violation de l’espace aérien vénézuélien à  la hauteur des îles Orchila et Aves.

Un communiqué de la Force inter-agences des États-Unis affirme qu’un « appareil S-3 Viking états-unien qui participait à  une opération antidrogue a perdu ses points de repère de navigation, ce qui l’a conduit à  voler dans l’espace aérien vénézuélien ».

Selon le commandant Jeffrey Gordon, porte-parole du Pentagone, l’appareil en question aurait « eu des problèmes » alors qu’il se trouvait en mission dans l’espace aérien international, à  proximité de Curaçao.

Le commandant Gordon a dit que les autorités aériennes du Venezuela avaient contacté par radio l’équipage de l’appareil militaire US pour lui faire savoir qu’il se trouvait dans l’espace aérien vénézuélien.

« Notre équipage a répondu rapidement en fournissant des informations, y compris le fait qu’il s’agissait d’un avion de l’US Navy, son code de vol, qu’il volait dans l’espace aérien international dans le cadre d’une mission qui avait commencé à  Curaçao et qu’une erreur de navigation avait eu lieu », a déclaré le commandant Gordon.

Les ministres vénézuéliens de la Défense, Gustavo Rangel, et des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, avaient dénoncé lundi cette violation de l’espace aérien de leur pays.

Au cours de cette dénonciation, le ministre vénézuélien de la Défense avait rappelé que « l’espace aérien au-dessus de l’île de La Orchila est interdit à  tout appareil, civil ou militaire, et cela est signalé sur toutes les cartes de navigation aérienne ».

Après avoir fourni à  la presse le contenu du dialogue entre l’équipage de l’avion de l’US Navy et la tour de contrôle de l’aéroport vénézuélien de Maiquetia, le ministre vénézuélien de la Défense avait déclaré : « A la fin de la conversation, le pilote dit qu’il n’était pas conscient de sa position, mais nous croyons que ce n’est pas le cas ».

« Nous estimons qu’il s’agissait d’une action consciente de la part de l’US Navy et que c’est en fait un autre maillon dans la chaîne de provocations contre notre pays », avait-il souligné.

Samedi dernier, une force militaire colombienne composée de 60 soldats armés avait pénétré illégalement dans l’Etat vénézuélien d’Apure, dans le sud-ouest du Venezuela.

Hugo Chavez accuse les avions américains impliqués dans la lutte anti-drogue de surveiller le Venezuela

Jeudi 22 mai 2008

Hugo Chavez accuse les avions américains impliqués dans la lutte anti-drogue de surveiller le Venezuela

© AP – Jeudi 22 mai

CARACAS – Le président vénézuélien Hugo Chavez a accusé mercredi les Etats-Unis de surveiller le territoire de son pays à  l’aide des avions impliqués dans des opérations anti-drogue dans la région.

Selon M. Chavez, un avion de la marine américaine qui a pénétré l’espace aérien vénézuélien récemment était en fait en mission d’espionnage contre le Venezuela. Il a ajouté que des avions de chasse vénézuéliens se tenaient prêts à  défendre la souveraineté du pays.

« Ils espionnent, testant même notre capacité à  riposter », a déclaré le président lors d’un discours télévisé. « Nous n’allons pas permettre la violation de notre souveraineté ».

L’avion américain a été repéré samedi, et les autorités vénézuéliennes ont contacté son équipage par radio. Selon M. Chavez, les chasseurs vénézuéliens ont « allumé leur réacteurs » peu après la détection de l’avion.

L’ambassadeur américain à  Caracas, Patrick Duddy, a reconnu qu’un S-3 de la marine a effectivement pénétré l’espace aérien vénézuélien alors qu’il effectuait une mission de reconnaissance liée aux efforts contre le trafic de drogue dans la région, mais a affirmé qu’il s’agissait d’une erreur de navigation. Il s’est vu remettre une lettre de protestation de la part du ministre des Affaires étrangères vénézuélien Nicolas Maduro. AP