Archive pour la catégorie ‘Union Sud-Américaine’

Wiki: Union des Nations sud-américaines

Mercredi 11 juin 2008

Union des Nations sud-américaines

© Wikipedia

L’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) est une organisation supranationale économique et politique qui comprend les douze pays d’Amérique du Sud. Elle a été officiellement créée le 23 mai 2008, lors d’un sommet à  Brasilia. La chef d’État chilienne Michelle Bachelet en a été élue présidente pour une année[1].

Conditions d’émergence

Ce projet a pris naissance dans un contexte d’opposition au ZLEA, « Initiatives pour les Amériques », lancé par George Bush en 1990 puis concrétisé en 1994 au Sommet des Amériques, et donc dans un contexte d’opposition à  l’ingérence nord-américaine dans les affaires politiques et économiques latino-américaines. À court terme, il vise notamment à  contourner le recours à  l’Organisation des États américains (OEA), dont les États-Unis sont partie prenante, lors du traitement de problèmes spécifiquement sud-américains[2].

Les douze pays concernés ont signé le 8 décembre 2004 la Déclaration de Cuzco visant à  la réunion du Mercosur, de la Communauté andine, du Chili, du Guyana et du Suriname en une seule communauté supranationale, la Communauté sud-américaine des nations (CSN), sur le modèle de l’Union européenne.

Celle-ci a été rebaptisée Union des Nations sud-américaines lors du premier sommet énergétique sud-américain organisé au Venezuela à  la mi-avril 2007.

Outre une communauté économique, le projet inclut à  terme :

- une monnaie commune ;
- une citoyenneté et un passeport commun ;
- un parlement commun.

Cet ensemble représentera, si elle se concrétise, une population de 360 millions d’habitants et sera, en superficie (17 millions de km²), la plus vaste union économique, monétaire et politique du monde.

Nations participantes

12 membres unasur

De Cuzco (2004) à  Brasilia (2008)

Mercredi 11 juin 2008

Unasur : lente et ambitieuse Union des nations sud-américaines

© Latin Reporters

unasur

BRASILIA, vendredi 30 mai 2008 (LatinReporters.com) – De l’intention unitaire exprimée en décembre 2004 à  Cuzco (Pérou), les 12 pays de l’Amérique du Sud sont passés à  la signature, le 23 mai 2008 à  Brasilia, du Traité constitutif de l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Les trois ans et demi séparant ces deux étapes initiales suggèrent que l’approfondissement de l’Unasur sera aussi lent que celui de l’Union européenne, dont elle s’inspire. Le Brésil est le principal promoteur de ce processus qui reflète et accentue sa montée en puissance sur la scène mondiale.

« Nous avons décidé de former la Communauté sud-américaine des nations » (CSN) disaient en 2004 dans la Déclaration de Cuzco les chefs d’Etat sud-américains. Le 23 mai dernier à  Brasilia, la naissance officielle de l’Unasur qu’ils concrétisaient était en fait celle de la CSN sous un autre nom.

Sur le papier, une même personnalité juridique régionale unit désormais les pays du Mercosur (marché commun regroupant Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et bientôt le Venezuela), ceux de la Communauté andine (Colombie, Pérou, Equateur et Bolivie), ainsi que le Chili, le Surinam et la Guyana.

Leur ambition proclamée est de « construire une identité et une citoyenneté sud-américaines et développer un espace régional intégré dans les domaines politique, économique, social, culturel, de l’environnement et des infrastructures ». Le Traité constitutif inscrit cette intégration dans « le renforcement du multilatéralisme » et la construction d’un « monde multipolaire ». En clair, il s’agit de s’affranchir davantage de l’influence de Washington et de parler d’une seule voix qui serait mieux écoutée, notamment aux Nations unies et à  l’Organisation mondiale du commerce.

Plus que régionale, l’assise de cette ambition se veut quasi continentale, puisqu’à  partir de la 5e année de l’entrée en vigueur du Traité constitutif, les autres Etats d’Amérique latine et ceux des Caraïbes qui le sollicitent pourront adhérer à  l’Unasur. Il leur est déjà  offert de s’y associer. L’Amérique centrale, le Mexique, Cuba et ses voisins insulaires ont donc la faculté théorique, voire utopique, d’élargir la nouvelle union jusqu’à  la frontière sud des Etats-Unis.

Les 12 pays fondateurs de l’Unasur couvrent 17,6 millions de km² et abritent 382 millions d’habitants, dont le PIB par tête, estimé en avril par le Fonds monétaire international (FMI), sera en 2008 de 7.557 dollars. A titre de comparaison, les 27 pays de l’Union européenne s’étendent sur 4,4 millions de km², comptent 494 millions d’habitants avec un PIB par tête estimé pour cette année, toujours selon le FMI, à  26.742 dollars, trois fois et demie celui des Sud-Américains.

Le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement est l’organe suprême de l’Unasur. A Brasilia, la présidence rotative annuelle a été confiée à  la présidente du Chili, la socialiste Michelle Bachelet. Elle revenait en principe à  la Colombie, mais son président, le conservateur Alvaro Uribe, y a renoncé « par prudence » au vu des difficultés l’opposant à  ses homologues du Venezuela, Hugo Chavez, et de l’Equateur, Rafael Correa, accusés par Bogota de soutenir la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

Le Traité constitutif doit être ratifié par les parlements des Etats signataires. Il confirme l’installation du Secrétariat général de l’Unasur à  Quito, capitale de l’Equateur, et celle du futur Parlement sud-américain à  Cochabamba, en Bolivie. Deux institutions clefs siégeront donc dans des pays aujourd’hui partisans du socialisme radical dit bolivarien instauré au Venezuela.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et son homologue vénézuélien Hugo Chavez sont les deux personnalités les plus en vue de l’Unasur. Si l’intégration politique et économique de l’Amérique du Sud pour faire contrepoids à  la prépondérance des Etats-Unis est la ligne directrice de leur politique étrangère, Lula observe toutefois une prudence sociale-démocrate qui contraste avec l’antiaméricanisme exacerbé du président Chavez et son mépris de l’économie de marché.

L’envergure géographique, économique et diplomatique du Brésil le porte naturellement à  assumer de fait, dans le sous-continent sud-américain, le rôle de puissance dominante ou pour le moins de partenaire indispensable. Washington considère cette influence comme stabilisatrice face à  l’expansion de la gauche radicale.

Outre l’approbation du Traité constitutif de l’Unasur, le Brésil souhaitait, au sommet de Brasilia du 23 mai, le lancement d’un Conseil de défense sud-américain. Il a été renvoyé à  une nouvelle analyse en fonction des réticences de l’Uruguay et surtout de l’opposition de la Colombie. Bogota croit que la « menace terroriste » des FARC sur son territoire, non qualifiée comme telle pas les autres pays sud-américains et même soutenue par certains d’entre eux, exclut de fait toute coopération militaire. Pour les questions de sécurité régionale, la président colombien Alvaro Uribe, appuyé militairement par Washington, s’en remet à  l’Organisation des Etats américains (OEA), dont sont membres les Etats-Unis.

Un autre problème de fond, à  la fois politique et commercial, s’est reflété dans la démission, à  la veille du sommet de Brasilia, du premier secrétaire général de l’Unasur, l’ex-président équatorien Rodrigo Borja. Il dénonce la résistance de dirigeants sud-américains à  son projet de placer le Mercosur et la Communauté andine sous l’égide de l’Unasur.

Le principal handicap de la nouvelle union régionale est le choc en son sein de modèles de société antagonistes. En Europe, le consensus, du centre gauche au centre droit, sur le modèle d’économie sociale de marché fut et reste un ciment essentiel de l’Union européenne. Ce modèle est relativement suivi par la majorité des pays de l’Unasur, y compris ceux relevant d’une gauche modérée (Brésil, Chili, Uruguay et, avec des nuances, l’Argentine), mais il est combattu par la gauche radicale qui instaure progressivement un néocollectivisme d’Etat au Venezuela, en Equateur, en Bolivie et dès aoùt prochain au Paraguay si son président élu, Fernando Lugo, confirmait ses sympathies pour le modèle dit bolivarien.

Traité constitutif de l’Unasur (espagnol)

Traité constitutif de l’Unasur (espagnol)

Fondation de l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR), à  Brasilia

Mercredi 11 juin 2008

Fondation de l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR), à  Brasilia

© Le Grand Soir

La Havane, 23.05.08 (acn) Les chefs d’Etat de l’Amérique du sud réunis en sommet extraordinaire dans la capitale brésilienne ont signé ce vendredi l’Acte de constitution de l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR), qui rassemble désormais les 12 pays de la région.

« Ce traité constitue le point de rencontre des pays de notre Amérique », a déclaré Evo Morales, président de la Bolivie, qui a présenté ce document en tant que président sortant du groupe.

Pour le président du Brésil, Luis Inacio Lula da Silva, l’UNASUR « fera partie des projets nationaux de développement » des Etats membres.

Dans son discours d’ouverture du sommet sud-américain de Brasilia, le président brésilien Luis Inacio Lula a proposé officiellement la mise en œuvre d’un conseil sud-américain de défense, rapporte l’agence Prensa Latina.

« Je propose la tenue, pendant le second semestre, d’une rencontre visant à  mettre au point les objectifs et le fonctionnement du conseil (…) Ensemble, nous serons plus souverains », a souligné le chef d’Etat brésilien.

Le président bolivien Evo Morales a défini le sommet sud-américain de Brasilia comme une rencontre « historique » en faveur de la concrétisation de « la grande union sud-américaine ».

Dans son discours de présentation de l’Acte de constitution de l’UNASUR, le président Evo Morales a relevé que « l’Amérique du Sud est plurinationale », en allusion aux nombreuses communautés amérindiennes qui peuplent ce continent.

La présidente du Chili, Mme Michelle Bachelet, qui a assumé à  Brasilia la présidence tournante de l’UNASUR, a estimé pour sa part que la constitution de ce groupe « est un pas dans la directe correcte ». Elle a ajouté que la formation de ce bloc de pays permettra de faire avancer le processus d’intégration des nations latino-américaines en général.

L’Acte de constitution de l’UNASUR, signé ce vendredi 23 mai 2008 par l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l’Uruguay et le Venezuela, devra être ratifié par les parlements des Etats signataires.

ACN