Archive pour la catégorie ‘Union Européenne’

La Grèce s’est-elle ruinée ou a t-elle été conduite par d’autres à la faillite ?

Mardi 9 mars 2010

La Grèce s’est-elle ruinée ou a t-elle été conduite par d’autres à la faillite ?

© Voltairenet

par Karl Müller

Alors que le discours dominant impute la situation économique critique de la Grèce à une mauvaise gestion camouflée par un trucage des comptes publics, Karl Müller l’analyse comme la conséquence de politiques extérieures au pays. Classiquement, il met en cause le rôle des agences de notation pour favoriser la spéculation. Surtout, et c’est beaucoup plus moins connu, il met en cause la politique économique agressive de Berlin qui a enrichit l’Allemagne au détriment de ses plus petits partenaires de la zone euro.

Athènes, début février 2010. Partout dans cette ville de plus de 3 millions d’habitants qui explose littéralement, on rencontre des gens aimables, ouverts, communicatifs et travailleurs. Sont-ils responsables de ce que l’Union européenne cloue leur pays au pilori ? Est-ce leur faute si depuis quelques se­maines, leur pays fait la une des journaux de ma­nière si négative ? Ou les vrais respon­sables se trouvent-ils ailleurs ?

Qui sont ces fameuses « agences de notation » ?

Le 11 février, le président du groupe socialiste du Parlement européen Martin Schulz a, au cours d’une interview au Deutsch­landfunk, déclaré ceci : « Vous avez mentionné les agences de notation qui, semble-t-il, ont abaissé la note de solvabilité de la Grèce. Je voudrais bien parler ce matin avec les chefs d’Etat et de gouvernement [ils se sont réunis le 11 février pour s’entretenir de la crise financière de la Grèce] pour savoir qui sont ces agences de notation et quel intérêt elles ont à déclarer que les mesures sont inefficaces, qu’il faut augmenter le taux d’intérêt des prêts qui seront accordés un jour ou l’autre soit par des pays soit par des banques privées. Quelqu’un va les recevoir, ces intérêts, mais qui ? Qui a intérêt à ce qu’on augmente les taux ? Les agences de notation. Mais qui sont-elles ? C’est une de ces petites questions que je pose en passant car on n’en débat jamais. »

La faute incombe-t-elle aux spéculateurs sur les monnaies ?

Rudolf Hickel, spécialiste de gauche des questions financières, a exprimé ses craintes en déclarant le 11 février au Spiegel Online : « Une faillite de la Grèce pourrait causer la ruine de tout le système de l’euro ». Selon le média allemand, toute l’agitation à propos de la Grèce a été provoquée volontairement par ceux qui spéculent sur les monnaies, « car les bénéficiaires d’une éventuelle faillite de l’Etat sont avant tout ceux qui spéculent en Bourse sur les monnaies. Selon Hickel, « plus le pays est petit, plus il est livré brutalement aux spéculateurs. […] Après la Grèce, l’Espagne et l’Italie seront dans la ligne de mire des spéculateurs. »

Le capital financier agit de son propre chef

Pour le chef des socialistes européens, c’est un dilemme : d’une part, ils s’accrochent de toutes leurs forces à l’UE et à l’euro pour leurs projets de gouvernement mondial. D’autre part, le capital financier — les res­ponsables socialistes sont toujours à son service — agit de son propre chef et on ne sait jamais avec certitude pour ou contre quoi il se décide dans tel ou tel cas. Actuellement, pas tellement pour l’euro, mais plutôt pour le dollar ? On dit que les Etats-Unis vont, cette année, lancer pour 2,5 billions d’emprunts d’Etat. C’est énormément d’argent et la concurrence augmente sur les marchés financiers. En tout cas, cela donne un coup de fouet aux affaires. Hickel dit simplement : « Les spéculateurs ne visent pas un cours particulier de l’euro qui reflèterait adéquatement l’activité économique. Ils tirent beaucoup plus de profits d’un cours extrêmement instable. » Selon le Neue Zürcher Zeitung du 11 février, la Bourse des marchés à terme de Chicago, qui est déterminante pour le négoce des dérivés monétaires, parie actuellement plus que jamais contre l’euro.

On fait des affaires avec les intérêts

On fait aussi des affaires avec les intérêts. En avril et mai 2010 seulement, des emprunts de l’Etat grec à hauteur d’environ 40 milliards arrivent à échéance qui devront être remboursés au moyen de nouveaux emprunts, de nouveaux crédits, cependant plus à 3% mais à 6% environ. Les prêteurs appellent cela « prime de risque » à cause de la dette publique grecque. A vrai dire, ils doublent ainsi leurs profits car jusqu’ici, la Grèce a toujours payé. Il paraît que cette année, un total de 2,2 billions d’emprunts d’Etat arrive à échéance dans le zone euro. Une grande partie devra être financée en recourant aux marchés financiers. Si le monde de la finance réussissait ici aussi — au Portugal, en Italie et en Espagne et également en France et en Belgique, peut-être même en Allemagne — à faire grimper les taux d’intérêt, avec l’aide des agences de notation ? 1% de plus, cela représente déjà 22 milliards d’euros. Ce serait une affaire formidable … en tout cas aussi longtemps que les peuples et les Etats participeront à ce jeu sinistre. Et qu’est-ce qui se passerait si l’euro ne pouvait plus être soutenu, si l’UE s’effondrait et si par exemple la Grèce ne remboursait plus ses dettes qu’à des conditions équitables ?

L’Allemagne a profité de l’euro … au détriment d’autres pays

L’Allemagne avant tout perdrait énormément de sa puissance. Son industrie exportatrice tout particulièrement a profité considérablement jusqu’ici de l’UE et de l’introduction de l’euro. Actuellement, les exportations représentent environ 50% du PIB.

Le journal Junge Welt titrait même, le 9 février : « Faillite made in Germany. La me­nace d’effondrement des finances publiques d’Etats d’Europe du Sud est la consé­quence directe de la politique agressive de l’Allemagne en matière de commerce extérieur ». Dans l’article, on pouvait lire ceci : « Depuis des décennies, Berlin mène une politique économique agressive fondée sur les exportations. […] Le plus grand débouché pour le capital allemand, c’est l’UE. […] La monnaie commune européenne a privé les pays de la zone euro exposés à cette offensive exportatrice allemande de la possibilité de rétablir la compétitivité de leur économie en procédant à une dévaluation de leur monnaie. L’énorme déséquilibre économique qui en est résulté se manifeste de manière éclatante à travers la Grèce, cette candidate à la faillite qui, en 2008, a importé des marchandises alle­mandes pour 8,3 milliards d’euros alors que ses exportations ne s’élevaient qu’à 1,9 milliard d’euros.

Pour l’auteur de l’article, une cause importante du « succès » allemand réside dans une « stratégie d’appauvrissement du marché intérieur : Entre 2002 et 2008, les salaires bruts ont augmenté en moyenne de 15,2% en Allemagne, mais de 31,9% dans l’ensemble des pays de l’UE. »

L’euro conduit à un contrôle total des Etats de l’UE

La grande industrie allemande « a besoin » de pays comme la Grèce, mais à la longue, cela ne fonctionne que si la politique alle­mande peut contrôler de plus en plus ces pays. Et c’est à cela que sert l’actuelle politique de la carotte et du bâton : le bâton des restrictions pour la population, celui du contrôle par des commissaires européens pour le gouvernement. Le nouveau président de l’UE Hermann van Rompuy a déclaré après le sommet de Bruxelles : « Nous demandons au gouvernement grec d’appliquer toutes ces mesures de manière rigoureuse et déterminée. » Mais la carotte a également été présentée lors de la réunion du 11 février des chefs d’Etat et de gouvernement : « Nous n’abandonnerons pas la Grèce », a déclaré la Chancelière allemande Angela Merkel (communiqué officiel).

Cela veut dire que l’Allemagne fait savoir qu’en cas d’insolvabilité de la Grèce, elle est prête à l’aider financièrement … afin de soutenir l’euro et mais sans doute pas par solidarité.

Et quel en est le prix ? L’inflation ? Encore plus de sacrifices pour le contribuable allemand, et avant tout au détriment des travailleurs ? Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies (CEPS) de Bruxelles, a fait savoir au Manager Magazin allemand en quoi consistait la « maîtrise de la crise » dans des pays comme la Grèce : « Il s’agit précisément de baisse des salaires dans le secteur privé. C’est pour moi l’essentiel. » Et il ne pensait pas seulement à la Grèce.

Les leaders socialistes européens vont louer cela comme étant un acte de solidarité. Les chefs de gouvernement socialistes des Etats européens, à la veille de la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement, avaient demandé une « aide » d’urgence pour la Grèce (et les autres pays du sud de l’Europe dont il était question à la une des journaux). En effet notons-le bien : les socialistes européens veulent aussi l’UE et l’euro.

Le gouvernement allemand aspire-t-il à un statut de puissance mondiale ?

Revenons encore une fois à l’Allemagne. L’Agence de Renseignement privée états-unienne Stratfor Global Intelligence a publié le 8 février une analyse intéressante sur le rôle de l’Allemagne en Europe et dans le monde (« Germany’s Choice »). Pendant des décennies, l’Allemagne a été le trésorier (coupable) de l’Europe sans y jouir d’un poids politique réel, mais maintenant, elle n’est plus un « observateur passif muni d’un carnet de chèques ». Merkel est la première Chancelière qui gouverne « libérée du poids des péchés passés ». Elle n’est plus disposée à payer pour l’Europe « au détriment des intérêts allemands ».

Mais elle paiera malgré cela, ou plutôt à cause de cela, pour la Grèce. Il serait certes « intelligent » que l’Allemagne cesse de payer et que l’UE et l’euro s’effondrent, mais sans l’UE et l’euro, l’Allemagne ne pourrait plus prétendre au statut de puissance mondiale. (A vrai dire, la population n’y tient pas.) Cependant, le gouvernement Merkel y tient et le prix que les autres Etats de l’UE doivent payer pour cela est le contrôle absolu de l’Allemagne sur la Banque centrale européenne et par là même sur les budgets de tous les pays de la zone euro.

Mais ne voyons-nous pas se profiler ici une mégalomanie qui s’était déjà mani­festée jadis en Allemagne ? Qu’est-ce qui rend le gouvernement allemand si certain qu’il ne pourra pas se trouver bientôt au bord de la faillite ? Où existe-t-il des plans sinistres de la droite et des Verts en vue d’un renouveau « allemand vert » qui ne recule devant rien ?

Mais revenons à la Grèce. Lors des manifestations contre le plan de rigueur imposé par l’UE au nouveau gouvernement, on pouvait lire ou entendre des slogans comme « Nous n’accepterons pas le chômage et la pauvreté pour permettre au capital monopoliste de faire de gros profits » ou : « Nous ne payerons pas un centime pour la ploutocratie ». Le secrétaire général du syndicat grec des fonctionnaires Adedy a déclaré : « Ils ont promis que les riches paieraient mais au lieu de cela, ils se servent chez les pauvres. C’est cette politique que nous combattons, pas la tentative de surmonter la crise. »

Les Grecs en ont assez de l’UE

La Grèce a-t-elle une chance de s’en tirer au sein de l’UE et de la zone euro ? Guère ! Un article paru dans le Neue Zürcher Zeitung du 12 février et intitulé « La zone euro, zone de conflits » a une fois encore rappelé un défaut fondamental de l’euro : Contre toute raison économique, l’introduction de l’euro devait permettre de créer un super-Etat européen. L’euro devait contraindre les Etats à harmoniser de plus en plus leurs politiques. Mais c’était chimérique dès le début : « Les tensions au sein de l’union monétaire européenne sont plus ou moins le résultat du fait que les politiques ont toujours vu dans l’union monétaire un instrument destiné à accélérer et à imposer l’intégration politique de l’Europe. On a fait un usage abusif de l’institution moné­taire afin de viser des objectifs situés au-delà de la politique monétaire, ce qui représente un danger pour la stabilité de la monnaie et pour l’économie. »

Il est possible que si la Grèce sortait de l’UE, elle subirait dans un premier temps un certain nombre d’inconvénients écono­miques et autres, mais si elle reste dans l’UE, les inconvénients se multiplieront considérablement. Les Athéniens disent qu’ils en ont assez de l’UE, et c’est normal. Ne se fier qu’à ses propres forces et jouir de la liberté est plus digne que mener de plus en plus une vie d’esclaves.

Karl Müller

Nicolas Sarkozy plaide à nouveau pour une politique industrielle européenne

Vendredi 5 mars 2010

Nicolas Sarkozy plaide à nouveau pour une politique industrielle européenne

© Euractiv.fr

« Les temps sont venus, il suffit de bien y réfléchir ». Le président de la république a déclaré, jeudi 4 mars, à Marignane, devant un parterre de représentants d’industries, qu’il allait demander à la Commission et au Conseil européen de « prendre des initiatives pour une véritable politique industrielle européenne ».

Le thème de la politique industrielle de l’UE est cependant d’ores et déjà sur la table, notamment dans la perspective de la mise en place de la nouvelle stratégie économique de l’UE pour 2020. Mais les ministres en charge de l’industrie, réunis à Bruxelles le 1er mars, n’ont pour le moment lancé que des pistes de réflexions floues.

Derrière ce plaidoyer pour une politique industrielle commune, l’objectif affiché par Nicolas Sarkozy est d’éliminer les distorsions de concurrence entre les entreprises européennes et leurs homologues chinoises ou américaines. « Il est invraisemblable que l’Europe interdise le soutien des Etats aux industries exportatrices alors que ses concurrents asiatiques déploient des financements massifs sur leurs territoires comme sur les marchés mondiaux », a déclaré le président français.

La part des exportations européennes a baissé d’un quart depuis l’an 2000, a précisé Nicolas Sarkozy. « Nous ne pouvons pas être la seule zone économique mondiale qui applique unilatéralement les préceptes du libre échange, en parfaite méconnaissance du comportement de ses grands concurrents », a-t-il ajouté.

Le droit communautaire interdit aujourd’hui le versement de subventions à l’exportation, pour éviter les distorsions de concurrence au sein du marché intérieur européen. « Indirectement, il est vrai que cela peut avoir des effets négatifs et empêcher de promouvoir des champions européens à l’exportation. Mais tant qu’on n’aura pas une politique industrielle au niveau européen, on ne pourra pas assouplir ces règles », explique Claire Vanini, avocate au cabinet Francis Lefebvre.

Plus largement, le président français a insisté sur son souhait de voir les règles de la concurrence européenne assouplies. Nicolas Sarkozy a en effet critiqué la vision européenne de la concurrence « marché par marché », estimant que c’était une « erreur majeure ». « Il faut une industrie européenne, donc il faut analyser les parts de marché pour libérer la concurrence au regard du marché européen ». « Je veux d’abord qu’évolue la conception de la concurrence européenne », a-t-il martelé.

Au plan communautaire, la Commission européenne est compétente sur les questions de concurrence. En France, les autorités de la concurrence sont chargées de veiller au respect des règles. La posture du président de la République « est très politique mais on sait qu’elle ne se traduira pas en termes juridiques. Et si on fait un parallèle avec M. Almunia, ils ne sont clairement pas sur la même longueur d’onde », estime Claire Vanini.

Dans un discours prononcé à Paris le 16 février, peu de temps après son investiture, le nouveau commissaire à la Concurrence a effectivement expliqué qu’il était favorable à une application rigoureuse des règles de la concurrence, notamment en temps de crise.

Clémentine Forissier

Pas de patate OGM en France « dans l’immédiat »

Mercredi 3 mars 2010

Pas de patate OGM en France « dans l’immédiat »

© NouvelObs.com

Alors que la décision de la Commission européenne relance le débat sur l’innocuité des OGM, BASF annonce que sa pomme de terre Amflora ne sera proposée qu’aux pays « prêts à l’utiliser ».

La pomme de terre génétiquement modifiée du groupe allemand BASF, autorisée mardi par la Commission européenne, ne sera pas proposée en France dans l’immédiat, a déclaré mardi 2 mars BASF dans un communiqué.

Amflora « est destinée aux pays qui sont d’ores et déjà prêts à l’utiliser », indique le groupe qui cite la Suède, les Pays-Bas, la République Tchèque et l’Allemagne.

« BASF n’a pas prévu, à ce jour, de la proposer aux industriels français et souhaite tenir compte des particularités et des demandes de chaque pays », a ajouté le groupe.

Interdiction nationale en Autriche

Le ministre autrichien de la Santé, Alois Stöger, va interdire la culture dans son pays de la pomme de terre génétiquement modifiée autorisée par Bruxelles dans l’Union européenne.

« Le ministre Alois Stöger prépare un texte pour interdire la culture de la pomme de terre OGM » sur le territoire autrichien, a déclaré un porte-parole du ministère de la Santé à l’AFP.

Le ministre a dit vouloir légiférer « immédiatement » en vue d’une interdiction nationale.

La Commission européenne a annoncé mardi avoir autorisé la culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée du groupe allemand BASF, l’Amflora, premier feu vert depuis douze ans dans l’UE concernant les OGM.

L’Autriche avait déjà mis en place en 1999 une « clause de sauvegarde » pour empêcher l’importation et la culture de deux sortes de maïs génétiquement modifiés, le MON 810 de Monsanto et le T 25 de Bayer autorisés également par la Commission européenne.

Demande de moratoire du PS

En France, le PS a jugé que « le gouvernement français doit imposer un moratoire ». Il considère que la décision de la Commission européenne est « un véritable coup de force alors que les citoyens et consommateurs européens sont de plus en plus nombreux à demander que le principe de précaution l’emporte sur les intérêts des grands groupes agroalimentaires ».

« A titre préventif, le Parti socialiste demande que le moratoire français sur le Mon 810 soit étendu aux nouveaux OGM dont la commercialisation a été autorisée par la Commission ».

Accusation de provocation du Modem

De son côté, Jean-Luc Bennahmias (MoDem) a accusé le président de la Commission de Bruxelles, Manuel Barroso, « de cultiver la provocation en remettant sur la table le dossier ô combien controversé des organismes génétiquement modifiés ». « Sans débat, sans consultation du Parlement européen, on ouvre rien de moins qu’une brèche inconsidérée dans la sphère agricole. Une faveur destinée à un groupe, BASF, en total contresens de tout ce qui avait été décidé collectivement depuis plus de 10 ans », a dénoncé dans un communiqué le député européen.

« Un risque inacceptable pour la santé »

L’organisation Greenpeace France appelle la France à déclencher la « clause de sauvegarde » pour faire barrage à la pomme de terre OGM Armflora autorisée mardi par la Commission européenne.

L’organisation dénonce dans un communiqué l’autorisation de culture et de commercialisation de ce tubercule génétiquement modifié qui pose, selon elle, « un risque inacceptable pour la santé humaine et animale et l’environnement ».

Notant qu’il s’agit de la première autorisation d’un nouvel OGM dans l’UE depuis 1998, Greenpeace souhaite que la France utilise pour s’y opposer « la clause de sauvegarde prévue dans la réglementation européenne pour protéger son environnement et la santé de ses citoyens ».

« Résistance à certains antibiotiques »

L’organisation affirme que le tubercule Amflora de la firme agro-chimique allemande BASF « contient des gènes marqueurs qui lui procurent une faculté de résistance à certains antibiotiques ».

« Risques médicaux, environnementaux, tout allait contre cette autorisation », juge-t-elle. « Disséminer des OGM de la pomme de terre BASF dans l’environnement pourrait augmenter la résistance de certaines bactéries à des médicaments, comme des traitements contre la tuberculose », estime-t-elle.

« Il est vraiment très choquant que l’un des premiers actes officiels de la nouvelle commission soit d’autoriser une culture aussi critiquable. Depuis six ans, l’innocuité de cette pomme de terre fait l’objet de controverses scientifiques », souligne l’organisation en rappelant qu’une « majorité des pays de l’Union Européenne s’est opposée à cette autorisation ».

En 2008, la France a fait valoir cette clause pour suspendre la culture du maïs OGM MON 810, comme l’ont également fait cinq autres pays membres dont l’Allemagne.

Une « très mauvaise nouvelle » pour Duflot

Cécile Duflot, a qualifié mardi 2 mars de « très mauvaise nouvelle » le feu vert donné par Bruxelles à la mise en culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée, appelant le gouvernement français à s’y opposer.

« C’est une très mauvaise nouvelle », a affirmé la secrétaire nationale des Verts, sur RMC.

« Ce que demandent notamment les écologistes et nos députés européens c’est qu’on puisse faire une évaluation précise (des risques). Ca fait dix ans qu’on le demande, ça n’a pas été fait », a-t-elle ajouté, reprochant à la Commission européenne « de se précipiter ».

Elle a souligné que des traces de tels organismes génétiquement modifiés utilisés dans l’alimentation animale pouvaient se retrouver « dans le viande ou le lait » à l’insu des consommateurs.

Quel est le danger ? « Justement on ne le connaît pas ! On a pu avoir, sur le maïs notamment, quelques études qui ont montré sur des rats des conséquences sur des atteintes au foie. Ces travaux scientifiques doivent être approfondis, on doit aller jusqu’au bout de ces études-là avant de commercialiser », a dit Cécile Duflot.

Appliquer la clause de sauvegarde

« Ces doutes, ce soupçon ne peuvent pas être levés aujourd’hui puisque ces études n’ont pas été menées avec suffisamment de moyens, de rigueur et de temps », a insisté la chef de file d’Europe Ecologie pour les élections régionales en Ile-de-France.

A la question de savoir ce qu’elle attendait du gouvernement français, elle a souhaité qu’il « refuse la commercialisation et la culture de cette pomme de terre comme de tous les OGM ». « On a appliqué et fait appliquer la clause de sauvegarde, il faut continuer », s’est-elle exclamée.

La Commission doit « sortir de sa tour d’ivoire »

Fer de lance de la contestation des OGM en France, José Bové a, lui aussi, dénoncé le feu vert européen accordé à la culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée, exhortant Bruxelles à sortir de sa « tour d’ivoire ».

« La Commission européenne doit sortir de sa tour d’ivoire et revenir sur cette décision », a-t-il déclaré dans un communiqué.

« Elle doit entendre enfin les citoyens qui ne veulent pas d’OGM. Elle doit en outre accepter la position des 27 Etats membres (de l’UE) qui en décembre 2008 avaient majoritairement souhaité une réforme radicale des procédures d’évaluation » des demandes d’autorisation des produits transgéniques, a-t-il ajouté.

Connu pour ses prises de position contre les OGM, José Bové a fait l’objet de condamnations en justice pour ses actions d’arrachage illégal de plantations transgéniques.

Autorisation de la Commission européenne

Il s’agit du premier feu vert de ce type depuis douze ans dans l’Union européenne, où les OGM suscitent une vive controverse. La décision prise ce mardi est de nature à relancer le débat autour de l’innocuité des produits OGM en Europe. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a profité du début de son deuxième mandat à Bruxelles pour clore le dossier de la pomme de terre de BASF qui avait empoisonné son premier mandat.

Selon le communiqué de l’exécutif européen la vraie nouveauté concerne l’autorisation de la pomme de terre Amflora, un tubercule conçu par la firme BASF destiné à l’usage industriel pour son amidon et à l’alimentation animale. La Commission européenne n’avait plus donné son feu vert à une culture OGM en Europe depuis 1998 et le maïs Monsanto MON 810 dont l’autorisation de culture est arrivée à échéance il y a deux ans.

Choc des écologistes

Bruxelles a aussi accepté la commercialisation en Europe à des fins alimentaires de trois variétés de maïs transgéniques de la firme Monsanto, des dérivés du MON 863, selon un communiqué de l’exécutif européen. Une décision moins spectaculaire dans la mesure où des produits OGM importés font régulièrement l’objet d’autorisations pour le commerce.

Les écologistes au Parlement européen se sont dits « choqués » mardi par l’autorisation sans précédent accordée par la Commission européenne à la culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée du groupe allemand BASF, le premier feu vert de ce type depuis douze ans.

« Je suis choqué de voir que le commissaire à la Santé et à la protection des consommateurs, John Dalli, n’a eu besoin que de quelques semaines dans ses nouvelles fonctions pour exprimer un soutien aussi flagrant aux intérêts industriels », a estimé l’un de leurs chefs de file, Martin Häusling, dans un communiqué.

« Déclaration de guerre »

« Cette décision de reprendre les autorisations de dissémination d’OGM dans l’environnement, en évacuant le débat sur leurs risques, est inacceptable », a critiqué de son côté la libérale Française Corinne Lepage, vice-présidente de la commission Environnement du Parlement.

Elle « constitue une véritable déclaration de guerre à l’égard des citoyens européens majoritairement opposés aux cultures OGM, de la part de M. (José Manuel) Barroso », le président de la Commission, a-t-elle ajouté.

L’organisation des Amis de la terre a également dénoncé le feu vert de Bruxelles à la pomme de terre génétiquement modifiée de BASF. « C’est une mauvaise journée pour les citoyens européens et l’environnement », a-t-elle dit dans un communiqué.

(Nouvelobs.com avec AFP)

La Commission européenne autorise la commercialisation d’OGM

Mardi 2 mars 2010

La Commission européenne autorise la commercialisation d’OGM

© Le Monde

La Commission européenne a autorisé, mardi 2 mars, le commerce de plusieurs organismes génétiquement modifiés (OGM). Les autorisations concernent la culture de la pomme de terre Amflora, mise au point par la firme BASF, ainsi que plusieurs variétés du maïs MON 863.

La mise sur le marché européen des produits transgéniques est bloquée depuis plusieurs années par les avis divergents des Etats européens sur l’opportunité de recourir à cette technologie.

Habilitée à trancher en dernier ressort, la Commission Barroso II justifie son choix en s’appuyant sur les avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), selon laquelle les variétés concernées ne posent aucun problème pour la santé. Par cette décision, le président de la Commission, José Manuel Barroso, cherche à avancer sur un dossier qui lui a valu des déboires sérieux lors de son premier mandat.

Les Etats membres s’étaient mobilisés, courant 2009, pour contrer sa proposition de lever la clause de sauvegarde mise en place en Autriche et en Hongrie contre la culture du MON 810. Six pays, dont la France et l’Allemagne, ont interdit la culture de cette variété produite par la firme Monsanto, et onze Etats ont demandé à pouvoir interdire les cultures transgéniques sur leur territoire.

M. Barroso entend profiter du début de son second mandat pour passer outre la paralysie des procédures. « Il devrait être possible de combiner un système d’autorisation communautaire (…) avec la liberté pour les Etats membres de décider s’ils veulent ou non cultiver des OGM », écrivait-il au moment de sa reconduction. Il cherche à mettre en œuvre cette politique, par l’intermédiaire du nouveau commissaire à la santé et à la protection des consommateurs, John Dalli. La gestion du dossier a été retirée à la direction générale de l’environnement, pour être confiée à celle de la santé, après le départ de Stavros Dimas, l’ancien commissaire à l’environnement, opposé à la culture des OGM.

MÉPRIS DES CITOYENS

La décision de la Commission est fragilisée par le fait que l’indépendance de l’AESA est mise en cause : comme l’a révélé en janvier l’association Corporate Europe Observatory, la directrice du groupe OGM de l’agence, Suzy Reckens, a quitté celle-ci début 2008 pour rejoindre la firme Syngenta, qui produit des OGM. Mme Reckens avait eu à valider des produits que la Commission veut autoriser.

Pour Corinne Lepage, députée européenne, « la Commission envoie un signal détestable aux citoyens européens: alors qu’il y a une défiance croissante à l’égard des OGM, elle leur dit qu’elle méprise leur avis ». Mme Lepage demande aussi que des études sur l’impact sanitaire des OGM soient « menées par des organismes publics, et de manière transparente, ce qui n’a pas été le cas depuis dix ans ».

Hervé Kempf et Philippe Ricard

[Archive] 2009: L’Union Européenne, Les Etats Unis, la Chine, l’Iran

Samedi 27 février 2010

2009: L’Union Européenne, Les Etats Unis, la Chine, l’Iran

2009

Récession, guerre en Iran, fin du capitalisme, avènement d’une nouvelle structure financière et politico-culturelle à l’échelle planétaire, le retour du communisme déguisé en socialisme humanitaire, le terrorisme, John McCain, et quoi d’autre… La liste est longue, gardez vos yeux bien ouvert ce n’est que le début de l’aventure.

La Crise Economique, le nouveau 11 Septembre Made In Internationalists

Il rajoute de l’eau dans la baudruche, elle a pas encore éclatée mais ça va pas tarder

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Renseignez vous sur la crise économique en suivant ce lien : La Bourse & L’économie

Le Parlement européen a t-il arrêté l’intégration UE-USA ?

Samedi 20 février 2010

Le Parlement européen a t-il arrêté l’intégration UE-USA ?

© Voltairenet par Jean-Claude Paye

Au cours des dernières années, l’accès illégal de Washington aux données bancaires confidentielles des ressortissants européens était devenu à la fois le symbole de la vassalité de l’Union européenne, et la pierre angulaire de l’intégration de l’UE dans l’Empire transatlantique. Cependant, en utilisant les nouveaux pouvoirs que lui confère le Traité de Lisbonne, le Parlement européen a interdit la légalisation de cette pratique. Pour Jean-Claude Paye, il ne s’agit pas d’une simple péripétie parlementaire, ni uniquement d’une question de libertés publiques, mais bien d’un coup d’arrêt donné à un processus qui était publiquement débattu pour la première fois.

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Le Parlement européen refuse l’accord transitoire

Ainsi, malgré les pressions du Conseil européen, de la Commission et de nombreux Etats membres [5], qui avaient multiplié les promesses tardives pour convaincre les députés, l’assemblée plénière du Parlement européen à Strasbourg a refusé, ce 11 février, de ratifier l’accord « Swift » signé par la Commission européenne avec les autorités états-uniennes [6]. Il s’agit là d’une réaction du Parlement face à une évolution structurelle des relations transatlantiques, qui donne à l’exécutif états-unien une souveraineté directe sur les populations européennes. Si la réaction des députés n’a pas les moyens de remettre en cause le rapport de domination qui préside à ces relations, il marque cependant un cran d’arrêt dans l’exercice de l’hégémonie états-unienne, dans le processus de reconnaissance par les Européens du droit que s’est donné Washington d’organiser leur existence.

Le texte soumis aux députés accordait aux services US le droit de capturer, sur le sol européen, les informations liées aux transactions financières transnationales des ressortissants des pays membres de l’UE. Par une large majorité, l’assemblée a ainsi suivi l’avis de la Commission des Libertés civiles et de la Justice qui, le 4 février, avait demandé à l’assemblée de rejeter l’accord avalisé le 30 novembre 2009 par le Conseil des ministres de l’Intérieur de l’UE [7].

Cet accord permettait aux autorités états-uniennes de se saisir, sur les serveurs de la société Swift placés sur le sol de l’ancien continent, des données financières des citoyens européens. Selon la Commission des Libertés du Parlement, le texte n’offre pas suffisamment de garanties pour la protection de ces informations personnelles transmises à l’administration US. De plus, elle s’était insurgée contre le caractère unilatéral du texte, puisque les Etats-uniens sont les seuls à exploiter ces informations. Les enquêteurs européens n’ont, quant à eux, pas accès aux données US placées sur le serveur situé aux USA.

Un point d’arrêt à l’hégémonie états-unienne ?

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, Swift, société américaine de droit belge a transmis clandestinement, au département du Trésor US, des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients. Malgré la violation flagrante des droits, européen et belge, de protection des données personnelles, ce transfert n’a jamais été remis en cause. Au contraire, l’UE et les USA ont signé plusieurs accords destinés à légitimer cette capture. C’est le dernier de ceux-ci que vient de refuser le Parlement. Cet accord fait suite à une réorganisation du système Swift afin que les données inter-européennes ne quittent plus le sol de l’ancien continent, au lieu d’être envoyées sur un second serveur aux Etats-Unis. Ce changement impliquait que les autorités états-uniennes aient accès directement aux données placées sur les serveurs européens. Ce qui implique la reconnaissance d’un transfert de souveraineté à l’exécutif états-unien.

L’opposition du Parlement à ce transfert unilatéral des données financières des Européens constitue un cran d’arrêt dans le processus de reconnaissance de l’hégémonie US sur les citoyens de l’ancien continent. Cependant, le rapport de domination états-unien reste intact, puisque les Américains n’ont jamais cessé d’avoir accès aux données européennes, même lorsque la violation du droit de l’Union avait été révélée et qu’aucun accord légitimant la capture des informations n’avait encore été signé. C’est encore le cas actuellement. Le nouveau serveur placé sur le sol européen est opérationnel depuis fin 2009 et les autorités états-uniennes y ont directement accès en justifiant leur action par l’urgence de la lutte antiterroriste. On peut supposer que cette situation de fait ne sera pas modifiée par le vote du Parlement européen.

Les conséquences de la réaction du Parlement européen doivent être lues sur un autre plan, celui de l’évolution de l’ensemble des relations USA-UE et notamment du projet de création d’un grand marché transatlantique, véritable acte d’intégration de l’Union européenne dans une structure politique impériale organisée par Washington. Dans ce projet, il est notamment prévu la création d’une assemblée transatlantique destinée à légitimer l’action en cours. A la lumière de la dernière réaction du Parlement, ce dernier objectif pourrait bien ne pas être le long fleuve tranquille espéré tant par les autorités états-uniennes que par la Commission et le Conseil de l’UE.

Cinq pays de l’Otan pour un retrait des armes nucléaires américaines d’Europe

Samedi 20 février 2010

Cinq pays de l’Otan pour un retrait des armes nucléaires américaines d’Europe

© AFP

BRUXELLES — Cinq pays de l’Otan, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la Norvège et les Pays-Bas, vont réclamer le retrait des dernières armes atomiques américaines en Europe, lançant au sein de l’alliance le débat sur la dénucléarisation, a-t-on appris vendredi auprès du gouvernement belge.

« La proposition que feront le gouvernement belge et les quatre pays en question dans les semaines à venir, c’est d’enlever du sol européen les armes nucléaires d’autres Etats membres de l’Otan », a déclaré à l’AFP le porte-parole du Premier ministre Yves Leterme, Dominique Dehaene.

Seuls les Etats-Unis ont ce type d’armes, les forces de frappe française et britannique n’étant pas déployées, elles, « dans d’autres Etats membres ».

La proposition vise donc bien les plus de 200 bombes atomiques largables d’avion que les Etats-Unis stockent encore dans quatre pays de l’Otan, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et la Turquie, a-t-on confirmé de source proche du gouvernement belge.

« Il s’agit de lancer le débat au sein de l’Otan », a déclaré M. Dehaene.

Il explicitait un communiqué que venait de publier M. Leterme, assurant que « la Belgique est en faveur d’un monde sans armes nucléaires et défend cette position au sein de l’Otan, en préparation de la conférence de révision du Traité sur la non-prolifération en mai à New York ».

« La Belgique, a-t-il ajouté dans ce communiqué, prendra une initiative en ce sens avec l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Norvège dans le cadre de la révision du concept stratégique de l’Otan cette année ».

« Le gouvernement belge, a déclaré M. Leterme, veut saisir la chance offerte par l’appel lancé par le président américain (Barack Obama) à un monde sans armes nucléaires ».

Cependant, a-t-il souligné, « des avancées concrètes ne seront possibles que moyennant une concertation sérieuse avec les partenaires de l’Otan et tenant compte des avancées dans les négociations en cours dans le domaine du désarmement ».

En effet, a expliqué M. Dehaene, « il faut situer l’initiative dans le contexte plus large du désarmement, qui doit aussi s’appliquer aux armes conventionnelles et pas seulement atomiques ».

M. Leterme s’est référé à l’appel dans le même sens lancé le matin même par voie de presse par deux anciens Premiers ministres belges, le chrétien-démocrate Jean-Luc Dehaene et le libéral Guy Verhofstadt, et deux anciens ministres des Affaires étrangères, le libéral Louis Michel et le socialiste Willy Claes, qui fut aussi secrétaire général de l’Otan.

« Les armes nucléaires tactiques américaines en Europe ont perdu toute importance militaire », ont écrit ces quatre responsables pour justifier leur demande de retrait.

Il reste, selon des experts, une vingtaine de bombes largables par avion à la base belge de Kleine Brogel (Flandre, nord), et il y en aurait un nombre équivalent en Allemagne, à Büchel (Rhénanie-Palatinat, sud-ouest).

L’Italie et la Turquie en abriteraient chacune environ 90.

Il a été convenu fin 2009 que toute décision de retrait des ogives américaines, qu’a déjà demandé l’Allemagne pour ce qui la concerne, soit prise dans le cadre multilatéral de l’Otan et non unilatéralement.

Les alliés en débattront au sein notamment du Groupe des plans nucléaires de l’Otan, dont seule la France est absente.

La mise à la retraite des bombes américaines ne signifierait cependant ni la fin de la garantie nucléaire américaine, ni la dénucléarisation totale de l’Otan, ont souligné des diplomates alliés.

Quant au nouveau « concept stratégique » que l’Alliance atlantique doit adopter à son sommet à Lisbonne en novembre prochain, il fera référence à la dissuasion nucléaire comme ayant, jusqu’à nouvel ordre mondial, encore toute sa place aux côtés des armements conventionnels.

Saviez-vous que le Prince Charles est le « Sauveur du Monde »?

Mardi 19 janvier 2010

Prince Charles, le « Sauveur du Monde »

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Renseignez vous la dessus!

George Soros accuse la France et l’Allemagne de complot contre l’Angleterre

Vendredi 11 décembre 2009

George Soros accuse la France et l’Allemagne de complot contre l’Angleterre

© Zonebourse

George Soros en défenseur de l’économie britannique, l’image peut faire sourire. En 1992, l’homme avait assommé la finance internationale en lançant une offensive meurtrière sur la livre sterling. Aujourd’hui, c’est au nom de la défense de la City et de la construction européenne que George vient au secours de Londres. Quitte à jeter un peu d’huile sur le feu des relations internationales.

Lors d’une conférence organisée par la prestigieuse London School of Economics, George Soros a jeté un pavé dans la marre – déjà trouble – des relations entre l’Europe et le Royaume-Uni. Et en l’occurrence, il ne fait pas dans l’euphémisme !

Selon lui, « il y a un courant de pensée, en Europe, qui apprécierait de voir Londres ralentir son développement et qui aimerait voir l’Angleterre couler (sic) ». Et Soros assume parfaitement son adhésion à la théorie du complot : « Il existe une alliance franco-germanique, je dirais presque une conspiration, ou un terrain d’entente » pour nuire au Royaume-Uni…

La déclaration du bouillant milliardaire intervient alors que la communauté financière britannique a particulièrement mal perçu certaines décisions récentes de l’Union européenne. C’est surtout la nomination de Michel Barnier en tant que commissaire aux Marchés financiers qui fait grincer les dents outre-manche.

Et aux yeux de Soros, les torts de l’Europe ne sont pas minces. En échouant dans la construction d’une régulation financière transfrontalière efficace, l’Europe a perdu une occasion unique de jouer un rôle dans la fondation du nouvel ordre mondial.

Angela Merkel la joue « perso »
Sur le site MarketWatch (09/12), les propos tenus par Soros lors de cette conférence sont cinglants : « l’Europe n’est pas capable d’exploiter son potentiel ». Au lieu de s’unir, chaque État ne cherche que son propre intérêt, ajoute-t-il, taclant au passage Angela Merkel, accusée de bloquer un plan paneuropéen pour éviter que l’Allemagne n’ait à contribuer à la relance.

Selon lui, le renforcement de la régulation est indispensable, mais il ne peut se faire qu’à l’échelle continentale : « vous devez éviter les arbitrages règlementaires qui poussent les capitaux vers les pays où ils sont le mieux traités ».

Soros n’oublie pas de défendre sa chapelle. Le patron de Soros Fund Management estime que les critiques envers les hedge funds, accusés d’avoir déclenché la crise financière, sont injustifiées.

Et pour le prouver, le juge suprême reste le marché : les fonds qui ont voulu ignorer les règles du marché ont été éliminés, explique-t-il. La dure loi du sport…

© Zonebourse.com 2009 / Crédit photo © Maxppp

L’UE célèbre l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne

Mercredi 2 décembre 2009

L’UE célèbre l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne

© Reuters

LISBONNE (Reuters) – L’Union européenne a organisé mardi une cérémonie pour marquer l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne censé donner une plus grande visibilité aux Vingt-Sept sur la scène internationale avec la création d’un président stable et d’un chef de la diplomatie européenne.

« C’est la journée du traité de Lisbonne, le jour d’un nouveau départ », a déclaré l’hôte et Premier ministre portugais, Jose Socrates.

« Nous sommes désormais capable de montrer au monde que l’UE sera mieux à même d’affronter les défis placés devant nous », a renchéri le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, dont le pays exerce la présidence tournante de l’UE jusqu’au 31 décembre.

L’ancien Premier ministre Herman Van Rompuy, nommé premier président du Conseil européen, a déclaré pour sa part: « La construction de l’Europe a besoin d’être légitimée à tout moment ».

Selon cet homme rompu à la discrétion et peu disert, le traité de Lisbonne constitue « un outil puissant à notre disposition pour relever les défis de notre temps ».

Pour sa part, le président de la Commission européenne, le Portugais Jose Manuel Barroso, a déclaré: « Je suis ravi que nous disposions désormais des bonnes institutions pour agir ainsi que d’une période de stabilité, de manière à pouvoir concentrer toute notre énergie à satisfaire les besoins de nos citoyens ».

La Commission, qui fait office d’exécutif de l’Europe, a souligné que l’UE porterait désormais tous ses efforts sur « la mise au point d’une stratégie de sortie en douceur de la crise économique et financière ».

SORT INCERTAIN

L’entrée en vigueur du traité de Lisbonne marque une étape importante pour l’UE dans sa quête d’une influence plus étendue, mais on ne la voit encore guère se transformer en superpuissance mondiale.

Ce traité renforce les pouvoirs du Parlement européen et doit faciliter les prises de décision communautaires. Il crée un président du Conseil européen.

Il accroît les prérogatives du haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité, un poste confié à la Britannique Catherine Ashton, qui supervisera un nouveau corps diplomatique.

Pour les partisans de Lisbonne, le traité prépare le terrain à une plus grande « visibilité » de l’UE dans le nouvel ordre mondial lié à l’ascension de puissances émergentes comme la Chine dans le contexte de la crise économique internationale.

Ses adversaires estiment que l’Union a justement compromis cette perspective en s’attachant à obtenir le soutien des 27 Etats membres au traité – qu’il a fallu huit ans pour négocier et ratifier – et en choisissant des personnalités discrètes pour les postes de président et de chef de la diplomatie.

Quoi qu’il en soit, toutes les parties conviennent que le changement sera lent. Il dépendra en grande partie de la manière dont les nouveaux dirigeants de l’UE exerceront leurs fonctions, ainsi que de la volonté des gouvernements de placer les besoins européens au-dessus des intérêts nationaux

Le sort du traité est resté incertain jusqu’à ce que l’Irlande l’approuve par référendum le 3 octobre à la seconde tentative, et que le président tchèque Vaclav Klaus renonce à s’y opposer. Il l’a signé le 3 novembre.

Version française Philippe Bas-Rabérin et Jean-Loup Fiévet