Archive pour la catégorie ‘Union Africaine’

Climat – UE et Afrique sont sur la même ligne, dit Sarkozy

Mardi 15 décembre 2009

Climat – UE et Afrique sont sur la même ligne, dit Sarkozy

© Reuters

PARIS, 15 décembre (Reuters) – Nicolas Sarkozy a fait état mardi d’un accord entre l’Union européenne et l’Afrique, à deux jours du sommet sur le climat de Copenhague, où les discussions buttent notamment sur le financement de l’aide aux pays en développement.

Le président français et le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, coordinateur des pays africains, ont diffusé un appel commun « pour un accord ambitieux à Copenhague », à l’issue d’un déjeuner de travail à l’Elysée.

Ce document reprend les objectifs d’une limitation de la hausse des températures à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle et d’une réduction globale des émission de gaz à effet de serre (GES) de 50% d’ici 2050, par rapport à 1990.

Il appelle à la création d’un fonds de 10 milliards de dollars par an pour les années 2010, 2011 et 2012 pour aider les pays les plus pauvres à faire face au réchauffement climatique sans attendre l’entrée en vigueur du futur traité sur le climat.

La France et l’Ethiopie, en tant que représentante de l’Afrique, proposent de consacrer 40% de ce fonds à l’adaptation de l’Afrique et 20% à la lutte contre la déforestation.

Celle-ci sera l’objet mercredi à l’Elysée d’une réunion des dirigeants des 11 pays africains du bassin du Congo, le deuxième massif forestier du monde après la forêt amazonienne.

Le document franco-éthiopien plaide en outre pour un « engagement sérieux sur l’aide publique de long terme en faveur des pays en développement » au-delà de 2012 et pour la mise en place de « mécanismes innovants de financement ».

La France et l’Ethiopie appellent à la création d’une taxe sur les transactions financières internationales, et envisagent la taxation des transports aériens et maritimes.

Elles estiment les besoins de financement à « au moins 50 milliards d’euros » par an d’ici 2015 et à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020 – le chiffre retenu par l’Union européenne.

PAS D’ACCORD SANS L’AFRIQUE

Elles souhaitent enfin une « réforme ambitieuse de la gouvernance mondiale » conduisant à la création d’une organisation mondiale de l’environnement.

Pour Nicolas Sarkozy, cet appel commun de la France et du porte-parole des Etats africains à la conférence de Copenhague, prélude au sommet de jeudi et vendredi, montre que l’Afrique et l’Union européenne sont « sur une même ligne politique ».

« L’Europe sera donc aux côtés de l’Afrique », a ajouté le président français. « Il y a un tel enjeu pour la planète, c’est tellement important qu’on réussisse, que l’alliance entre l’Afrique et l’Europe est absolument cruciale. »

Meles Zenawi a rappelé pour sa part que l’Afrique représentait 25% des membres des Nations unies.

« Nous sommes arrivés à une quasi totale compréhension de nos positions respectives », a-t-il déclaré à propos de son entretien avec Nicolas Sarkozy. « Il n’y aura pas d’accord mondial (sur le climat) qui n’inclut pas l’Afrique. »

Nicolas Sarkozy souhaite la constitution d’un front commun de l’Union européenne, de l’Afrique et des grands pays émergents pour amener les pays les plus réticents, en particulier la Chine et les Etats-Unis, à faire des concessions à Copenhague.

Le ministre français de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, défend pour ce faire depuis des mois la mise sur pied d’un plan d’aide massive aux pays les plus pauvres et les plus touchés par le réchauffement climatique, dont ceux d’Afrique.

« Maintenant, c’est le plan africain », a déclaré à l’issue de la conférence de presse Jean-Louis Borloo, qui a rencontré Meles Zenawi à plusieurs reprises à Addis Abeba et a participé au déjeuner de travail de mardi. (Emmanuel Jarry, édité par Gilles Trequesser)

Copenhague : levée de boucliers des pays africains

Mardi 15 décembre 2009

Copenhague : levée de boucliers des pays africains

© Afrik.com

Pour l’Union Africaine, « la mort du protocole de Kyoto constitue la mort de l’Afrique »

L’Union Africaine a produit mardi un document annonçant que les représentants du continent au sommet de Copenhague sur le climat, qui se tient jusqu’au 18 décembre au Danemark, « refusaient de signer l’arrêt de mort du Protocole de Kyoto ». Les cinquante trois pays africains avaient déjà boycotté temporairement lundi les groupes de travail. Ils souhaitaient que la conférence accorde une place plus importante au renouvellement des engagements entrant dans le cadre de ce Protocole, jugé comme étant le plus contraignant pour les pays industrialisés.

La colère monte au sein du groupe Afrique. L’Union Africaine (UA), a estimé mardi que le sommet sur le climat à Copenhague, qui se déroule du 7 au 18 décembre au Danemark, risquait de déboucher sur « l’arrêt de mort du protocole de Kyoto ». « La Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques (UNFCCC) énonce des principes généraux sans aucune clause contraignante, alors que le Protocole de Kyoto constitue, quant à lui, l’instrument juridique qui prévoit les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre », précise un communiqué transmis à l’AFP. Pour l’UA, représentée par le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi nommé « négociateur en chef » pour les 53 Etats membres de l’organisation continentale, « la mort du Protocole de Kyoto constitue la mort de l’Afrique ».

L’Afrique n’a pas dit son dernier mot

Lundi, le groupe Afrique avait brièvement suspendu leur participation aux réunions lors de la conférence sur le climat. Ils estiment que le sommet néglige l’importance du renouvellement des engagements, au-delà de 2012, des pays industrialisés dans le cadre du Protocole de Kyoto.

Ils appellent les USA à rejoindre le Protocole et réclament à l’ensemble des pays industrialisés de réduire de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, comme le recommandent les experts du le groupe intergouvernemental d’études sur le climat (GIEC). Pourtant, les Etats-Unis campent sur leurs positions et se montrent toujours hostiles à ce protocole car ils savent que les membres du Congrès américain n’ont jamais voulu le ratifier. Les Européens souhaitent, eux, mettre en place un nouveau cadre qui supprime la distinction entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement.

La présidence danoise dédramatise

Cette prise de position des pays africains a été dédramatisée par la présidence danoise du sommet de Copenhague, Connie Hedegaard. « Ca paraît dramatique mais cela ne l’est pas tant que ça », a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision danoise TV2 News. Elle a prévu, d’ici vendredi, date de clôture des négociations pour un nouvel accord contre le réchauffement, d’autres « mini-crises, car il y a beaucoup d’intérêts en jeu » et « la nervosité est très grande ».

Pour apaiser les tensions, Connie Hedegaard a affirmé que « son but aujourd’hui est d’amener des groupes de ministres à se mettre au travail sur des sujets concrets et difficiles. C’est ce qui importe maintenant », a-t-elle ajouté. Mais elle a également « convenu avec les présidents de groupes que certaines des questions ne pouvaient être résolues et devaient être portées au niveau des ministres ». « Ce qu’on attend, souligne-t-elle, c’est un feu vert pour la mise en place de divers groupes de travail de ministres ».

Sommet de l’Union africaine: divisions sur l’avenir de l’organisation, crise malgache

Mardi 10 février 2009

Sommet de l’Union africaine: divisions sur l’avenir de l’organisation, crise malgache

© AFP

L’Union Africaine (UA) a ouvert dimanche à Addis Abeba son 12e sommet, officiellement centré sur le développement des infrastructures mais dominé en fait par la crise politique à Madagascar et les divisions des Etats membres sur l’avenir de l’organisation.

Sur fond de crise économique mondiale, de nombreux dirigeants africains n’ont pas caché leur inquiétude sur une baisse de l’aide internationale, qui contribue notamment à financer les infrastructures.

« Les économies et les populations africaines s’apprêtent à subir de plein fouet les conséquences » de cette crise « dont elles ne sont nullement responsables », a assuré à la veille de la rencontre le président de la Commission de l’UA, Jean Ping.

Il a souligné « la vulnérabilité d’un continent toujours fragilisé par des crises latentes et des conflits ouverts ».

Contrairement aux habitudes de l’UA, ce sommet de trois jours a débuté directement par une session à huis clos, sans cérémonie formelle d’ouverture. Une vingtaine de chefs d’Etat seulement sur les 53 Etats membres avaient fait le déplacement, selon les organisateurs.

Outre les discussions sur « le développement des infrastructures » du continent, thème officiel du sommet, et sur les divers conflits et crises qui affectent l’Afrique, les chefs d’Etat devaient plancher dimanche sur l’instauration d’un « gouvernement de l’Union », réclamé par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi mais qui inquiète bon nombre de ses pairs, peu soucieux de transférer à l’UA une partie de leur souveraineté.

Autres dossiers brà»lants du sommet qui dure jusque mardi, la situation en Somalie, à Madagascar, en Mauritanie et en Guinée.

Le nouveau président somalien, l’islamiste modéré cheikh Sharif Cheikh Ahmed, élu samedi par le Parlement somalien, participe au sommet, a constaté l’AFP.

Au vu de la dégradation de la situation politique à Madagascar, Jean Ping averti que « tout changement de pouvoir anticonstitutionnel sera condamné », alors que le maire de la capitale malgache affirmait qu’il voulait obtenir la destitution du chef de l’Etat.

« Nous avons des principes très clairs. Ce sont toujours les mêmes. C’est-à -dire qu’il est interdit d’accéder au pouvoir par des voies qui ne sont pas constitutionnelles », a martelé M. Ping.

Madagascar, où doit se tenir en juillet le prochain sommet de l’UA, est représenté à Addis Abeba par son Premier ministre, Charles Rabemananjara.

Si l’on note dans les couloirs du sommet un notable assouplissement de l’UA vis-à -vis de la Guinée, notamment suite aux engagements de la junte au pouvoir d’organiser des élections avant fin 2009, la position demeure inflexible sur la Mauritanie.

L’UA et ses partenaires, dont l’Union européenne (UE), ont décidé samedi de reporter au 20 février leur réunion consacrée à la crise en Mauritanie prévue le 5 février, en vue d’éventuelles sanctions ciblées après le coup d’Etat du 6 aoà»t.

Concernant le Zimbabwe et l’accord entre le régime du président Robert Mugabe et son principal opposant, Morgan Tsvangirai en vue de la constitution d’un gouvernement d’union nationale après un an de blocage, l’UA a demandé la levée des sanctions imposées par l’Europe et les Etats-Unis « afin d’améliorer la situation humanitaire ».

Selon M. Ping, « tout le monde aujourd’hui devrait aider le Zimbabwe à reconstruire son économie parce qu’un accord a été conclu ».

Sommet de l’Union africaine: divisions sur l’avenir de l’organisation, crise malgache

Dimanche 1 février 2009

Sommet de l’Union africaine: divisions sur l’avenir de l’organisation, crise malgache

© AFP

L’Union Africaine (UA) a ouvert dimanche à  Addis Abeba son 12e sommet, officiellement centré sur le développement des infrastructures mais dominé en fait par la crise politique à  Madagascar et les divisions des Etats membres sur l’avenir de l’organisation.

Sur fond de crise économique mondiale, de nombreux dirigeants africains n’ont pas caché leur inquiétude sur une baisse de l’aide internationale, qui contribue notamment à  financer les infrastructures.

« Les économies et les populations africaines s’apprêtent à  subir de plein fouet les conséquences » de cette crise « dont elles ne sont nullement responsables », a assuré à  la veille de la rencontre le président de la Commission de l’UA, Jean Ping.

Il a souligné « la vulnérabilité d’un continent toujours fragilisé par des crises latentes et des conflits ouverts ».

Contrairement aux habitudes de l’UA, ce sommet de trois jours a débuté directement par une session à  huis clos, sans cérémonie formelle d’ouverture. Une vingtaine de chefs d’Etat seulement sur les 53 Etats membres avaient fait le déplacement, selon les organisateurs.

Outre les discussions sur « le développement des infrastructures » du continent, thème officiel du sommet, et sur les divers conflits et crises qui affectent l’Afrique, les chefs d’Etat devaient plancher dimanche sur l’instauration d’un « gouvernement de l’Union », réclamé par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi mais qui inquiète bon nombre de ses pairs, peu soucieux de transférer à  l’UA une partie de leur souveraineté.

Autres dossiers brùlants du sommet qui dure jusque mardi, la situation en Somalie, à  Madagascar, en Mauritanie et en Guinée.

Le nouveau président somalien, l’islamiste modéré cheikh Sharif Cheikh Ahmed, élu samedi par le Parlement somalien, participe au sommet, a constaté l’AFP.

Au vu de la dégradation de la situation politique à  Madagascar, Jean Ping averti que « tout changement de pouvoir anticonstitutionnel sera condamné », alors que le maire de la capitale malgache affirmait qu’il voulait obtenir la destitution du chef de l’Etat.

« Nous avons des principes très clairs. Ce sont toujours les mêmes. C’est-à -dire qu’il est interdit d’accéder au pouvoir par des voies qui ne sont pas constitutionnelles », a martelé M. Ping.

Madagascar, où doit se tenir en juillet le prochain sommet de l’UA, est représenté à  Addis Abeba par son Premier ministre, Charles Rabemananjara.

Si l’on note dans les couloirs du sommet un notable assouplissement de l’UA vis-à -vis de la Guinée, notamment suite aux engagements de la junte au pouvoir d’organiser des élections avant fin 2009, la position demeure inflexible sur la Mauritanie.

L’UA et ses partenaires, dont l’Union européenne (UE), ont décidé samedi de reporter au 20 février leur réunion consacrée à  la crise en Mauritanie prévue le 5 février, en vue d’éventuelles sanctions ciblées après le coup d’Etat du 6 aoùt.

Concernant le Zimbabwe et l’accord entre le régime du président Robert Mugabe et son principal opposant, Morgan Tsvangirai en vue de la constitution d’un gouvernement d’union nationale après un an de blocage, l’UA a demandé la levée des sanctions imposées par l’Europe et les Etats-Unis « afin d’améliorer la situation humanitaire ».

Selon M. Ping, « tout le monde aujourd’hui devrait aider le Zimbabwe à  reconstruire son économie parce qu’un accord a été conclu ».

Usa : le commandement Africa sera basé en Italie

Mardi 9 décembre 2008

Usa : le commandement Africa sera basé en Italie

© Mondialisation.ca

africom

Deux des commandements militaires subordonnés au tout récent Commandement Africa, (AfriCom) –dont l’ « aire de responsabilité » comprend quasiment tout le continent africain, sauf l’Egypte- seront localisés en Italie, l’un à  Naples et l’autre à  Vicence. C’est ce qu’ont annoncé dans une conférence de presse conjointe, le ministre des Affaires étrangères Frattini et l’ambassadeur des Usa en Italie, Ronald Spogli. L’ambassadeur a déclaré que les deux commandements seront constitués « exclusivement de personnel assigné aux quartiers généraux et que ce personnel continuera à  effectuer sa propre mission dans un cadre OTAN, en aidant, dans le même temps, AfriCom à  poursuivre l’engagement des Etats-Unis en faveur de la paix et de la sécurité des populations africaines ». Le but principal d’AfriCom est celui de l’ « assistance humanitaire, du contrôle de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme ».

Frattini a répété la leçon, en parlant de « structures de commandement qui agissent dans le cadre OTAN» et en garantissant qu’ « il n’y aura pas de troupes de combat mais des composantes civiles ». En réalité, le Commandement Africa n’opère pas dans le cadre de l’OTAN, mais est un des six commandements africains unifiés du Pentagone, qui est devenu opérationnel depuis début octobre. Il est défini comme « un type de commandement différent », en ceci qu’il intègre, avec les forces militaires, du personnel et des structures du Département d’Etat, de l’Usaid et d’autres agences. L’AfriCom se centre sur l’entraînement de militaires africains. A ce propos, Spogli a rappelé qu’à  Vicenza, dans le « Centre d’Excellence pour le Stability Police Unites (Coespu) », créé par les Usa et l’Italie, sont entraînées des forces de « peacekeeping » provenant principalement de pays africains. S’appuyant sur les élites militaires, l’AfriCom essaie d’amener le plus grand nombre de pays africains dans la zone d’influence étasunienne. L’ « assistance humanitaire » qu’il opère en Afrique est complémentaire de cette politique.

Fausse est aussi l’affirmation qu’en Italie « il n’y aura pas de troupes de combat mais des composantes civiles » de l’AfriCom. Le Commandement Africa sera supporté par les commandements et les bases étasuniennes en Italie. Les navires de guerre utilisés pour l’opération en Afrique sont envoyés par les forces navales étasuniennes en Europe, dont le quartier général est à  Naples et dont le commandement est en ce moment responsable aussi des opérations navales en Afrique. Quand, en novembre, un corps de marines approprié pour l’Afrique avait été constitué (Marforaf), on avait aussi supposé qu’il aurait été supporté par les commandements et par les bases étasuniennes en Italie : de Vicence à  Aviano, de Camp Darby à  Sigonella. La confirmation arrive maintenant officiellement: à  Naples sera installé le commandement naval de l’AfriCom et à  Vicence le terrestre.

On peut prévoir, en outre, que la 17ème force aérienne étasunienne, réactivée en septembre dernier à  Ramstein (Allemagne) pour être mise à  disposition de l’AfriCom, opèrera aussi non pas depuis la base allemande, mais surtout depuis des bases en Italie, comme Aviano et Sigonella. On peut également prévoir que les matériels nécessaires à  l’AfriCom seront fournis par la base étasunienne de Camp Darby. Particulièrement important aussi sera le rôle de la base aéronavale de Sigonella : c’est ici que, depuis 2003, est à  l’œuvre la Joint Task Force Aztec Silence, la force spéciale qui mène en Afrique des missions de renseignement, surveillance et opérations secrètes dans le cadre de la « guerre globale contre le terrorisme ».

« En accueillant ces troupes en Italie – écrit le correspondant de La Stampa depuis New York- le gouvernement Berlusconi a fait un pas très apprécié aussi bien par le président sortant que par celui qui arrive, car le Pentagone avait des difficultés à  trouver des bases sur l’échiquier méditerranéen. Ceci fera de l’Italie un interlocuteur privilégié pour discuter les scénarios de crises au sud du Sahara ». Le gouvernement Berlusconi a ainsi accompli « un pas très apprécié » à  Washington, en tant qu’il participe à  la nouvelle opération de caractère colonial, visant au contrôle de zones stratégiques du continent africain, comme la Corne d’Afrique à  l’embouchure de la Mer Rouge (où est basée, à  Djibouti, une task force étasunienne), et surtout comme l’Afrique de l’Ouest, région riche en pétrole et autres ressources précieuses.

Nous voudrions savoir dans quelle instance et avec quelles procédures a été prise cette décision d’importance stratégique. Nous voudrions aussi savoir comment va se comporter l’opposition, en particulier le Partito democratico. Y aura-t-il quelqu’un au Parlement, qui refusera d’être un « interlocuteur privilégié » de la politique néocolonialiste étasunienne bipartisane ? Y aura-t-il quelqu’un qui refusera le « privilège » d’être recruté pour la nouvelle conquête de l’Afrique, avec, en substance, le rôle que jouaient les ascaris[i] dans le colonialisme italien ?

Edition de samedi 6 décembre de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/06-Dicembre-2008/art37.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

UPM: risque de scission pour l’Union africaine (Kadhafi)

Jeudi 7 août 2008

UPM: risque de scission pour l’Union africaine (Kadhafi)

© RIAN

Créée à  l’initiative du président français Nicolas Sarkozy, l’Union pour la Méditerranée (UPM), qui réunit les 27 pays membres de l’Union européenne et 16 pays du bassin méditerranéen, provoquera une scission au sein de l’Union africaine (UA) regroupant 53 Etats, estime le leader libyen Mouammar Kadhafi.

Il a de nouveau critiqué ce projet du président français, dénonçant la tendance à  « dépecer l’Afrique au nom de perspectives hypothétiques pour l’Europe ». Selon le Guide de la révolution libyenne, cela risque de provoquer un divorce entre les pays nord-africains et les autres membres de l’UA.

« Nous entretenons de bonnes relations avec les pays d’Europe et l’Union européenne, mais je n’accepte pas l’intégration de la Libye dans l’UE », a déclaré M. Kadhafi cité par les médias belges.

Persuadé que l’adhésion de l’Afrique du nord à  l’Union pour la Méditerranée constitue une violation des résolutions de l’Union africaine, le leader libyen a accusé l’Union européenne de vouloir dominer ses partenaires du sud dans le plus pur esprit du « colonialisme européen ».

Le colonel Kadhafi est le seul dirigeant méditerranéen à  avoir refusé d’assister au premier sommet de l’UPM à  Paris en juillet dernier. Tenu sous la présidence française, le sommet a réuni les chefs d’Etat et de gouvernement d’Algérie, d’Egypte, du Maroc, de Tunisie, de Mauritanie, de Jordanie, du Liban, de Syrie, de l’Autorité palestinienne, d’Israël, de Turquie, d’Albanie, de Croatie, de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro et de Monaco.