Archive pour la catégorie ‘Palestine’

N’oubliez pas Gaza!

Jeudi 22 janvier 2009

N’oubliez pas Gaza!

© Mondialisation.ca

Le cessez-le-feu ne représente ni une victoire d’Israël, ni la paix, mais la préparation d’une nouvelle agression d’ici un, deux ou trois ans. D’où notre responsabilité pour tirer le bilan de ces trois semaines de souffrances. Et surtout : que pouvons-nous faire pour protéger les gens de Gaza, pour oeuvrer à  une véritable paix, pour une information plus correcte de nos concitoyens ? Quelques réflexions rapides rédigées en urgence depuis Beyrouth où j’étais invité par le Forum Social Mondial en sa première session tenue dans le monde arabe…

Beyrouth, 19 janvier

1. Israël poursuit un plan à  long terme

- « Jusqu’à  présent, j’étais partisan d’Israël à  100%, mais là , je me demande qu’est-ce que c’est pour un Etat ? »
- « Un Etat raciste qui veut agrandir son territoire »
- « Oui, à  présent, je le crois bien »

Ce dialogue entre deux pères, entendu par un ami à  la porte d’une école de Luxembourg, est typique. La cruauté de l’agression contre Gaza a ouvert les yeux de nombreuses personnes. Viser des femmes, des enfants, des hôpitaux, des ambulances, des écoles, de façon aussi répétée, ce ne sont pas des « bavures » ou des dérapages. Des faits semblables ont été commis en 1948, 1967, 1982, 1987-1993, 2000, 2006… En fait, Israël poursuit la réalisation d’un plan à  long terme : agrandir son territoire jusqu’à  l’ensemble de la Palestine, ce qui implique de terroriser la population et de la forcer à  évacuer le territoire.

Tel était l’objectif réel de l’attaque contre Gaza. Certes, Israël prétendait vouloir éliminer le Hamas, mais tous les analystes savent que c’était inatteignable. Il y avait aussi un objectif immédiat et sordide : éviter une défaite aux élections. Chaque enfant palestinien tué vous rapportera combien de voix, Monsieur le boucher Barak ?

Bien sùr, pour amadouer l’opinion, le gouvernement israélien se prétend désireux de négocier. Mais il a soigneusement éliminé tous ceux qui étaient prêts à  négocier avec lui. Il a emprisonné à  perpétuité Marwan Bargouti, un laïc, leader intègre et populaire du Fatah; il a emprisonné pour trente ans Ahmed Sadaat, un laïc, secrétaire-général du Front Populaire de Libération de la Palestine; à  présent, il cherche à  éliminer le Hamas. Et après, avec qui négociera-t-il ? Avec Al Qaeda ?

2. Une guerre « made in USA »

Chaque année, Israël reçoit quatre milliards de dollars d’aides militaires et autres des Etats-Unis. Plus que l’ensemble des pays en voie de développement. Bien qu’il n’ait cessé de violer toutes les résolutions de l’ONU et toutes les règles du droit international et soit condamné pour cela par à  peu prés tous les pays du monde.
La raison ? Les Etats-Unis ont toujours considéré que le Moyen-Orient leur appartenait, à  cause du pétrole. Pour le monopoliser, ils ont multiplié les chantages, coups d’Etat et invasions militaires. Ils entretiennent des dictatures féroces en Arabie saoudite, Koweït ou Egypte tout en prétendant défendre la « démocratie » au Moyen-Orient.

En réalité, Israël est leur porte-avions, le « flic du pétrole ». Chargé d’aider à  contrer tout pays qui voudrait être indépendant et utiliser l’argent du pétrole non pour les coffres-forts d’Exxon mais pour le développement d’une économie indépendante.

Comme le disait ici, hier, le chanoine belge François Houtart, cofondateur du Forum Social Mondial : « Israël fait partie d’un projet impérial de domination du Nord sur le Sud ».

3. Une guerre de l’Europe aussi

L’Europe se prétend neutre et « équidistante » entre Israël et les Palestiniens. « Neutre » entre des agresseurs colonialistes et leurs victimes ? Mais en réalité, elle soutient à  fond Israël en en ayant fait un quasi membre de l’UE, en qualifiant de terroriste le gouvernement palestinien démocratiquement élu et en fournissant à  Israël des milliards d’euros d’armements.

Ainsi, hypocrite, mon pays, la Belgique, a prétendu être humanitaire en envoyant un avion pour rapatrier des enfants palestiniens blessés, oubliant seulement de préciser qu’ils avaient été blessés avec des armes notamment belges !

De plus, Sarkozy a fait semblant de négocier (avec une seule des parties!), juste pour gagner du temps et permettre à  Israël de finir son sale travail. Son petit chien Bernard Kouchner a menti sur ce massacre comme il a menti à  chaque guerre de l’Occident (Irak, Yougoslavie, Afghanistan). Pas neutres du tout, à  fond derrière Israël!

Derrière Israël, il y a ses parrains : les USA et l’UE. C’est aussi une guerre pour le pétrole. C’est la plus longue guerre de l’Occident, qui dure depuis 1948. C’est le soutien au dernier colonialisme du monde. Peut-être le pire puisqu’il s’agit de vider une terre de ses habitants!

En fait, on est en train de préparer l’opinion européenne, elle aussi, à  l’idée qu’il faudra peut-être un jour faire la guerre contre « le péril musulman ».

4. Des médias en guerre ?

Si les Européens pouvaient voir Al Jazeera, ils auraient été dans la rue dès le premier jour et Israël aurait dù arrêter. Ne dites pas trop vite que vous êtes bien informés en Europe et que ce sont les Arabes qui se trompent.

Parlez donc avec des Français ou des Belges d’origine arabe : ils ont vu une autre guerre que vous. Ils ont vu l’atrocité des crimes, et cela dès le début. Ils ont entendu les déclarations des différentes parties de la résistance palestinienne et ils savent donc qu’un accord de paix était possible à  condition d’être équilibré et juste. Ils connaissent l’Histoire qu’on vous a cachée, ce qu’on ne peut dire dans aucun journal télévisé européen ou US: à  savoir que le conflit a commencé quand Israël a chassé les Palestiniens de leurs terres.

Alors, qui est bien informé, qui est mal informé ?

5. Y pouvons-nous quelque chose?

A Bruxelles, le 11 janvier, on a pu voir un phénomène étonnant. Les grands partis qui ont toujours soutenu Israël, y compris un parti qui entretient des relations étroites et « fraternelles » avec le parti travailliste israélien, étaient pourtant dans la rue, participant à  une manifestation de cinquante mille personnes pour exiger l’arrêt de l’agression!

L’explication de ce mystère ? Le « facteur Al Jazeera + Internet » d’abord. Le facteur électoral ensuite. Les Arabes de Belgique, informés grâce à  la chaîne qatarie, se sont mobilisés. Invité à  parler dans deux mosquées, à  Bruxelles et à  Lille, j’ai eu l’occasion de ressentir leur révolte, mais aussi leur volonté de ne plus rester marginalisés et passifs. L’opinion des non-immigrés a aussi évolué sous l’influence des infos d’Internet; le monopole médiatique n’est plus aussi absolu qu’avant.

Les grands partis (il y aura des élections en juin en Belgique) ont dù le sentir aussi. On a donc constaté une évolution en trois phases, dans les partis et aussi dans les médias qui les suivent :

Phase 1 : durant les premiers jours, on avance qu’Israël a « le droit de se défendre ».

Phase 2 : quand la cruauté de l’offensive ne peut plus être cachée, on critique Israël pour sa « riposte disproportionnée » ( ce qui excuse encore l’agression.)

Phase 3 : quand l’opinion bascule devant l’horreur, on va jusqu’à  condamner des crimes.

Seulement en paroles. Pas d’actes, pas de sanctions, pas de suspension des incroyables privilèges accordés à  ceux qui commettent ces crimes. N’empêche. Cela montre l’impact d’une information véritable, et surtout l’impact d’une population, même minoritaire au début, qui se mobilise. Et cela montre qu’il sera possible d’aller plus loin.

A quelles conditions ?

6. L’action ne peut venir que d’en bas : boycott !

La solution ne peut venir d’en haut, car nos multinationales et nos gouvernements ont misé sur Israël et l’alliance avec les USA.

Je rencontre énormément de gens qui veulent faire quelque chose. Parmi les diverses propositions, je pense que le boycott est une action accessible à  tous, assez facile à  pratiquer, dans une campagne de longue durée et qui fera mal au portefeuille, donc au nerf de la guerre. La machine de guerre israélienne coùte cher, elle est financée par les revenus des fruits, légumes, fleurs et autres produits qu’Israël vend en Europe notamment dans les supermarchés.

Dans ma jeunesse, j’ai participé à  la campagne de boycott qui a forcé les racistes blancs d’Afrique du Sud à  renoncer à  l’apartheid et à  l’oppression des Noirs. Ce mode d’action est efficace. Encore plus s’il est organisé collectivement. 1. Avec des comités par pays et des comités locaux d’action à  la base. 2. En ne dispersant pas les efforts, mais en concentrant sur quelques produits (israéliens, voire des complices US et européens) à  déterminer ensemble. 3. En s’accompagnant d’un travail régulier d’information de la population, de façon concrète, pédagogique et patiente. Cela peut s’organiser en regroupant toutes les bonnes volontés dans les quartiers, mais aussi les écoles, les entreprises, les associations, partout. L’idéal serait de commencer avec un appel de personnalités et de mouvements…

7. Besoin d’unité

A Beyrouth où je me trouve, j’ai discuté pendant trois jours avec des dizaines de personnes venues de nombreux pays de la région. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des croyants ou des laïques. Et, car je sais qu’on me le demandera, oui, avec des femmes voilées; et je vous garantis que je n’ai pas senti de différence quant à  l’engagement, la réflexion ou l’indépendance d’esprit. Une dame marocaine voilée était venue me trouver après un exposé, et nous avions parlé. Un peu plus tard, je rencontre son mari, un parlementaire marocain qui me dit : « Voici mon épouse, ou plutôt, je suis son mari, je l’accompagne! » Car elle était, comme bien d’autres, débordante d’idées et d’activités.

Trêve de plaisanteries, il est temps en Europe de sortir des clichés et des préjugés. Tous mes interlocuteurs, ici, étaient choqués par la timidité de la gauche européenne face aux crimes d’Israël. Et j’avais bien du mal à  l’expliquer.

Le temps me manque ici à  présent, avant de nouvelles rencontres. Mais il faudra revenir sur cette curieuse « gauche » qui, pour la plupart, ne bouge pas beaucoup pour mettre fin au dernier colonialisme. Cette gauche qui s’inquiète beaucoup d’une montée éventuelle de l’antisémitisme, condamnable bien sùr, mais ne réagit pas devant la montée bien réelle d’une islamophobie complètement paranoïaque lancée par Bush et qui stigmatise nos concitoyens immigrés.

Cette gauche ne devrait-elle pas sortir de sa tour d’ivoire et de ses complexes de supériorité? Ne devrait-elle pas prendre des distances avec ses médias et ses dirigeants pour aller à  la rencontre des peuples du Sud ? Se demander pourquoi, au Moyen-Orient, mais aussi en Amérique latine, en Afrique, en Asie, ils sont tous contre Israël ? Mieux chercher à  comprendre les raisons de cette colère qui envahit le Sud ? Et avant de donner des leçons de démocratie au monde entier, nous autres Européens qui avons mis en place Hitler, Mussolini, Franco, Pinochet, Mobutu, Suharto et la plupart des dictatures qui ont ensanglanté la planète, d’abord simplement nous demander ce que nous pouvons apprendre de ces peuples du Sud ?

C’était, très rapidement, quelques réflexions que je vous soumets… En appelant chacune et chacun de vous à  prendre ses responsabilités, là  où il est et selon ses moyens. N’oubliez pas Gaza ! Ils auront besoin d’aide humanitaire tout de suite. Mais surtout, pour éviter le retour des bombes, ils auront besoin d’une information vraie. N’oubliez pas Gaza !

Michel Collon

Que faire ?

A Bruxelles, le 10 janvier dernier, a eu lieu un atelier « Médias et Gaza : que pouvons-nous faire? » Il avait été convoqué, en urgence, en trente-six heures, par l’équipe Investig’Action qui travaille avec moi pour une information alternative. Malgré le court délai, 90 personnes sont venues exprimer leur ras-le-bol d’une information incomplète, superficielle et surtout partiale.

Toute une série de propositions intéressantes ont été faites en vue d’analyser l’info de façon critique, élargir les sources, repérer les médiamensonges, ne pas faire d’amalgames mais débattre quand c’est possible avec les journalistes. Mais surtout, pour renforcer l’information alternative sur Internet et ailleurs.

Notre équipe est réduite et, franchement, un peu débordée. Mais elle mettra les bouchées doubles pour transformer notre site actuel, dialoguer avec vous et réaliser des avancées. Vos coups de main sont plus que bienvenus, ils sont indispensables.

La devise d’Investig’Action, c’est « Nous sommes tous des journalistes! ». Et vous aussi.

Le sabot du diable

Samedi 30 août 2008

Le sabot du diable

© Mondialisation.ca

J’ai été choqué quand j’ai lu le titre du Haaretz. Il faisait dire à  Sari Nusseibeh « Il n’y a pas de chambre pour deux », signifiant par-là  deux États entre la Méditerranée et le Jourdain.

Quoi ? Nusseibeh a-t-il abandonné son soutien à  une solution basée sur la coexistence entre l’État d’Israël et l’État de Palestine ?

J’ai lu son long entretien avec Akiva Eldar et retrouvé mon calme. Calmé et aussitôt après en colère. Parce que le titre était une déformation flagrante. Il ne reflétait pas ce qui était dit dans l’interview. Et comme beaucoup de gens ne lisent que les titres et ne prennent pas la peine d’étudier le texte qui suit, c’est une tromperie.

Comment de telles choses se produisent-elles ? Dans Haaretz, comme dans la plupart des autres journaux, la règle est que les titres ne sont pas choisis par les auteurs mais par le rédacteur en chef. Ceci peut aboutir à  des titres complètement trompeurs – par ignorance, par négligence ou intentionnellement.

Cette fois-ci, la question et la personne de l’auteur sont trop importantes pour passer ce fait sous silence.

POUR TOUT DIRE, j’aime beaucoup Sari Nusseibeh. Un jour nous avons défilé main dans la main en tête d’une manifestation dans la Vieille Ville de Jérusalem. Nous avons partagé un prix pour la paix en Allemagne (Le prix Lev Kopelev de 2003, du nom du militant russe des droits humains exilé).

J’ai connu son père, Anwar Nusseibeh, un vrai aristocrate palestinien, qui fut ministre de la Défense pendant l’occupation jordanienne et ambassadeur à  la cour de Saint James. Juste après le début de l’occupation israélienne, je lui ai demandé confidentiellement s’il préférerait revenir sous administration jordanienne ou avoir un État palestinien indépendant. Il me répondit en termes non ambigus qu’il préférait la seconde solution.

Sari bénéficia d’une éducation britannique en même temps que palestinienne. Certaines personnes le trouvent distant et même hautain, mais je pense qu’il est sensible et modeste. Il est très courageux, tant moralement que physiquement, exprimant souvent des opinions très impopulaires. C’est pourquoi il a été plusieurs fois frappé.

Il y a cinq ans, en coopération avec l’amiral israélien (et actuel ministre sans portefeuille) Ami Ayalon, il publia un plan de paix clair, prévoyant l’établissement d’un État palestinien à  côté de l’État d’Israël, avec des frontières situées sur la Ligne Verte et avec Jérusalem comme capitale des deux États. Le plan n’était pas très différent du précédent plan de paix de Gush Shalom ou de l’Initiative de Genève postérieure.

Donc j’ai été choqué quand j’ai lu le titre. Se pouvait-il que Nusseibeh ait abandonné le point central de cette proposition ?

DANS L’interview, Nusseibeh dit quelque chose de tout à  fait différent. Non seulement, il ne dit pas qu’ »il n’y a pas de chambre pour deux », mais au contraire, il loue la solution des deux États comme la meilleure solution pratique. Cependant, il ajoute un avertissement aux Israéliens : du fait de l’expansion rapide des colonies, le temps pour la réalisation de cette solution est en train d’expirer. Il fixe même une date limite : la fin de 2008.

Ceci équivaut à  un ultimatum : si les Israéliens ratent cette occasion, qui est toujours là , et s’ils continuent d’accélérer l’activité de colonisation à  Jérusalem-est et en Cisjordanie, les Palestiniens tourneront le dos à  cette solution. A la place, ils accepteront l’annexion à  Israël des territoires occupés palestiniens, c’est-à -dire un gouvernement israélien sur l’ensemble du pays entre la mer et le fleuve, et ils se battront pour l’égalité des droits civils à  l’intérieur de l’État. Il appelle cela une « alternative par défaut ».

Nusseibeh tient le pistolet démographique sur la tempe des Israéliens. Il leur dit en effet : les Palestiniens seront une grosse minorité dans un tel État. Leur combat pour l’égalité contraindra Israël, en fin de compte, à  leur accorder la pleine citoyenneté. Dans quelques années, les citoyens arabes constitueront la majorité. Exit le rêve sioniste. Exit l’État juif. (Soit dit en passant, Tsipi Livni est en train de dire la même chose.)

Nusseibeh connaît bien les Israéliens. Il sait que l’obsession démographique les rend fous. Le démon démographique les poursuit dans leurs rêves. La discussion effrénée sur ce sujet domine le discours israélien. Il croit donc que cette menace obligera les Israéliens à  se dépêcher d’accepter la solution des deux États. C’est le principal objectif de l’interview.

AVEC TOUT le respect et l’amitié que j’ai pour Nusseibeh, je crois que cette tactique est imprudente. Très imprudente.

A ses yeux, et aux yeux de certains intellectuels des deux côtés, il n’y a que deux possibilités : la « solution des deux États » ou « la solution d’un seul État ». Un État palestinien à  côté de l’État d’Israël ou un État binational dans lequel l’égalité entre tous les citoyens, juifs et arabes, est assurée.

C’est une dangereuse méprise.

La « solution d’un seul État » est un oxymore, une contradiction dans les termes. L’idée d’un seul État n’est pas une solution, mais une anti-solution. C’est une recette pour un conflit sanglant continu. Pas un rêve mais un cauchemar.

Il n’y a aucune chance que les Juifs acceptent, dans cette génération ou la prochaine, de vivre comme une minorité dans un État dominé par une majorité arabe. 99,99% de la population juive se battra contre cela bec et ongles. La démographie ne cessera pas de les hanter, mais au contraire, elle les poussera à  faire des choses qui sont impensables aujourd’hui. Le nettoyage ethnique deviendra un programme pratique. Même les Israéliens modérés seront poussés dans les bras de la droite fasciste. Tous les moyens d’oppression deviendront acceptables quand la majorité juive aura pour but de faire en sorte que les Arabes partent avant d’avoir une chance de devenir majoritaires.

Les vrais partisans de l’idée de l’État binational diront : OK, faisons-le. Nous aurons une ou deux générations de bain de sang, d’état de guerre civile, mais à  la fin nous persuaderons les Juifs et les obligerons à  accorder la citoyenneté et l’égalité aux Palestiniens. Mais quelle personne normale prendrait un tel risque ?

En réalité, le choix est donc : la « solution des deux États » ou « la solution du nettoyage ethnique ».

Dans le meilleur des cas, l’État binational n’est pas réaliste. Je suppose que Nusseibeh, aussi, sait cela. A ses yeux, la menace est une manœuvre tactique. Il va même plus loin et suggère de mettre en œuvre la menace immédiatement à  Jérusalem.

Les résidents arabes de Jérusalem-est ne sont pas citoyens israéliens et ne peuvent pas prendre part aux élections législatives. Toutefois ils ont le droit de vote aux élections municipales. Jusqu’à  présent, ils ont boycotté ces élections parce qu’y participer impliquerait la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur Jérusalem-est.

Nusseibeh soulève la possibilité que les résidents arabes cessent le boycott et mettent en place une liste électorale qui leur soit propre. Ils sont à  peu près un tiers de la population de la ville, et la majorité juive est divisée entre les orthodoxes et les laïques si bien que les Arabes pourraient décider qui serait le prochain maire. Nusseibeh ne rejette pas l’idée de postuler lui-même à  cette fonction. Il croit que cela effraierait les Juifs au plus haut point.

LE VRAI danger dans cette tactique n’est pas qu’elle convertirait les gens à  accepter l’idée de l’État binational. Le danger est beaucoup plus grand et beaucoup plus immédiat.

Le principal danger est ceci : si l’ensemble du pays est sur le point de devenir un État binational de toute façon, il n’y a plus aucune raison de restreindre la colonisation juive du tout.

Nusseibeh avance que le temps pour la solution des deux États est bientôt écoulé à  cause de l’activité de colonisation en Cisjordanie, et en particulier à  Jérusalem-est. Mais c’est précisément l’idée d’un seul État qui ouvre les vannes à  une colonisation juive débridée. En théorie, la colonisation permet aussi aux Palestiniens d’adopter cette option – mais le fait même de mentionner cette possibilité révèle son absurdité.

Le vrai combat aujourd’hui porte sur la colonisation. Il est mené dans tout le pays, pour chaque colonie, chaque « avant-poste », chaque route de contournement, chaque projet de construction de logements. C’est un combat titanesque qui est conduit partout, depuis la colonie « Har Homa » à  Jérusalem jusqu’au « mur de séparation » (qui n’est rien d’autre qu’un moyen d’élargir la colonisation, comme même la Cour suprême israélienne le reconnaît maintenant.)

La tactique de Nusseibeh coupe l’herbe sous le pied de tous ceux qui comme nous se battent contre le vol de la terre et la colonisation – des courageux militants qui chaque jour manifestent et sont blessés dans leur lutte contre le mur, à  nos amis à  l’étranger qui s’adressent à  l’opinion publique dans leurs propres pays.

La « vision » de l’État binational appartient à  l’avenir lointain, mais le résultat immédiat de la campagne en sa faveur est de supprimer tous les obstacles à  l’effort de colonisation.

C’EST aussi l’objectif qu’Ehoud Olmert, avec ses manœuvres tortueuses, a en tête. Il proclame haut et fort qu’il est favorable à  la solution des deux États, mais il faut être fou pour le prendre au sérieux si l’on considère ce qu’il fait sur le terrain.

Il y a deux semaines, ses proches ont dévoilé le plan de paix qu’il soumet à  l’Autorité palestinienne. Un plan innocent, et même positif.

Ses principales composantes : Israël rendra tous les territoires occupés à  l’État palestinien, sauf 7% de la surface, où sont situés les blocs de colonies. En échange de ces 7%, Israël rendra aux Palestiniens des zones d’Israël-même, égales à  5,5% de la surface de la Cisjordanie. De plus, Israël permettra aux Palestiniens d’utiliser un passage qui sera ouvert entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. Cela compensera la différence entre les surfaces de terres échangées.

Alors où est l’arnaque ? Le diable, comme on dit, se cache dans les petits détails. L’accord serait un « shelf agreement » [c'est-à -dire un accord en suspens – ndt]. Il sera mis en œuvre à  l’avenir. Quand ? Eh bien..

Les territoires occupés de Cisjordanie seront rendus aux Palestiniens quand l’Autorité palestinienne prouvera qu’elle est capable de les contrôler. Qui le décidera ? Nous, bien sùr.

Les zones israéliennes qui sont destinées à  être rendues aux Palestiniens, en échange des zones qui seront annexées à  Israël, sont situées le long de la bande de Gaza. Quand seront-elles transmises ? Après que l’administration Hamas dans la bande de Gaza aura été renversée et que l’Autorité palestinienne se fera respecter. La même chose s’applique pour le passage entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. Quand cela arrivera-t-il ? Comme disaient les Romains : « aux calendes grecques ». (Dans le calendrier romain, les calendes étaient les premiers jours du mois – le calendrier grec n’avait pas de calendes.)

L’arnaque réelle est devenue évidente quand des proches d’Olmert ont expliqué que, immédiatement après l’acceptation du « shelf agreement » par les Palestiniens, Israël commencera à  accélérer l’activité de colonisation, puisque, selon l’accord, les blocs de colonies deviendront dans tous les cas partie intégrante d’Israël. Même les Américains ne pourraient rien objecter à  cela, après que les Palestiniens eux-mêmes auront accepté l’annexion de ces zones à  Israël.

Pour dire les choses simplement : tous ces accords sont des mots vides de sens, et une seule chose est concrète et immédiate : les colonies seront étendues sans cesse.

DANS LA MYTHOLOGIE chrétienne, le diable a un sabot fourchu. Quelquefois ce sabot se voit sous sa longue robe, ce qui le trahit.

Notre sabot du diable, ce sont les colonies. Lors de l’examen de toute idée ou de tout plan, il faudrait soulever le bas de la robe pour voir ce que celle-ci dissimule en réalité.

Article en anglais, « The Devil’s Hoof« , Gush Shalom, le 23 aoùt 2008.

Blair annule sa visite à  Gaza

Mercredi 16 juillet 2008

Blair annule sa visite à  Gaza

© IRIB

IRIB- Tony Blair, émissaire du « Quartette » sur le Proche-Orient, a jeté l’éponge. Mardi, au dernier moment, il a décidé d’annuler une visite, dans la Bande de Gaza, par crainte, a-t-il expliqué, de menaces contre sa sécurité. Ainsi, le politicien le plus haï de la Grande Bretagne, qui a réussi, en dix ans, à  peine, à  démolir une des sociétés les plus harmonieuses de tout l’Occident, à  entraîner son pays dans tous les conflits possibles et imaginables et à  faire monter la mayonnaise de conflits mineurs, jusqu’à  en faire des crises internationales, a montré, une nouvelle fois, qu’il était incapable d’aller au bout des choses, car de cette visite, dont le Hamas s’était engagé à  assurer la sécurité, la partie arabe, les organisations de défense des Droits l’homme et toute conscience un tant soit peu éclairée, par des soucis altruistes, en attendaient beaucoup : ils attendaient, surtout, qu’elle expose au regard de l’humanité toute entière où peut mener la politique, quand elle rompt totalement avec l’éthique : depuis près de deux ans, en effet, des centaines de milliers de Gazaouis vivent dans une authentique prison à  ciel ouvert. Aux restrictions multiformes, aux manques pluridimensionnels, s’ajoutent des vagues récurrentes d’attaques-éclair, de bombardements diurnes et nocturnes et de pilonnages intensifs. Même à  l’heure de la trêve que la population et ses dirigeants ont fini par imposer au régime sioniste, à  force de résister, ces menaces ne sont pas écartées. C’est sur tous ces crimes et exactions que Blair vient de tracer une grosse croix, en évitant de se rendre, à  Gaza, où il aurait dù, dans le cadre de son mandat, faire office de témoin impartial et rencontrer les représentants d’un peuple qui souffre et qui appelle à  l’aide. Mais son tropisme pro-sioniste a été plus fort que tout. Tout au long de son double mandat, au 10 Downing street, il a prouvé sa profonde allégeance envers Israël et c’est justement pour ses loyaux services rendus en ce sens qu’on l’a nommé émissaire du « Quartette sur le Proche Orient », une officine fantoche, où l’on décide comment faire pour qu’Israël reste ce qu’il est, à  savoir, une arme de destruction massive braquée sur tous les peuples du Moyen-Orient.

Tony Blair juge improbable un accord final de paix israélo-palestiniens d’ici la fin de l’année

Mercredi 16 juillet 2008

Tony Blair juge improbable un accord final de paix israélo-palestiniens d’ici la fin de l’année

© AP – Mercredi 16 juillet

RAMALLAH, Cisjordanie – L’émissaire international pour le Proche-Orient, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, se dit pessimiste mercredi et juge improbable un accord final de paix israélo-palestiniens d’ici la fin de l’année.

Dans les colonnes du quotidien palestinien Al-Quds, Blai souligne que l’incertitude sur l’avenir politique d’Ehoud Olmert, impliqué dans une affaire de corruption, est venue compliquer les efforts de paix.

« La situation politique en Israël nous empêche de continuer à  nous montrer optimistes sur la conclusion d’un traité de paix entre Israéliens et Palestiniens d’ici la fin de l’année », insiste Tony Blair en soulignant toutefois la détermination des deux parties à  oeuvrer en faveur de la paix.

Ces commentaires sont publiés au lendemain de l’annulation pour des raisons de sécurité d’une visite prévue de Tony Blair dans la Bande de Gaza. Blair déclare cependant rester déterminé à  se rendre dans l’étroite bande côtière désormais contrôlée par le Hamas. AP

Un Palestinien a été kidnappé, attaché à  un poteau et tabassé par des colons

Mardi 8 juillet 2008

Un Palestinien a été kidnappé, attaché à  un poteau et tabassé par des colons

© Alter Info

Le 5 Juillet, un Palestinien âgé de 30 ans, Medhat Abou Karsheh, a été attaqué sur ses terres par des colons armés de l’avant-poste illégal d’Asaeel, au sud de Hébron.
Abou Kersheh a été enlevé et attaché à  un poteau électrique à  proximité de l’avant-poste pendant plusieurs heures sous le soleil brùlant. Des colons l’ont violemment frappé et, selon des témoins, ils lui auraient jeté de l’eau chaude.

Vers 10 heures, des militants des droits de l’homme internationaux et israéliens sont arrivés à  l’avant-poste illégal d’Asaeel où ils ont vu Medhat Abou Karsheh du village de Samoa attaché à  un poteau.

Le kidnapping et les actes de maltraitance avaient commencé environ deux heures plus tôt. Medhat avait été kidnappé par les colons alors qu’il tentait d’éteindre un début d’incendie sur ses terres.

Les soldats ont refusé de libérer Abou Karsheh ou de laisser les Palestiniens ou les activistes s’approcher à  moins de 20 mètres. Les soldats ont affirmé que les colons armés utiliseraient la violence si les soldats laissaient quiconque s’approcher de lui.

Alors qu’il est toujours détenu près du poteau, un colon a attaqué Abou Karsheh encore une fois et lui a donné un coup de pied bien qu’il soit entouré de plusieurs soldats (voir la vidéo ci-dessus).

La police a arrêté un agriculteur palestinien après des plaintes de colons. Une ambulance est arrivée et a emmené Abou Karsheh à  l’hôpital avant que l’armée déclare la région : Zone Militaire Fermée.

Les agriculteurs de cette région vivent constamment sous la menace de la violence des colons. Le 8 Juin dernier, six colons juifs masqués près de l’avant-poste illégal de Havat Ya’ir, armés d’armes automatiques et de gourdins, ont attaqué un petit groupe de Palestiniens, principalement des femmes, dans leur tente du village de Susiya situé dans les Collines du Sud d’Hébron.

Vidéo publiée samedi par B’Tselem d’une attaque de colons dans le village de Susiya situé dans les Collines du Sud d’Hébron

Source : http://www.palsolidarity.org
Traduction : MG pour ISM

Une conduite choquante pour un vrai Palestinien

Vendredi 4 juillet 2008

Une conduite choquante pour un vrai Palestinien

© Alter Info, ISM

Mahmoud Abbas, également appelé Abu Mazen, détient de nombreux portefeuilles clés, d’une signification et d’un symbolisme immenses. Il est Président de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Président de l’Autorité « nationale » Palestinienne (ANP) et Chef de l’organisation Fatah.

Par Khaled Amayreh

mahmoud abbas
Jalal Talabani, Mahmoud Abbas et Ehud Barak lors de la Conférence d’Athènes, 1er juillet 2008 (photo AFP)

En tant que tel, il devrait s’efforcer de représenter son peuple martyrisé de la meilleure manière possible. Il devrait aussi ne ménager aucun effort pour communiquer, de façon éloquente et efficace au monde entier, les douleurs et les revendications du peuple palestinien, comme ses espérances de liberté et de libération d’une occupation israélienne ouvertement criminelle.

Qui plus est, Abbas devrait soigneusement éviter tout comportement qui nuirait à  la dignité, à  l’image et aux intérêts nationaux.

Ce sont à  l’évidence les tâches les plus élémentaires qu’on est en droit d’attendre d’un dirigeant, et surtout lorsqu’il est le représentant d’un peuple dépérissant sous une occupation militaire sinistre.
Cependant, le comportement diplomatique d’Abbas ne suggère pas qu’il est le meilleur et le plus efficace représentant du peuple palestinien et de sa cause. En fait, c’est l’inverse qui semble être vrai.

Cette semaine, alors qu’il participait au 23ème Congrès de l’Internationale Socialiste à  Lagonissi, en Grèce, Abbas a été assez impudent pour présenter le Président irakien Jalal Talabani au Ministre israélien de la Guerre Ehud Barak.

Talabani et Barak se sont serrés la main plutôt cordialement, sous le regard visiblement satisfait d’Abbas. Le leader palestinien s’est comporté comme si la poignée de main arrangée entre le criminel de guerre israélien certifié et le Président irakien était une simple mondanité diplomatique telles qu’elles ont cours en ce genre de circonstances.

Eh bien, jusqu’à  quand les dirigeants palestiniens vont-ils jouer le rôle d’incitateur et d’accélérateur de la normalisation entre les Etats arabes et Israël, qui continue de violenter la Palestine et de brutaliser son peuple ?

Avons-nous perdu tout sens de dignité, comme individus et comme peuple ?

La honteuse rencontre en Grèce, bien que symbolique, porte un message horrible. Elle montre qu’Israël et les régimes arabes peuvent normaliser leurs relations, même publiquement, alors que le régime sioniste continue de torturer le peuple palestinien et volait ce qui lui reste de patrie.

Ce qui est particulièrement scandaleux cependant, c’est que cette obscénité totale ait lieu avec la bénédiction et les encouragements palestiniens. C’est plus que scandaleux.

Je ne sais pas ce qui s’est passé dans la tête d’Abbas lorsqu’il a décidé de faire ça. Peut-être pensait-il, dans un accès de simple naïveté, que le geste idiot pousserait Israël à  montrer plus de souplesse lors des « pourparlers de paix » moribonds avec l’Autorité Palestinienne.

Ou peut-être a-t-il pensé qu’en tant que « Président de la Palestine », il devait montrer de la courtoisie, de la civilité et même de la cordialité aux dirigeants israéliens, sans tenir compte de leur traitement meurtrier, cruel et humiliant de son peuple.

On ne peut donner le bénéfice du doute à  Abbas ni dans un cas, ni dans l’autre, et pour de nombreuses raisons.

Abbas, depuis longtemps chef de l’OLP, devrait être parfaitement averti de la laideur brutale de la mentalité israélienne et du fait qu’aucune « normalisation » ni courtoisie de la part des Arabes et des Musulmans ne poussera l’entité raciste à  reconnaître les droits palestiniens, ni même à  relâcher sa terreur et son nettoyage ethnique du peuple palestinien.

Israël a réussi à  établir des relations diplomatiques et économiques avec un grand nombre d’Etats arabes, dont l’Egypte, la Jordanie, le Qatar, Barhain, les Emirats Arabes Unis, la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie.

Cependant, loin de montrer sa bonne volonté envers ces Etats, Israël a intensifié son offensive génocidaire dans les territoires occupés, a continué à  voler la terre arabe et à  construire des colonies juives aux dépens des indigènes palestiniens.

De plus, le comportement d’Abbas en Grèce reflète beaucoup d’irresponsabilité nationale. En tant que Président de l’Autorité Palestinienne, il aurait dù comprendre que fréquenter les dirigeants israéliens et les embrassant chaleureusement devant les caméras des télévisions créeraient une impression fausse et enverrait un message faux aux peuples de par le monde, en particulier aux amis et soutiens de la cause palestinienne.

Nul besoin d’être un expert en relations publiques pour réaliser que les scènes d’Abbas et des autres dirigeants de l’Autorité Palestinienne échangeant des baisers avec les leaders israéliens donnent l’impression erronée que tout va bien entre Israël et les Palestiniens et que seuls des problèmes psychologiques mineurs obstruent le chemin de la paix entre les deux bords.

En réalité, Israël et les USA, nos bourreaux, ont harcelé les Arabes pour qu’ils normalisent les relations avec Israël en arguant que « vous ne pouvez pas être plus palestinien que les Palestiniens eux-mêmes ».

Quelques palestiniens peuvent objecter qu’Abbas doit se conduire d’une façon quelque peu obséquieuse envers les Israéliens pour sauvegarder les intérêts de son peuple.

Cependant, il est amplement évident que ce raisonnement est caduque car les dommages faits à  la cause palestinienne, et en particulier à  la dignité nationale palestinienne, dépassent, et de loin, tout bénéfice « à  court terme » qu’Abbas et son régime peuvent espérer récolter de l’apaisement de la direction sioniste.

En outre, Abbas ne réalise-t-il pas qu’arranger des « rencontres arabo-israéliennes » ne sert qu’à  détourner l’attention des crimes israéliens vicieux, comme l’éradication totale de l’identité arabe de Jérusalem Est et les efforts continuels pour détruire la mosquée Al-Aqsa ?

Il est intéressant de constater qu’alors qu’Abbas ne montrait aucun remords, ni regret, ni même d’embarras pour avoir organisé la poignée de mains Talabani-Barak, le bureau du Président irakien a publié une « clarification » accusant de façon tacite Abbas d’avoir présenté Ehud Barak pour qu’il serre la main de Talabani, « qui a répondu à  la demande du Président Abbas ».

La déclaration dit que Talabani a serré la main de Barak « non pas en qualité de Président d’Irak, mais plutôt en tant que Président de l’Union Patriotique du Kurdistan et vice-président de l’Internationale Socialiste ».

En dépit de sa faiblesse, la déclaration montre que les leaders arabes appréhendent toujours d’apparaître en public avec les officiels israéliens.

Cette tendance devrait être encouragée et soutenue, car il ne doit y avoir aucune normalisation entre les criminels sionistes et leurs victimes palestiniennes, du moins jusqu’à  ce que les victimes recouvrent leurs droits, dont le droit au retour dans la patrie dont ils ont été déracinés par la force aux mains du sionisme diabolique.

Il est réellement triste que jusqu’à  récemment, les Palestiniens aient remué ciel et terre pour arrêter toute forme de normalisation entre Israël et les Arabes et le monde musulman. Aujourd’hui, toutefois, il est lamentable que quelques dirigeants palestiniens soient devenus le pont par lequel Israël normalise les relations avec le monde arabe.

Sommes-nous devenus nos propres pires ennemis ?

Traduction : MR pour ISM

Sarkozy: la création d’un Etat palestinien est une « priorité » pour la France

Mardi 24 juin 2008

Sarkozy: la création d’un Etat palestinien est une « priorité » pour la France

© Par Philippe ALFROY et Nadège PULJAK AFP

sarkozypalestine

BETHLEEM (AFP) – Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé mardi à  Bethléem que la création d’un Etat palestinien était une « priorité » pour la France et a réitéré son appel à  l’arrêt de la colonisation juive.

Nicolas Sarkozy a conclu mardi son voyage en Israël et en Cisjordanie par une rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas, après avoir plaidé la veille devant le Parlement israélien pour la création d’un Etat palestinien.

« Je l’ai dit à  nos amis Israéliens, on ne résoudra pas l’injustice faite au peuple juif en créant les conditions d’une injustice pour le peuple palestinien », a déclaré M. Sarkozy lors d’une conférence de presse à  l’issue d’un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Le chef de l’Etat a été reçu par le président de l’Autorité palestinienne en milieu de journée à  Bethléem (Cisjordanie), après un entretien à  Jérusalem avec le chef de l’opposition israélienne Benjamin Netanyahu.

Les deux hommes ont passé en revue une garde d’honneur avant d’entamer des entretiens.

« La sécurité d’Israel est non négociable pour la France, mais la création d’un Etat viable, démocratique, moderne pour les Palestiniens est une priorité pour la France », a ajouté Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse.

« La France demande le gel de la colonisation, y compris à  Jérusalem-est », a poursuivi le chef d’Etat français.

Il a répété que « la France est l’ami du peuple palestinien et nous mettrons au service de la création de votre Etat la même force et le même engagement mis au service de la sécurité d’Israël ».

Il a rendu un hommage appuyé à  M. Abbas, qui est « pour la France un homme de paix, un interlocuteur en qui nous avons confiance ». « C’est un homme que nous soutenons, c’est un homme aux côtés duquel la France se trouve ».

M. Sarkozy a aussi exclu toute négociation avec le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôlé la bande de Gaza depuis un an et qui est considéré comme une organisation terroriste par l’Union européenne.

« La France discute avec les hommes et les femmes courageux qui font de la politique et non pas du terrorisme. La France discute avec les hommes de paix et non pas les poseurs de bombes », a-t-il dit.

« On ne discute pas avec les terroristes », a-t-il insisté.

Nicolas Sarkozy doit ensuite visiter, avec son épouse Carla Bruni-Sarkozy, la basilique de la Nativité avant de regagner Paris.

Lundi à  plusieurs reprises, M. Sarkozy a rappelé qu’il était un « ami » d’Israël, tout en affirmant que la sécurité de l’Etat hébreu « ne sera véritablement assurée que lorsqu’à  ses côtés, on verra enfin un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable ».

Selon lui, « il ne peut y avoir de paix sans l’arrêt de la colonisation » en Cisjordanie, alors que la poursuite de la colonisation, notamment à  Jérusalem-est, constitue la principale entrave au processus de paix.

« Il ne peut y avoir de paix si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme (…) il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats », a-t-il également affirmé.

Il s’agit là  plus d’une rupture dans le ton que dans le fond: les déclarations de M. Sarkozy, si elles ne marquent pas réellement de changement avec la politique de la France depuis plus d’un quinzaine d’années (le processus de paix à  Madrid en 1991), ont néanmoins été reçues positivement par Israël, dont les liens avec Paris s’étaient distendus ces dernières années.

Le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, le président Jacques Chirac, était perçu par Israël comme pro-arabe, une réputation encore alourdie par les incidents ayant émaillé sa visite à  Jérusalem en octobre 1996.

Rien de tel cette fois-ci.

« L’ami authentique » d’Israël, comme on le qualifie dans le pays, qui se targue de son côté d’avoir su rétablir un climat de « confiance » entre la France et l’Etat hébreu, a, à  plusieurs reprises, que ce soit devant la Knesset ou en entretiens avec le président Shimon Peres ou le Premier ministre Ehud Olmert, invité les Israéliens à  tendre la main les premiers aux Palestiniens.

« Chers amis d’Israël, vous êtes forts, vous êtes plus forts que vous ne le croyez (…) et quand on est fort, on doit tendre la main. C’est toujours le plus fort qui tend la main le premier et c’est le plus faible qui refuse la main tendue », a-t-il insisté pendant le dîner d’Etat offert en son honneur lundi par M. Peres.

M. Abbas a salué le discours de M. Sarkozy.

« Le président Sarkozy a réaffirmé la position constante de la France appelant à  l’arrêt de la colonisation qui constitue le principal obstacle sur la voie de la paix et préconisant la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-est comme capitale », a déclaré son porte-parole Nabil Abou Roudeina.

« Le président français n’est pas entré dans les détails (…) mais sur les principes généraux il a été clair, alors qu’il parlait, qui plus est, devant la Knesset et en présence de tous les dirigeants israéliens », écrivait mardi le quotidien Al-Quds, principal journal palestinien.

La trêve doit durer six mois

Samedi 21 juin 2008

La trêve doit durer six mois

© Alter Info, Al-Oufok

La bande de Gaza et les localités israéliennes voisines s’attendaient vendredi à  un week-end calme après des mois de violences, à  la faveur d’une trêve qui tient sans accroc depuis plus de 24 heures.

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« Aucun incident n’a été signalé », a indiqué à  l’AFP une porte-parole de l’armée israélienne.

« La journée d’hier (jeudi) s’est bien passée et cela pourrait présager que la trêve tiendra durant la période convenue », a dit à  Gaza le porte-parole du mouvement islamiste Hamas qui contrôle le territoire palestinien, Sami Abou Zouhri.

Selon le Hamas, la trêve, entrée en vigueur jeudi à  03H00 GMT, doit durer six mois.

« Si l’ennemi respecte les termes de la trêve, elle tiendra. L’ennemi a besoin de la trêve tout comme notre peuple qui souffre du blocus et des agressions », a renchéri un autre porte-parole du Hamas, Ismaïl Radwane.

Pour préserver le cessez-le-feu, l’armée israélienne a restreint les consignes de tirs à  la frontière, selon des sources militaires. Les militaires ne pourront ouvrir le feu que « si leur vie est en danger ou s’ils constatent des préparatifs d’une attaque imminente ». Et l’aviation ne pourra lancer des raids que pour empêcher une attaque imminente contre Israël, en particulier un tir de roquette.

Outre l’arrêt des tirs de roquettes palestiniennes contre Israël et les attaques israéliennes dans la bande de Gaza, l’accord prévoit un allègement progressif du blocus imposé par l’Etat hébreu au territoire exigu de 362 km2 où s’entassent 1,5 million de Palestiniens.

Depuis la violente prise du pouvoir à  Gaza par le Hamas il y a un an, les tirs de roquettes ont fait quatre morts en Israël alors que des centaines de Palestiniens ont été tués à  Gaza en représailles.

Selon un sondage publié vendredi par le quotidien Yediot Aharonot, une majorité d’Israéliens (56%) soutient l’accord de trêve mais ne croit pas qu’il va durer (79%). Ce sentiment est partagé à  Gaza.

« Nous espérons tous que la trêve tiendra mais nous avons peur car cela n’a jamais marché dans le passé. Ils peuvent nous frapper à  tout moment », déclare à  l’AFP Nasri Al-Franji.

Ce dentiste a profité du calme pour se promener avec sa famille sur la plage en ce jour de repos hebdomadaire. « Il y a eu beaucoup de trêves avant mais Israël les a toujours violées. On retourne tout le temps à  la case départ et parfois la situation empire même », convient sa femme Rima, foulard blanc sur longue robe noire.

Certains chefs du Hamas, qui limitaient leurs apparitions publiques de crainte d’attaques israéliennes, ont participé selon des témoins aux prières dans les mosquées de Gaza jeudi soir et à  la grande prière du vendredi.

Lors de celle-ci, le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que le mouvement islamiste ne mettrait pas fin à  la contrebande d’armes vers le territoire palestinien, l’une des conditions israéliennes à  la trêve.

L’accord prévoit également la réouverture progressive, en principe à  partir de dimanche, des point de passage reliant Israël et Gaza, fermés quasiment en permanence après la prise de pouvoir par le Hamas.

Le Hamas exige aussi la réouverture du terminal de Rafah à  la frontière avec l’Egypte, qui ne peut fonctionner sans l’accord d’Israël. Mais l’Etat hébreu lie cette question au sort du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 par un commando palestinien à  la lisière de la bande de Gaza.

Ehud Olmert doit se rendre en Egypte mardi pour rencontrer le président Hosni Moubarak au sujet du soldat, le Caire assurant une médiation entre l’Etat hébreu et le Hamas en vue d’un échange de prisonniers.

La trêve à  Gaza pourrait toutefois être fragilisée par des tirs ayant blessés vendredi trois étudiants religieux près de Ramallah en Cisjordanie. Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa ont revendiqué l’attaque, affirmant que le groupe armé lié au Fatah ne respecterait « jamais » la trêve.

Cisjordanie : des colons tirent une roquette de fabrication artisanale contre des Palestiniens sans faire de victime

Des élèves d’une école talmudique orthodoxe d’une colonie de Cisjordanie ont tiré une roquette de fabrication artisanale sur un village palestinien sans faire de victime, ont annoncé vendredi des responsables de la sécurité israélienne.

Selon ces responsables, les soldats israéliens dans le secteur ont entendu une grosse explosion et ont d’abord cru à  une attaque palestinienne sur la colonie d’Yitzhar où l’école talmudique est située. Une enquête a été ouverte le Shin Bet, la sécurité intérieure israélienne.

Un porte-parole de la police, Danny Poleg, a précisé que les policiers israéliens ont fouillé la colonie juive de peuplement et interrogé les colons sans procéder à  une arrestation.

La contrebande ne cessera pas avec la trêve à  Gaza, dit Haniyeh

La contrebande entre l’Egypte et la bande de Gaza, notamment d’armes et de munitions, se poursuivra malgré la trêve conclue entre le Hamas et Israël, déclare Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement islamiste dans le petit territoire côtier palestinien.

L’arrêt de la contrebande est l’une des principales exigences de l’Etat juif dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu sous l’égide de l’Egypte et entré en vigueur jeudi matin.

« Nous ne pouvons pas parler d’un arrêt de la contrebande car cela est au-delà  de nos capacités en tant que gouvernement et nous n’avons donc pris aucun engagement à  ce sujet », a dit Haniyeh aux fidèles avant les prières du vendredi à  Gaza.

Mark Regev, porte-parole d’Ehud Olmert, a souligné que l’accord de cessez-le-feu prévoyait non seulement l’arrêt des attaques contre Israël mais aussi la fin de la contrebande, qui passe notamment par les nombreux tunnels sous la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza.

« Quiconque dit le contraire veut saboter la trêve sans même lui donner une chance de s’installer », a dit Mark Regev.

Haniyeh a ajouté que le Hamas n’imposerait pas par la force le respect de la trêve aux autres groupes combattants palestiniens, soulignant toutefois que ces groupes s’étaient associés volontairement à  l’accord conclu.

4 – Pas de confirmation ni démenti israélien après une information du New York Times sur la préparation d’un raid sur l’Iran

L’armée israélienne a refusé vendredi de confirmer ou de démentir une information du « New York Times », selon laquelle son aviation a effectué début juin un vaste exercice en prévision d’une éventuelle attaque contre l’Iran.

Selon le quotidien new yorkais, qui cite vendredi des responsables américains, plus d’une centaine de F-16 et F-15 israéliens ont réalisé cet exercice grandeur nature dans la première semaine de juin au-dessus de la Méditerranée orientale et la Grèce. Les avions ont parcouru quelque 1.500km, à  peu près la distance séparant l’Etat hébreu de la centrale iranienne de Natanz, où sont installés des centrifugeuse destinées à  enrichir de l’uranium.

Des appareils ravitailleurs et des hélicoptères pour le secours aux pilotes ont participé à  ces manoeuvres militaires, a ajouté le « New York Times ». L’armée de l’air israélienne « s’entraîne régulièrement pour diverses missions afin de faire face aux défis posés par les menaces » contre l’Etat hébreu, a commenté l’armée. Le porte-parole du gouvernement Mark Regev s’est refusé à  tout autre commentaire.

« Israël a toujours été en position de se défendre contre tout adversaire et toute menace », a déclaré Ehoud Olmert dans un entretien paru mercredi dans le magazine allemand « Der Spiegel ».

Mahmoud Abbas remanie en profondeur ses forces de sécurité

Avec l’appui des Etats-Unis, le président palestinien Mahmoud Abbas procède à  un profond remaniement de ses forces de sécurité, se séparant d’officiers montés en grade à  l’époque de Yasser Arafat et renforçant les prérogatives de la Sécurité préventive.

Plusieurs milliers d’officiers palestiniens de la « génération Arafat » ont accepté de partir en échange de promotions et d’une retraite équivalente à  leur solde de service actif, selon les décrets de la présidence et les interviews de responsables obtenus par Reuters.

Cette vaste réforme, qui prévoit de supprimer environ 30.000 postes dans les services de sécurité et de doter l’Autorité palestinienne d’une force de gendarmerie plus efficace, s’est accélérée ces derniers mois, à  la suite de la prise de contrôle de la bande de Gaza par les islamistes du Hamas en juin 2007.

Mais cette volonté d’évolution a provoqué des tensions entre le Premier ministre palestinien, l’économiste Salam Fayyad, formé à  l’école occidentale, et la « Vieille Garde » du Fatah.

Si plusieurs anciens chefs des services de sécurité ont accepté volontairement une retraite anticipée, d’autres combattants « historiques », comme Abou Ali Turki, n’ont guère apprécié le « parachute doré » qui leur était offert. « Ils essaient tout simplement de nous ficher dehors, sans autre forme de procès », déplore Turki, un cinquantenaire toujours fringant.

Ancien responsable de la Force 17, unité d’élite chargée de la protection d’Arafat et que Fayyad a laissé disparaître progressivement, il est pourtant fataliste. « C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre. Nous avons fait notre temps », dit-il.

Quelque 4.000 officiers auraient pris leur retraite depuis le début de l’année, profitant de ce décret, a-t-on précisé de sources palestiniennes et occidentales.

Fayyad aurait jusqu’ici fait passer les effectifs des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne de 83.000 à  60.000 hommes, avec un objectif final de 50.000 hommes.

« L’offre qui était faite était très intéressante », raconte Abou Fadi, 55 ans, un ancien membre de la Sécurité préventive qui a passé 17 ans dans les prisons israéliennes et a accepté de rejoindre la vie civile.

Mais d’autres n’ont guère apprécié d’être ainsi poussés vers la porte. Hilal Wahid, 46 ans, ancien des services de renseignement, affirme que ce grand bouleversement n’est qu’une manoeuvre politique visant à  « chasser des forces se sécurité les gens qui restent fidèles à  leur groupe ».

Un responsable du ministère de l’Intérieur dément que les chefs militaires soient poussés vers la sortie contre leur volonté. « Il y a eu des propositions, certains ont accepté, d’autres non », assure-t-il. « Beaucoup d’officiers étaient d’ailleurs sans emploi depuis trois ans, on les payait alors qu’ils restaient à  la maison. »

Les observateurs étrangers font remarquer que nombre de ces réformes ont été menées sans grande publicité, voire dans un certain secret.

Un décret propose aux officiers de plus de 45 ans et avec au moins quinze ans de services de prendre leur retraite avec un salaire plein.

Un autre accorde au service de Sécurité préventive, qui opère en civil et que le Hamas considère comme l’un de ses plus farouches adversaires, des pouvoirs judiciaires et de police afin de défendre les prérogatives de l’Autorité palestinienne.

Les travaux du parlement palestinien, où le Hamas est majoritaire, sont paralysés par l’incarcération dans les prisons israéliennes de plusieurs de ses membres et par les luttes entre factions palestiniennes, ce qui a conduit Abbas et son gouvernement à  agir par décrets et ordonnances.

Les réformes au sein des forces de sécurité sont de toute évidence destinées à  faire obstacle aux avancées du Hamas en Cisjordanie et à  sauver les chances d’un accord de paix avec Israël conduisant à  la création d’un Etat palestinien.

Mais elles soulèvent des interrogations chez les constitutionnalistes et les défenseurs des droits de l’homme, qui signalent une augmentation des cas d’abus de pouvoir tant dans la bande de Gaza qu’en Cisjordanie.

Lors d’une récente rencontre avec Abbas, la Commission indépendante palestinienne sur les droits de l’homme a signalé « une tendance à  la militarisation dans les deux territoires, comme si l’état de non-droit avait laissé place à  un Etat policier, un Etat sécuritaire ».

Nathan Brown, un professeur de l’université George Washington qui a aidé les Palestiniens à  rédiger leur Constitution, rappelle que le gouvernement de Fayyad n’ayant pas à  rendre compte à  un parlement incapable de se réunir, « les structures démocratiques se sont tout simplement effondrées ».

« Les deux gouvernements, l’un à  Ramallah et l’autre à  Gaza, peuvent tous deux revendiquer des origines démocratiques mais aucun des deux n’opère de manière démocratique aujourd’hui », constate-t-il.

Des observateurs occidentaux s’inquiètent particulièrement de la directive concernant les nouveaux pouvoirs de la Sécurité préventive d’Abbas, qui légalise les centres de détention gérés par cette force et stipule que ses activités, avec des pouvoirs judiciaires étendus, devront rester strictement « confidentielles ».

Gaza meurt dans l’indifférence, au su et au vu du monde

Jeudi 5 juin 2008

Gaza meurt dans l’indifférence, au su et au vu du monde

© Mondialisation.ca, Le 4 juin 2008, Silvia Cattori

Nous continuons d’écrire, de dire notre refus des horreurs perpétrées par l’armée israélienne, tout en sachant que ceux des responsables qui ont la possibilité de les faire cesser ne veulent pas nous entendre. Des voix courageuses, et prestigieuses, se sont pourtant élevées.

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Gaza : des enfants condamnés avant leur naissance (rafahtoday.org)

L’ancien président Jimmy Carter a récemment déclaré que le blocus contre la bande de Gaza, imposé par le Quartet après la victoire du Hamas aux élections de 2006, était « l’un des plus grands crimes contre l’humanité au monde » car il signifiait « l’emprisonnement de 1,6 millions de personnes, dont 1 million sont des réfugiés (…) A Gaza, la plupart des familles ne mangent plus qu’un repas par jour. De voir les Européens s’accommoder de cela est déconcertant ».

À une question qui lui était posée sur la possibilité qu’ont les Etats européens de rompre avec l’attitude imposée par les Etats-Unis, M. Carter a répondu : « Pourquoi pas ? Ils ne sont pas nos vassaux. Ils occupent une position d’égalité par rapport aux Etats-Unis » [1].

L’archevêque Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix sud-africain, s’est rendu récemment à  Gaza, dans le cadre d’une mission de trois jours à  la demande du Conseil des Droits Humains de l’ONU. « La situation entière est abominable » a-t-il déclaré. « Nous pensons que les citoyens israéliens ordinaires ne supporteraient pas ce blocus, ce siège, s’ils savaient que ce cela signifie vraiment pour les gens ordinaires comme eux ». La communauté internationale est aussi fautive, a-t-il dit, pour son « silence et sa complicité » [2].

Mais ces voix restent malheureusement trop rares et isolées. Malgré leurs appels, rien ne change, les mois passent. Israël maintient Gaza bouclée ; en manque d’eau, d’aliments, de médicaments les gens s’affaiblissent, dépérissent, meurent.

Au moment où nous écrivons ces lignes, à  Gaza, il y a des mères qui mettent au monde des enfants condamnés avant leur naissance. Le nombre d’enfants qui meurent à  la naissance à  cause de la malnutrition s’accroît. Beaucoup des enfants survivants sont anémiques, car la mère a elle-même été sous-alimentée durant sa grossesse.

Imaginez l’inquiétude des parents, l’angoisse des mères à  l’enfantement ! Il y a 9′000 à  10′000 nouveaux nés à  Gaza chaque mois.

C’est un crime abominable ! Ces enfants, vont devoir supporter toute leur vie les séquelles de cette situation. Car leurs cellules cérébrales ont subi d’ores et déjà  des dommages irréparables.

La majorité des enfants en dessous de l’âge de cinq ans se trouvent sous-alimentés, parce que privés de nourriture par décision du Gouvernement et de l’Etat Major israélien ! Les dirigeants israéliens savent parfaitement ce qu’ils font : sans le dire, ils contribuent par cette mesure cruelle à  compromettre la vie des enfants Palestiniens de façon irréversible. Et nul ne semble pressé de courir au secours de ces enfants !

La situation à  Gaza est devenue intolérable. Voilà  ce que nous disait, l’autre jour, un habitant de Beit Hanoun : « On est arrivé au-delà  du supportable. Pas d’électricité, pas de mazout, pas de gaz, pas de nourriture, pas d’eau potable, pas de salaire ; on n’a rien ; c’est indescriptible. Et ni l’Europe, ni les Etats arabes ne réagissent, comme si la bande de Gaza était déjà  rayée de la carte ! »

Quand il s’agit de la survie des Palestiniens, qu’Israël affame et assassine, les responsables politiques restent inertes ; et les médias ne font pas une information qui permette aux gens de se rendre compte de la gravité de la situation. Mais les images terribles existent, les atrocités ont été décrites, et qui le veut vraiment a la possibilité de savoir ce qui se passe.

Dès lors, tous ceux qui s’indignent rétrospectivement du silence et de la passivité de leurs aînés devant les pratiques concentrationnaires des Nazis, mais qui ne font rien pour dénoncer la situation qui est faite aux Palestiniens, ni pour obliger Israël à  changer de politique, devraient commencer par balayer devant leur porte.

Contrairement à  leurs aînés, ils disposent, eux, de toutes les informations. Leur silence et leur passivité ne sont rien d’autre qu’une complicité dans le crime.

‎« Le Monde » met au grand jour la politique d’intimidation ‎du régime sioniste

Lundi 2 juin 2008

« Le Monde » met au grand jour la politique d’intimidation €Ždu régime sioniste

© Alter Info, Irib

 » Les militaires sionistes ont, pour la plupart, pour €Žmission de terroriser les Palestiniens », a révélé Le Monde. €ŽDans son reportage spécial sur la Palestine occupée, le €Žquotidien français a récemment publié les aveux des €Žanciens soldats de l’armée sioniste sur leur mission de tenir €Žles Palestiniens dans un état permanent de peur. €Ž
€Ž » Je suis devenu un homme insensible », a reconnu Doron €ŽEfrati, un ancien soldat de l’armée sioniste. Il se dit prêt à  Â€Žmassacrer sans sourciller une famille palestinienne. Selon €Žlui, les forces israéliennes lancent une offensive contre les €Žzones résidentielles et en jetant des pierres et des grenades €Žassourdissantes contre les portes des maisons €Žpalestiniennes, ils cherchent ainsi à  les terroriser. Il €Žregrette ce qu’il a commis dans le passé, se déclarant prêt à  Â€Žtémoigner devant l’organisation humanitaire Breaking the €ŽSilence (Rompre le silence). L’Organisation a déjà  Â€Ženregistré quelque 500 témoignages des soldats israéliens €Žsur les exactions perpétrées à  l’encontre des Palestiniens.