Archive pour la catégorie ‘Pakistan’

Le 9/11 Indien

Mercredi 3 décembre 2008

Les Indiens pressent New Delhi de réorganiser sa sécurité

© France24

Après les attaques terroristes de Bombay, dans lesquelles près de 180 personnes ont trouvé la mort, les Indiens ne décolèrent plus. Et pointent du doigt l’incurie des agences de sécurité du pays qui n’ont su empêcher le carnage.

Quelques jours après les attaques terroristes de Bombay, les têtes commencent à  tomber. Le ministre de l’Intérieur, le conseiller national à  la sécurité et le chef de l’exécutif de l’Etat de Maharashtra ont démissionné. Dimanche, le Premier ministre indien Manmoham Singh a annoncé des changements en matière de sécurité, incluant les créations de « l’agence fédérale d’investigation » et de trois bases supplémentaires pour des spécialistes anti-terroristes de la National Security Guard (NSG).

Ces remaniements seront-ils toutefois suffisants ? Beaucoup d’Indiens se disent indignés par l’apathie politique et les mesures superficielles. « La colère des gens est palpable, affirme Hemant Sarin, un haut fonctionnaire de police qui a mené des opérations anti-insurrection. Mais les demandes de changement devront être satisfaites. »

Pour la population, qui considère que l’origine du problème réside à  l’intérieur même du système, les choses pressent. La dernière décennie a été particulièrement éprouvante pour le pays : selon un rapport du centre national anti-terroriste indien, entre 2004 et 2007, aucun pays au monde, hormis l’Irak, ne compte autant de morts dans des attaques terroristes.

Aussi les Indiens réclament-ils une refonte des organes de sécurité. Surtout depuis l’attaque du Parlement par des hommes armés en décembre 2001 et les importants attentats qui ont suivi :

- En aoùt 2007, plusieurs bombes explosent dans des parcs à  Hyderabad, tuant 40 personnes.

- En mai 2008, des attentats simultanés à  Jaipur tuent au moins 63 personnes.

- En juillet 2008, plus de 180 personnes ont été tuées à  Bombay dans l’explosion de bombes dans des trains de banlieue.

Etats contre gouvernement central

L’un des problèmes majeurs trouve son origine dans la Constitution indienne. Chacun des 28 Etats indiens est responsable de la sécurité sur son territoire. Le gouvernement central ne peut agir que lorsque l’un des États demande de l’aide. Et ces derniers mettent souvent du temps avant de solliciter New Delhi. Malgré les récentes attaques terroristes, la république indienne a été lente à  réagir, selon plusieurs sources anonymes proches du gouvernement. Pour beaucoup, l’absence d’un commandement centralisé constitue un obstacle à  la lutte contre le terrorisme. « Le gouvernement indien doit être capable de coordonner ses actions », estime Sarin.

Après que le Premier ministre de l’Etat du Maharashtra a été informé des attaques à  Bombay, il a fallu plusieurs heures au NSG, basé à  New Delhi, pour effectuer les 1 500 kilomètres séparant la capitale du théâtre des opérations. Les commandos de la marine nationale indienne (Marcos) se trouvaient pourtant dans une base navale située à  quelques minutes de Bombay.

L’Etat lui-même ne dispose pas de forces spécialisées capables de faire face à  de telles situations. Mais, selon Sarin, la NSG est « aussi bonne que les autres forces d’élite mondiales ». Pour ce haut fonctionnaire, les affirmations du New York Times selon lesquelles les forces de la NSG étaient sous-équipées, ne sont pas fondées. « Avec leur division aéronautique, ils devraient maintenant être en mesure de répondre beaucoup plus rapidement aux menaces », conclut-il.

La mise en œuvre des promesses a toujours été un problème en Inde. Les élections nationales, prévues en avril 2009, devraient toutefois permettre de savoir si de réels changements sont possibles.

Inde: démission du ministre de l’Intérieur, un groupe islamiste pakistanais suspecté

Mercredi 3 décembre 2008

Inde: démission du ministre de l’Intérieur, un groupe islamiste pakistanais suspecté

© AFP

Ajmal Amir Kamal
Capture d’écran de la chaîne NDTV montrant Ajmal Amir Kamal lors de l’attaque d’une gare de Bombay, le 26 novembre 2008

Le ministre indien de l’Intérieur a démissionné dimanche après les attaques de Bombay qui ont fait 195 morts alors que l’enquête s’oriente vers un groupe islamiste basé au Pakistan et actif au Cachemire.

Au lendemain de l’assaut final contre les derniers extrémistes islamistes, le ministre indien de l’Intérieur, Shivraj Patil, a démissionné dimanche, indiquant qu’il se sentait dans l’obligation d’assumer la « responsabilité morale » après les attaques, selon une source gouvernementale.

Dans le même temps, l’enquête s’orientait vers le groupe islamiste Lashkar-e-Taïba, l’un des mouvements islamistes clandestins pakistanais qui assurent lutter contre l’ »occupation » indienne du Cachemire ou les persécutions dont est selon victime la minorité musulmane d’Inde.

Le seul assaillant arrêté à  Bombay lors des attaques, Ajmal Amir Kamal, 21 ans, a indiqué aux enquêteurs que les assaillants étaient tous des Pakistanais entraînés par le Lashkar-e-Taïba, selon la presse indienne de dimanche, citant les services de renseignement.

« Savez-vous combien de personnes ont été tuées au Cachemire? », avait demandé en ourdou l’un des assaillants à  une chaîne de télévision qui l’avait contacté par téléphone alors qu’il occupait un centre religieux juif. Il e ensuite été abattu par les forces de sécurité indiennes venues libérer le bâtiment.

Des responsables du contre-espionnage américain ont confirmé à  l’AFP que des preuves montraient l’implication du groupe dans la série d’attaques de mercredi soir.

Le Lashkar-e-Taïba est fortement soupçonné d’avoir attaqué le Parlement indien en 2001, un attentat qui avait précipité l’Inde et le Pakistan au bord d’une nouvelle guerre.

Le Pakistan a fermement nié toute implication dans ces attaques, revendiquées par un mystérieux groupe islamiste, les Moujahidine du Deccan, du nom du plateau couvrant le centre et le sud de l’Inde.

Samedi, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, a appelé l’Inde à  ne pas réagir de façon excessive et trop rapide aux attaques de Bombay.

« Quels que soient les responsables de cet acte primitif et brutal contre le peuple indien et l’Inde, ils cherchent à  déclencher une réaction » de vengeance, a-t-il déclaré à  la chaîne de télévision indienne CNN-IBN.

« Nous devons nous placer au dessus d’eux et faire en sorte, nous, vous et la communauté mondiale, qu’il n’y ait pas de réaction excessive », a-t-il ajouté.

Les forces de sécurité indiennes ont mis fin samedi à  Bombay à  deux jours et demi d’attaques déclenchées par une dizaine d’assaillants qui ont fait au moins 195 morts, dont 28 étrangers, et 295 blessés.

Neuf assaillants ont été tués dans les opérations commando indiennes et un autre arrêté, et 15 membres des forces de sécurité ont péri, selon les autorités indiennes.

Huit des assaillants s’étaient infiltrés dans la ville un mois plus tôt, menant « des missions de reconnaissance en prélude aux attaques » et se faisant passer pour des étudiants, ont indiqué samedi à  l’AFP des sources au sein des services indiens de renseignement.

Le seul assaillant arrêté, Ajmal Amir Kamal, a déclaré que les hommes armés étaient arrivés à  Bombay en bateaux pneumatiques, venus d’un navire plus important, qui avait été auparavant capturé et dont l’équipage avait été abattu, selon la presse indienne de dimanche.

Les attaques de mercredi ont surtout visé des étrangers, particulièrement des Américains et Britanniques, ainsi qu’un centre juif. Mais les extrémistes, fortement armés, ont aussi frappé des cibles indiennes, tuant 50 personnes à  la gare centrale de Bombay, et attaqué un hôpital.

La mort d’au moins 28 étrangers — neuf Israéliens, cinq Américains, deux Français, deux Australiens, deux Canadiens, un Britannique, une Singapourienne, un Japonais, un Italien, une Thaïlandaise, un Allemand, un Mauricien et une Mexicaine — a été confirmée par leurs pays respectifs.

« On s’est retrouvés calfeutrés pendant très longtemps dans nos chambres, une quarantaine d’heures environ. Les informations étaient très confuses », a raconté un Français de 53 ans, Philippe Meyer, en voyage d’affaires à  Bombay et de retour samedi à  Paris après avoir été bloqué au Trident, l’un des hôtels ciblés par les terroristes.

Un acteur britannique, qui avait interprété à  la télévision le rôle d’un kamikaze à  l’origine des attentats suicide de Londres en 2005, a raconté à  la presse comment il a échappé aux attaques, les terroristes le croyant mort alors qu’il était couvert du sang d’autres victimes.

L’acteur, Joey Jeetun, 31 ans, né d’une mère d’origine mauricienne, a ensuite été arrêté, la police le soupçonnant d’être l’un des assaillants, avant d’être libéré au bout de 13 heures.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, Israël et la Grande-Bretagne ont proposé d’apporter leur aide dans l’enquête.

Le veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, élu président du Pakistan

Samedi 6 septembre 2008

Le veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, élu président du Pakistan

© AFP

attentat pakistan

ISLAMABAD (AFP) – Les parlementaires pakistanais ont élu samedi le très controversé Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, à  la présidence de la République Islamique du Pakistan, en plein chaos politique et économique et en proie aux violences des combattants islamistes proches d’Al-Qaïda.

Un nouvel attentat suicide, à  la voiture piégée, a d’ailleurs fait au moins 16 morts et plus de 80 blessés samedi à  un poste militaire dans un marché fréquenté du nord-ouest.

En milieu d’après-midi, le président de la commission électorale, Qazi Mohammad Farooq, a annoncé à  la tribune du Parlement que M. Zardari avait recueilli la majorité des suffrages du Parlement et des quatre assemblées provinciales.

Cette élection se déroulait 20 jours après la démission du chef de l’Etat Pervez Musharraf, poussé vers la sortie par la nouvelle coalition au pouvoir, issue des législatives du 18 février, et emmenée par le Parti du Peuple Pakistanais (PPP). Ce mouvement est dirigé par M. Zardari depuis l’assassinat, le 27 décembre 2007 dans un attentat suicide, de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, alors leader de l’opposition.

Les deux autres candidats, le magistrat Saeed-uz-Zaman Siddiqui et Mushahid Hussain, un proche de Musharraf, n’ont recueilli que les voix de l’opposition, largement minoritaire dans le collège électoral.

Asif Ali Zardari, 53 ans, connu jusqu’ici à  l’étranger seulement pour sa réputation sulfureuse, est encore largement affublé de son sobriquet « M. 10% » dans son pays. Il demeure un symbole de la corruption au sommet du pouvoir dans les années 90, quand son épouse, dont il était ministre, dirigeait le pays.

Il est demeuré impopulaire parmi les 168 millions de Pakistanais, mais il a pris la tête du PPP à  la surprise quasi-générale au lendemain de la mort de son épouse, puis a été désigné candidat à  la présidence malgré des remous au sein de cette formation.

La justice a récemment abandonné une partie des poursuites contre cet homme qui a passé 11 années en prison jusqu’en 2004, pour corruption et assassinat, et il a été amnistié pour le reste des accusations il y a un an par le président Musharraf, qui négociait alors avec Mme Bhutto un accord de partage du pouvoir.

Les éditorialistes quasi-unanimes s’alarment déjà  des « effets néfastes » de la désignation d’une personnalité si controversée au moment où le pays est au bord de la banqueroute, où les combattants islamistes semblent gagner du terrain et où Washington, exaspéré, multiplie les tirs de missiles et les attaques contre Al-Qaïda dans le nord-ouest, à  partir de l’Afghanistan voisin.

Pourtant, le Pakistan paye un lourd tribut à  la « guerre contre le terrorisme », ensanglanté par une vague sans précédent d’attentats suicide qui a fait près de 1.200 morts en plus d’un an.

Et l’armée a perdu, depuis 2002, plus d’un millier de soldats dans des combats avec les islamistes proches d’Al-Qaïda et des talibans afghans qui, selon Washington, ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales frontalières avec l’Afghanistan.

Les forces américaines en Afghanistan ont lancé mercredi leur première intervention militaire directe connue sur le sol pakistanais depuis l’Afghanistan. Au moins 15 civils ont été tués, selon Islamabad, dans un village frontalier. Washington refuse de commenter, mais n’a pas démenti.

Et les tirs de missiles américains visant Al-Qaïda mais n’épargnant pas les civils sont devenus quasi-quotidiens, renforçant un anti-américanisme déjà  très prononcé des Pakistanais.

Pour couronner le tout, les jours de la coalition de Zardari semblent comptés: le gouvernement, formé en mars et incapable d’agir concrètement, est à  la merci de petites formations aux intérêts très divergents, des laïcs progressistes aux fondamentalistes musulmans, en passant par des nationalistes ethniques.

Enfin, les économistes prédisent la banqueroute dans deux mois si Islamabad ne redresse pas ses comptes publics: la population est excédée par une inflation record en Asie, avec des hausses de quelque 60% depuis le début de l’année des prix de l’électricité, des carburants et des aliments de base.

Pakistan: Asif Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, se présente à  la présidence

Samedi 23 août 2008

Pakistan: Asif Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, se présente à  la présidence

© AFP

ali zardari

ISLAMABAD (AFP) – Asif Ali Zardari, veuf de l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto, a décidé de présenter sa candidature à  la présidence de la République pour succéder au général Pervez Musharraf, démissionnaire, a-t-on appris samedi auprès de son parti.

« M. Asif (Ali) Zardari a accepté de participer à  l’élection présidentielle après avoir été désigné à  l’unanimité par son parti », le Parti du peuple pakistanais (PPP), a annoncé à  la presse le secrétaire général adjoint de cette formation, Raza Rabbani.

Les parlementaires du PPP avaient désigné vendredi M. Zardari au cours d’une réunion du comité central exécutif du parti.

M. Zardari a été choisi en hommage au sacrifice de son épouse, tuée dans un attentat lors d’une manifestation en décembre 2007, a expliqué M. Rabbani.

Principale formation au sein de la fragile coalition gouvernementale, le PPP a consulté ses partenaires avant d’annoncer le choix de M. Zardari comme son candidat à  la présidence du pays.

« Nos partenaires ont été informés de cette décision et nous sommes optimistes que la coalition restera intacte », a assuré le secrétaire général adjoint du PPP.

Le PPP et le deuxième pilier de la coalition gouvernementale au pouvoir au Pakistan, le parti de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, s’opposent sur d’importants dossiers, en particulier sur le sort de juges évincés par l’ex-président Musharraf.

Le Pakistan doit élire le successeur de Pervez Musharraf, démissionnaire, le 6 septembre. Selon la Constitution pakistanaise, le nouveau chef de l’Etat est désigné par les deux assemblées parlementaires réunies en Congrès et par les quatre assemblées provinciales.

Les candidatures seront validées le 28 aoùt et aucun retrait ne pourra être accepté après le 30 aoùt.

Qui finance les Talibans ?

Vendredi 22 août 2008

Qui finance les Talibans ?

© Solidarité & Progrès

Dans un article paru hier, Le Monde suggère un lien entre l’offensive en cours des Talibans et la désintégration du Pakistan, qui culmine avec l’éviction de Musharraf. « Les talibans ont pour tactique en Afghanistan de « fixer » les troupes américaines dans les régions du Sud, en les soumettant à  des attaques croissantes, tandis que de nouveaux groupes djihadistes, liés à  Al-Qaida et protégés par l’ISI [services secrets de l'armée pakistanaise, ndlr], se déploient dans les zones de l’est du pays », affirme l’auteur, citant des sources occidentales officielles.

« La crise relève désormais d’un emballement régional, et non plus du seul face-à -face, en Afghanistan, entre un contingent international et une guérilla locale », poursuit t-il, reconnaissant que « les tensions se cristallisent entre Pakistan d’un côté, Afghanistan et Inde de l’autre ». La raison ? « Une partie de la hiérarchie militaire pakistanaise, animée d’un vieux réflexe obsidional, redoute l’apparition en Afghanistan d’une armée nationale équipée et formée par les Occidentaux, et réagit très mal à  ce qu’elle perçoit comme une pénétration de l’Afghanistan par l’Inde ».

Dans le même temps, l’armée pakistanaise, déstabilisée par l’éviction de Musharraf et en prise avec les groupes terroristes de la zone tribale, « agit de moins en moins contre les islamistes ». Et ces derniers se retrouvent d’autant plus libre pour mener leurs opérations contre l’armée du gouvernement afghan, à  partir de cette zone tribale pakistanaise. Et Le Monde explique, citant les services occidentaux, que « l’ISI est à  l’origine de l’attentat contre l’ambassade d’Inde à  Kaboul », et de la tentative d’assassinat du président Karzaï en avril dernier.

pak afgh taliban

Faisant une allusion à  peine voilée au financement des Talibans par les réseaux britanniques BAE-Bandar, Le Monde écrit qu’« en Afghanistan, tandis que les talibans engrangent les revenus de la drogue (auxquels s’ajouteraient des financements en provenance de réseaux salafistes basés dans le Golfe), le pouvoir du président Hamid Karzaï reste rongé par la corruption ». Le terme salafiste est connu en France comme étant un euphémisme pour les opérations britanniques BAE-Bandar.

Cette connection Salafistes-Bandar avait notamment été exposée par le Prince Hassan de Jordanie, frère de feu le Roi Hussein et oncle du Roi Abdullah, en 2007, lors d’une interview sur Al Jazeera au sujet de la stratégie du vice-président américain Cheney et du prince Bandar de financer les Salafistes sunnites du Liban pour détruire le Hezbollah chiite.

L’ancien ministre libanais des télécommunications, Issam Naam, a confirmé ces accusations dans une tribune publiée dans Al Quds al-Arabi, où il relate sa conversation avec la délégation américaine menée par Nancy Pelosi : « On a appris de la délégation américaine que des services de renseignements de Washington avaient commencé à  rassembler, armer et entraîner des groupes islamistes extrémistes pour effectuer des attaques contre le Hezbollah, conformément au plan de l’administration Bush consistant à  opposer les populations sunnites et chi’ites, dans les régions où elles cohabitent habituellement. Et cela sera organisé en camouflant les vrais commanditaires et exécutants de ces opérations qui pourront être facilement attribuées à  Al-Qaïda. »

Comment l’Otan peut-elle affirmer combattre les Talibans tout en laissant le Pakistan aux mains des réseaux britanniques BAE-Bandar ?

Pakistan : la Maison Blanche fait preuve d’une « débilité stratégique »

Vendredi 22 août 2008

Pakistan : la Maison Blanche fait preuve d’une « débilité stratégique »

© Solidarité & Progrès

21 aoùt 2008 (Nouvelle Solidarité) – Alors qu’on apprenait lundi la démission du président pakistanais Pervez Musharraf, Lyndon LaRouche a réaffirmé ses regrets face à  la tournure des événements. Le président du Pakistan a été contraint de démissionner face à  la menace d’une destitution organisée par des forces sous contrôle de l’Arabie Saoudite et de la faction BAE en Grande Bretagne.

LaRouche s’en est pris à  la Maison Blanche, à  qui il reproche d’avoir commis « un nouvel acte relevant de la débilité stratégique » faute d’avoir assuré le maintien de Musharraf. « La Maison Blanche est absolument indifférente à  ce qui se passe sur le terrain », a-t-il dit. « A en juger par certaines des politiques venant de Bush et compagnie, on dirait de plus en plus que la Maison Blanche a été achetée par les Saoudiens. » LaRouche fait ici référence au rôle du Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, soutenu par les Saoudiens, dans l’éviction de Musharraf. Dans le même temps, les fonds saoudiens continuent d’affluer vers les groupes talibans et autres, qui ont fait de la zone tribale bordant la frontière afghane une base opérationnelle quasi-impénétrable. De surcroît, l’équipe Bush continue à  s’aveugler sur le fait que l’Afghanistan et le Pakistan sont au cœur de la guerre de l’opium britannique, fournissant 90% de l’héroïne mondiale pour un chiffre d’affaire de 160 milliards de dollars, recyclés pour la plupart dans les centres financiers britanniques off-shore. Une bonne partie de ces revenus financent les opérations de l’ISI (les services secrets pakistanais) et les Talibans, ainsi que quelques autres groupes d’insurgés.

« Le retrait regrettable du président Musharraf ne fera qu’empirer les choses, a-t-il conclu, et je tiens le président Bush et la Maison Blanche pour responsables. N’importe quel président américain un minimum sérieux se serait interposé en demandant aux Saoudiens et à  leurs alliés britanniques d’arrêter d’interférer dans les affaires du Pakistan. »

Pakistan: le président Pervez Musharraf, menacé de destitution, démissionne

Lundi 18 août 2008

Pakistan: le président Pervez Musharraf, menacé de destitution, démissionne

© AFP

musharraf

ISLAMABAD, 18 aoùt 2008 (AFP) – Le président du Pakistan, Pervez Musharraf, a démissionné lundi à  la veille du lancement d’une procédure de destitution par la coalition gouvernementale qui avait juré de l’évincer du pouvoir.

Au sommet de son impopularité, l’ancien membre des commandos d’élite, arrivé à  la tête de la seule puissance nucléaire militaire avérée du monde musulman en octobre 1999, à  la faveur d’un putsch sans effusion de sang, a finalement cédé face à  ses adversaires politiques.

Et sans doute aussi face à  la faiblesse des soutiens que lui ont témoignés ces derniers temps l’armée et, surtout, les Etats-Unis, dont il était jusqu’alors l’allié-clé dans leur « guerre contre le terrorisme » islamiste.

Ces derniers lui reprochaient de plus en plus de n’avoir pas su efficacement lutter contre la présence d’Al-Qaïda et des talibans dans les zones tribales du nord-ouest du pays.

« Après avoir considéré la situation et consulté divers conseillers en droit et alliés politiques, sur leurs conseils, j’ai décidé de démissionner », a déclaré le chef de l’Etat dans un discours télévisé à  la Nation.

« Je laisse mon avenir dans les mains du peuple », a-t-il ensuite lâché, la mine très sombre, au terme d’un discours dans lequel il a âprement défendu son bilan et accusé la coalition gouvernementale, l’ancienne opposition sortie vainqueur des législatives de février, de saper les fondements de la République Islamique du Pakistan, peuplée de 160 millions d’habitants.

Le gouvernement avait annoncé dimanche qu’il déposerait en début de semaine devant le Parlement une motion visant à  engager une procédure de destitution contre l’ancien général, qui avait démissionné du poste de chef d’état-major des armées avant les élections.

Ces dernières avaient été largement remportées d’abord par le parti de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée fin décembre dans un attentat-suicide, puis par celui de l’ancien chef du gouvernement Nawaz Sharif, évincé du pouvoir le 12 octobre 1999 lors du putsch de son chef d’état-major, le général Musharraf.

Depuis la formation du gouvernement de coalition en mars, un bras de fer s’était ouvertement engagé au sommet de l’Etat.

Les deux partis, alliés de circonstance contre M. Musharraf, lui reprochaient d’avoir évincé des magistrats qui s’apprêtaient à  statuer sur sa réélection contestée en octobre 2007 et d’avoir instauré l’état d’urgence en novembre dernier.

A ces griefs s’ajoutaient des haines plus personnelles, essentiellement celle que lui voue Nawaz Sharif.

Jusqu’au dernier moment pourtant, M. Musharraf avait fait savoir qu’il n’avait nullement l’intention de lâcher le pouvoir.

Or la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice avait estimé dimanche que la question d’accorder ou non l’asile politique à  Pervez Musharraf, dans le cas où il serait destitué, n’était pas à  l’ordre du jour.

« Il a pris conscience des sentiments des représentants élus, mais aussi de ceux de diverses institutions (…) qui lui ont toutes demandé de ne rien déstabiliser », avait expliqué avant la démission le ministre des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi.

Dans les rues des grandes villes du pays, de nombreux Pakistanais sont descendus dans les rues à  l’annonce de la démission en dansant et chantant des slogans hostiles à  M. Musharraf.

Ce dernier part cependant au moment où le pays est en proie à  une terrible crise économique et à  une vague d’attentats islamistes sans précédent, qui a fait plus de 1.200 morts en un peu plus d’un an.

Le nouveau gouvernement, sous la pression intense de Washington, a lancé depuis un mois une importante offensive contre les talibans et Al-Qaïda dans les zones tribales du nord-ouest, où les Etats-Unis estiment que le réseau d’Oussama Ben Laden a reconstitué ses forces.

L’éviction de Musharraf met en danger le Pakistan, l’Inde et toute l’Asie

Dimanche 17 août 2008

L’éviction de Musharraf met en danger le Pakistan, l’Inde et toute l’Asie

© Alter Info, Solidarité & Progrès

La destitution du président pakistanais Pervez Musharraf est en marche, et ne manquera pas de servir les intérêts britanniques et saoudiens. D’après les dernières nouvelles, il pourrait bien être forcé à  remettre sa démission dans les jours qui viennent. Son éviction pose non seulement un problème de sécurité intérieure pour le Pakistan, mais représente un danger immédiat pour l’Inde.

pakistan

« Si Washington, sous la pression de Londres et de ses manipulations, applique des sanctions en réponse à  l’éviction de Musharraf, l’instabilité régionale s’accroîtra et se diffusera rapidement à  toute l’Asie Centrale et l’Asie du Sud-Ouest », a expliqué Lyndon LaRouche. « J’appelle à  ce que le calme prévale et qu’avant de mettre Musharraf à  la porte, on en mesure pleinement les conséquences ».

Les pourparlers se sont déroulés sous l’oeil vigilant de Mark Lyall Grant, directeur politique du Foreign Office britannique et ancien représentant de sa Majesté au Pakistan, ainsi que d’une délégation d’Arabie Saoudite. Cette présence semble indiquer que l’appareil de la diplomatie parallèle britannique issue du partenariat Al Yamamah [*] est en action au Pakistan. D’autant plus que la contrepartie saoudienne dans ce système, le prince Bandar, aurait utilisé ces fonds pour financer les moudjahidins afghans dans la lutte anti-soviétique pendant les années 80, des groupes qui sont ensuite devenus la structure des Talibans et d’Al Qaeda.

Certains signes indiquent également que les groupes terroristes sponsorisés par le MI6 et l’ISI [les services secrets britanniques et pakistanais] [**], et qui étaient basés dans la zone tribale pakistanaise pour entraîner les talibans du Pakistan, se sont redéployés ces derniers jours dans le Cachemire pour y commettre des violences. Les évènements dans la partie indienne du Cachemire qui ont déjà  fait une quarantaine de morts ces derniers jours, ont été provoqués en grande partie par ces terroristes. L’éviction de Musharraf renforcera les relais pakistanais d’« Al Yamamah », tout en affaiblissant la position américaine. Mais Washington a déjà  donné son feu vert pour le départ de Musharraf, espérant qu’un consensus s’installera à  Islamabad, favorisant ainsi le maintient de la ligne d’approvisionnement des 65000 soldats de l’Otan qui s’étire du port pakistanais de Karachi jusqu’à  l’Afghanistan. LaRouche n’a pas manqué de qualifier ces espérances de « diplomatie incompétente ».

« C€˜est précisément à  cause de l’implication d’ « Al Yamamah » que j’appelle à  stopper la marche vers l’éviction de Musharraf. On ne devrait pas permettre à  la bande à  Bandar, de présider au destin du Pakistan, car c’est ce vers quoi nous allons si Musharraf est évincé. Il faut faire face au problème du narco-terrorisme autour des Talibans et d’Al Qaida, car pour l’instant il bénéficie du soutien de ces factions britanniques et saoudiennes. Si on leur en laisse l’occasion, ils vont dévaster toute la région, ce qui ne sert évidemment ni l’intérêt américain, ni aucun intérêt régional », a t-il conclu.

Notes:

[*] cf. Scandal of the Century Rocks British Crown and the City, EIR, n°25, vol. 34, du 22 juin 2007, traduction française http://solidariteetprogres.org/article3002.html

[**] cf. The British Plan To Recolonize The Subcontinent Is Gaining Ground, EIR, n°28, vol. 35, du 18 juillet 2008 ; http://www.larouchepub.com

Les réactions contre une éventuelle attaque US contre le ‎Pakistan

Lundi 14 juillet 2008

Les réactions contre une éventuelle attaque US contre le €ŽPakistan

© Alter Info, IRIB

Deux importants partis pakistanais ont mis en garde €Žla Maison Blanche, lorsque les médias ont divulgué des €Žinformations quant à  une éventuelle attaque américaine €Žcontre leur pays. Le leader du Jamaia islamique, le plus €Žimportant parti religieux du Pakistan a mis en garde les €ŽEtats-Unis contre une opération manu militari dans la €Žrégion tribale. « Si Washington attaque les frontières €Žpakistanaises, nous aurons le droit de proclamer la guerre €Žcontre ce pays », a ponctué Qazi Hossein Ahmed aux €Žjournalistes. « Si les Etats-Unis envisagent d’agresser le €Žterritoire pakistanais, la nation leur résistera et toute action €Žcontre les intérêts pakistanais, sera considérée comme une €Žproclamation de guerre », a-t-il réitéré. €Ž
Dans le même registre, Moshahed Hossein, secrétaire €Žgénéral du Muslim Ligue-Qaed Aazam, a dénoncé toute €Žintervention militaire de l’Otan et des Etats-Unis contre le €Žterritoire pakistanais. « Ce parti proposera aux deux €Žchambres, une résolution à  ce propos. », a-t-il ajouté.

Le Pakistan met en garde les Etats-Unis

pakistan premier<br />
 ministre

Le Premier ministre pakistanais a affirmé que son pays ne permettrait à  aucun tiers de l’attaquer militairement. « Le Pakistan est parfaitement capable de se défendre et c’est ce qu’il fera, s’il est attaqué, a annoncé Youssef Reza Gilani, premier ministre du Pakistan, lors d’un discours à  Pichaouar.  »Le Pakistan ne permettra pas que son territoire soit transformé en un terrain de démonstration de force des terroristes. Il ne tolérera aucune attaque contre les régions tribales, a-t-il ajouté. Ces propos interviennent alors que les spéculations vont bon train au sujet des objectifs du Chef d’état major interarmes américain qui s’apprête à  se rendre très prochainement au Pakistan. Les Etats-Unis prétendent que les qaidistes se préparent dans les zones tribales pakistanaises pour lancer une attaque d’envergure contre le sol américain. Ce ridicule prétexte semble désormais être destiné à  justifier une agression militaire contre le Pakistan.

Désinformation: Assassinat de Benazir Bhutto

Mardi 26 février 2008

Scotland Yard confirme la thèse d’Islamabad

assassinat benazir bhutto islamabad