Archive pour la catégorie ‘OTAN’

Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

Lundi 8 mars 2010

Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

© Le Monde

Guérilla versus contre-guérilla. La bataille de Marjah, achevée militairement, et qui ne fait que commencer par tous ses autres aspects – humains, politiques, sociaux, économiques – doit devenir le cas d’école de la stratégie afghane du président américain, Barack Obama, et de ses chefs de guerre, les généraux David Petraeus et Stanley McChrystal.

Une fois les canons tus et les talibans partis, le grondement des complaintes peut retentir à Marjah. Car si la victoire militaire fut aisée pour l’OTAN, la réelle prise de contrôle de ce rude district pachtoune de la province du Helmand, dans le sud afghan, par le pouvoir de Kaboul est tout sauf acquise. C’est là et maintenant que l’armée américaine compte déployer tout ce qu’elle a appris en matière de stratégie contre-insurrectionnelle.

Le président afghan, Hamid Karzaï, en a fait l’expérience, dimanche 7 mars, lors de sa première visite à Marjah depuis que le drapeau national y a été hissé, remplaçant le drapeau blanc de l’ »Emirat islamique » taliban. Trois cents chefs tribaux et religieux, réunis dans une mosquée, n’ont guère modéré leur langage pour lui dépeindre un tableau désastreux de ce qu’ils voient localement, depuis 2001, de l’Afghanistan post-taliban.

La présence de l’OTAN – l’ »occupation étrangère » – fut évidemment pointée du doigt. Les « barbes grises » du Helmand ont dénoncé qu’en douze jours d’offensive, du 13 au 25 février, des civils ont été tués et blessés, des maisons et des marchés ont été détruits.

Le général McChrystal, commandant américain en Afghanistan, était venu écouter les doléances en compagnie de M. Karzaï, mais sans ouvrir la bouche : l’ »afghanisation » du conflit passe aussi par le fait de laisser le président afghan en première ligne, afin qu’il affirme son autorité.

MARJAH DOIT DEVENIR UN LABORATOIRE

Car les critiques les plus vives furent dirigées contre son gouvernement et son administration. C’est en fait la quatrième fois que Marjah tombe sous le contrôle gouvernemental (après 2001, 2007 et 2009), et à chaque fois, ce fut une catastrophe.

Corruption criante des policiers et fonctionnaires, violences et détentions arbitraires, absence d’hôpitaux et d’écoles, de projets économiques. Au printemps 2009, les hommes de Marjah n’avaient même pas attendu le retour des talibans pour chasser de leur ville la police de Kaboul. Marjah n’a pas besoin des talibans pour être rebelle…

Hamid Karzaï a donc beaucoup promis : la sécurité, la réouverture d’écoles, la construction de routes et de cliniques. Marjah doit devenir un laboratoire de ce que le gouvernement afghan et ses alliés étrangers peuvent offrir comme alternative au règne taliban, certes synonyme de loi et d’ordre, mais aussi de terreur et de misère.

Marjah doit être « un modèle » pour corriger les erreurs du passé, a indiqué le représentant politique de l’OTAN en Afghanistan, Mark Sedwill. « Modèle » qui doit s’étendre, au fil de l’année 2010 et après des offensives militaires déjà annoncées, à tous les districts des deux berceaux talibans que sont les provinces du Helmand et de Kandahar.

Les talibans, qui n’ont presque pas combattu et se sont évanouis dans la nature face à la puissance militaire déployée pour conquérir Marjah, n’ont pas dit leur dernier mot. L’OTAN s’attend à des actions de harcèlement, des attaques de convois, des attentats. La nouvelle « bataille » de Marjah, celle qui consiste à gagner « le cœur et les esprits » des Afghans, est donc loin d’être gagnée.

« Etes-vous contre moi ou avec moi ? Allez-vous me soutenir ? », a demandé le président Karzaï aux « anciens » réunis à la mosquée de Marjah. « Nous sommes avec vous ! » ont crié les vieux Pachtounes, qui n’ont pas eu un mot, prudence oblige, pour critiquer le règne taliban. Nul n’est dupe. Les armées de l’OTAN et de Kaboul ont conquis la ville : la raison autant que la tradition incitent à être, sans perdre de vue le caractère éminemment volatil de la situation, du côté du plus fort.

Rémy Ourdan

Cinq pays de l’Otan pour un retrait des armes nucléaires américaines d’Europe

Samedi 20 février 2010

Cinq pays de l’Otan pour un retrait des armes nucléaires américaines d’Europe

© AFP

BRUXELLES — Cinq pays de l’Otan, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la Norvège et les Pays-Bas, vont réclamer le retrait des dernières armes atomiques américaines en Europe, lançant au sein de l’alliance le débat sur la dénucléarisation, a-t-on appris vendredi auprès du gouvernement belge.

« La proposition que feront le gouvernement belge et les quatre pays en question dans les semaines à venir, c’est d’enlever du sol européen les armes nucléaires d’autres Etats membres de l’Otan », a déclaré à l’AFP le porte-parole du Premier ministre Yves Leterme, Dominique Dehaene.

Seuls les Etats-Unis ont ce type d’armes, les forces de frappe française et britannique n’étant pas déployées, elles, « dans d’autres Etats membres ».

La proposition vise donc bien les plus de 200 bombes atomiques largables d’avion que les Etats-Unis stockent encore dans quatre pays de l’Otan, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et la Turquie, a-t-on confirmé de source proche du gouvernement belge.

« Il s’agit de lancer le débat au sein de l’Otan », a déclaré M. Dehaene.

Il explicitait un communiqué que venait de publier M. Leterme, assurant que « la Belgique est en faveur d’un monde sans armes nucléaires et défend cette position au sein de l’Otan, en préparation de la conférence de révision du Traité sur la non-prolifération en mai à New York ».

« La Belgique, a-t-il ajouté dans ce communiqué, prendra une initiative en ce sens avec l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Norvège dans le cadre de la révision du concept stratégique de l’Otan cette année ».

« Le gouvernement belge, a déclaré M. Leterme, veut saisir la chance offerte par l’appel lancé par le président américain (Barack Obama) à un monde sans armes nucléaires ».

Cependant, a-t-il souligné, « des avancées concrètes ne seront possibles que moyennant une concertation sérieuse avec les partenaires de l’Otan et tenant compte des avancées dans les négociations en cours dans le domaine du désarmement ».

En effet, a expliqué M. Dehaene, « il faut situer l’initiative dans le contexte plus large du désarmement, qui doit aussi s’appliquer aux armes conventionnelles et pas seulement atomiques ».

M. Leterme s’est référé à l’appel dans le même sens lancé le matin même par voie de presse par deux anciens Premiers ministres belges, le chrétien-démocrate Jean-Luc Dehaene et le libéral Guy Verhofstadt, et deux anciens ministres des Affaires étrangères, le libéral Louis Michel et le socialiste Willy Claes, qui fut aussi secrétaire général de l’Otan.

« Les armes nucléaires tactiques américaines en Europe ont perdu toute importance militaire », ont écrit ces quatre responsables pour justifier leur demande de retrait.

Il reste, selon des experts, une vingtaine de bombes largables par avion à la base belge de Kleine Brogel (Flandre, nord), et il y en aurait un nombre équivalent en Allemagne, à Büchel (Rhénanie-Palatinat, sud-ouest).

L’Italie et la Turquie en abriteraient chacune environ 90.

Il a été convenu fin 2009 que toute décision de retrait des ogives américaines, qu’a déjà demandé l’Allemagne pour ce qui la concerne, soit prise dans le cadre multilatéral de l’Otan et non unilatéralement.

Les alliés en débattront au sein notamment du Groupe des plans nucléaires de l’Otan, dont seule la France est absente.

La mise à la retraite des bombes américaines ne signifierait cependant ni la fin de la garantie nucléaire américaine, ni la dénucléarisation totale de l’Otan, ont souligné des diplomates alliés.

Quant au nouveau « concept stratégique » que l’Alliance atlantique doit adopter à son sommet à Lisbonne en novembre prochain, il fera référence à la dissuasion nucléaire comme ayant, jusqu’à nouvel ordre mondial, encore toute sa place aux côtés des armements conventionnels.

Episode Russie, Géorgie, OTAN

Vendredi 17 octobre 2008

Russie, Géorgie, OTAN

OTAN VS Russie

russie guerre

En déclarant l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, la Russie est (re)devenue le mauvais méchant de l’Occident alors que tout le monde sait que les USA (grand ami de l’Europe) sont derrière le financement de l’armée Géorgienne.

Rectification! Ce qui se passe en Russie aujourd’hui n’est qu’une conséquence des tensions entre OTAN et Russie!

la décision du Kremlin n’est pas la cause de la gravissime tension internationale à  laquelle nous assistons, mais bien sa conséquence. C’est prendre acte qu’aucune négociation, aucune solution politique ne sera possible – pas du moins dans des temps prévisibles de façon réaliste- étant donné que l’Occident n’a pas la moindre intention de reconsidérer sa propre prétention à  dicter sa loi au reste du monde, comme il est en train de le faire depuis ce fatidique 1989, avec des conséquences catastrophiques.

Source: Sans retour

Que ce soit la Russie ou la Géorgie ou l’Europe tout le monde est mouillée, sauf que nous supportons la Géorgie qui est le pays qui a démarrée la Guerre en premier lieu. Il y a tellement de propagandes dans les médias occidentaux que c’est un tsunami de gerbe et il est très dur de s’y retrouver pour le citoyen lambda, ce qui se passe est grave! Nous avons fait un pas de plus dans la direction d’une troisième guerre mondiale, ou une nouvelle « guerre froide ». La Russie n’est pas le pays des soleils couchants tout rose mais nous non plus, et les USA non plus! Il va falloir que nos dirigeants fassent des efforts DIPLOMATIQUES, car comme le dit si bien l’article encore une fois,

La balle est ainsi dans « notre » camp. Ce sont nos gouvernements qui doivent commencer enfin à  raisonner, en mettant de côté les hystéries, les frustrations et les a priori idéologiques pour comprendre comment sortir de l’impasse où ils sont allés se fourrer durant ces vingt années, avec présomption et arrogance. La sortie de scène de Georges Bush pourrait être l’occasion d’un tournant ; mais ce qu’Obama (sans parler de son rival McCain) est en train de dire en ce moment ne laisse pas de place à  l’optimisme., ref

LIRE: Géorgie : Moscou défie les puissances occidentales

Et c’est pas avec des Kouchner qui déclare que la « Russie est hors la loi internationale » que tout ça va s’arranger.

Observons la diplomatie internationale et rigolons de la laideur des discours et de l’imbécilité qui découle des médias propagandistes, et j’espère que nous serons suffisamment intelligent pour ne pas régresser, de toute façon comme je dis, que ça soit la Russie ou les USA, ou l’Europe TOUS sont mouillées et c’est le même cerveau qui contrôle les deux mains. Ce qui est sur le point de se dérouler risque de carrément changer la face du monde à  nouveau.

boom

Jeune russe courageux harangue sur le comportement génocidaire de la géorgie et de son partenaire américain, et de la propagande qui sort de la bouche des médias occidentaux à  foison

Cheney: les Etats-Unis soutiennent l’adhésion de la Géorgie à  l’Otan

Jeudi 4 septembre 2008

Cheney: les Etats-Unis soutiennent l’adhésion de la Géorgie à  l’Otan

© XIN HUA

TBILISSI, 4 septembre (Xinhua) — Le vice-président américain Dick Cheney, en visite en Géorgie, a déclaré jeudi à  Tbilissi que les Etats-Unis soutenaient l’adhésion de la Géorgie à  l’Otan.

« L’Amérique soutient fermement le programme d’adhésion de la Géorgie à  l’Otan et son intégration à  terme dans l’Alliance Atlantique », a déclaré M. Cheney lors d’une conférence de presse à  l’issue d’une rencontre avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili.

Il a condamné les actions militaires russes en Géorgie et la reconnaissance de l’indépendance de deux régions séparatistes géorgiennes par Moscou.

Un haut responsable américain a déclaré que M. Cheney évaluerait avec le président Saakachvili et son équipe les conséquences et les implications de cette crise.

Les deux dirigeants se projetteront également au-delà  de la situation immédiate et débattrons de la nécessité d’une stratégie à  long terme de la communauté internationale pour contribuer à  la reconstruction et au redressement de la Géorgie, a affirmé le responsable.

M. Cheney est arrivé jeudi à  Tbilissi au terme d’une visite en Azerbaïdjan, la première étape de sa tournée dans quatre pays qui le conduira également en Ukraine et en Italie.

La visite de Cheney à  Tbilissi intervient après l’annonce par la Maison Blanche d’une aide d’un milliard de dollars à  la Géorgie pour satisfaire ses besoins humanitaires et soutenir son redressement économique.

Cette aide aidera le peuple géorgien à  se redresser de l’assaut contre son pays et à  continuer à  construire une économie prospère et compétitive, a déclaré le président américain George W. Bush mercredi.

Plus de la moitié de cette aide sera disponible dans un proche avenir, a indiqué M. Bush.

OTAN, Union européenne, Géorgie : cherchez l’émetteur et vous saurez…

Mardi 2 septembre 2008

OTAN, Union européenne, Géorgie : cherchez l’émetteur et vous saurez…

© Mondialisation.ca

otan georgie

L’édition du 28 aoùt 2008 de l’International Herald Tribune annonce en première page que Moscou s’inquiète devant l’augmentation du nombre de navires de guerre de l’OTAN dans la Mer Noire, nombre qui « dépasse largement celui des navires russes qui sont ancrés au large des côtes de Géorgie. » Cette inquiétude se justifie à  la lecture des articles récemment publiés par Manlio Dinucci dans le journal italien Il Manifesto- et traduits en français sur le site de www.mondialisation.ca . Fidèle à  chaque ligne à  un souci de précision utile qui l’honore et dont les media ne souhaitent pas tirer de leçon, Manlio Dinucci dresse un rapport détaillé des manœuvres qui s’annoncent dans l’espace clos de la Mer Noire et nous informe sur la nature et les capacités réelles des navires militaires affectés au transport des savonnettes, rasoirs et couvertures généreusement offerts par l’USAID aux victimes géorgiennes d’un conflit qui, au préalable, aurait pu être évité, ne serait-ce que par générosité. Mais je m’égare, car nous parlons ici de relations diplomatiques, c’est-à -dire de rapports de forces, et la générosité n’entre là -dedans que comme spectacle destiné à  désorienter ceux qui y croient ou qui s’en fichent et qui de toute façon n’infléchiront pas le cap des événements à  venir.

Derrière l’affiche racoleuse des souffrances authentiques d’une population qui a vécu la guerre, les Étasuniens ont ouvert un bal qui se voudrait humanitaire mais qui se danse en uniforme sur fond de palettes décoratives. Et si Moscou ne fait pas demi-tour et reste à  contempler la danse du feu des « démocraties » offusquées, ce n’est certainement pas pour découvrir de nouveaux talents pour le Bolchoï. Moscou semble ne plus craindre d’arrêter l’assaut hypocrite d’une vague qui s’autoproclame démocratique mais qui cache, sous l’écume grondante de sa bonne conscience médiatisée, des abysses de turpitudes et de manipulations contre les populations dont elle devrait être la gardienne mais dont elle est devenue le geôlier. Car d’autres l’ont montré, et je ne citerai que les trois premiers noms qui me viennent à  l’esprit, Michael Parenti, Chalmers Johnson ou Noam Chomsky, la prétendue démocratie reflue chaque jour un peu plus de ses rivages d’origine et sera bientôt réduite à  quatre syllabes qui, comme le chant des vagues, se réfugieront dans les coquillages, qu’on ramassera et qu’on portera à  son oreille pour entendre l’écho de ce qui fut et qui n’est plus.

L’édition de l’International Herald Tribune citée plus haut rapporte les propos de Dimitri Rogozine, envoyé du gouvernement russe auprès des instances de l’OTAN, qui, après avoir fustigé le « bla, bla, bla » diplomatique, remet en cause les fondements prétendument moraux de la politique extérieure des démocraties entêtées :

« Vous n’avez pas le droit moral de dire que (notre offensive en Géorgie) est disproportionnée (…) si nous avions agi dans le Caucase, proportionnellement à  ce que vous avez fait en Serbie, alors Tbilissi aurait été démolie, ça, ça aurait été proportionné. »

La « guerre froide » est de retour disent les media. Les journalistes, « empaillés de formules » – l’expression est de Bloy et à  l’époque Bloy visait les séminaristes ignares ou hypocrites ; c’est ressemblant – aiment appliquer à  l’Histoire ces petites trouvailles verbales, monuments autour desquels se massent les foules balbutiantes, petits coups de clairon qui sonnent faux au-dessus des têtes creuses et n’expliquent rien. Ils en gardent plein leurs fourre-tout de ces formules sacrées et en piochent dedans, avec leurs gros doigts manucurés, pour nous les enfoncer dans le gosier, dans nos gosiers desséchés par une soif jamais étanchée. Ces formules sont l’hostie des vérités satellisées dont la prise à  heure fixe garantit la perduration des ignorances collectives. Ainsi donc ce serait la « guerre froide »…

M. Sarkozy « a dit devant le corps diplomatique français que personne ne voulait d’une nouvelle guerre froide et a demandé à  la Russie de ramener ses forces aux positions qu’elles occupaient avant le conflit avec la Géorgie. » (« Nato Ships Raise Alarm In Moscow », International Herald Tribune, Thursday, August 28, 2008, p. 1). En disant cela, le président français ne fait que reprendre l’un des six points de l’accord signé par lui-même et par le président Medvedev le 12 aoùt dernier. Cet accord « prévoit « l’engagement de ne pas recourir à  la force » et le « retour des forces militaires géorgiennes dans leur lieu habituel de cantonnement ». De l’autre côté, « les forces militaires russes se retireront derrière les lignes antérieures au déclenchement des hostilités » et « les forces de maintien de la paix russes (…) mettront en œuvre des mesures additionnelles de sécurité (…) tant que la confiance ne sera pas revenue entre les protagonistes », a dit Nicolas Sarkozy, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne. Le texte appelle aussi à  « l’ouverture de discussions internationales » sur le « statut futur » des provinces séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Enfin, les deux pays doivent aussi pouvoir garantir la libre circulation de l’aide humanitaire vers les différentes zones touchées. Par ailleurs, bien que Dmitri Medvedev se soit engagé à  respecter l’ »intégrité et la souveraineté » de la Géorgie, ce dernier point ne figure pas dans le plan de paix. Nicolas Sarkozy transmettra mercredi le document au président géorgien Mikhaïl Saakachvili. » (Le Journal du dimanche, 12/08/2008).

Le Canard Enchaîné du 27 aoùt évoque ironiquement cet accord dont les imperfections ont abouti au serrage de boulons opéré par l’aimable dame Rice lors de son entrevue du 15 aoùt avec le président français au fort de Brégançon. Pour le Canard Enchaîné, il y a eu « rappel à  l’ordre ». Le journal satirique affirme que « Deubeuliou (…) s’est agacé du flou certain de plusieurs dispositions du texte en question» qui ne garantit pas l’intégrité de la Géorgie et qui laisse le Kremlin seul maître dans l’interprétation de que pourraient bien être « les mesures additionnelles de sécurité. »

Mais, qui a pensé puis rédigé cet accord signé par Nicolas Sarkozy et le Président Medvedev ? Le président Sarkozy avait-il carte blanche de l’Union européenne pour formuler comme il le souhaitait un accord sur une question aussi épineuse que le conflit osséto-géorgien ?

Si l’accord est l’œuvre exclusive de messieurs Sarkozy et Medvedev, le président Sarkozy s’est laissé berner par le chef d’état russe. Mais ceci semble peu probable. L’accord a donc été volontairement rendu flou. Mais dans quel but ? A-t-il été conçu dans le but de trouver un équilibre entre les intérêts de l’Union européenne et de la Russie ? Est-il le révélateur d’un désaccord non exprimé par l’Union européenne avec la politique étrangère d’un régime Bush éminemment susceptible et surarmé ? A-t-il eu pour but de pousser les Russes à  rester en Abkhazie et en Ossétie afin de servir de prétexte à  un conflit très proche, près de naître, mais encore enfermé, comme un gros insecte hideux, dans son cocon enrobé de sirop humanitaire.

Si les Russes étaient au Mexique et multipliaient les pressions pour l’adhésion de la Californie ou du Texas à  un Pacte de Varsovie nouvelle version, s’ils envoyaient des navires militaires porteurs d’armes nucléaires au large de Miami, s’ils écrivaient dans des traités idéologico-stratégiques que les États-Unis devaient être découpés en trois territoires indépendants afin de se faciliter l’accès à  un sous-sol riche en réserves vitales, s’ils installaient des rampes de missiles anti-missiles à  Cuba ou à  Montréal afin de lutter contre le terrorisme international, le tout en jurant sur les ondes que leurs intentions sont pacifiques, tous les lecteurs de journaux éclateraient de rire, même les moins doués et ils semblent nombreux, et les journalistes ne pourraient pas nous servir la soupe du prisonnier de treize heures ou de vingt heures avec le sérieux qu’ils singent aujourd’hui platement sous nos écrans plats et à  coins carrés.

Quand une puissance veut la guerre, elle ne le dit pas. Elle la prépare et elle y incite. L’OTAN s’apprête à  faire un saut décisif. La future adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie va demander un tour d’écrou un peu moins huilé et un peu plus brutal que les précédents. Quand Hitler a envahi la Pologne, il a accusé les Polonais d’avoir fait sauter un poste émetteur. D’un côté un poste émetteur, de l’autre la Seconde Guerre mondiale. Mauvais rapport qualité prix direz-vous. àƒ”¡a dépend pour qui. Pour le conflit qui se prépare, qu’on prépare, que des milieux d’affaires préparent, cherchez l’émetteur et vous saurez. Mais il sera trop tard. Il ne s’agira plus de jouer les surpris ni de pleurnicher comme des enfants.

Bruno Adrie est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Bruno Adrie publiés par Mondialisation.ca

Sans retour

Samedi 30 août 2008

Sans retour

© Mondialisation.ca

Donc Dmitri Medvedev a décidé de ne pas prendre du temps, en rendant immédiatement opérative la reconnaissance de l’indépendance des deux régions sécessionnistes géorgiennes, Abkhazie et Ossétie du Sud, et en suscitant une énorme vague de scandale et de fureur en Occident. Attention, cependant : la décision du Kremlin n’est pas la cause de la gravissime tension internationale à  laquelle nous assistons, mais bien sa conséquence. C’est prendre acte qu’aucune négociation, aucune solution politique ne sera possible – pas du moins dans des temps prévisibles de façon réaliste- étant donné que l’Occident n’a pas la moindre intention de reconsidérer sa propre prétention à  dicter sa loi au reste du monde, comme il est en train de le faire depuis ce fatidique 1989, avec des conséquences catastrophiques.

Medvedev n’aurait eu aucun besoin de franchir ce pas si la flotte de guerre de l’Otan ne s’était pas précipitée à  se poster devant les côtes russes de la Mer Noire, si on n’avait pas lancé la course au réarmement immédiat d’un régime agressif et irresponsable comme celui de Tbilissi, si les gouvernements des USA et de l’Union européenne n’avaient pas continué à  asséner des condamnations et des ultimatums à  Moscou, en ignorant totalement la part grossière de responsabilité de leur allié géorgien. Si, en un mot, s’était trouvée en Occident la moindre disponibilité pour discuter sérieusement des faits qui se sont produits dans le Caucase, et pour chercher une solution commune au lieu d’une revanche.

Mais cela ne s’est pas produit. Ce qui a empêché tout dialogue c’est un choix idéologique précis des gouvernements, incapables de concevoir l’idée de ne pas toujours avoir raison et même de se rendre compte de leur propre faiblesse et de la distance croissante qui les sépare de leurs propres citoyens. En Russie et en Chine, aujourd’hui, le consensus autour des gouvernements « autocratiques » respectifs est probablement beaucoup plus élevé que celui que recueillent les gouvernements occidentaux « démocrates », Usa en tête ; on le perçoit aussi en épluchant les « commentaires des lecteurs » sur les grands sites d’information –BBC, New York Times et autres- qui, dans une très nette majorité, sont plus réalistes et plus ouverts aux raisons d’autrui que ne le sont les gouvernements de Londres et de Washington, que leurs lecteurs accusent par contre d’hypocrisie et de fausseté, et de faire deux poids et deux mesures.

Et maintenant ? Le geste de Medvedev a tracé une ligne à  partir de laquelle il sera difficile de faire marche arrière. Du reste, il était apparu clairement ces derniers jours que le Kremlin n’a aucune crainte face à  des réactions politiques occidentales, parce que c’est l’Occident (et l’Europe en particulier) qui a plus à  perdre d’un retour à  une situation de guerre froide, bien plus que Moscou. La série de mèches allumées que les Usa et l’Europe ont dans les mains est assez longue : l’Afghanistan, le nucléaire iranien, l’énergie et l’Ukraine (qui ne pourra pas survivre comme Etat unitaire, dans une Europe lacérée).

La balle est ainsi dans « notre » camp. Ce sont nos gouvernements qui doivent commencer enfin à  raisonner, en mettant de côté les hystéries, les frustrations et les a priori idéologiques pour comprendre comment sortir de l’impasse où ils sont allés se fourrer durant ces vingt années, avec présomption et arrogance. La sortie de scène de Georges Bush pourrait être l’occasion d’un tournant ; mais ce qu’Obama (sans parler de son rival McCain) est en train de dire en ce moment ne laisse pas de place à  l’optimisme.

« OTAN assez ! »

basta con la nato

Missiles nucléaires « humanitaires » dans les ports géorgiens

Jeudi 28 août 2008

Missiles nucléaires « humanitaires » dans les ports géorgiens

© Mondialisation.ca, Il Manifesto

missiles nucleaires

Dimanche dernier (24 aoùt 2008) est arrivé dans le port géorgien de Batoumi le contre-torpilleur lance-missiles « McFaul », le premier des navires de guerre étasuniens officiellement destiné au transport d’ « aides humanitaires », dans une opération dirigée par le Commandement des forces navales étasuniennes en Europe, basé à  Naples. Pendant que le navire déchargeait des kits hygiéniques, bouteilles d’eau minérale et autres denrées « données par l’Usaid », le capitaine John Moore, commandant de la Task Force Us assurait : « Nous sommes ici en mission humanitaire ».

Le New York Times indique (24 aoùt) que, de cette façon, Moore « amenuisait la signification d’un torpilleur qui apporte des aides ». Le McFaul – rappelle le journal- est doté d’un « système radar très sophistiqué » et de divers armements, dont « des missiles de croisière Tomahawk qui peuvent transporter des missiles conventionnels ou nucléaires, même si la marine, pour des raisons de sécurité, ne précise pas si les navires transportent des armes nucléaires ». Sous peu, avec d’autres navires de guerre eux aussi en « mission humanitaires » arrivera en Mer Noire, venant de Gaeta, le Mount Whitney, navire amiral de la 6ème flotte, doté du système de communication et surveillance le plus sophistiqué du monde .

Entre-temps, quatre navires de guerre sont entrés en Mer Noire le 21 aoùt, navires appartenant aux Usa, Allemagne, Pologne et Espagne, pour une manœuvre de l’Otan dont la durée est prévue sur trois semaines. Le groupe naval, a déclaré le vice commandant de la Composante maritime alliée, effectue « une visite de routine en Mer Noire, déjà  programmée, pour interagir avec la Roumanie et la Bulgarie, nos partenaires Otan ». Il précise cependant que le groupe naval constitue « un noyau fondamental de la Force de riposte de l’Otan (Nrf) ». Quand elle est utilisée, la Nrf dont les unités sont fournies par rotation par les pays de l’Otan, est directement mise aux ordres du « commandant suprême allié en Europe » (toujours un général étasunien).

Avec cette manœuvre, l’Otan est donc en train de se préparer à  un éventuel envoi de la Nrf dans la région du Caucase, tandis qu’arrivent en Mer Noire des navires de guerre étasuniens, dont le navire amiral de la 6ème flotte. C’est un défi ouvert qui est lancé à  la Russie, non pas en paroles mais par des faits, juste au moment où la marine russe est en train de faire rentrer dans ses bases de Sébastopol, en Crimée, les unités qui avaient été utilisées dans le conflit géorgien.

On annonce en même temps une autre manœuvre militaire en Géorgie, après « Immediate Response 2008 », à  laquelle avaient participé des troupes étasuniennes, géorgiennes, ukrainiennes, azéris et arméniennes, juste avant l’attaque contre l’Ossétie du Sud par la Géorgie. La nouvelle manœuvre, appelée Georgian Express 2008, emploiera des forces spéciales britanniques, qui instruiront les géorgiens sur les opérations dans les zones aériennes urbaines. Les militaire britanniques, tout comme ceux des Usa dans la précédente manœuvre, seront déployés dans la base de Vaziani, à  moins de 100 Kms de la frontière russe.

Il est clair que les Usa et l’Otan entendent reconstruire au plus vite le potentiel militaire géorgien, sorti assez mal en point du conflit avec l’armée russe. Pour preuve, les visites effectuées au ministère de la défense géorgien du général Bantz J. Craddock, chef du Commandement européen des forces Us, et par Robert Simmons, représentant spécial pour le Caucase et l’Asie centrale du secrétariat général de l’Otan.

Mais ce n’est pas les seul objectif. A travers la brèche ouverte par la crise géorgienne, les Usa et l’Otan essaient de conquérir des positions encore plus à  l’est, en faisant pression sur la Russie pour l’évincer de l’Asie centrale ex-soviétique : zone d’immense importance, que ce soit pour ses réserves énergétiques de la Caspienne comme pour sa position géostratégique par rapport à  la Russie, la Chien et l’Inde. Est ainsi créé sur un front déplacé vers l’est, une confrontation qui n’est pas moins dangereuse que celle de la guerre froide.

Edition de mardi 26 aoùt 2008 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/26-Agosto-2008/art38.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Afghanistan : plus d’une centaine de civils massacrés par l’OTAN

Jeudi 28 août 2008

Afghanistan : plus d’une centaine de civils massacrés par l’OTAN

© Mondialisation.ca

Hamid Karzai, le président afghan, a destitué un général et un commandant après que des rapports aient fait état de plus de 100 civils massacrés par les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis.

La décision est intervenue après qu’une délégation désignée par Karzai se soit rendue à  l’aéroport de Shindand et dans le village d’Azizabad au coeur de l’ouest de l’Afghanistan pour enquêter sur le fait que des civils avaient été tués.

Les témoins visuels et les habitants attestent que plus de 100 civils, dont la grande majorité sont des femmes et des enfants, ont été tués dans l’attaque de l’OTAN.

Les officiels américains prétendent que seulement trois civils ont été tués en plus de 25 combattants Talibans.

Le Général Jalandar Shah Behnam, responsable de l’armée pour l’ouest de l’Afghanistan, et le commandant Abdul Jabar ont été limogés pour « négligence et dissimulation » selon un décret présidentiel publié dimanche.

« Dans cette tragique attaque aérienne et l’opération militaire irresponsable et imprécise contre le village d’Azizabad dans la zone de Shindand, plus de 89 de nos compatriotes innocents, y compris des femmes et des enfants, ont été martyrisés », dit le rapport.

Zeina Khodr d’Al Jazeera rapporte depuis Kaboul que les deux responsables avaient été rappelés dans la capitale pour y être interrogés par le ministère de la défense.

« Karzai est sous forte pression, il a perdu beaucoup de soutien parmi la population locale en raison de ces attaques aériennes, » explique Zeina Khodr.

Le président a régulièrement fait appel aux Etats-Unis et aux forces dirigées par l’OTAN pour qu’ils accordent plus d’attention aux pertes infligées aux civils, avertissant que de tels incidents sapent la bonne volonté du peuple afghan.

Les Nations Unies ont signalé que 255 des presque 700 décès civils lors de combats en Afghanistan cette année ont été provoquées par les troupes afghanes et les troupes internationales sous direction américaine.

Le chef de la police dans la province d’Hérat située à  l’ouest de l’Afghanistan a déclaré à  Al Jazeera dimanche que 95 civils avaient été tués.

Le ministère de l’intérieur avait d’abord estimé le nombre de morts à  76, dont une cinquantaine d’enfants et 19 femmes.

Environ 15 des maisons qui ont été détruites lors des bombardements appartiennent aux hommes qui travaillent comme gardes de sécurité sur une piste d’atterrissage employée par les troupes internationales à  environ 120 kilomètres au sud de de la ville d’Hérat, ont fait savoir des gens du pays.

Les villageois et les parents des victimes ont organisé une manifestation de colère samedi, mettant le feu à  un fourgon de police, retournant un camion de transport et portant des banderolles sur lequelles on pouvait lire « mort à  l’Amérique ».

« [Le secteur] est calme maintenant. Nous enquêtons sur ce qui s’est passé, » a déclaré le Général Mohammad Zahir Azimi, un porte-parole du ministère de la défense.

« Notre première enquête prouve qu’un grand nombre de civils ont été tués. La tragédie est beaucoup plus grave que ce nous avions tout d’abord pensé, » a-t-il avoué.

Article original en anglais: http://english.aljazeera.net/news/asia/2008/08/200882410517833582.html

Traduction: Info-Palestine.net.

L’Otan appelle la Russie à  revenir sur sa décision concernant l’Ossétie et l’Abkhazie

Mercredi 27 août 2008

L’Otan appelle la Russie à  revenir sur sa décision concernant l’Ossétie et l’Abkhazie

© NouvelObs

« La décision de la Russie viole les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », indique l’Alliance dans un communiqué.
L’UE « ne peut accepter ces violations de tout le droit international », estime pour sa part Bernard Kouchner.
Le président russe a expliqué que cette reconnaissance était « fondée sur le droit international ».

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L’Otan a appelé la Russie, mercredi 27 aoùt, à  « revenir sur sa décision » de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, selon un communiqué de l’Alliance atlantique.
« Le Conseil de l’Atlantique nord condamne la décision de la Fédération de Russie de reconnaître les régions géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie et appelle la Russie à  revenir sur sa décision », indique ce communiqué publié à  l’issue d’une réunion des ambassadeurs des 26 pays de l’alliance.
« La décision de la Russie viole les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qu’elle a approuvées concernant l’intégrité territoriale de la Géorgie », poursuit la déclaration de l’Otan.
De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a déclaré à  Kiev qu’il revenait à  la Russie de « ne pas entamer » une nouvelle guerre froide.
« Le président russe a dit qu’il n’avait pas peur d’une nouvelle guerre froide. Nous n’en voulons pas. Il lui revient la grande responsabilité de ne pas en entamer une », a déclaré David Miliband devant des étudiants lors d’une visite en Ukraine.

« La Russie est hors-la-loi »

Interrogé sur Europe-1, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait pour sa part déclaré que la Russie est « hors la loi internationale » soulignant que l’Union européenne « ne peut accepter ces violations de tout le droit international » et « des accords de sécurité ».
« Nous ne pouvons pas accepter ces violations de tout le droit international, des accords de sécurité et de coopération en Europe, des résolutions des Nations unies et la prise, pour la première fois depuis longtemps, d’un territoire par une armée d’un pays voisin », a-t-il annoncé.
« Les 27 chefs d’Etat vont évidemment réagir » au sommet européen de lundi, a-t-il souligné. La Russie « est hors la loi internationale et ce n’est pas seulement l’opinion de l’Union européenne », a ajouté le chef de la diplomatie française.

« Faut-il qu’il y ait une confrontation ? J’espère que non »

« Il y a d’autres objectifs que l’on peut supposer être les objectifs de la Russie, en particulier la Crimée, l’Ukraine, la Moldavie », a-t-il en outre estimé.
La Crimée (sud de l’Ukraine) était considérée comme un territoire russe jusqu’à  ce que le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev le cède en 1954 à  Kiev en geste de bonne volonté.
Le ministre a souligné que « les conflits dans le Caucase sont des conflits extrêmement durs ». « Pendant des siècles on s’est affronté », a-t-il dit, en soulignant qu’ »en Ossétie il y avait 70.000 personnes séparées en deux clans, l’un pro-russe, l’autre pro-géorgien : cela fait 30.000 personnes de chaque côté ». (Bernard Kouchner avait également affirmé mardi soir sur France-2 que la Russie se préparait à  « un nettoyage ethnique » en Ossétie du Sud).
« Faut-il qu’il y ait une confrontation ? J’espère que non », a poursuivi le ministre des Affaires étrangères en estimant que « c’est la solution politique qui doit être préférée ».

« Une décision fondée sur le droit international »

Dans une tribune publiée mercredi dans le Financial Times (> Lire la revue de presse), le président russe Dmitri Medvedev a estimé pour sa part que la décision de Moscou de reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie était « fondée sur le droit international ».
La reconnaissance de cette indépendance s’est faite en « prenant en compte les souhaits exprimés librement par les peuples d’Ossétie et d’Abkhazie, et sur la base des principes de la charte des Nations unies et d’autres documents de droit international », écrit Dmitri Medvedev dans les colonnes du quotidien britannique.
Cette décision « n’a pas été prise à  la légère, ni sans pleine considération de ses conséquences », ajoute le chef du Kremlin, qui définit la région comme une « poudrière » que « les forces de maintien de la paix russes ont protégé de l’embrasement ».

La lettre d’explications de Medvedev

La reconnaissance mardi par la Russie de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud s’est heurtée à  un front des pays occidentaux qui, à  l’instar de Tbilissi, ont condamné une violation « inacceptable » du droit international.
Invoquant l’exemple de l’indépendance du Kosovo, Dmitri Medvedev estime que « dans les relations internationales, on ne peut pas avoir une règle pour certains, et une règle pour les autres ».
Le président russe a adressé une lettre d’explications sur la reconnaissance par Moscou de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud à  plusieurs dirigeants occidentaux, dont George W. Bush, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Silvio Berlusconi (> un sommet européen doit se tenir le 1er septembre).

« Nous comptons sur votre compréhension »

Cette décision était « l’unique possibilité » explique le président russe, selon cette lettre publiée mercredi par la Repubblica.
Envoyée mardi matin, la missive anticipait la reconnaissance de l’indépendance des deux territoires: « nous vous informons que la Fédération de Russie se trouve face à  la nécessité de prendre la décision difficile – mais l’unique possibilité dans ces conditions – de reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie », écrit Dmitri Medvedev.
Cette décision a été prise en « prenant en compte la volonté exprimée par les peuples d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, en s’en tenant aux dispositions du statut de l’ONU et à  la déclaration sur les principes et le droit international concernant les relations amicales entre les Etats, à  l’acte final d’Helsinki et aux autres documents internationaux », affirme le président russe.
« Nous comptons sur votre compréhension et votre soutien », écrit-il encore, rappelant que « cette position est soutenue par l’immense majorité de nos citoyens ».

« Irresponsable »

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a dénoncé une décision « totalement illégale », accusant Moscou de vouloir changer « les frontières de l’Europe par la force ». S’engageant à  lutter « pacifiquement » contre le « mal » pour rétablir l’intégrité territoriale de la Géorgie, il a appelé l’Union européenne (UE) et l’Otan à  accélérer son intégration.
Malgré l’appel du président Dmitri Medvedev, qui a demandé aux « autres Etats » de « suivre son exemple », les dirigeants occidentaux ont rejeté d’une même voix l’attitude russe.
Le président américain George W. Bush a qualifié cette décision « d’irresponsable » avertissant Moscou qu’il devait la « reconsidérer ».
L’UE a « condamné fermement cette décision (…) contraire aux principes d’indépendance, de souveraineté et d’intégrité territoriale de la Géorgie ». La présidence française de l’UE, qui consulte ses partenaires afin de parvenir à  une position commune au sommet extraordinaire de lundi, « appelle de ses voeux une solution politique des conflits en Géorgie ».

« Inacceptable »

L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont aussi déploré une décision « inacceptable ».
Pour la chancelière allemande Angela Merkel, elle « contredit le principe d’intégrité territoriale, un principe fondamental du droit international des peuples ».
Cet acte est « injustifiable et inacceptable » également pour le gouvernement britannique, dont le ministre des Affaires étrangères David Miliband, qui le dit « voué à  l’échec », se rendra mercredi en Ukraine « pour former la coalition la plus large possible contre l’agression russe en Géorgie ».
Plusieurs dirigeants internationaux se sont inquiétés des conséquences de cette reconnaissance.
« Les événements d’aujourd’hui pourraient avoir des implications plus larges pour la sécurité et la stabilité dans le Caucase », a ainsi affirmé le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Plus de 100 missiles de l’OTAN en mer Noire

Mardi 26 août 2008

Plus de 100 missiles de l’OTAN en mer Noire

© Solidarité & Progrès

25 aoùt 2008 (RIA Novosti) €” Plus de cent missiles Tomahawk et Harpoon se trouveraient à  bord des navires de guerre de l’OTAN qui viennent d’entrer dans les eaux de la mer Noire, a déclaré à  RIA Novosti une source au sein des services de renseignement militaire russes.

A l’heure actuelle, un groupement de navires de l’OTAN comprenant la frégate polonaise General Kazimierz Pulaski, le destroyer américain USS McFaul, la frégate allemande Lübeck, la frégate espagnole Almirante Juan de Borbon et l’escorteur côtier américain USCGC Dallas, se trouve en mer Noire.

« Le destroyer américain USS McFaul, qui mouille actuellement dans le port géorgien de Batoumi, dispose à  son bord d’une cinquantaine de missiles de croisière Tomahawk. Ces missiles peuvent être équipés d’ogives nucléaires et servent à  neutraliser des cibles au sol. Les autres navires sont actuellement concentrés dans la partie nord de la mer Noire », a précisé la source.

Selon l’interlocuteur de RIA Novosti, les autres bâtiments de l’OTAN sont dotés au total de 64 missiles antinavires Harpoon et de huit hélicoptères de classe différente.

« En substance, l’OTAN est en train de former en mer Noire un groupement de navires de surface équipés de missiles », a-t-il expliqué.

L’escorteur côtier américain USCGC Dallas est actuellement à  3-4 heures du port de Batoumi sur lequel il a mis le cap, a-t-il indiqué.

Commentant la présence navale de l’OTAN en mer Noire, le capitaine de vaisseau Igor Dygalo, porte-parole de la marine russe, a affirmé plus tôt : « La marine russe est au courant. La flotte de la mer Noire continue de remplir sa mission en matière de sécurité de la navigation au large de l’Abkhazie ».

L’administration américaine avait annoncé avoir mobilisé des avions militaires et des navires de guerre pour acheminer à  la Géorgie un lot d’aide humanitaire.

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