Archive pour la catégorie ‘Opus Dei’

L’Opus Dei à la conquête du monde

Samedi 30 janvier 2010

L’Opus Dei à la conquête du monde

© Encore un excellent article de Voltairenet.org, par Thierry Meyssan

C’est sous le régime du général Franco, qu’Escriva de Balaguer met en place l’Opus Dei. Le directeur de conscience de Franco entreprend grâce à son organisation de sélectionner et de former les élites de la dictature jusqu’à contrôler l’essentiel du pouvoir. Installé par la suite à Rome, il s’emploie à étendre son pouvoir en Amérique latine. L’Opus Dei y opère une gigantesque reprise en main des prêtres latino-américains, coupables de partager les analyses marxistes et de s’opposer aux dictatures catholiques.

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Officiellement l’Opus Dei n’est qu’une association catholique internationale. Son activité se bornerait au conseil spirituel de ses 79.303 adhérents (soit 1.506 prêtres, 352 séminaristes et 77.445 laïcs). Des membres qu’elle a choisis dans le gotha latino-américain et européen. Parmi eux des patrons de multinationales, des magnats de la presse et de la finance, des chefs d’Etat et de gouvernement. De chacun, elle exige une austère discipline et une complète obéissance. Aussi, bien qu’elle feigne d’ignorer leurs activités politiques « personnelles », elle peut à travers eux imposer ses valeurs aux peuples.

Cette secte fut fondée le 2 octobre 1928 par un jeune prêtre espagnol, d’origine modeste, l’abbé Escriva. Il s’agissait pour les adeptes de parvenir à la sainteté en participant à l’instauration d’un régime théocratique dont Escriva était le prophète. La guerre civile leur apparue comme l’occasion inespérée d’établir l’Etat catholique de leurs rêves. L’abbé Escriva devint directeur de conscience du général Franco. Ensemble, ils réhabilitèrent le vieux principe « Cujus regio, ejus religio » (tel gouvernement dans un Etat, telle religion dans cet Etat).

L’Opus Dei entreprit de sélectionner et de former les élites de la dictature jusqu’à contrôler l’essentiel du pouvoir. Ainsi, dans les années soixante-dix, le gouvernement de l’amiral Carero Blanco fut qualifié de « monocolor » : sur dix-neuf ministres, douze étaient opusiens. Bien qu’il n’exerça aucune responsabilité directe dans le régime, le « padre » ne cessa de conseiller le généralissime. C’est lui qui suggéra le rétablissement de la monarchie de droit de divin, dont Franco fut proclamé régent à vie.

L’abbé Escriva envisagea de se faire proclamer régent lorsque surviendrait le décès du Caudillo. C’est pourquoi il se fit anoblir en 1968 sous le titre de Mgr Escriva de Balaguer, marquis de Peralta. Mais ce plan fut modifié puisque l’année suivante Franco désigna le prince Juan Carlos Ier de Bourbon pour lui succéder. Tout compte fait Mgr de Balaguer avait d’autres ambitions. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il s’était installé à Rome et s’employait à étendre son pouvoir en Amérique latine. Des oratoires de l’Opus avaient été installés dans les ambassades espagnoles qui facilitèrent ses contacts avec les élites locales. Il prodigua ses conseils spirituels à tous ceux qui ambitionnaient de lutter contre le communisme et d’affermir la foi catholique dans leur pays. Ainsi se précipita-t-il à Santiago du Chili en 1974 pour célébrer une action de grâce avec trois de ses « fils spirituels », le général Pinochet, l’amiral Mérino et le général Leigh.

Monseigneur de Balaguer aurait voulu étendre son « OEuvre » en Europe mais il en fut partiellement empêché par l’isolement diplomatique de l’Espagne. Ses objectifs étaient de recréer une internationale anticommuniste (comparable à l’alliance Franco-Mussolini-Hitler pendant la guerre civile), de désenclaver l’Espagne franquiste et de favoriser la construction européenne.

En 1957, il fit créer à Madrid, par l’archiduc Otto von Habsburg-Lothringen, le Centre européen de documentation et d’information (CEDI) et, grâce à deux autres de ses « fils spirituels », Alcide de Gasperi et Robert Schuman, il pesa sur la rédaction du traité de Rome portant création de la Communauté européenne. Comme le général Franco, le « padre » décéda en 1975. C’est à tort que l’on a cru que l’Opus Dei disparaîtrait en enfer avec eux. L’essor reprit trois ans plus tard, en 1978. Profitant des intrigues qui paralysaient le Sacré Collège, l’Opus Dei réussit à convaincre les cardinaux d’élire l’un de ses prédicateurs comme pape : l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla. Dès lors, la secte allait pouvoir détourner à son profit l’appareil diplomatique de l’Etat du Vatican et l’organisation religieuse de l’Eglise catholique.

Jean-Paul II constitua presque exclusivement son cabinet d’opusiens et s’employa à casser toute résistance au sein de l’Eglise. Pour cela il fit isoler – « pour raison de santé » – le supérieur des jésuites, Pedro Aruppe, et nommer un administrateur provisoire de leur ordre en la personne d’un opusien, le père Dezza. Mais il n’osa pas dissoudre la compagnie de Jésus. Il opéra une gigantesque reprise en main des prêtres latino-américains, coupables de partager les analyses marxistes et de s’opposer aux dictatures catholiques.

Deux hommes servirent avec zèle sa politique : Mgr Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et Mgr Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille. Un centre de surveillance fut installé à Bogota, doté d’un ordinateur de capacité stratégique, dont les terminaux sont installés à la cité du Vatican. On y a fiché toutes les activités politiques des religieux latino-américains. C’est à partir de ces renseignements que furent notamment assassinés par des « escadrons de la mort » le père Ignacio Ellacuria ou Mgr Oscar Romero. Enfin, Jean-Paul II promulgua un nouveau code de droit canon, dont l’artisan principal fut un prélat de l’Opus, Mgr Julian Herranz-Casado, devenu depuis président du Conseil pontifical pour la révision des textes législatifs.

Par ailleurs, il dota l’Oeuvre d’un statut sur mesure, celui de « prélature apostolique ». Désormais les membres de l’Opus Dei échappent à l’autorité des évêques sur le territoire desquels ils résident. Ils n’obéissent qu’à leur prélat et celui-ci au pape. Leur organisation est devenue un instrument de contrôle des Eglises locales au service du pouvoir temporel du Vatican. Un destin qui n’est pas sans rappeler celui d’une autre secte qui régna par la terreur religieuse sur l’Espagne du XVIe siècle avant d’imposer son fanatisme dans l’Eglise universelle : l’Inquisition.

Enfin, le pape confia l’administration de la « Congrégation pour la cause des saints » à un opusien, Rafaello Cortesini. Jean-Paul II engagea un procès canonique de l’abbé Escriva de Balaguer et proclama sa béatification le jour de son propre anniversaire, le 17 mai 1992. Cette mascarade souleva de vives polémiques dans l’Eglise romaine. Tous les témoignages opposés à la « cause du saint » furent rejetés sans être entendus, tandis que six mille lettres postulatoires furent jointes au dossier. Elles émanaient notamment de soixante-neuf cardinaux, de deux cent quarante et un archevêques, de neuf cent quatre-vingt-sept évêques et de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement.

Thierry Meyssan

L’Opus Dei veille à  la fin de l’école gratuite

Jeudi 28 août 2008

L’Opus Dei veille à  la fin de l’école gratuite

© Bakchich

C’est avec un enthousiasme inquiétant que Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos sont en train de transformer l’école publique. Derrière ces réformes, il y a une idéologie, inspirée de mouvements sectaires ou d’extrême droite. Elle est expliquée avec brio par Eddy Khaldi, enseignant et Muriel Fitoussi, journaliste, dans un livre à  paraître lundi 25 aoùt aux éditions Demopolis, « Main basse sur l’école publique ». « Bakchich » publie quelques bonnes feuilles de ce livre-enquête qui dépasse de loin le simple résumé des événements de l’année en matière scolaire.

Nouveaux programmes, suppression des cours le samedi matin, introduction de leçons d’instruction civique et morale, voilà  un aperçu de ce qui attend nos petits inscrits à  l’école primaire à  la rentrée de septembre.

Il faut dire que l’école intéresse beaucoup le père Darcos.

Depuis septembre 2007, Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, a entamé son projet de réformes du primaire, qui n’est pas du goùt de tous. Nombreux sont les enseignants et parents d’élèves qui jugent ces propositions menaçantes pour l’école publique et son principe d’équité, et s’inquiètent de la qualité de l’enseignement, elle aussi un brin menacée. Ca y est, c’est dit, les professeurs des écoles devraient perdre beaucoup moins de temps à  prendre des notes sur des cours de pédagogie sur les bancs des IUFM d’ici 2010.

Contre cette avalanche de réformes, les mobilisations ont été nombreuses avant les vacances estivales. Et aujourd’hui, qu’en est-il ? Bien que « la priorité soit donnée à  la rentrée des enfants, des Assemblées Générales sont d’ores prévues pour le jour de la pré-rentrée », indique à  Bakchich une représentante parisienne du Syndicat National des Ecoles (SNE-CSEN). Elle ajoute : « Avant de penser dans le détail aux actions à  mener à  la rentrée, nous attendons le rapport de la commission de juillet du rectorat, que nous n’avons encore reçu ».

Pas de doute, Xavier Darcos doit revoir sa copie sous peine de s’exposer à  de nouvelles grèves. Mais le monsieur est chanceux, le service minimum imposé aux salariés de l’éducation publique est passé depuis.

Les deux auteurs de Main basse sur l’école publique, Eddy Khaldi, enseignant et spécialiste de la laïcité et l’école, et Muriel Fitoussi, journaliste spécialisée dans les questions politique et sociale, montrent dans leur livre sur quelle toile de fond idéologique se repose notre Darcos pour réformer l’Education nationale. C’est avec surprise que derrière les idées du ministre, apparaissent des noms tel que l’Opus Dei.

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Main basse sur l’école publique, de Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi
© Démopolis

EXTRAITS DU LIVRE

« Si l’on veut vendre à  défaut d’être lu, si l’on veut faire les plateaux de télévision, il ne faut pas hésiter à  affirmer que l’école française ne fabrique que des crétins et que les enseignants français sont tous des privilégiés qui ne font même pas 35 heures de travail par semaine…

Christian Forestier et Claude Thélot

Une vingtaine d’organisations tentent de peser sur la campagne des présidentielles

Lors de l’élection présidentielle de 2007, fait inhabituel, tous les candidats ont fait l’impasse sur les questions d’éducation, qui ne furent jamais spontanément conviées dans les débats. Il ne fut quasiment question que du problème de la carte scolaire, dont le sort était mis en balance par les deux principaux candi- dats, qui annonçaient, qui sa « suppression », qui son « assou- plissement ». Dans ses discours de campagne sur l’éducation, le candidat de l’ump n’évoque pas, ou si peu, l’« Éducation nationale » en tant que telle. En revanche, il propose déjà , sans aucune ambiguïté, des privilèges nouveaux en vue d’un redé- ploiement des établissements privés.

(…)

Certains libéraux ne s’y sont pas trompés et déclarent, sur leur site Internet Liberté chérie : « Voilà  sans doute le sujet que Sarkozy semble le mieux avoir compris. En effet, il est partisan de la remise en cause de la planification éducative par la carte scolaire, se posant ainsi en défenseur de la liberté des parents de choisir l’école de leurs enfants. »

Valoriser l’école publique, voilà  qui n’est décidément plus un sujet porteur. Exemple révélateur, le journal Libération qui organisait, dans le cadre de la préparation de la campagne « trois jours de débats, d’expression et d’échanges » les 13, 14 et 15 septembre 2006 à  Grenoble, abordait quasiment tous les thèmes de campagne, sauf l’éducation. À l’exception d’une unique table ronde sur la citoyenneté, rien ne fut dit sur les structures, les contenus et la gestion du système éducatif…

Malgré ce peu d’intérêt des candidats, un certain nombre d’organisations tentent de peser sur la campagne. Une ving- taine d’entre elles 6, peu connues du grand public, publient dans Le Figaro du 10 janvier 2007, une plate-forme commune : « Lettre sur l’injustice scolaire », sans doute pour attirer l’at- tention peu soutenue des présidentiables et s’imposer dans le paysage et les débats politiques de la campagne en désignant les deux ou trois candidats porteurs de leurs desseins. Rien de neuf sous le soleil de ces mouvements – parmi lesquels Créer son école, l’oidel, Enseignement et Liberté – si ce n’est l’affichage de leurs connexions. Ce qui traduit, sur le terrain de l’éduca- tion, une offensive concertée de mouvements français idéologiquement très proches et liés. À l’intérieur du vaste essaim de signataires, mentionnons l’association clé (Catholiques pour les libertés économiques), dont l’objet n’est pourtant pas celui de l’enseignement, qui est clairement liée à  l’Opus Dei, dont elle partage certains locaux parisiens. Les propositions de la lettre publiée dans Le Figaro sont reprises par des think tanks du secteur économique et résumées dans le Guide du candidat 2007-2008 publié par l’aleps.

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L’Education nationale, un mammouth à  foutre à  la corbeille

Autre acteur de poids dans la campagne, l’oidel (Organisation internationale pour le développement de la liberté d’enseignement), ong suisse reconnue par le canton de Genève, qui s’intéresse de près à  la question du dualisme scolaire français. L’organisation a l’insigne honneur de jouir du statut consultatif auprès des Nations unies, de l’unesco et du Conseil de l’Europe. Elle collabore par ailleurs étroitement avec l’Union européenne. Notons aussi que Enseignement et Liberté est membre de l’oidel.

L’oidel est au centre de nombreuses initiatives entreprises depuis quelques années. Ses constats pas toujours objectifs s’appuient principalement sur des accusations sans cesse ressassées, ainsi résumées : l’Éducation nationale est un mammouth ingérable qui coùte cher et fabrique des illettrés. Ses solutions : suppression de la carte scolaire, un directeur d’établissement chef d’entreprise, la suppression du monopole de la collation des grades 16, le maintien ou la fermeture d’écoles, la sanction des résultats obtenus, l’ouverture de nouveaux établissements privés.

(…)

L’organisation s’est très opportunément signalée au moment de la campagne présidentielle. Le 22 avril 2007, entre les deux tours, surgit le rapport de l’oidel sur « la liberté de l’enseigne- ment en France » : « Après une première version en 2002, un Rapport sur la liberté d’enseignement dans le monde est en cours de préparation […]. Voici une étude concernant la France [pour] analyser les politiques scolaires sous l’angle de la liberté d’enseignement. » Les objectifs de privatisation y sont très clairement exprimés. Ce rapport souligne qu’en 2002, sur 85 pays étudiés, tant dans les dispositions juridiques que dans la prati- que, la France est placée en quatrième position, relativement à  la « liberté d’enseignement » qui y règne. Nous savions déjà , par plusieurs enquêtes, que l’enseignement privé, presque exclusivement catholique en France, y était surreprésenté, et le mieux financé parmi 25 pays d’Europe.

(…)

L’influence de cette organisation sur les propositions de cam- pagne du candidat Sarkozy ne serait après tout pas très nouvelle, si l’on ne précisait la nature véritable de l’oidel, qui se présente sous des dehors éminemment respectables d’ong mondialement reconnue, et qui place son combat sous la bannière irréfutable des droits de l’homme. L’État fédéral de Genève affirme, pour sa part, que l’oidel est une émanation de l’Opus Dei.

Deux sites du gouvernement fédéral genevois le confirment, dans cette [1] transcription du 5 novembre 2002 des débats relatifs à  l’attribution d’une subvention de 160 000 francs suisses à  l’uedh (Université d’été des droits de l’homme), filiale de l’oidel, pour 2003, 2004 et 2005. »

© Demopolis

De nouvelles informations sur l’Opus Dei

Mardi 15 avril 2008

De nouvelles informations sur l’Opus Dei

© OpusDei.fr

Cette publication du Service Information-Communication de l’Opus Dei s’adresse essentiellement aux journalistes. Mais elle peut servir à  toute personne qui souhaite avoir ou transmettre des informations pratiques sur l’Opus Dei

03/04/2008

« Quelques données sur l’Opus Dei » a pour objectif de donner une synthèse schématique de la nature, l’histoire et l’organisation de l’Opus Dei

La brochure est bien connue : elle a été écrite par François Gondrand et l’abbé Beat Muller. Les auteurs l’actualisent tous les ans ; elle est maintenant disponible sur Internet avec une nouvelle présentation plus rapidement attirante.

Dans le premier chapitre, l’Opus Dei est décrit dans les grandes lignes : sa nature et sa mission, les principaux aspects de son esprit, un résumé historique (avec quelques photos pour la version du site web), et la liste des pays où l’Opus Dei travaille de façon stable (avec des centres érigés). Vous y trouvez également une biographie du fondateur de l’Opus Dei, d’Alvaro del Portillo son premier successeur, et du prélat actuel, Mgr Xavier Echevarria.

Le chapitre suivant décrit l’incorporation et le lien avec à  l’Opus Dei, les moyens de formation chrétienne reçus par les membres, l’influence du message de l’Opus Dei dans leur vie, et le soutien que celui-ci leur apporte pour aider les autres, à  commencer par les plus proches.

Un chapitre est consacré à  la société sacerdotale de la sainte Croix, une association de prêtres diocésains unie à  l’Opus Dei. Le quatrième chapitre explique comment ceux qui le souhaitent, y compris s’ils ne sont pas catholiques, ni même chrétiens, peuvent collaborer avec les apostolats de l’Opus Dei. Les coopérateurs (c’est leur nom) contribuent à  la réalisation d’activités éducatives, d’assistance, de promotion culturelle et sociale, etc.

Les initiatives sociales prises par des membres de l’Opus Dei sont décrites dans le chapitre suivant, avec quelques exemples. Il s’agit d’activités éducatives ou sociales, qui ont un caractère civil et une finalité affichée de service à  la société : des écoles, des hôpitaux, des centres de formation professionnelle, etc.

Le dernier chapitre donne quelques explications sur l’organisation de la Prélature.