Archive pour la catégorie ‘Mondialisation’

Nicolas Sarkozy plaide à nouveau pour une politique industrielle européenne

Vendredi 5 mars 2010

Nicolas Sarkozy plaide à nouveau pour une politique industrielle européenne

© Euractiv.fr

« Les temps sont venus, il suffit de bien y réfléchir ». Le président de la république a déclaré, jeudi 4 mars, à Marignane, devant un parterre de représentants d’industries, qu’il allait demander à la Commission et au Conseil européen de « prendre des initiatives pour une véritable politique industrielle européenne ».

Le thème de la politique industrielle de l’UE est cependant d’ores et déjà sur la table, notamment dans la perspective de la mise en place de la nouvelle stratégie économique de l’UE pour 2020. Mais les ministres en charge de l’industrie, réunis à Bruxelles le 1er mars, n’ont pour le moment lancé que des pistes de réflexions floues.

Derrière ce plaidoyer pour une politique industrielle commune, l’objectif affiché par Nicolas Sarkozy est d’éliminer les distorsions de concurrence entre les entreprises européennes et leurs homologues chinoises ou américaines. « Il est invraisemblable que l’Europe interdise le soutien des Etats aux industries exportatrices alors que ses concurrents asiatiques déploient des financements massifs sur leurs territoires comme sur les marchés mondiaux », a déclaré le président français.

La part des exportations européennes a baissé d’un quart depuis l’an 2000, a précisé Nicolas Sarkozy. « Nous ne pouvons pas être la seule zone économique mondiale qui applique unilatéralement les préceptes du libre échange, en parfaite méconnaissance du comportement de ses grands concurrents », a-t-il ajouté.

Le droit communautaire interdit aujourd’hui le versement de subventions à l’exportation, pour éviter les distorsions de concurrence au sein du marché intérieur européen. « Indirectement, il est vrai que cela peut avoir des effets négatifs et empêcher de promouvoir des champions européens à l’exportation. Mais tant qu’on n’aura pas une politique industrielle au niveau européen, on ne pourra pas assouplir ces règles », explique Claire Vanini, avocate au cabinet Francis Lefebvre.

Plus largement, le président français a insisté sur son souhait de voir les règles de la concurrence européenne assouplies. Nicolas Sarkozy a en effet critiqué la vision européenne de la concurrence « marché par marché », estimant que c’était une « erreur majeure ». « Il faut une industrie européenne, donc il faut analyser les parts de marché pour libérer la concurrence au regard du marché européen ». « Je veux d’abord qu’évolue la conception de la concurrence européenne », a-t-il martelé.

Au plan communautaire, la Commission européenne est compétente sur les questions de concurrence. En France, les autorités de la concurrence sont chargées de veiller au respect des règles. La posture du président de la République « est très politique mais on sait qu’elle ne se traduira pas en termes juridiques. Et si on fait un parallèle avec M. Almunia, ils ne sont clairement pas sur la même longueur d’onde », estime Claire Vanini.

Dans un discours prononcé à Paris le 16 février, peu de temps après son investiture, le nouveau commissaire à la Concurrence a effectivement expliqué qu’il était favorable à une application rigoureuse des règles de la concurrence, notamment en temps de crise.

Clémentine Forissier

La terre se meurt

Jeudi 26 novembre 2009

La terre se meurt

© Voltairenet, par Agence Cubaine de Nouvelles*

Il existe actuellement un petit groupe de personnes qui disposent d’un tel pouvoir qu’elles agissent sans tenir compte de l’existence des autres habitants de notre planète. Guidées par leurs esprits tortueux et leurs seuls intérêts, elles sont en train de mener lentement la terre à sa destruction.

Un fait éclaire parfaitement la situation. Il est révélateur et connu depuis longtemps mais étrangement tenu dans l’oubli. Depuis près de quarante ans, c’est-à-dire depuis les années soixante du siècle dernier, le monde globalisé a perdu sa capacité naturelle de réparer les dommages écologiques dérivés de la croissante activité humaine.

Pour être plus clairs, disons qu’il lui est devenu impossible de se nettoyer et de se régénérer lui-même en raison du volume énorme de déchets liquides, gazeux et solides déversés par l’homme dans les mers, dans les rivières, dans l’atmosphère et sur les sols.

Par conséquent, depuis quarante ans, les ordures et les déchets toxiques s’accumulent sans que la nature puisse éliminer d’elle-même un niveau aussi élevé de pollution.

Quelles en sont les conséquences ? Le réchauffement atmosphérique, la perte de sources d’eau potable, la disparition d’espèces, la destruction de la couche d’ozone, l’élévation du niveau des mers et des océans et l’augmentation de sa température. Les désastres naturels voient augmenter leur fréquence.

L’humanité a-t-elle conscience de ce qui se passe ? On ne peut pas le nier. Malheureusement, tout le monde ne s’en alarme pas autant. Certains se limitent à prononcer de grands discours pour maintenir leur image publique sans aller plus loin. D’autres encore, seulement soucieux de leur fortune, se montrent complètement indifférents, comme s’ils n’étaient pas, eux aussi, victimes du désastre qui s’approche, un désastre occasionné précisément par leur imprévoyance voulue et leur évidente carence de matière grise. Ce qui est grave, c’est que la plupart des gros contaminateurs se trouvent précisément dans ce dernier groupe.

En 1992, lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, George Bush père, à l’époque président de l’empire, avait refusé d’entériner le protocole par lequel les pays signataires s’engageaient à réduire leurs émissions des gaz responsables de l’effet de serre. Quelques années plus tard, Washington refusa de signer le protocole de Kyoto, également conçu pour sauver notre planète du réchauffement global.

Un nouveau rendez-vous est prévu pour le mois de Décembre, à Copenhague, avec le même objectif de tenter de freiner la destruction de l’environnement, mais la Maison Blanche ne donne pas le moindre signe qui puisse laisser penser que le plus gros contaminateur se dispose à assumer sérieusement sa responsabilité afin de préserver le futur de l’humanité.

Les calottes polaires disparaissent peu à peu, les déserts gagnent du terrain, sécheresse et inondations frappent des régions entières. La terre se meurt.

Agence Cubaine de Nouvelles
Agence Cubaine de Nouvelles (ACN) c’est une division de l’Agence d’information nationale (AIN) de Cuba fondée le 21 mai 1974

Le dollar va-t-il se crasher ?

Mardi 13 octobre 2009

Le dollar va-t-il se crasher ?

© Slate.fr

dollar-crash

Grosses ventes de dollars la semaine passée sur les marchés de change. Et grosse inquiétude corrélative: la monnaie américaine peut-elle glisser puis, les opérateurs spéculant toujours dès lors qu’ils perçoivent un mouvement, peut-elle décrocher et filer vers l’abîme?

Répondons d’entrée: il y a très peu de chances mais ce n’est pas impossible quand même. Très peu de chance parce que les grandes autorités monétaires ont dit qu’elles souhaitent une stabilité des monnaies. Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), pour la première fois, a élévé le ton: les banques centrales ne resteront pas inactives. Très peu de chances, surtout, parce que 65% des réserves mondiales de change sont en dollars (contre 25% en euros et 3% en yens) et qu’une chute du billet vert appauvrirait beaucoup de monde à commencer par la Chine.

La Banque de Chine détient 2 000 milliards de dollars, une dévaluation de 10% coûterait à Pékin 200 milliards de dollars: une paille de riz! Encourager le recul de la monnaie américaine n’est donc pas du tout dans l’intention chinoise. La stratégie de Pékin, autant qu’on puisse la deviner, est plutôt de laisser le yuan glisser avec le dollar dans une chute lente (la réévaluation du yuan a été stoppée depuis juillet) mais en parallèle de diversifier progressivement ses réserves. Cela prendra un peu de temps mais on a observé en lisant les statistiques du FMI (Fonds monétaire international) qu’au deuxième trimestre les banques centrales du monde entier ont accumulé 100 milliards de réserves supplémentaires dont 40% seulement en dollars et 50% en euros. En clair, c’est parti! La Chine accumule sûrement beaucoup d’euros et délaisse le billet vert.

Côté américain, le discours officiel de la Maison-Blanche est de moins en moins crédible. Selon tous les communiqués et ce depuis 14 ans: le gouvernement américain est «pour un dollar fort». Larry Summers, conseiller économique et Tim Geithner, le secrétaire au Trésor d’Obama, l’ont encore répété il y a quelques jours. Ce discours a toutes les raisons d’être mis en doute. Les pressions des industriels sont fortes pour que l’administration «laisse filer» si elle veut parvenir à réaliser le souhait présidentiel de «réindustrialiser» l’Amérique, de favoriser sa compétitivité et rétablir un équilibre commercial.

Dans les mois qui viennent, la question est simple: ce mouvement qu’on peut appeler «la baisse orchestrée du dollar» est-il contrôlable par les Chinois et les Américains? Bien entendu, le G20 de Pittsburgh s’est bien gardé de discuter de ce sujet brûlant mais il aurait dû plutôt que de le laisser au G2, Washington-Pékin.

Les raisons qui plaident pour une baisse du dollar sont bien connues depuis dix ans. Elles sont lourdes. Les Etats-Unis continuent d’importer massivement de l’épargne mondiale ce qui affaiblit leur monnaie. Auparavant, c’étaient les ménages qui s’endettaient, aujourd’hui, avec la crise, c’est l’Etat fédéral: le déficit budgétaire va frôler les 1 500 milliards de dollars cette année (soit 9,9% du PIB contre 3,2% en 2008). Quant au déficit commercial, il s’est réduit mais uniquement à cause de la baisse du prix du pétrole. La crise n’a rien résolu sur ces déséquilibres structurels. Depuis début mars, le dollar a perdu 12% face à un panier des principales devises.

Cette faiblesse met le billet vert en position de décrochage permanent. Il en suffit de peu. Le mouvement s’est accéléré la semaine passée parce que la Banque centrale d’Australie a relevé ses taux par surprise, ce qui a fait comprendre aux marchés que la reprise n’avait pas partout la même intensité et que les politiques monétaires allaient se désynchroniser. Les petits pays, ceux qui sont les plus sensibles à l’inflation, changent de direction et décident d’abandonner les politiques «accommodantes» (favorables à la reprise). Ils remontent leurs taux. Première conséquence: les marchés vont pouvoir s’amuser à nouveau, emprunter là où les taux sont faibles pour placer là où ils sont supérieurs. C’est le «carry trade», il est reparti comme avant crise.

Deuxième conséquence: les marchés réexaminent les situations des trois grandes économies, Etats-Unis, Europe, Japon. Quel sera le premier à durcir sa politique monétaire? Une petite modification des taux directeurs de la Fed, la BCE ou la Banque du Japon peut entraîner des flux gigantesques de basculement des opérateurs. Or, Aux Etats-Unis, le président de la Fed de New-York, William Dudley, a prononcé le mot «déflation» ce qui signifie que la banque centrale américaine pourrait conserver plus longtemps une politique «accommodante» de taux bas. Cela a suffit pour que les marchés concluent que la détention de Bonds du Trésor américain portera longtemps un faible intérêt (actuellement entre 0% et 0,25%, contre 0,1% au Japon et 1% en Europe).

Alors à quand le dérapage du dollar? Les économistes n’y croient pas. «La baisse du dollar n’est pas inquiétante», écrit Exane BNP Paribas. En général, les pronostics sont une très légère baisse du billet (à 1,50 dollar pour 1 euro) avant qu’il ne remonte dans un an (à 1,45), au fur et à mesure que la reprise se solidifiera. Regardez, disent les économistes de change, l’appétit pour le dollar continue, les ventes de T-Bonds ne soulèvent aucune difficulté, les taux sur les marchés américains sont bas. L’argument implicite est celui-ci: «où mettre ailleurs son argent?» On ne remplace pas si facilement l’Amérique, première économie mondiale, place large et sécurisée. C’est vrai.

Et pourtant le dollar baisse…

Eric Le Boucher

Sarkozy promeut un nouvel ordre social mondial

Samedi 13 juin 2009

Sarkozy promeut un nouvel ordre social mondial

© Le Figaro

Le chef de l’Etat demandera lundi à Genève que l’Organisation internationale du travail occupe une place importante dans le dispositif de sortie de crise.

C’est un «discours très important» que le président de la République prononcera lundi à Genève, au siège de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui a décidé de consacrer une journée de sa 98ème session annuelle à un «sommet crise emploi» afin de proposer un «pacte mondial pour l’emploi».

Nicolas Sarkozy, seul chef d’Etat du G8 à avoir répondu positivement à l’invitation du l’OIT, entend y décliner sa vision d’un nouvel «ordre social mondial» et entamer, par la même occasion, une nouvelle séquence politique qui englobe aussi son intervention une semaine plus tard devant le Congrès. «Il va décrire le modèle social qu’il souhaite voir sortir de la crise, explique-t-on aujourd’hui à l’Elysée. Pour lui, les sujets sociaux doivent être traités de la même manière et avec la même importance que les questions économiques et financières.»

Nicolas Sarkozy, qui sera accompagné notamment de Bernard Kouchner et de Brice Hortefeux, plaidera lundi pour que l’OIT occupe une plus grande place dans le processus de sortie de crise. C’est l’une des demandes fortes des syndicats français que le chef de l’Etat a reçus lundi dernier à l’Elysée afin de recueillir leurs demandes. «Il veut poursuivre la dynamique du G20 de Londres où il avait convaincu ses homologues d’inviter l’OIT à faire des propositions au sujet du nouvel ordre mondial qui doit sortir de la crise», précise l’un de ses collaborateurs. Nicolas Sarkozy pourrait à cet égard exiger que l’OIT occupe, au même titre que le FMI ou la Banque mondiale, un siège au prochain G20 qui se réunira le 24 septembre à Pittsburgh pour parler de l’après-crise.

Cerise sur le gâteau, le chef de l’Etat entend frapper un grand coup en demandant que les 182 pays membres de l’OIT ratifient les normes sociales promulguées par l’organisation. La France est aujourd’hui le deuxième pays dans le monde (derrière l’Espagne) qui a le plus ratifié de conventions de l’OIT. 123 sur 188 précisément ! A l’inverse, une cinquantaine de pays – parmi lesquels on trouve les Etats-Unis, le Japon, la Chine ou l’Inde – n’ont ratifié aucune des huit normes fondamentales, dont celles sur la liberté syndicale, l’élimination du travail forcé ou l’abolition du travail des enfants. «Le président regrette que l’on demande aux pays qui ont déjà ratifié le plus de conventions d’en faire toujours plus alors que certains pays, et non des moindres, n’en ont transposées aucune fondamentale aujourd’hui», confirme un proche du chef de l’Etat qui pourrait proposer d’appliquer des sanctions aux Etats récalcitrants. Nicolas Sarkozy pourrait aussi demander au gouvernement français de ratifier les dernières conventions de l’OIT non encore transposées dans le droit français. Histoire de montrer l’exemple…

Le temps est venu d’appeler l’État terroriste d’Israël par son nom

Mardi 27 janvier 2009

Le temps est venu d’appeler l’État terroriste d’Israël par son nom

© Mondialisation.ca

La sauvage agression israélienne qui a duré 22 jours, ôtant la vie à  plus de 1500 Palestiniens, dont plus de 85 % étaient des civils, s’inscrit dans la longue chaîne d’assassinats et d’opérations d’épuration ethnique que les Palestiniens subissent au quotidien, de la part de la soldatesque israélienne, depuis 1948.

18 janvier 2009
Dimanche 18 janvier 2009, à  Jérusalem

« Epuration ethnique », « génocide », politique « génocidaire », « camp de concentration », « exécutions sommaires », « pogroms », « holocauste », « ghetto », tous ces termes, abondamment utilisés par les médias quand il s’agissait de justifier la guerre de l’OTAN contre l’ex-Yougoslavie, sont-ils des termes tabous quand il s’agit de mettre Israël face aux crimes commis par ses troupes contre des civils, en violation du droit international et des Conventions de Genève ?

Force est de constater que, lors de ce carnage qui a provoqué la répulsion de millions de gens partout dans le monde, aucun média traditionnel n’a eu la décence d’appeler les choses par leur nom.

Combien de massacres l’armée israélienne pourra-t-elle encore perpétrer, dans cette région où elle est allée s’imposer par la force, avant que l’on ne qualifie enfin clairement ses agressions de génocidaires ?

Israël n’a en rien caché ses intentions homicides et les longs préparatifs qui ont conduit à  ce gigantesque massacre. Pourtant, aucun média mainstream n’a daigné alerter l’opinion publique du fait troublant qu’en baptisant « Plomb durci » ce qui allait se révéler comme un des plus sinistres massacres des temps modernes, l’Etat d’Israël se référait à  un texte de Haïm Nahman Bialik, qualifié de « poète des pogroms » [1]

Cela se dit, cela se sait que, dans les guerres et les conflits qui déchirent le Moyen Orient, en particulier, les rédactions occidentales occultent tout ce qui peut déranger les intérêts stratégiques d’Israël et des grandes puissances qui le protègent.

Depuis 2001, l’opinion publique sait que les prétendus principes pour lesquels l’administration Bush et l’Union européenne s’étaient engagés dans la lutte dite « anti-terroriste » n’avaient rien à  voir ni avec la morale, ni avec les exigences de justice ou la défense des libertés ; mais que les gouvernements occidentaux se servaient de ces principes pour s’en prendre aux musulmans, faire peur à  leurs citoyens, et restreindre les libertés publiques.

Tout le monde peut observer que l’Etat d’Israël occupe une place à  part, au-dessus de la loi commune, et que, nombre d’hommes et de femmes politiques et de journalistes abusent l’opinion publique, aidant ainsi Israël à  camoufler ses crimes.

Le plus préoccupant est que ces journalistes et politiciens qui mentent sans vergogne et manipulent l’information pour innocenter Israël et justifier la poursuite de sa politique belliqueuse, agissent au vu et au su du monde, sans que cela ne suscite de réactions de la part des forces politiques ou des corporations de journalistes de leurs pays respectifs.

En France, le journaliste Alexandre Adler par exemple [2], calque manifestement ses prétendues analyses sur les thèses que les services attachés aux ambassades d’Israël répandent auprès des journalistes disposés à  servir leurs intérêts [3]

Ce n’est donc pas M. Adler qui ira jamais éclairer l’opinion sur les buts réels des tournées effectuées par le président français Nicolas Sarkozy, et le Ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, au Moyen Orient, ou sur les raisons profondes de leur zèle à  vouloir -durant la présidence européenne- faire entrer Israël dans l’Union Européenne ou l’ « Union pour la Méditerranée ». Par contre, il répétera inlassablement que le Hamas est armé par l’Iran, sans en apporter jamais la moindre preuve, et que l’Iran est la plus grande menace pour le monde, parce que cela correspond à  la propagande qu’Israël souhaite répandre. Ainsi, la menace réelle que représente Israël est toujours occultée pour être attribuée à  ceux qui seront sa prochaine cible : le Hamas, l’Iran, ou la Syrie.

Les citoyens ne sont plus des enfants de chœur. Ils ont dù se rendre à  la triste évidence : que nombre de politiciens, journalistes, prétendus défenseurs des droits de l’homme, ont un parti pris communautaire, ne s’encombrent pas de principes moraux et se montrent dépourvus de toute décence.

Cela peut être particulièrement bien compris et dénoncé grâce aux nouveaux médias. Ainsi, qui souhaite connaître la vérité peut savoir que M. Sarkozy n’est pas allé au Moyen Orient début janvier pour « chercher un cessez-le-feu », comme les journalistes aux ordres l’ont expliqué, mais pour aider Israël à  éliminer le mouvement et le gouvernement légitimement élu du Hamas.

Quand, le 5 janvier 2009 par exemple, M. Sarkozy est allé faire sa tournée, ce n’était pas pour exiger d’Israël la cessation des bombardements qui ensanglantaient Gaza, mais pour faire traîner les choses, « pour offrir à  Israël une couverture européenne et pour lui permettre de poursuivre l’holocauste d’une population isolée, assiégée et affamée. Chaque jour, les éléments de la conspiration apparaissent un peu plus clairement », s’indignait le journaliste arabe Abdel Bari Atwan qui, lui, n’a pas peur d’appeler un chat un chat [4].

Les femmes qui ont cru en l’humanité particulière des femmes en politique, doivent aujourd’hui plus que jamais déchanter et se tenir pour dit que leurs consœurs, une fois au pouvoir, ne sont ni moins lâches que leurs homologues masculins, ni plus sensibles qu’eux à  la souffrance des femmes et des enfants que les missiles israéliens pulvérisent.

Nous avons plusieurs fois documenté les manquements de la Cheffe de la politique étrangère suisse, Mme Calmy-Rey [5]. Nous avons déploré la timidité de ses prises de position et qu’elle n’ait jamais pris de véritables risques politiques susceptibles de mettre sa carrière en jeu, pour tenter de sauver des vies, et servir les exigences de justice.

Mais que dire alors de la Conseillère nationale Martine Brunschwig Graf [6], que les citoyens suisses ont vue, au 20ème jour de cette guerre sauvage, devant le palais du gouvernement fédéral à  Berne, soutenir publiquement Israël lors d’une manifestation réunie à  l’appel de la « Société Suisse-Israël » ? Ainsi, au moment même où l’Etat d’Israël jetait toute la population de Gaza dans l’effroi et la mort, son discours était tout entier consacré à  la nécessité pour le monde d’assurer la sécurité d’Israël !

Plus révoltant encore pour cette population traumatisée qui se relevait à  peine de ses blessures, fut d’entendre, le 21 janvier, la déclaration de la commissaire européenne chargée des Relations extérieures, Mme Benita Ferrero-Waldner.

Alors qu’il y a à  Gaza cent mille personnes à  la rue ou déplacées, privées de tout, qui attendent, entre agonie et espoir, des solutions urgentes, Mme Ferrero-Waldner n’a eu aucun scrupule à  faire sienne la position du bourreau israélien et à  affirmer que la reconstruction de bâtiments et d’infrastructures à  Gaza ne « débuterait que lorsque l’Union Européenne aurait un partenaire palestinien acceptable » , et que la confrontation du Hamas avec Israël « était un obstacle aux perspectives d’une vie meilleure pour le peuple de Gaza », et donc que le Hamas devait être écarté de la reconstruction de Gaza.

La population de Gaza a ainsi été avisée : si elle continue de soutenir le Hamas, élu pourtant démocratiquement en 2006, elle va devoir en payer le prix !

Outré par ces propos, l’intellectuel palestinien Omar Barghouti, s’est exclamé : « Ce n’est pas que les personnalités officielles de l’Union Européenne soient particulièrement morales, dotées de principes ou de quelques décence humaine, mais Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne chargée des Relations extérieures, entrera peut-être dans l’histoire comme l’une des politiciennes européennes les plus répugnantes et racistes de tous les temps.
A Gaza, l’Union Européenne – et nombres de personnalité politiques dans le monde – a non seulement perdu tout semblant d’engagement en faveur des droits de l’homme ou du droit international, mais elle s’est mise à  rivaliser avec les Etats-Unis dans son mépris total à  l’égard de populations arabes ravalées au rang d’humains de deuxième catégorie.
Il faut aussi noter, comme l’a montré l’échec du sommet arabe au Koweit, que les gouvernements d’Arabie Saoudite, d’Egypte – et l’Autorité Palestinienne de Ramallah – sont tous partie prenante du plan Etats-Unis – Union Européenne – Israël qui consiste à  utiliser la reconstruction comme un moyen de chantage, pour parfaire tout ce que la force armée israélienne a finalement échoué à  parachever : un « changement de régime » à  Gaza et une soumission totale des Palestiniens à  la volonté d’Israël. »

Toutes ces manœuvres politiques servent à  appuyer la volonté d’Israël et de ses alliés de continuer à  faire du Fatah (le parti corrompu de Mahmoud Abbas), la « clé pour organiser l’aide internationale » selon Mme Ferrero-Waldner. Ce qui revient à  donner raison aux criminels qui ont détruit Gaza et accusent le Hamas d’être « responsable de sa destruction ».

Au lendemain des massacres à  Gaza, avec le dîner offert par M. Olmert à  Jérusalem, que les leaders espagnol, allemand, italien, français, britannique et tchèque se sont apparemment complus à  partager cordialement, les propos de Mme Ferrero-Waldner viennent couronner des années de complicité honteuse de l’Union Européenne avec la politique criminelle menée par Israël.

Rien – ni les centaines d’enfants mutilés à  jamais, ni le fait que l’armée israélienne ait fait usage d’armes chimio-toxiques et radiotoxiques qui exposent la population de Gaza a des maladies graves et à  des cancers – ne semble avoir particulièrement ému ou ébranlé ces femmes de fer, peu sensibles à  la souffrance des Arabes et surtout soucieuses de la prétendue « sécurité » de l’Etat juif.

Il n’y a pas de démocratie quand les droits de l’homme sont à  géométrie variable, lorsqu’il s’agit de punir les peuples qui ne votent pas pour les mouvements politiques que l’Occident veut leur imposer par la force, et de les empêcher de se soulever contre leurs bourreaux.

Tout cela doit nous appeler à  réagir.

Seule la justice peut assurer aux êtres humains leur dignité. Il est temps que les membres d’associations et de partis manifestent publiquement leur dégoùt et osent enfin dénoncer les dérives de ces responsables politiques qui mènent nos sociétés vers la loi de la jungle.

Alors qu’à  Genève, le Conseil d’Etat interdit aux partis progressistes de manifester le 31 janvier (le jour même où les autorité suisses, s’apprêtent à  accueillir le criminel de guerre Shimon Peres), le rapporteur de l’ONU pour les territoires palestiniens Richard Falk, ne s’est, lui, jamais compromis avec l’occupant. Le 22 janvier, il a encore accusé l’Etat d’Israël de commettre des « crimes de guerre » systématiques et déclaré que les habitants de Gaza assiégés rappelaient « les pires souvenirs du ghetto de Varsovie » [7]
D’autres (trop) rares personnalités, se sont également honorées, comme le Président de l’Assemblée de l’ONU Miguel d’Escoto Brockmann, en dénonçant sans compromis les crimes commis par Israël.

Il faut leur rendre hommage et suivre leur exemple.

[1] Haïm Nahman Bialik est connu pour son poème « La ville du massacre », écrit après un pogrom qui avait entraîné la mort de quarante-neuf Juifs en 1903, en Russie. La guerre unilatérale israélienne contre Gaza de 2008-2009, a été lancée le jour de la fête juive de Hanouka. Elle a été baptisée « Plomb durci » en référence à  un des contes de Haïm Nahman Bialik où il est question d’une toupie en plomb durci.

[2] Coqueluche des médias français, engagé dans la communauté juive, Alexandre Adler est un ardent défenseur de l’État juif d’Israël.

[3] Sur les techniques de manipulations utilisées dans chaque pays du monde par les services de propagande israéliens, le journaliste italien Giorgio S. Frankel est bien informé. Il a été lui-même contacté par le numéro deux de l’ambassade israélienne en Italie ; il a pu voir comment leurs services transmettaient à  ceux qui le voulaient des informations fausses, leur préparaient des articles destinés à  incriminer le Hezbollah, etc. En ce qui concerne l’Italie, il cite comme exemples emblématiques de cette information de propagande qui unit services secrets, journalisme et diplomatie, les journalistes Giorgio Romano et Vittorio Segre.

[4] Dans Al-Quds Al-Arabi, le 7 janvier 2009.

[5] Voir :
- « Nous pressons nos gouvernements de mettre immédiatement fin au carnage », par Silvia Cattori, Mondialisation, 7 janvier 2009.
- « Ceux qui ont le pouvoir de condamner se taisent » par Silvia Cattori, silviacattori.net, 4 janvier 2009.
- « La diplomatie suisse en accusation », par Silvia Cattori, Mondialisation, 29 septembre 2008.

[6] Martine Brunschwig Graf, femme politique suisse, conseillère nationale depuis 2003, Ancienne Présidente du Conseil d’Etat genevois, présidente de l’Association pour la prévention de la torture, co-présidente de l’Association de soutien à  la mise en place d’une institution suisse pour la promotion des droits humains, présidente de la Fondation pour l’enseignement du judaïsme de l’ l’Université de Lausanne.
Sur son blog elle écrit : « Etre libérale, c’est être humaniste. Etre libérale et s’engager pour la promotion des droits humains… ».

[7] Voir : « Falk likens Gaza to Warsaw Ghetto », Press TV, 22 janvier 2009.

Silvia Cattori est journaliste suisse.

Échec des pourparlers sur le commerce mondial

Jeudi 7 août 2008

Échec des pourparlers sur le commerce mondial

© Mondialisation.ca, WSWS

terre pressee

Source: The Ecologist

Les espoirs d’un accord de libre-échange mondial ont été anéantis cette semaine alors que les négociations à  Genève ont pris fin dans l’acrimonie et les accusations mutuelles.

Après un marathon de neuf jours de pourparlers de haut niveau, les ministres du Commerce ont quitté la table les mains vides. Ils n’ont pas réussi à  combler le fossé entre les demandes des puissances capitalistes occidentales pour une ouverture illimitée des marchés et l’insistance des économies « émergentes » de l’Inde et de la Chine pour garder les moyens de protéger leurs secteurs agricoles d’un envahissement d’exportations à  bas prix, générées surtout par les agro-industries américaines.

« àƒ”¡a ne sert à  rien de tourner autour du pot. Cette réunion est un échec. Les membres ont été incapables de surmonter leurs différends », a déclaré aux médias le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy.

L’échec de ces pourparlers s’est reproduit inlassablement au cours des sept dernières années. Les réunions ministérielles à  Cancun en 2003 et à  Hong Kong deux ans plus tard, ainsi que les autres rondes de négociations à  Genève en 2006 et à  Potsdam en Allemagne l’année dernière, n’ont pu en arriver à  une entente.

Cette fois-ci cependant, les principaux participants au cycle dit de Doha, nommé d’après la capitale du Qatar où les pourparlers sur un accord commercial mondial ont débuté en 2001, ont mis en doute la possibilité d’une reprise des négociations au cours des prochaines années, ou même jamais.

Le point de friction des pourparlers fut au niveau de la dite « clause de sauvegarde spéciale » (SSM) qui permet aux pays de hausser temporairement leurs tarifs sur les produits agricoles en cas d’importation massive. Le désaccord était sur l’ampleur de l’augmentation d’importations qui pourrait déclencher une telle mesure. L’Inde et le Chine ont proposé que cette limite soit fixée à  une augmentation des importations de 10 pour cent, alors que Washington a insisté pour qu’elle ne soit permise que dans le cas d’une augmentation de 40 pour cent.

Pékin et New Delhi présentent leur intransigeance sur la question comme le désir d’assurer un approvisionnement stable de nourriture au pays. « Chaque pays doit assurer sa propre sécurité alimentaire », a affirmé Kamal Nath, le ministre indien du Commerce et de l’Industrie et le négociateur commercial officiel du pays. Il a aussi soutenu que « la vulnérabilité des fermiers pauvres ne peut être échangée contre les intérêts commerciaux des pays développés ».

Tant les dirigeants chinois qu’indiens doivent gérer des populations rurales de plus en lus en proie à  l’agitation. Environ 500 millions de personnes vivent en campagne en Chine alors qu’en Inde 700 millions sont dépendantes de l’agriculture. La perspective d’un grand nombre de fermiers pauvres dépossédés de leurs terres par la compétition d’importations à  bas prix de l’étranger pose la menace de soulèvements sociaux dans les deux pays.

Alors que le gouvernement indien, dirigé par le Parti du Congrès, fait face à  une élection l’an prochain, les négociateurs indiens n’ont aucun intérêt à  conclure un accord qui provoquerait la colère des masses rurales pauvres, la grande majorité de la population.

Le quotidien officiel du régime à  Pékin, China Daily, a publié mercredi un éditorial dénonçant l’accord qui était proposé avant que les pourparlers ne s’écroulent. « La proposition aurait mis en danger la vie de fermiers vulnérables des pays en développement en raison des importations agricoles à  bas prix du monde riche », pouvait-on y lire.

L’agence de presse chinoise Kinhua s’en est aussi prise à  la position des Etats-Unis. « Ce comportement égoïste et myope a directement causé l’échec de cette mini-rencontre ministérielle de l’OMC, ce qui entraînera une série de graves conséquences. »

Bien que les Etats-Unis et l’Union européenne aient offert de réduire leurs subventions agricoles en échange de l’ouverture des marchés dans les pays dits en développement, ces concessions ont été essentiellement perçues comme étant dérisoires.

Le Ministre des affaires étrangères de l’Argentine, Jorge Taiana, a commenté: « Du côté des pays développés, il y avait très peu de volonté à  faire des concessions sur des questions commerciales, mais plein de volonté à  obtenir des avantages pour eux. »

De manière similaire, Mari Elka Pangestu, la ministre du commerce de l’Indonésie, a blâmé l’effondrement des négociations sur l’intransigeance de Washington et le refus des Etats-Unis et de l’Union européenne de prendre en considération les puissances économiques grandissantes comme la Chine, l’Inde et le Brésil. La demande de l’Inde, de la Chine et d’autres pays pour des mesures de sauvegarde pour leur agriculture intérieure était une « demande raisonnable », a-t-elle dit, mais les Etats-Unis étaient déterminés à  « ne pas montrer de flexibilité ».

Contre cette critique, la représentante américaine pour le commerce, Susan Schwab, a dénoncé la clause de sauvegarde proposée comme un « outil de protectionnisme éhonté ». Elle a dit : « C’est déraisonnable qu’on puisse en arriver à  un résultat qui ferait revenir le système mondial de commerce non seulement une année ou cinq années en arrière, mais 30 ans en arrière. »

Schwab trouvait aussi « déraisonnable » qu’à  cause de la crise mondiale dans l’alimentation, « c’est devenu une question de savoir combien de pays peuvent ériger des barrières à  l’importation de nourriture ».

L’agriculture – qui représente à  peine 7 pourcent du commerce mondiale – s’est avérée être la pierre d’achoppement dans les quatre tentatives manquées pour en arriver à  une entente lors des sept dernières années du cycle de Doha.

D’un côté, les Etats-Unis et l’Union européenne ont refusé de mettre au rancart leur système de subventions jalousement défendu par le puissant lobby agricole. D’un autre côté, ayant observé l’anéantissement de producteurs agricoles domestiques par des accords de libre-échange et une inondation de produits importés, les gouvernements des pays en développement ne veulent pas mettre au rancart leurs mesures protectionnistes.

Les tensions sur la question ont été fortement exacerbées par la récente escalade globale des prix des marchandises, qui menace des centaines de millions de personnes de la famine. Pendant que les entreprises agricoles mondiales voient là  un potentiel pour réaliser de vastes profits, les gouvernements de l’Inde, de la Chine et d’ailleurs craignent de perdre toute capacité à  stabiliser la situation volatile causée par la montée en flèche des prix du riz et d’autres denrées alimentaires de base.

Initialement, le Brésil – qui dirige avec l’Inde le Groupe des 20 représentant les pays agricoles « en émergence » – était en conflit avec Washington concernant l’accord commercial. A la veille des négociations, le Ministre des affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, a provoqué un bref tollé en comparant à  la propagande nazie les affirmations des Etats-Unis et de l’Union européenne qu’ils offraient des concessions substantielles sur l’agriculture. « Goebbels avait l’habitude de dire que si tu répètes un mensonge plusieurs fois, ça devient une vérité », a dit Amorim en parlant des affirmations trompeuses des Etats-Unis et de l’Union européenne.

En fin de compte, cependant, le Brésil a appuyé l’accord, reflétant les intérêts des grandes entreprises agricoles opérant là -bas et le soutien du gouvernement brésilien pour le développement massif du secteur de l’exportation des biocarburants du pays.

Le commissaire au commerce de l’Union européenne, Peter Mandelson, a aussi semblé placer le gros du blâme sur Washington. L’impasse sur l’agriculture a été créée en grande partie, a-t-il dit, par le programme de subventions à  l’agriculture échelonné sur cinq ans récemment approuvé par le Congrès américain. Il a décrit ce programme comme « un des projets de loi sur l’agriculture les plus réactionnaires dans l’histoire des Etats-Unis ».

Dans une interview accordée à  l’agence de nouvelles Reuters, Mandelson a critiqué Washington pour son approche « dollar contre dollar » face au compromis entre l’ouverture des marchés dans les pays pauvres et les réductions des subventions dans les pays riches, étant donné que le cycle de Doha avait initialement été lancé dans le but de promouvoir le développement dans les pays dits en développement, particulièrement dans l’agriculture.

Écrivant sur son blog mercredi, Mandelson a lancé une autre pointe à  la position américaine. « C’est assez dur de faire face à  la défaite lors du dernier kilomètre d’un marathon », a-t-il écrit. « C’est encore pire de réaliser que certaines personnes autour de la table, au lieu de travailler pour le succès sont, en réalité, en train de préparer l’échec. »

Beaucoup d’observateurs estiment que la délégation américaine a accueilli la position prise par l’Inde et la Chine comme un prétexte pour faire dérailler les pourparlers. En cette année d’élection, la Maison-Blanche ne tient nullement à  se mettre à  dos les fermiers par une réduction drastique des subventions agricoles. De plus, l’administration Bush a concentré ses efforts sur des accords de libre-échange bilatéraux, bien que le calendrier électoral ait aussi essentiellement arrêté ce processus, les pactes concernant la Colombie, le Panama et la Corée du Sud n’allant nulle part au congrès.

Quant à  l’UE, elle était loin d’être unie sur les concessions à  faire pour conclure un accord. La réduction des subventions agricoles demeure un problème politique sensible, particulièrement en France, où le Président Nicolas Sarkozy avait ouvertement condamné la position de la Commission européenne présentée par Mandelson.

L’effondrement des pourparlers a été largement interprété comme un autre recul pour une économie capitaliste mondiale déjà  en difficulté. Les analystes de l’OMC avaient projeté que l’adoption du traité aurait produit $110 milliards en nouveaux profits annuels pour les grands pays industrialisés et plus de deux fois ce montant pour les pays dits émergents ou en développement.

« C’est un coup massif à  la confiance dans l’économie mondiale », a dit Peter Power, porte-parole de la Commission européenne. « L’injection de confiance dont nous avions tant besoin ne se fera pas maintenant. »

En Allemagne, le quotidien des affaires Handelsblatt a averti : « A long terme la débâcle à  Genève marque une rupture d’une grande importance. Les règles régissant le commerce deviendront plus impénétrables, parce que des accords particuliers entre différents Etats remplaceront le cadre qui avait été globalement accepté jusqu’ici. L’OMC perdra son influence en tant qu’arbitre dans les conflits. Le prix à  payer ne sera que graduellement perçu par des entreprises, mais il sera élevé. Le système commercial perd la fiabilité dont les exportateurs ont tant besoin. »

Le journal allemand a également attribué l’effondrement des pourparlers de l’OMC au « changement du rapport de force dans le monde ». Il a commenté : « Ils sont révolus les jours où les Etats-Unis et l’Europe pouvaient donner le ton et élaborer en grande partie à  eux seuls les accords commerciaux mondiaux. La Chine et l’Inde ont pris une ligne dure. Elles luttent fort pour leurs intérêts et ne soutiennent le libre-échange que si ça leur convient. Les vieilles puissances industrielles vont lentement comprendre cette amère vérité. Genève n’était qu’un avant-goùt. »

Le Washington Post a publié un sombre éditorial mercredi sous le titre « La fin de Doha ». « A la litanie des récentes mauvaises nouvelles économiques », commence l’éditorial, « ajoutons ce triste bulletin en provenance de Genève : les négociations commerciales globales connues sous le nom de cycle de Doha ont été rompues hier sans le moindre accord. » L’éditorial juge que les Etats membres de l’OMC « ont montré qu’ils n’étaient pas prêts à  conclure un tel accord dans un avenir prévisible. Ce résultat remet sérieusement en cause la future pertinence de l’OMC et augmente la probabilité que le commerce mondial va se désintégrer en blocs régionaux ou sectoriels rivaux. »

Ce qui sous-tend ces commentaires, c’est la profonde crainte des cercles dirigeants aux Etats-Unis et en Europe que l’effondrement du cycle de Doha et l’affaiblissement potentiel de l’OMC pourraient mener à  l’effondrement du multilatéralisme sur lequel étaient basées les relations commerciales depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Ils craignent que le multilatéralisme cédera la pas à  une série de blocs commerciaux antagonistes et à  la montée du protectionnisme, reproduisant ainsi les principales caractéristiques de la crise qui a frappé l’économie mondiale pendant la Grande Dépression des années 30, produisant le chômage de masse et préparant le terrain à  la guerre mondiale.

Article original en anglais, WSWS, paru le 31 juillet 2008.

Copyright WSWS.

La population mondiale augmente et vieillit

Vendredi 18 juillet 2008

La population mondiale augmente et vieillit

© Miwim

En 2007, nous étions 6.75 milliards d’habitants sur notre bonne vieille planète terre (4.5 milliards d’années d’âge tout de même),. Et la population va augmenter de l’ordre de 1.2% par an dans les années qui viennent, et c’est l€˜Afrique, malgré le sida qui connaîtra la plus forte croissance.

Nous devrions être 7 milliards en 2012, à  raison de 2 habitants de plus par seconde (4 naissances pour 2 décès). Cependant l’espérance de vie n’est pas la même pour tout le monde. De 53 ans en Afrique, elle passe à  75 ans en Europe ! L’INED nous apprend qu’en 2007, l’Asie c’était 4 milliards d’habitants, l’Afrique 987 millions, l’Europe 731 millions, l’Amérique du Sud 579 millions, l’Amérique du Nord 342 millions et l’Océanie 35 millions.

pop mondiale

Notre nouveau maître est oriental, par Caroline Fourest

Lundi 23 juin 2008

Notre nouveau maître est oriental, par Caroline Fourest

© Le Monde

On a pris l’habitude de dénoncer la mondialisation comme une forme d’occidentalisation. Les opposants à  l’universalisme vont plus loin en assimilant l’occidentalisation à  une forme de colonisation culturelle. Cette rhétorique permet notamment aux régimes autoritaires d’associer des valeurs telles que les droits de l’homme, la démocratie ou la laïcité à  l’Occident pour mieux les refuser au nom de l’anti-impérialisme. Cette stratégie discursive pouvait faire illusion tant que la première puissance économique était américaine. Qu’en sera-t-il demain, lorsque nous aurons enfin réalisé que la principale puissance à  profiter de la mondialisation ne vient pas d’Occident, mais d’Extrême-Orient ?

Plusieurs conflits, notamment ceux qui déchirent l’Afrique, ne sont plus dictés par les intérêts économiques européens ou américains mais chinois. La sinistre « Françafrique » est en passe d’être largement détrônée par la « Chinafrique », du nom d’un livre de Serge Michel et Michel Beuret qui décrit bien cette nouvelle réalité (Grasset). Le commerce bilatéral entre ces deux régions a quintuplé entre 2000 et 2006. On estime à  500 000 le nombre de Chinois vivant en Afrique pour construire routes, hôtels et barrages. C’est ce qu’on appelle déjà  l’ »aspect positif » de la présence chinoise en Afrique. L’aspect négatif, c’est ce dévorant appétit d’énergie et de matières premières, qui la pousse à  faire des affaires avec des dictateurs au détriment des peuples, de la démocratie, de l’environnement et du développement durable. Officiellement, bien sùr, il n’est pas question de domination. La Chine insiste au contraire pour apparaître comme une puissance du Sud et rappelle sa présence aux côtés des non- alignés lors de la conférence de Bandung. Lors des sommets sino-africains, elle revendique un « partenariat stratégique d’un type nouveau », caractérisé par « l’égalité et la confiance réciproque sur le plan politique » et « la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique ». Autrement dit, elle plaide sans complexe pour un affairisme différentialiste sur le mode : « Nos profits valent mieux que les droits de l’homme. »

Sans cette politique, cynique, il y aurait moins de morts au Darfour, plus de démocratie en Birmanie et peut-être un nouveau gouvernement au Zimbabwe. Bizarrement, en dehors de pays cherchant à  faire oublier leurs propres victimes, bien peu songent à  dénoncer le manque de conscience de cette nouvelle force économique. Surtout pas certains militants se revendiquant d’une conscience anti-impérialiste ambiguë, faite d’admiration pour la « résistance » islamiste et d’une certaine complaisance vis-à -vis de la Chine.

Ceux-là  ne militent pas réellement pour un axe Nord-Sud plus juste, ni même contre les effets de la mondialisation ultralibérale. Ils souhaitent surtout prendre une revanche identitaire contre l’Amérique, l’Europe, Israël (voire contre les juifs). Dès lors qu’elle est orientale et non occidentale, la Chine peut donc se permettre de piller l’Afrique ou même de discriminer sa minorité musulmane ouïgour sans risquer d’être rappelée à  l’ordre.

Ce positionnement, acrobatique, risque de devenir de plus en plus difficile à  tenir. Après une période de domination plutôt discrète, poussée par ses besoins grandissants en énergie et en matières premières, la nouvelle puissance venue d’Extrême-Orient pourrait bien être tentée de passer à  la vitesse supérieure. La réussite de ses immigrés suscite déjà  de l’hostilité en Indonésie, où le sentiment antichinois est toujours prompt à  resurgir. En Afrique, certains peuples grondent contre ces Chinois que l’on voit partout et qui volent leur travail… A terme, ce ressentiment finira peut-être par faire oublier de vieilles rancoeurs, comme celle existant entre l’Europe et ses anciennes colonies.

Néanmoins, tant que l’islamisme occupe le théâtre de nos enjeux immédiats, l’opposition Occident/Orient fonctionne comme un écran de fumée. En coulisse, la Chine y a intérêt. Sur un plan économique, l’amertume des pays musulmans vis-à -vis de l’Occident lui permet de décrocher des contrats à  des prix qu’elle ne pourrait négocier sans ce contexte exacerbé. Sur un plan plus symbolique, la focalisation sur l’Occident lui permet d’avoir tous les avantages de la puissance économique sans les inconvénients.

Cette situation idyllique ne saurait durer. La Chine réalise que son nouveau statut suppose des devoirs envers la communauté internationale. Sa médiation au Darfour, ses tergiversations au sujet des armes réclamées par Mugabe et le début de transparence lors du séisme au Sichuan sont des signes encourageants. Dans quelques générations, comme toutes les premières puissances, elle aura sécrété ses propres contre-pouvoirs.

En attendant, le nouvel ordre mondial à  l’ombre de la Chine promet des heures d’instabilité au détriment des droits de l’homme. Qui aura les moyens de lui tenir tête ? Pas la France de Nicolas Sarkozy, si sensible aux intérêts des milieux d’affaires. Lors de son discours sur la politique de civilisation, il a suggéré une diplomatie préférant « la diversité à  la démocratie ». Une expression qui correspond mot pour mot au credo utilisé par les dirigeants chinois pour revendiquer un monde placé sous le signe du différentialisme et de l’affairisme, et non sous le signe l’universalisme et des droits de l’homme.

GEAB N°26 est disponible! Alerte LEAP/E2020 – Juillet-Décembre 2008 : Le monde plonge au coeur de la phase d’impact de la crise systémique globale

Lundi 16 juin 2008

GEAB N°26 est disponible! Alerte LEAP/E2020 – Juillet-Décembre 2008 : Le monde plonge au coeur de la phase d’impact de la crise systémique globale

© Alter Info, Diablogtime

A l’occasion de ce numéro 26 – Spécial Eté 2008 – du Global Europe Anticipation Bulletin, l’équipe de LEAP/E2020 a décidé de lancer une alerte sur la période Juillet-Décembre 2008. En effet, notre équipe est désormais convaincue que cette période sera caractérisée par un plongeon de l’ensemble de la planète au coeur de la phase d’impact de la crise systémique globale. Les six mois qui viennent vont donc constituer le vrai noyau de la crise en cours. Les turbulences des douze derniers mois n’en ont été qu’une faible prémisse.

indice
Indice d’Anticipation du consommateur américain (1978-05/2008) – Source : Briefing.com / Conference Board

C’est en effet au cours du semestre à  venir que toutes les composantes de la crise (financière, monétaire, économique, stratégique, sociale, politique…) vont converger avec un maximum d’intensité (1). Sans pour autant revenir en détail sur les différentes séquences déjà  anticipées dans les précédents numéros du GEAB, nos chercheurs ont choisi de présenter les évolutions des différentes grandes régions de la planète pour les six mois à  venir ; et, pour ce faire, de développer huit phénomènes majeurs qui vont marquer les six mois à  venir de manière décisive et orienter durablement les année 2009 et 2010, à  savoir :

1. Le Dollar en perdition (1 Euro = 1,75 USD fin 2008) : Une peur panique de l’effondrement de la devise et de l’économie US ronge la psyché collective américaine

2. Système financier mondial : La rupture à  cause de l’impossible mise sous tutelle de Washington

3. Septembre 2008 : Confirmation du processus d’effondrement de l’économie réelle US

4. Union européenne : La périphérie sombre dans la récession alors que le noyau de la zone Euro ne fait que ralentir

5. Asie : Le double « coup de bambou » inflation/effondrement des exports

6. Amérique latine : Des difficultés en hausse mais une croissance maintenue pour une grande partie de la région, avec le Mexique et l’Argentine en crise

7. Monde arabe : Les régimes pro-occidentaux à  la dérive / 60% de risques d’explosion politico-sociale sur l’axe Egypte-Maroc

8. Iran : Confirmation de 70% de probabilité d’une attaque d’ici Octobre

9. Banques/Bulles spéculatives : La collision des bulles

Parallèlement, l’équipe de LEAP/E2020 présente dans ce GEAB N°26 cinq conseils stratégiques à  destination des banques centrales, gouvernements et institutions de contrôle qu’elle a élaborés ces derniers mois et dont l’objectif est de limiter et canaliser les graves conséquences de la phase d’impact de la crise.

Et, à  destination des investisseurs privés, LEAP/E2020 développe également dans ce GEAB N°26 une série de 10 conseils opérationnels pour éviter de commettre des erreurs fatales dans les six mois à  venir.

Dans ce communiqué public, LEAP/E2020 a choisi de présenter son anticipation sur la prochaine rupture du système financier mondial.

Système financier mondial : La rupture à  cause de l’impossible mise sous tutelle de Washington

dette americaine
Qui possède la dette américaine ? – Source : Fincher

La décision de Washington de faire monter les enchères en terme de retour au « Dollar fort », obligeant Ben Bernanke à  monter au créneau sur ce sujet, est porteuse d’une accélération du processus de rupture du système financier mondial (2).

En effet, Ben Bernanke est le dernier rempart avant la prise de conscience définitive par les principaux détenteurs de devises américaines et d’actifs libellés en Dollars US que Washington n’a plus les moyens de soutenir sa monnaie. Ce qui, début 2006 (avec la fin de la publication de M3 par la Fed, annoncée par LEAP/E2020), correspondait à  une politique délibérée de baisse du Dollar afin d’essayer de réduire le déficit commercial américain et de limiter la valeur réelle (pour les Etats-Unis) de leur endettement mondial (qui est libellé en Dollar), s’est retourné contre ses initiateurs et se transforme en une fuite généralisée hors des Etats-Unis (fuite de capitaux, stabilité des déficits commerciaux, accroissement de l’inflation,…). La carte « Bernanke » est la dernière carte « psychologique » que peut jouer Washington. Son utilisation montre, selon LEAP/E2020, à  quel point les dirigeants américains en sont arrivés aux dernières extrémités pour essayer de retenir leurs partenaires dans le système créé après 1945, et fondé sur l’économie des Etats-Unis et sa devise (3).

Quand, dans quelques semaines (après les réunions du G8 et d’autres instances), il se confirmera qu’il est impossible d’organiser la moindre action d’ampleur pour stabiliser durablement la devise américaine (et nous n’évoquons même pas l’idée farfelue de la faire remonter) puisque l’économie américaine s’enfoncera toujours plus profondément dans la récession et que le monde est déjà  « gorgé » de Dollars US dont plus personne ne sait comment s’en débarrasser, alors le système financier mondial explosera en différents sous-systèmes tentant de survivre au mieux, en attendant qu’un nouvel équilibre financier mondial s’organise (4). En s’engageant dans cette voie qui ne mène nulle part, consciemment ou inconsciemment, volontairement ou non, Ben Bernanke vient de signer la fin du système financier actuel. Le retour au « Dollar fort », c’est un peu comme la « libération de l’Irak », un voeux pieux qui se transforme en cauchemar.

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La pyramide inversée des liquidités mondiales – Sources : Banque des Réglements Internationaux / Independent Strategy

D’ailleurs, si jamais Washington avait réellement l’intention d’essayer de stabiliser le Dollar, ou plus ambitieux, de le faire remonter face aux principales monnaies mondiales, il n’y aurait qu’une seule méthode (5), comprenant deux volets : une forte hausse des taux d’intérêts de la Fed, et une baisse drastique de la création monétaire. Si les autorités américaines décident de mettre en oeuvre cette politique, l’économie américaine (réelle et financière) s’arrête net dans les semaines qui suivent : le marché immobilier tombe à  zéro faute de crédits abordables et du fait d’une explosion des intérêts sur les ménages endettés à  taux variables, la consommation américaine devient négative (c’est-à -dire qu’elle recule mois après mois), les faillites d’entreprises se multiplient de manière exponentielle, Wall Street s’écroule sous le poids de ses dettes multiples et succombe totalement à  l’implosion immédiate du marché des CDS du fait des défauts généralisés de co-contractants…

Ces évènements, absolument certains en cas d’action volontariste de Washington en faveur d’un Dollar fort, sont sans aucun doute inacceptables pour les autorités américaines. Donc, en dehors de parler, et de se déconsidérer encore plus, elles ne feront rien. La méthode traditionnelle de ces dernières décennies n’est plus envisageable : plus personne n’acceptera d’acheter massivement des Dollars pour sauver la devise US sans une action très volontariste (celle décrite précédemment) de Washington. Comme celle-ci n’interviendra pas, le reste du monde en tirera les conclusions nécessaires : chacun pour soi désormais. Et il ne faut pas oublier qu’à  la mi-Aoùt 2008, Pékin n’a plus la contrainte de réussir à  tout prix les Jeux Olympiques. Donc un grand nombre d’options « brutales » (6), mises en attente jusqu’aux JO, vont refaire surface (7).

Notes:

(1) Pour un calendrier plus détaillé de ces tendances, voir le GEAB N°18.

(2) D’ailleurs la Banque des Règlements Internationaux s’inquiète désormais des risques d’une Grande Dépression mondiale. Source : Banking Times, 09/06/2008 [Voir en français: http://www.alterinfo.net/Une-organisation-q... ]

(3) Source : Euro Pacific Capital, 23/05/2008

(4) Voir à  ce sujet, dans ce GEAB N°26, les conseils de LEAP/E2020 aux banques centrales, gouvernements et institutions de contrôle.

(5) Nous avons écarté la seconde méthode qui consisterait à  nucléariser la BCE, la Banque de Chine et la Banque du Japon.

(6) Source : ContreInfo, 21/04/2008

(7) Et la Russie s’imposant désormais comme le premier producteur mondial de pétrole devant l’Arabie saoudite, les rapports de force sur le marché pétrolier sont là  aussi en train de changer rapidement. Source : Times of India, 12/06/2008

Source : http://www.leap2020.eu

Mondialisation: Quand le FMI Fabrique la Misère

Jeudi 7 février 2008

Quand le FMI Fabrique la Misère


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Un documentaire sur le Ghana que vous devez absolument voir. Encore un bel exemple d’inégalité à  cause de l’ONU et de la mondialisation.