Archive pour la catégorie ‘Jeux Olympiques 2008’

Flamme olympique, parcours nazi ?

Mercredi 13 août 2008

Flamme olympique, parcours nazi ?

© Il Faut le Savoir

L’histoire ne repasse pas les plats et la dictature chinoise actuelle a peu à  voir avec le nazisme, dans ses méthodes comme dans ses buts.

Pourtant, on aurait tort de faire la fine bouche devant la mauvaise conscience qui pousse l’opinion, au moins dans certains pays, à  ne pas vouloir manquer en 2008 l’occasion d’un boycott de protestation, si funestement gâchée en 1936.

Flamme olympique, parcours nazi ?

A l’époque, Hitler avait échappé au boycott -sérieusement envisagé en 1933 par le président français du CIO, Henri de Baillet-Latour- en faisant semblant de ne pas compter sur les Jeux pour la publicité de son régime, et d’assumer de mauvaise grâce cet héritage de la République de Weimar. Il avait notamment joué ce numéro devant Leni Riefenstahl, pour la pousser à  accepter de filmer les Jeux en lui jurant ses grands dieux que pour sa part il les vivrait comme une corvée… ainsi qu’elle le raconte, au premier degré, dans ses mémoires, cinquante ans plus tard ! Détails ici.

L’antique flamme d’Olympie, accueillie demain à  Paris par un Sarkozy qui fait dire à  Rama Yade et démentir par Bernard Kouchner qu’il pose des conditions en matière de droits de l’homme pour honorer de sa présence la cérémonie d’ouverture pékinoise, n’avait point encore été ressuscitée par Pierre de Coubertin lorsqu’il organisa la première compétition moderne à  Athènes en 1896. L’idée vint au comité hollandais, lors des Jeux d’Amsterdam, en 1928. Mais alors la flamme fut allumée dans le stade, et ne bougea pas. Il en alla de même en 1932. Son transport par course de relais depuis Olympie fut donc une invention nazie et, très probablement, hitlérienne.

Il est aujourd’hui difficile de cerner la part personnelle du Führer dans cette décision, le travail sur archives publié récemment par Daphné Bolz montrant seulement l’imbrication étroite, dans la préparation des Jeux, du comité olympique allemand, animé par Carl Diem (non inscrit au parti nazi mais néannmoins très raciste), et du ministère de la Propagande, dirigé par Goebbels. Si on ajoute que Diem fit le siège de Leni Riefenstahl pour obtenir sa participation et que celle-ci, ne « sentant » pas le film, commença à  le sentir dès qu’il fut question de Grèce et de flamme, si on se souvient de la place, dans l’idéologie nazie comme dans les goùts festifs du Führer, et de la Grèce antique, et du feu, on voit que la course de ce flambeau n’a guère d’autre inventeur possible.

Le sens de ce transport de feu, immortalisé par le prologue du film, va bien au-delà  d’une glorification du Reich pour sa bonne organisation d’un événement sportif et même d’une mise en scène factice de son désir d’entente avec les autres nations. Il faut y voir surtout une illustration de la prétention du nazisme à  reprendre le flambeau de la Grèce païenne et esclavagiste, ainsi qu’une préfiguration inversée de sa croisade de 1941 vers le monde slave et la mer Noire.

Paris accueille en ce 7 avril 2008 un objet de propagande légué par Hitler et Goebbels. Il a certes pris un autre sens dès les Jeux de Londres en 1948, organisés par une Angleterre qui n’était plus en pointe dans l’effort pour dénazifier le monde et n’a sans doute même pas réfléchi à  ce qu’elle faisait, pas plus que les bureaucrates du CIO, guère plus réactifs que leurs devanciers d’avant guerre : ils mirent par exemple vingt ans à  exclure l’Afrique du Sud, et ne le firent qu’en 1968… lors des Jeux de Mexico, marqués par un massacre de manifestants étudiants, quelques jours avant l’ouverture.

Si les symboles peuvent changer de sens et si on peut promener cette flamme sur la place de la Concorde sans penser ni au nazisme, ni à  la guillotine de la Révolution, ni à  la captivité de Mandela ou aux étudiants de la place des Trois-Cultures, l’histoire ne doit pas pour autant être niée. Pour l’instant, on rappelle tellement peu les origines de cette coutume que cela confine au refoulement, annonciateur de redites.

Source : Daphné Bolz, Les arènes totalitaires / Hitler, Mussolini et les jeux du stade, Paris, CNRS éditions, 2008.

Montigny, le 6 avril 2008

Nuremberg face à  l’histoire Le nouveau livre de François Delpla

paru aux éditions de l’Archipel, le 20 septembre 2006 (pour l’anniversaire du verdict)

UNE CRITIQUE pour les amateurs de stimulants sur Histoforum

Encore un ouvrage sur le procès de Nuremberg ?

D’abord ils ne sont pas si nombreux. Ensuite il émanent presque tous de juristes ou de journalistes et ceux, rarissimes, des historiens sont de courts manuels ou des recueils de textes. Enfin et surtout, ils ne sont guère chronologiques. Le procès n’est jamais raconté, sauf dans de brèves esquisses.

Ce livre-ci, illustré par un DVD qui reprend un film soviétique de l’époque (à  destination du public américain !), suit pas à  pas le chemin qui conduit à  Nuremberg, puis les audiences et ce qui se passe dans leurs coulisses. Il présente pour ce faire un florilège original des vingt volumes de débats, des articles de presse et des journaux tenus par les protagonistes, avec une mention spéciale pour celui de Gustave Gilbert, le psychologue américain qui confesse au jour le jour les accusés. Voilà  qui permet de mettre en lumière, plus que jamais, le procureur américain Jackson, dont on vient d’ailleurs de retrouver un manuscrit fort éclairant. Il domine le procès et se rend même utile, à  son corps défendant, quand il est en difficulté (comme lors de son fameux duel avec Gà¶ring) car alors il sert son but fondamental : montrer que le procès n’est pas écrit d’avance et que les accusés ont la latitude de se défendre.

Mais l’objet principal de l’ouvrage est de dégager la vision du nazisme qui ressort de ces assises, dans sa valeur comme dans ses limites. Beaucoup de vérités sont dévoilées, qu’on oubliera et qu’on croira ensuite découvrir, par exemple sur le génocide des Juifs. Mais en même temps la logique judiciaire oriente l’enquête et lui impose des œillères, par exemple sur le fonctionnement du régime et le rôle de son chef : puisqu’il a privé le procès de sa présence, et qu’on se préoccupe avant tout de la culpabilité de ses subordonnés, son action n’est cernée que par intermittence. Les chapitres terminaux montrent donc quelle histoire s’élabore, avec le concours de la presse mondiale, pendant ces quinze mois d’après guerre, et quels faux plis la recherche historique devra patiemment effacer.

A cet égard, le tabou principal porte sur les comportements des Alliés. Autant on a tort lorsqu’on taxe les juges de partialité pour n’avoir pas étudié sur le même plan les meurtres nazis et ceux des armées adverses, autant l’histoire se distingue de la justice par son souci de regarder le réel comme un tout. Si les nazis sont responsables du déclenchement de la guerre, le rôle de leurs futurs ennemis doit être examiné aussi. Or il ne pouvait qu’être estompé à  Nuremberg et il n’a pas été encore tout à  fait rétabli, notamment en raison de la guerre froide qui conduisait chacun des camps à  stigmatiser l’autre comme le partenaire favori de Hitler. Il s’ensuit une tendance persistante à  traiter le nazisme comme un isolat, un mal « en soi » ; il est temps de dépasser ce comportement et ce livre entend y contribuer.

Il utilise les travaux les plus récents, notamment sur les menées mystérieuses et le sort de Hess et de Himmler, en faisant le point des acquis et des ombres qui demeurent, loin de tout sensationnalisme.

François Delpla, normalien et agrégé, se consacre depuis 15 ans au nazisme et à  la Seconde Guerre mondiale. Il a écrit la seule biographie française de Hitler et, récemment, une étude sur les rapports entre sa vie privée et son action politique (Les tentatrices du diable, L’Archipel, 2005). Il s’intéresse en particulier aux tromperies et aux séductions du nazisme. Cette étude de l’épilogue judiciaire du phénomène lui permet d’approfondir ses recherches (dont son site Internet http://www.delpla.org est à  la fois un élément et un miroir), tout en les récapitulant.

argumentaire de l’éditeur

le chapitre sur Katyn

Lignes directrices et principaux résultats à  ce jour de mon travail :

le nazisme, une entreprise inhumaine et folle, a failli connaître à  la fin de mai 1940 un succès durable, par une paix anglo-franco-allemande qui aurait laissé au Reich les mains libres pour la colonisation de l’Ukraine et la satellisation de toute l’Europe de l’est.

pour arriver à  ce quasi-triomphe, Hitler a principalement joué de la sous-estimation de lui-même par les dirigeants politiques des autres pays.

comme certains d’entre eux, et non des moindres, étaient encore au pouvoir à  la fin du conflit ou à  l’approche immédiate de celle-ci (notamment Staline et Roosevelt, ainsi que Pie XII), peu de gens et de régimes avaient intérêt à  une histoire sincère et scientifique des années 1930 et du déclenchement de la guerre. On préféra s’accuser mutuellement de lâcheté et de noirs desseins plutôt que de reconnaître qu’un maître illusionniste avait roulé presque tout le monde.

jouait dans le même sens l’arrivée de Churchill à  la barre de l’Angleterre, par hasard, le jour même de l’offensive que Hitler espérait finale (10 mai 1940). Niant alors, pour rester au pouvoir et en guerre, l’existence d’un fort courant favorable à  la paix, il n’allait pas lâcher en 1945, ou un peu plus tard dans ses mémoires, des informations propres à  déstabiliser le parti conservateur et à  brouiller l’image de la nation qui avait montré le chemin de la résistance.

l’empreinte énorme du régime hitlérien sur le monde actuel rend urgente une meilleure compréhension de ces questions.

pages du site en relation avec ces différents points

Devise en forme de citation

« A la différence de tant d’autres, vous n’avez pas permis que votre développement intellectuel, qui vous a soustrait de plus en plus à  mon influence, détruise aussi nos relations personnelles, et vous ne pouvez pas savoir le bien qu’une telle finesse procure à  l’âme. »

(Sigmund Freud, lettre à  Ludwig Binswanger, 11 janvier 1929)

Sarkozy justifie son choix olympique

Dimanche 10 août 2008

Sarkozy justifie son choix olympique

© IRIB

Le président français, Nicolas Sarkozy, a finalement assisté à  la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, tandis qu’il parlait auparavant du boycott éventuel de cette cérémonie. Certes, il a déclaré que les droits de l’homme étaient l’un des sujets qu’il souhaitait longuement aborder au cours de sa visite car les jeux étaient une «vraie occasion d’accompagner la Chine vers l’ouverture, vers la tolérance, vers le progrès, vers le respect des valeurs qui sont les nôtres, nous en France». Mais ce discours ne semble pas convaincant. En effet, à  trop avoir voulu ménager la chèvre et le chou, M. Sarkozy enregistre un revers de taille. Au poker diplomatique, il faut avoir des atouts dans sa manche ou des nerfs solides. Or Sarkozy n’a ni l’un ni l’autre. Quelques mois avant les JO de Pékin, rappelons-le, le Président a pris, comme ses homologues européens, des mesures pour politiser les jeux. A l’époque, il a même affirmé ne pas envisager prendre part à  la cérémonie d’ouverture en signe de protestation contre ce que lui et l’Occident qualifient de violation des droits de l’homme. Suite aux propos du président français, la cérémonie du passage de la flamme olympique a été fortement chahutée à  Paris. En réaction, Pékin n’est pas resté muet, mettant en garde la France contre toute ingérence dans ses affaires intérieures ou toute interférence propre à  perturber les jeux. Pékin s’était également dit inquiet des tentatives en coulisse des états occidentaux visant à  reconnaître l’indépendance du Tibet, bien que le gouvernement français ait affirmé son soutient à  l’intégrité territoriale de la Chine. En tout cas, le voyage du président français et le profil bas qu’il semble décidé à  adopter pendant ce voyage portent à  croire que la France a explicitement fait marche arrière. C’est ainsi que Sarkozy a affirmé ne pas vouloir rencontrer le leader des Bouddhistes, Dalaï Lama, à  Paris où ce dernier devra participer la semaine prochaine à  une conférence sur le bouddhisme. Un refus qui tombe si à  propos que tout cela ressemble un peu trop à  un accord passé entre le président et le chef du gouvernement tibétain en exil, à  un moment où Paris est soucieux de ne pas froisser les susceptibilités pékinoises. Sur le plan national aussi, l’opposition socialiste hausse le ton contre la visite de Sarkozy à  Pékin en indiquant qu’il avait gagné dès maintenant la médaille de l’hypocrisie. Les observateurs politiques croient que la présence de Sarkozy aux cérémonies d’ouverture des JO portera atteinte à  son crédit, au crédit d’un président qui peine à  surmonter le gouffre des sondages.

À l’ombre des jeux olympiques, les US ont lancé une guerre par procuration contre la Russie

Dimanche 10 août 2008

À l’ombre des jeux olympiques, les US ont lancé une guerre par procuration contre la Russie

© Alter Info

Un dernier coup tordu de Bush. Il a profité de ce que les médias sont accaprés par l’ouverture des XXIXèmes olympiades de Pékin pour lancer son protégé de Géorgie contre la République Sud-ossète. Le principe mis en avant est l’intégrité territoriale de la Géorgie.

Or ce principe n’a plus aucune valeur dans la zone ex-soviétique. La Géorgie est elle-même née d’une scission de l’URSS. L’indépendance du Kossovo est là  pour prouver ce fait que dans les zones en ébullition interne SANS INTERVENTION ETRANGERE MAIS PAR LE FAIT DE TROUBLES INTERIEURS, que dans les zones où les états sont en déliquescence, le droit des peuples à  disposer d’eux-mêmes prime sur la souveraineté des Etats défaillants.

La revendication géorgienne sur l’Ossétie du Sud, sur l’Abkhazie, sur l’Adjarie n’a pas de fondement juridique. Donc son agression d’aujourd’hui est l’agression d’un Etat contre un autre. Une agression caractérisée qui passe outre un mandat de séparation des belligérants émis par l’ONU, une agression qui n’a pas reculé devant le fait de tuer des soldats missionnés par l’ONU.

La Russie va-t-elle assumer pleinement la mission que lui a confié l’ONU et empêcher l’annexion pure et simple de l’Ossétie du sud ? C’est le suspens total. Voyons quels sont les enjeux régionaux et mondiaux de « cette sortie surprise » de Bush.

Dans la nuit du 7 au 8 aoùt 2008, nuit qui a précédé l’ouverture des XIXèmes jeux olympiques, l’armée géorgienne a engagé son armée dans une offensive contre l’Ossétie et l’Abkhazie, des pays musulmans indépendants depuis la chute de l’URSS, situés entre les frontières actuelles de la Russie et de la Géorgie,.

Sans le soutien financier et militaire des USA cette nouvelle guerre du Caucase, à  la frontière directe de la Russie, était inimaginable. Quels en sont ses enjeux ?

Le principal protagoniste dans cette affaire, ce sont les USA. Sans eux, cette bataille n’aurait pas pu commencer. Ils ont fourni l’aide nécessaire (financière, réseaux d’influence, diplomatie, etc.) au parti du président actuel de Géorgie pour qu’il gagne des élections truquées par ailleurs. Puis, ils l’ont incité à  annexer les pays en question.

On ne peut certes pas totalement effacer le rôle des protagonistes locaux. Mais depuis la guerre froide, on sait que les décisions principales dans ces « conflits secondaires », que ce soit au Vietnam ou à  Cuba ou au Moyen-Orient, se prennent très loin du champ de bataille.

En 1973, en pleine guerre du Vietnam, les USA furent obligés de concéder publiquement, par des accords signés par Richard Nixon, l’égalité stratégique des USA et de l’URSS. Cette égalité fut même corrigée au profit de l’URSS par la victoire des Vietnamiens, grâce à  l’aide soviétique.

Par la suite, l’éclatement de l’URSS a donné naissance à  l’espoir aux Américains de non seulement neutraliser l’ancienne super puissance soviétique, mais de prendre le contrôle de ses richesses naturelles immenses.

Quand l’URSS se fut dissoute, la primauté du respect à  la souveraineté nationale a cédé dans cet espace post-soviétique devant le respect du droit des peuples à  l’autodétermination. Des États nouveaux sont nés sur la base de ce droit des peuples. La Géorgie est née ainsi. La République Sud-Ossète, l’Abkhazie, l’Adjarie, la Transnistrie aussi. Par la force, la Géorgie refuse l’indépendance de l’Ossétie du sud, de l’Abkhazie, de l’Adjarie.

Dans le conflit présent entre la Géorgie et l’Ossétie du sud, les ficelles sont tirées depuis Washington et Moscou.

Selon Moscou, il est impensable de permettre à  la Géorgie d’annexer ces deux mini-États récemment créés si celle-ci devait intégrer l’OTAN. En effet, dans une telle perspective, ces deux régions seraient utilisées contre la Russie. C’est somme toute une position légitime : la Russie est sur la défensive face aux avancées US qui veulent intégrer la Géorgie dans l’OTAN.

Selon le régime de Géorgie, né des révolutions oranges, téléguidées par les USA, l’appartenance à  l’OTAN est le meilleur rempart contre un retour d’influence séculaire russe.

Pour les USA, il faut enserrer la Russie dans réseau de bases militaires de l’OTAN et de pays hostiles. C’est le meilleur moyen de « clouer définitivement le bec » de la Russie sur la scène internationale, de l’isoler, de neutraliser sa diplomatie par la menace à  sa sécurité et si nécessaire (si les relations USA-Russie devaient un jour aller jusqu’à  la confrontation) pour pouvoir lancer impunément une première frappe paralysante imparable à  cause du très court délai entre le lancement des vecteurs US et leur impact sur les centres névralgiques russes. Le but ultime étant d’amener à  terme la Russie à  céder ses richesses naturelles à  vil prix.

Cette ligne politique régionale des USA entre dans le cadre d’une vision plus large dont l’objectif principal, issu de la déconfiture de l’URSS est de ne jamais permettre que, de nouveau, ils soient dans l’obligation de reconnaître à  un autre pays le statut d’alter ego. C’est d’ailleurs pour cette même raison qu’ils ont toujours fait le nécessaire pour empêcher l’émergence d’une politique étrangère européenne indépendante et son corollaire, une industrie militaire et une armée intégrées.
Ils veulent résolument être et rester le seul pays à  pouvoir décider du destin des autres peuples du monde et à  disposer des richesses naturelles de la planète. Cela a abouti à  au plan visant à  proclamer le monde entier comme nouveau champ d’intervention de l’OTAN.

Or la Russie, née d’une maladie existentielle de l’URSS, a actuellement reconstitué en partie son économie et ses structures étatiques. Ce n’est plus un pays en déshérence. Elle tend à  reprendre la défense de ses intérêts. Et donc à  sa frontière immédiate en ne permettant pas l’installation de l’OTAN à  sa frontière. D’où le choix posé à  la Géorgie : la colonisation de l’Ossétie du Sud en échange du refus d’entrer dans l’OTAN.

La Géorgie a pris la Russie de vitesse.

Juste après la proclamation de la sécession-indépendance du Kosovo, ancienne province de la Serbie. État immédiatement reconnu par les USA au grand dam de la Russie. Celle-ci aurait pu reconnaître en réponse l’indépendance des provinces d’Ossétie, d’Abkhazie, de Transnistrie. Une telle reconnaissance en temps opportun aurait autorisé juridiquement la Russie à  fournir à  l’Ossétie toute aide militaire nécessaire y compris une intervention directe aux côtés des troupes du pays.

Mais, la Russie a temporisé. Les USA en ont profité ; ils ne lui ont pas donné le loisir de prolonger le suspens sur ses intentions relativement aux « conflits gelés » d’Europe centrale : ils ont dégelé par la force militaire et l’argent (le président géorgien peut promettre 40 milliards de dollars US en réparation aux victimes de son agression militaire) celui qui existait entre la Géorgie et L’Ossétie du Sud.

La Russie est restée bouche bée, ce lendemain d’attaque militaire menée avec des tanks, de l’artillerie, avec des avions.

Les autres conflits semblent en attente d’une action analogue de la Géorgie. ; faut-il les considérer comme des conflits désormais réglés et classés… aux dépens de la Russie.

Dans l’avenir, si l’action géorgienne est couverte de succès, la carte stratégique du monde sera plus claire : à  court terme, l’OTAN va se retrouver directement à  la frontière de la Russie, avec ses tanks, ses radars, ses missiles et les USA loin derrière cette frontière chaude et ses dangers. La Russie aura perdu une partie serrée et elle aura perdu aussi pour plus longtemps son crédit de grande puissance sur l’arène internationale. Elle avait vendu son accord pour la première agression contre l’Irak ; elle n’a rien fait pour empêcher la seconde. Elle a déjà  vendu son vote au sein du Conseil de Sécurité pour valider les sanctions illégitimes et post-coloniales contre l’Iran. Elle a bradé l’unité de la Serbie qu’elle aurait pu soutenir militairement. Elle aurait enfin abandonné ses alliés et subi la mort violente de ses propres citoyens, juste à  sa frontière géorgienne.

Que lui resterait-t-il encore à  défendre contre les appétits US sinon son territoire ?

Mais ce sont là  des hypothèses conditionnelles…

Paradoxalement, pour le reste du monde, cette dernière agression va certainement créer un nouveau contexte où la Russie capitaliste va enfin comprendre que le danger qui la menaçait durant la guerre froide n’a pas disparu avec la fin de celle-ci : l’opposition USA-URSS n’était pas tant idéologique qu’économico-militaire. Les visées expansionnistes impérialistes sont toujours là . Plus que jamais. Par conséquent, la Russie va redécouvrir l’utilité d’alliances internationales pour la défense des souverainetés nationales.

Par exemple, l’Iran ne lui apparaîtra plus comme un voisin « à  vendre aux USA et à  Israël » en échange de l’accès à  l’Organisation Mondiale du Commerce et/ou au marché US, mais comme un précieux allié pour damer le pion à  l’expansionnisme US au Moyen-Orient et pour éloigner les appétits américains de son propre territoire.

Faut-il aller jusqu’à  espérer qu’elle fournira des missiles anti-hélicoptère et anti-avion aux Palestiniens du Hamas qui en ont tellement besoin pur se défendre contre les agressions israéliennes maintes fois condamnées par l’Assemblée Générale de l’ONU ?
Point trop n’en faut. Une telle décision serait raisonnable du point de vue de ses intérêts nationaux puisqu’Israël qui abritait déjà  des dépôts d’armes US pré positionnées pour une éventuelle guerre contre la Russie va bientôt accueillir un radar du même type que celui qui sera installé en Tchéquie… et ce radar sera géré par des militaires US.

Mais je doute que les dirigeants russes actuels iront jusque là  dans l’analyse de leurs intérêts immédiats, à  moyen et long terme.

Pour le moment, il faut plutôt interpréter ces reculades successives de la Russie comme le signe d’une dépendance réelle ou perçue comme telle, trop grande de son économie actuelle vis-à -vis des brevets US et vis-à -vis des échanges commerciaux avec les USA. Il est vrai qu’il existe en Russie un fort courant idéologique, basé sur les puissances financières créées avec l’argent volé au peuple russe et préconisant la soumission totale aux USA en échange de quelques miettes des rapines impérialistes à  travers le monde.

Ces idéologues russes anti-russes oublient que le gâteau à  partager entre les USA, le Royaume-Uni, la France, etc., c’est eux-mêmes, ce sont leurs biens, ce sont les richesses de la Russie : le pétrole, le gaz, les forêts, les gisements miniers de Sibérie et de la région arctique.

Mais la perception de cette dépendance par les dirigeants russes ira-t-elle au point de paralyser leur diplomatie et la coopération militaire avec ses alliés ?

Si tel était le cas, alors, la lutte des peuples pour le respect des souverainetés et pour le droit au développement, le droit de libre accès aux sciences devra passer par les périphéries comme l’Afghanistan, l’Irak, le Venezuela, le Belarus, l’Iran, la Corée du Nord, la Bolivie, le Nicaragua, Cuba, etc. Parce que les USA, quelle que soit leur puissance militaire et économique, ne peuvent pas vaincre partout et en même temps.

Les peuples agressés, pillés, épris de justice n’ont de toute façon aucune alternative que la lutte pour défendre leurs droits, leurs biens, leur développement autonome. Les intellectuels de ces pays et plus particulièrement ceux des pays développés, eux ont un choix : vendre leur âme au diable dollar ou sauver leur honneur en se mettant aux côtés des forces vives des nations pour le progrès de l’humanité vers une application réelle et universelle de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

En attendant, nous avons vu avec beaucoup d’émotion la cérémonie d’ouverture des XXIXèmes olympiades des temps modernes à  Pékin. Nous y avons vu Bush. Nous y avons vu Poutine ; Monsieur Medvedev est resté à  Moscou, sans doute pour mieux suivre la situation en Ossétie du sud.
Pendant ce temps, des Sud-Ossètes, des Musulmans se faisaient assassiner par des Géorgiens, financés et aidés par des Américains. Le parlement sud-Ossète a publié une déclaration où on peut lire :
« Le peuple de l’Ossétie du Nord multiethnique est indigné par les démarches déployées des responsables politiques géorgiens qui ont dépassé toutes les limites de l’éthique humaine. Dans le même temps, nous sommes très étonnés de la passivité des casques bleus russes dans une situation où des civils meurent et où une minute de retard apporte de nouvelles victimes. Nous nous sentons dépourvus de toute protection, quand la petite ethnie ossète est en cours d’extermination ».

L’agression géorgienne n’est pas survenue dans un ciel bleu.
Beaucoup de signes précurseurs ont été remarqués depuis plus d’un semaine : regroupement de forces, attaques exploratoires, survol de drones.
Les dirigeants russes savaient ce qui se tramait.
Les dirigeants US le savaient d’autant plus que c’est eux qui sont derrière cette agression.

L’armée russe ayant mandat pour séparer les belligérants était sur place. Jusqu’à  aujourd’hui, elle n’a rien entrepris de décisif. Pourtant des « soldats de la paix » russes missionnés par l’Onu ont été tués par les forces géorgiennes.

La Russie n’a pas encore dit son dernier mot à  ce dernier coup tordu de Bush.
Espérons un sursaut du patriotisme russe qui viendrait au secours des Sud-Ossètes.

Sarkozy à  Pékin: Cohn-Bendit fait le parallèle avec l’Allemagne de 1936

Dimanche 10 août 2008

Sarkozy à  Pékin: Cohn-Bendit fait le parallèle avec l’Allemagne de 1936

© AFP

cohn bendit

PARIS (AFP) – Le député européen Daniel Cohn-Bendit (Verts) a regretté la présence vendredi de Nicolas Sarkozy à  la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, faisant le parallèle avec la situation lors des Jeux de Berlin dans l’Allemagne nazie en 1936.

« J’aurais voulu qu’il n’aille pas à  l’ouverture des JO », a-t-il dit sur France Inter. « Etait-il juste en Allemagne en 1936 d’aller serrer la pince à  Hitler? » s’est interrogé Daniel Cohn-Bendit. « La Chine est un espace totalitaire » a-t-il affirmé, soulignant qu’il n’avait lui-même pas obtenu de visa pour s’y rendre. « Nous allons avoir une cérémonie d’ouverture sous l’effigie de Mao Tsé Toung ».

Selon M. Cohn-Bendit, « il faut penser à  ceux qui se battent pour la liberté en Chine ». Il a rappelé qu’en 1936, l’Allemagne n’était « qu’un pays totalitaire où il y avait simplement des camps d’internement, qui existent aujourd’hui en Chine ».

« Avec les Chinois, il faut être clair. (…) En ce qui concerne les droits de l’Homme, les libertés, si on baisse l’échine, si on se met à  genoux, on n’a aucune chance. C’est comme au temps des dissidents soviétiques, cela change si un chef de gouvernement reçoit ou non les dissidents ». « Si l’Europe avait la même confiance en elle-même que les Américains en eux-mêmes, on serait capable de faire plus pour les droits de l’Homme », a-t-il encore estimé, faisant référence au président américain George W. Bush, qui a plaidé vendredi à  Pékin pour la « liberté d’expression ».

Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, a qualifié d’ »énormité » le parallèle fait par Daniel Cohn-Bendit

«Projet 119» : le plan chinois pour rafler les médailles

Vendredi 8 août 2008

«Projet 119» : le plan chinois pour rafler les médailles

© LaDepeche

«La Chine vaincra». C’est le slogan à  la mode à  Pékin. Inscrit sur un bandeau rouge autour de la tête. Ou sur des autocollants. Mais c’est assurément le drapeau chinois rouge avec les étoiles jaunes qui connait le plus grand succès. Sur le drapeau, l’autre slogan en vogue: «Zhongguo jiayou», soit «Vive la Chine». Vous l’avez compris, la vague de patriotisme bat son plein à  Pékin. Elle atteint ainsi son paroxysme à  la veille de l’ouverture des Jeux mais c’est bel et bien en mars qu’elle a débuté avec successivement les critiques soulevées en Occident par la crise tibétaine, les manifestations qui avaient perturbé le parcours de la flamme olympique à  l’étranger puis le tremblement de terre au Sichuan.

Cette vague de patriotisme s’accompagne d’un objectif caché comme bien souvent en Chine, à  savoir devancer les Etats-Unis dans la course aux médailles. Depuis quelques années, la courbe est évidemment ascendante à  l’image de celle de son économie . En 1996, la Chine avait rempli sa besace avec 16 médailles d’or terminant au quatrième rang des JO d’Atlanta. 28 à  Sydney (troisième rang), 32 à  Athènes (deuxième rang). Une cinquantaine à  Pékin pour conquérir le premier rang? Possible si la Chine s’éveille dans des disciplines dans lesquelles elle ne s’est jusque-là  pas manifestée…Cet objectif a même un nom de code: le projet 119. Comme le nombre de médailles que délivraient à  l’époque à  Sydney des sports comme l’athlétisme, la natation, l’aviron, la voile ou le canoë-kayak où les Chinois étaient pour le moins discrets.

Dans cette opération, le premier coup de canon retentit à  Athènes avec la première médaille d’or de la Chine en athlétisme masculin. Le héros a pour nom Liu Xiang, roi du 110 m haies.

Les moyens de réussir

Fortes de cet encouragement, les entreprises ont métamorphosé le sport chinois en un secteur qui pèse environ 5 milliards d’euros. Et la Chine n’a pas hésité en suivant pour se donner les moyens de réussir. Contrats avec des entraîneurs étrangers, infrastructures sportives ultra modernes, sélection de plus en plus précoce des athlètes… Une rumeur évoque également des programmes génétiques, le dopage, l’infiltration de fédérations sportives étrangères. Une rumeur…

Et pendant ce temps-là , le gouvernement de Pékin continue de laver plus blanc: fermeture des bars et des centres de prostitution, travailleurs migrants tenus de quitter la capitale, espionnage des hôtels tenus par des groupes étrangers…

Dopage: la traque

Les cas de dopage impliquant des sportifs qualifiés voire médaillables à  Pékin se sont multipliés ces derniers jours, à  la grande satisfaction des responsables du CIO qui voient là  payer leur stratégie de traque préolympique, à  la veille de l’ouverture des Jeux. En deux mois, une trentaine de sportifs recensés ont ainsi perdu tout espoir de participer aux Jeux de Pékin en raison d’un contrôle positif ou d’une infraction aux règles antidopage.

«Ca tombe tous les jours» commente Patrick Schamasch, directeur médical du CIO «et de grosses pointures!» Quant à  savoir s’il convient de se réjouir, le médecin du CIO est partagé: «Quoi que l’on fasse, on sera critiqué.»

01/08/08 – Eclipse Totale en Chine

Jeudi 7 août 2008

01/08/08 – Eclipse Totale en Chine

Bizarrement, je pense à  la série Héroes quand je vois ça.

Pourquoi à  votre avis les JO vont se dérouler en chine le 08/08/08 à  08h08 du soir et juste une semaine pile avant la cérémonie il y a une éclipse totale? Est-ce une coincidence que la Chine soit l’hôte des JO en 2008? C’est juste étrange ce phénomène astronomique et numérologique. Et il y a des tonnes d’autres exemples de la sorte. Visitez ce site si vous êtes intéressez dans la numérologie en rapport avec la bible:

http://www.bibleetnombres.online.fr/

Chine: 16 policiers tués et 16 blessés dans une attaque au Xinjiang

Lundi 4 août 2008

Chine: 16 policiers tués et 16 blessés dans une attaque au Xinjiang

© AFP – Lundi 4 aoùt

xinjang chine

PEKIN (AFP) – Seize policiers ont été tués et 16 blessés lundi matin lors de l’attaque d’un poste frontalier au Xinjiang, région musulmane du nord-ouest de la Chine, à  quatre jours du début des jeux Olympiques de Pékin, selon l’agence Chine Nouvelle.

Deux assaillants ont lancé un camion contre le poste de douanes de Kashgar, dans l’ouest de la région, a indiqué l’agence officielle, faisant exploser deux grenades. Ils ont ensuite été arrêtés, précise Chine Nouvelle.

L’attaque est soupçonnée d’être de nature terroriste, selon l’agence Chine Nouvelle. L’agence avait précédemment indiqué que les assaillants avaient utilisé deux véhicules, avant de préciser qu’il s’agissait d’un seul camion.

Aucune précision n’a été donné sur les assaillants.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de la police à  Urumqi, la capitale de la région autonome, a affirmé n’avoir aucune information au sujet d’une explosion.

Ces derniers mois, les autorités chinoises ont affirmé faire face à  des menaces terroristes visant les jeux Olympiques de Pékin, qui s’ouvrent vendredi, désignant en particulier le Xinjiang comme foyer potentiel. Vendredi, la Chine s’était dite capable de déjouer tout attentat pendant les JO, aussi bien dans la capitale que dans les régions jugées à  risque du Xinjiang et du Tibet. Pour ces jeux, l’armée chinoise a notamment déployé plus de 34.000 soldats, 121 avions et hélicoptères et 33 navires.

Eclipse 01/08/08

Samedi 2 août 2008

Eclipse 01/08/08 1 semaine avant les JO

EN CHINE, LES ORDINATEURS DES JOURNALISTES AUX J.O. SONT FILTRÉS

Samedi 2 août 2008

EN CHINE, LES ORDINATEURS DES JOURNALISTES AUX J.O. SONT FILTRÉS

© Libertés & Internets

[Le Monde Informatique - 30/07/2008]

A quelques jours de l’inauguration des Jeux Olympiques, les organisateurs chinois mettent en illustration le peu de cas qu’ils font du droit à  l’information. Ainsi, les journalistes débarquant dans la salle de presse du Beijing International Media Center (BIMC), à  Pékin, ont-il découvert qu’en dépit des promesses de conditions de travail sans entrave, la Chine bloquait l’accès à  plusieurs sites Web.

« J’étais au BIMC ce matin, raconte Jonathan Watts, le président du club des correspondants étrangers en Chine, et il était impossible d’accéder aux sites d’Amnesty International, de l’Observatoire des droits de l’Homme ainsi qu’à  plusieurs autres. » Le journaliste poursuit en expliquant que ce contrôle d’Internet va à  l’encontre de l’assurance donnée par le régime de Pékin de ne pas imposer de contrôle aux professionnels de la presse couvrant l’événement.

Ce controle d’Internet va à  l’encontre des engagements du CIO

Il est aussi contraire aux engagements du Comité international olympique (CIO), qui promettait aux journalistes qu’ils pourraient exercer librement leur profession. « Comment cela pourrait être le cas alors que [nous sommes] incapables d’accéder à  des sites qui critiquent les autorités ? », s’interroge Jonathan Watts.

Selon notre correspondant d’IDG News Service à  Pékin, la Chine aurait également bloqué l’accès aux versions chinoises des sites Voice of America et British Broadcasting Corp.

Des sites interdits parce qu’ils « ne sont pas directement liés aux Jeux »

La mise en place de ces blocages a été confirmée par le porte-parole du CIO, Kevan Gosper qui, s’il regrette le filtrage, le justifie en partie, arguant de ce que les sites en question « ne sont pas considérés comme directement liés aux Jeux ».

L’organisation Reporters sans frontières n’a pas tardé à  réagir en publiant un communiqué dans lequel elle « dénonce le cynisme des autorités chinoises qui, une fois de plus, ont menti, et l’incapacité du CIO qui, par son silence pendant plusieurs années, n’a pas su prévenir une telle situation. »

http://www.lemondeinformatique.fr/

L’éclipse totale de Soleil ne va pas gâcher la fête en Chine, à  une semaine des JO

Jeudi 31 juillet 2008

L’éclipse totale de Soleil ne va pas gâcher la fête en Chine, à  une semaine des JO

© Par Polly HUI AFP – Lundi 28 juillet

HONG KONG (AFP) – L’éclipse totale de soleil qui obscurcira la Chine une semaine avant l’ouverture des Jeux Olympiques, un phénomène craint par les Chinois, ne perturbera pas la fête, assurent les astrologues.

L’éclipse totale de soleil, la 5e du XXIe siècle, se produira vendredi et sera visible en totalité sur une ligne commençant au nord-est du Canada, puis traversant le nord-ouest du Groenland, l’océan glacial arctique, le nord sibérien et l’ouest de la Mongolie avant de prendre fin en Chine.

« Les éclipses du soleil ont toujours été associées à  des catastrophes ou au malheur. Mais il n’y a aucune base scientifique à  une telle croyance », assure Peter So, éminent astrologue chinois et spécialiste de feng shui à  Hong Kong.

« Cela dit, une partie des événements post-éclipse peuvent s’expliquer par l’impact psychologique du phénomène sur les gens », nuance-t-il.

Mak Ling-ling, un autre expert hong-kongais en astrologie chinoise, prévoit cependant que l’éclipse pourrait apporter une légère instabilité politique ainsi que des problèmes dans les transports et les réseaux de communications à  Pékin.

« On peut prévoir des manifestations et le chaos dans les rues mais cela n’aura pas de conséquences graves pour les autorités chinoises », tempère-t-il.

Quant aux athlètes, ils ne sont pas plus perturbés que cela par l’éclipse, même si elle a lieu à  une semaine du début des épreuves.

« Les équipes nationales viennent souvent me voir pour me demander conseil au moment de choisir les athlètes, pour être sùres que les sportifs retenus ont une chance de l’emporter. Mais personne n’est venu me voir concernant l’éclipse », ajoute M. Mak.

Pour décrire une éclipse totale du soleil, les Chinois utilisent l’expression « ri quan shi », qui signifie « le soleil est entièrement mangé ».

« Autrefois, les Chinois croyaient qu’un dragon céleste ou un chien dévorait le soleil pendant l’éclipse », explique M. So.

« Cela explique pourquoi l’on tape sur des tambours ou de la vaisselle, l’idée est de faire du bruit pour faire fuir l’animal », ajoute-t-il.

Le phénomène était également considéré comme un moyen de prédire l’avenir. Selon la légende, il y a plus de 4.000 ans, deux astrologues chinois qui avaient omis de prédire une éclipse furent décapités.

Les astrologues occidentaux attribuaient également aux éclipses le pouvoir de faire débuter ou cesser les guerres, de résoudre des énigmes scientifiques ou d’apporter sur terre des séismes et des inondations.

Pour le physicien Cheng Kai-ming, les événements liés à  des éclipses étaient pure coïncidence. « Il y a chaque année tant de désastres naturels ou liés à  l’activité humaine. Chaque éclipse totale du soleil se produit donc avant, pendant ou après une catastrophe », souligne-t-il.

Aujourd’hui, ce sont les marchés boursiers qui semblent réagir au phénomène céleste. « Ce n’est pas surprenant. Certains se montrent réticents à  investir ce jour-là  quand on leur rappelle toutes les théories liées aux éclipses totales », explique Cheng Kai-ming

Globalement, M. So prévoit une grande volatilité des marchés financiers pendant les jeux Olympiques mais assure que la Bourse chinoise retrouvera des couleurs à  l’issue des JO et restera bien orientée en 2009.

Raymond Lo, maître de feng shui, estime lui que la date de l’ouverture des jeux (8/08/2008), a, selon le calendrier chinois, tendance à  attirer des désastres liés à  l’eau, ce que l’éclipse pourrait accentuer.

« C’est l’année du rat, le mois du singe et le jour du dragon. Nous avions la même combinaison le jour du tsunmai qui a touché l’Asie en 2004″, rappelle M. Lo.