Archive pour la catégorie ‘Haïti’

Haïti et l’arme sismique

Samedi 30 janvier 2010

Haïti et l’arme sismique

© Voltairenet, par Thierry Meyssan*. C’est un article très controversé, donc lisez le avec attention. Par ailleurs il y a beaucoup trop de coincidences dans cette affaire pour que ça soit le fruit du hasard. C’est même extraordinaire de penser qu’on puisse déclencher des tremblements de Terre avec une simple machine et HAARP. Et voila aussi un autre article fascinant et terrifiant sur la machine à tremblement de Terre: Les Etats Unis ont-ils provoqué le tremblement de terre à Haiti ?

De retour à Haïti et l’arme sismique…

La polémique ouverte par la publication sur notre site d’un article évoquant la possible origine artificielle du tremblement de terre à Haïti requiert quelques précisions. Oui, l’arme sismique existe et les Etats-Unis, entre autres, la possèdent. Oui, les forces états-uniennes étaient pré-positionnées pour se déployer sur l’île. C’est insuffisant pour conclure, mais cela mérite réflexion.

parachutistes-usa
Parachutistes US à Haïti
© US Department of Defense

En publiant « Les Etats-Unis ont-ils provoqué le tremblement de terre à Haïti ? », notre objectif était de relayer une question qui agite les milieux militaires et médiatiques dans plusieurs pays, mais était ignorée dans d’autres [1]. Cela ne vaut pas prise de position. Simplement, fidèles à notre méthode, même si elle est souvent mal comprise, nous considérons qu’on ne peut comprendre les relations internationales qu’en étudiant ce que pensent les dirigeants de la planète. Le conformisme ambiant conduit à ce que lorsque nous rendons compte des débats à Washington, personne ne s’en offusque, mais quand nous relayons les débats des pays non-alignés, nous assistons à une levée de boucliers en Europe. Tout se passe comme si les Européens jugent a priori que seules les problématiques « occidentales » sont pertinentes et que les autres sont déraisonnables.

Un de nos collaborateurs a tenté de retracer l’origine de l’imputation selon laquelle le tremblement de terre à Haïti pourrait être artificiel. Il s’est inquiété qu’il puisse s’agir d’une pure intoxication introduite par un certain David Booth (alias Sorcha Faal) qui se serait propagée dans des milieux gouvernementaux dans le monde. En définitive, nous ne savons pas avec certitude qui est la source initiale, mais nous savons que cette question est débattue au plus niveau dans plusieurs Etats en Amérique latine, en Europe orientale et en Asie.

En tant que responsable de publication du Réseau Voltaire, j’ai fait le choix de rechercher et de traduire la dépêche de ViveTV, qui avait été éditée sous forme de communiqué sur le site web du ministère de l’Information du Venezuela, et de la publier avec le sujet vidéo de Russia Today, en les assortissant d’un remarque préliminaire : « Etrangement, la télévision vénézuélienne source ses imputations en désignant l’armée russe, tandis que la télévision russe source les mêmes imputations en désignant le président Chavez. »

Si ces éléments ont été repris avec fidélité par de nombreux journaux, notamment au Proche-Orient, ils ont été déformés par la presse atlantiste en s’appuyant sur l’article de Sorcha Faal. Celui-ci a extrait des passages du texte de ViveTV, et les a placés entre guillemets dans la bouche du président Chavez. Ce qui était une hypothèse de travail devenait alors une position gouvernementale. Certains de ces journaux sont allés plus loin encore en inventant de toutes pièces le contexte dans lequel le président vénézuélien se serait exprimé, de manière à conclure que le le président et son auditoire sont atteints de délire anti-américain aigu, et que le Réseau Voltaire participe de la même pathologie.

Ne nous laissons pas intimider par cette manipulation et approfondissons cette hypothèse.

Que savons nous de l’arme sismique aujourd’hui ?

Durant la Seconde Guerre mondiale des chercheurs néo-zélandais ont tenté d’élaborer une machine à provoquer des tsunamis qui puisse être utilisée contre le Japon. Les travaux furent dirigés par l’Australien Thomas Leech de l’université d’Auckland, sous le nom de code « Projet Seal ». Plusieurs expériences à petite échelle furent réalisées, en 1944-1945, à Whangaparaoa. Elles furent couronnées de succès.

Les Etats-Unis considéraient ce programme comme aussi prometteur que le « projet Manhattan » de fabrication d’une bombe atomique. Ils désignèrent le docteur Karl T. Compton pour faire la liaison entre les deux unités de recherche. Compton était le président du MIT. Il avait déjà recruté de nombreux savants pour l’effort de guerre et il était l’une des huit personnes chargées de conseiller de président Truman sur l’usage de la bombe atomique. Il pensait que celle-ci pouvait fournir l’énergie nécessaire à l’équipe de Leech pour provoquer de plus vastes tsunamis.

Les travaux de Thomas Leech furent poursuivis durant la Guerre froide. En 1947, George VI éleva le savant à la dignité de Chevalier de l’Empire britannique pour le récompenser d’avoir élaboré une arme nouvelle. Le Projet Seal étant toujours un secret militaire, il ne fut pas révélé à l’époque qu’il était honoré pour la bombe à tsunami. Par la suite, les services US se sont appliqués à faire croire que ces recherches n’avaient jamais existé et que tout cela n’était qu’un leurre pour impressionner les Soviétiques. Cependant, l’authenticité des essais de Leech a été établie, en 1999, lorsque une partie de la documentation a été déclassifiée par le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères. Officiellement les études ont repris aujourd’hui à l’université de Waikato. [2]

On ignore si les recherches anglo-saxonnes ont été poursuivies durant les années 60, mais elles ont repris par la force des choses lorsqu’il fut décidé de procéder à l’abandon des tests nucléaires dans l’atmosphère au profit de tests sous-marins. Les Etats-Unis craignaient de provoquer involontairement des tremblements de terre et des tsunamis. Ils voulaient donc savoir le faire volontairement.

Officiellement, à la fin de la guerre du Vietnam, les Etats-Unis et l’Union soviétique ont renoncé aux guerres environnementales (tremblements de terre, tsunamis, bouleversement de l’équilibre écologique d’une région, modifications des conditions atmosphériques -nuages, précipitations, cyclones et tornades-, modification des conditions climatiques, des courants océaniques, de l’état de la couche d’ozone ou de l’ionosphère) en signant la « Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles » (1976).

Toutefois, à partir de 1975, l’URSS a ouvert de nouvelles recherches de Magnétohydrodynamique (MHD). Il s’agissait d’étudier la croute terrestre et de prévoir les séismes. Les Soviétiques étudièrent la possibilité de provoquer de petits séismes pour en éviter un grand. Ces recherches furent bientôt militarisées. Elles aboutirent à la construction de Pamir, la machine à tremblement de terre.

Lors du démantèlement de l’URSS, des responsables de ce programme décidèrent par appât du gain de passer aux Etats-Unis, mais leur recherche étant inachevée le Pentagone refusa de payer. En 1995, alors que la Russie était gouvernée par Boris Eltsine et l’oligarque Viktor Tchernomyrdine, l’US Air Force recruta les chercheurs et leur laboratoire à Nijni Novgorod. Ils y construisirent une machine beaucoup plus puissante, Pamir 3, qui fut testée avec succès. Le Pentagone achèta alors les hommes et le matériel et les transporta aux USA, où ils furent intégrés au programme HAARP.


Machine a tremblement de terre !
envoyé par lorelianeGTQ. – Plus de vidéos de blogueurs.

Extrait d’un documentaire de National Geographic (2005).
Cliquer ici si le vidéo ne s’affiche pas

De possibles usages de l’arme sismique ont été évoqués au cours des dernières années, notamment en Algérie et en Turquie. Toutefois, le cas le plus discuté est celui du séisme du Sichuan (Chine), le 12 mai 2008. Durant les 30 minutes précédant le tremblement de terre, les habitants de la région ont observé d’inhabituelles couleurs dans le ciel. Si certains voient dans ces événements des signes du Ciel retirant sa confiance au Parti communiste, d’autres les interprètent de manière plus rationnelle. L’énergie utilisée pour provoquer le séisme aurait également provoqué des perturbations de l’ionosphère. Dans les mois qui suivent, le web et les médias chinois diffusent et discutent cette hypothèse aujourd’hui considérée comme certaine par l’opinion publique chinoise.


30 mins before the 2008 Sichuan earthquake in China
envoyé par personne44. – L’info video en direct.

Cliquer ici si le vidéo ne s’affiche pas

Retour à Haïti

Rien ne distingue un séisme provoqué d’un séisme naturel, cependant on ne sait provoquer que des séismes superficiels, comme celui d’Haïti.

Ce qui suscite le trouble, c’est que la réaction des Etats-Unis. Alors que les médias atlantistes se contentent de relayer la polémique sur les violations de la souveraineté haïtienne, les médias latinos-américains s’interrogent sur la rapidité du déploiement des GI’s : dès le premier jour, plus de 10 000 soldats et contractants sont arrivés à Haïti. Cet exploit logistique s’explique simplement. Ces hommes étaient déjà pré-positionnés dans le cadre d’un entraînement militaire. Sous l’autorité du commandant en second du SouthCom, le général P. K. Keen, ils participaient à la simulation d’une opération humanitaire, à Haïti, après un ouragan. Keen et son équipe étaient arrivés quelques jours auparavant. Au moment précis du tremblement de terre, ils se trouvaient tous à l’abri, à l’ambassade US qui est construite selon les normes anti-sismiques, à l’exception de deux hommes qui se trouvaient à l’hôtel Montana et qui auraient été blessés.

Le général Keen a donné de nombreuses interviews à la presse états-unienne, qui a multiplié les reportages et émissions à propos des opérations de secours. Il a souvent fait mention de sa présence à Port-au-Prince durant le séisme, mais jamais des motifs de cette présence.

Parmi les objectifs de l’exercice militaire figurait le test d’un nouveau logiciel permettant de coordonner les efforts humanitaires des ONG et des armées. Dans les minutes qui ont suivi la catastrophe, ce logiciel a été mis en ligne et 280 ONG s’y sont inscrites.

Il est légitime de se demander si ces coïncidences sont ou non l’effet du hasard.

Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

Sources

[1] « Les Etats Unis ont-ils provoqué le tremblement de terre à Haiti ? », Réseau Voltaire, 22 janvier 2010.

[2] « Tsunami bomb NZ’s devastating war secret » et « Devastating tsunami bomb viable, say experts », par Eugene Bingham, New Zealand Herald, 25 et 28 septembre 1999. « Experimental bomb to create huge tidal wave was tested in 1944 » par Kathy Marks, The Independent, 27 septembre 1999.

Haïti: Les divagations de Chavez

Dimanche 24 janvier 2010

Haïti: Les divagations de Chavez

© Le JDD

Pas à une provocation près, le sulfureux président vénézuélien, Hugo Chavez, affirme que le tremblement de terre en Haïti a été provoqué par la marine américaine qui testait une « arme sismique » en mer des Caraïbes.

Hugo Chavez ne recule devant rien. Pourfendeur de « l’impérialisme américain » aussi notoire qu’obstiné, le chef de l’Etat vénézuélien est allé très loin dans la provocation ces derniers jours en attribuant aux Etats-Unis la responsabilité directe du tremblement de terre qui a ravagé Haïti le 12 janvier dernier. Selon le leader populiste, citant des informations en provenance de la déliquescente « flotte russe du Nord » (*), l’US Navy aurait provoqué le séisme en testant en mer des Caraïbes une arme d’un type tout particulier. Il s’agirait en effet de missiles dits sismiques, fonctionnant grâce à des « générateurs impulsionnels à plasma ». Toujours selon le maître de Caracas, le but final de ces expérimentations, qui auraient été initiées par l’armée américaine dans les années 1990 sous le sigle HAARP (pour High Frequency Active Auroral Research Project), serait de « détruire l’Iran grâce à une série de séismes ».

Internet se régale

A la tribune, devant un parterre de militaires et dans des propos relayés par la télévision publique ViveTV, Hugo Chavez a étayé sa démonstration en affirmant que « la semaine dernière, les tests américains ont provoqué un séisme de magnitude 6,5 sur l’échelle de Richter dans la ville d’Eurêka, en Californie, sans faire de victimes ». En revanche, la même expérimentation en mer des Caraïbes a, elle « causé la mort d’au moins 140 000 innocents ». Effet voulu de ces opérations militaires, a continué Chavez, le séisme ainsi provoqué a fourni à Washington l’occasion « d’entamer son invasion humanitaire en envoyant au moins 10 000 soldats pour contrôler, en lieu et place de l’ONU, le territoire haïtien ». Difficile à croire? Visiblement pas pour le leader vénézuélien qui en veut pour preuve la présence en Haïti, avant la catastrophe, du général P. K. Keen, très haut gradé de la Navy, chargé « de superviser les opérations de secours prévisibles ».

Celui qui déconseille à ses concitoyens de chanter sous la douche – pour économiser l’eau – ou qui leur recommande de ne pas acheter des cadeaux de Noël aux enfants – pour endiguer « la folie consommatrice »- n’en est donc pas à une élucubration près. Cette dernière sortie d’Hugo Chavez pourrait même prêter à sourire si le peuple haïtien n’était pas confronté à un drame aussi épouvantable (selon le dernier bilan officiel, plus de 75 000 personnes ont trouvé la mort dans le tremblement de terre). Il n’en reste pas moins que les déclarations du président vénézuélien ont, en quelques heures, fait le tour du net. Et les sites s’intéressant aux conspirations et autres théories du complot – dont celui du Réseau Voltaire, mouvement fondé par le sulfureux Thierry Meyssan et dissous en 2007 – n’ont bien évidemment pas manqué de faire leurs choux gras de ces nouvelles divagations chavistes.

(*) Fleuron de la marine soviétique en son temps, la flotte russe du Nord, stationnée en mer de Barents, représente un aujourd’hui un véritable danger en raison de sa forte concentration en bâtiments nucléaires souvent désaffectés, mais pas toujours désarmés, ni démantelés. En outre, mais seulement selon Hugo Chavez, « la flotte russe du Nord observe les mouvements et activités navales des Etats-Unis dans les Caraïbes depuis 2008″.

L’urgence d’un nouvel ordre mondial

Mercredi 20 janvier 2010

L’urgence d’un nouvel ordre mondial

© L’humanité PAR JACQUES FATH, RESPONSABLE DES RELATIONS INTERNATIONALES DU PCF.

En quoi le drame d’haïti illustre-T-il les désastres de la mondialisation capitaliste ?

L’épisode d’un avion français, porteur d’un hôpital de campagne, interdit à plusieurs reprises d’atterrir à Port-au-Prince par décision américaine, n’est pas que lamentable et scandaleux. C’est l’expression d’une indécente rivalité de puissances.

Les États-Unis et la France veulent faire la démonstration de leur engagement humanitaire, de leur influence et de leur capacité à agir… Washington, aujourd’hui comme hier – en Haïti comme ailleurs –, impose son leadership, ses intérêts et sa stratégie. L’ONU est mise à l’écart. L’UE peine à exister.

Haïti est à la fois membre de l’Organisation de la francophonie et membre de l’Organisation des États américains. Les diasporas haïtiennes sont importantes en France et aux États-Unis. C’est le fruit d’une longue histoire des dominations qui ont marqué ce pays au cours des siècles, jusqu’aujourd’hui : conquête coloniale, esclavage, massacre des Amérindiens, pillage, ingérence et occupations militaires, étranglement financier, privatisations, libéralisation… Washington et Paris y ont conduit le même type de politique. Les États-Unis et la France n’ont cessé de contribuer à déstructurer ce pays en le soumettant à l’ajustement structurel sous condition du FMI. Au point où, en 2008, la dette publique haïtienne représentait plus de 38 % du PIB !

Bien sûr, il y eut un « traitement » de la dette avec remises partielles, restructurations, rééchelonnements… Mais il s’agissait de « rétablir l’objectif de soutenabilité » de cette dette dont le service avait plus que doublé entre 1996 et 2003. En fait, la pression extérieure sur ce pays n’a jamais cessé. On lui a juste maintenu la tête hors de l’eau… en le tenant fermement par les cheveux. Et chaque fois qu’un événement imprévu survient, c’est le désastre, la noyade et l’effondrement. Ce fut le cas en 2008 avec trois ouragans et une tempête tropicale qui ont fait reculer l’économie haïtienne de 15 %. En avril 2009, face au désarroi d’un pays accablé, une conférence des donateurs à Washington avait promis 324 millions de dollars. Cinq mois après, presque rien n’avait été versé… Criminelle désinvolture !

Haïti a ainsi du mal à survivre au cumul d’une histoire implacable, d’une pauvreté écrasante, d’une suite brutale de chocs externes, des promesses non tenues, des effets de la crise mondiale avec le ralentissement général de l’économie, l’augmentation des prix mondiaux de l’alimentation et de l’énergie, la stagnation des envois de fonds de l’immigration… Il n’y a pas de malédiction.

En octobre 2008, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, survolant les Gonaïves en hélicoptère, s’alarmait : « J’ai le sentiment qu’Haïti est à la croisée des chemins. Tout peut basculer dans un sens ou dans un autre. »

Et voilà qu’effectivement tout bascule. Dans l’horreur. Les larmes de crocodile coulent… tandis que les ONG humanitaires font, heureusement, un boulot formidable. Après l’urgence et l’émotion, il faudra bien pointer sérieusement les vraies responsabilités. Et dès aujourd’hui exiger l’annulation de toute la dette haïtienne. Nous n’avions pas besoin d’un tel désastre pour redire avec force qu’il faut changer les règles des relations internationales et du capitalisme et rappeler le besoin d’un nouvel ordre international. Mais Haïti est effectivement un terrible rappel à l’ordre, à un autre ordre.