Archive pour la catégorie ‘Grand collisionneur de hadrons (LHC)’

«La partie la plus difficile, nous l’avons bien faite»

Lundi 8 mars 2010

«La partie la plus difficile, nous l’avons bien faite»

© 24 Heures

CERN | A l’heure où l’accélérateur du CERN reprend du faisceau, Lucio Rossi, responsable des aimants, revient sur l’accident de septembre 2008 et la complexité de la machine.


© PIERRE ABENSUR | «On ne peut pas se passer du facteur humain, celui à qui l’on doit cette machine, mais il nous rappelle nos limites.»

ANNE-MURIEL BROUET | 05.03.2010 | 00:01

«L’important n’est pas de se tromper mais de s’améliorer.» C’est Lucio Rossi, en charge des aimants, supraconducteurs et cryostats au CERN (Organisation européenne de recherche nucléaire) qui le dit. Autant dire qu’il assume pleinement la responsabilité de l’incident qui a fortement endommagé le nouvel accélérateur en septembre 2008.

A l’heure où le Grand Collisionneur de hadrons (LHC) repart, le scientifique explique l’intérêt de comprendre la chaîne d’erreurs qui a mené à l’accident technique (lire 24?heures du 3 mars).

– Quinze mois d’arrêt pour un problème de soudure sur une des machines les plus complexes du monde, c’est idiot, non?
– Nous avons eu une défaillance sur la partie «système». Cela démontre que nous avons maîtrisé les aspects les plus complexes: supraconductivité, cryogénique, accélération, radiofréquences, aimants… Le problème a eu lieu sur la partie relativement low-tech, celle qui dépendait de la main-d’œuvre. C’est bizarre, mais ce n’est pas anormal. Dans des grands projets, l’attention est mise avant tout sur la partie high-tech et les composants.

– Le travail a-t-il été mal fait?
– Il y a eu des failles dans l’exécution. Bien entendu, je ne vais pas chercher l’ouvrier qui l’a faite. Nous nous rendons totalement responsables. Nous étions là pour contrôler.

Nous ne sommes pas des robots, les machines sont faites par des hommes et des femmes. On ne peut pas se passer du facteur humain, celui à qui l’on doit cette machine, mais il nous rappelle nos limites.

– Vous dites qu’il y a aussi un problème de conception.
– Si tout avait été bien fait, le design aurait été parfait. Mais nous n’avions aucune latitude pour l’erreur. Nous devions faire 10?000 connexions de ce type en un an et demi. Or nous n’avons pas tenu compte du fait que l’on ne peut pas tout réussir parfaitement.

De plus, en étudiant cette erreur singulière, on a compris une faiblesse diffuse de la machine qui aurait pu se manifester plus tard: le système de connexion des câbles supraconducteurs entre les aimants. Lors de la conception, nous avons privilégié un système de soudure qui tenait compte de nos contraintes: être compact, pas d’obstacles au flux d’hélium, l’intégration avec le système déjà existant.

– N’aviez-vous pas anticipé un tel accident?
– Dans nos prévisions d’accident, on n’a jamais pensé à un problème de connexion entre les aimants. Il n’empêche qu’en un an, on l’a réparé. On a même fait davantage. Le fait que le LHC marche aujourd’hui, qu’il a repris, qu’il détient le record du monde d’énergie et que dans deux semaines en principe auront lieu les premières collisions, tout cela démontre le succès. D’autant plus que le LHC est son propre prototype!

– L’aspect financier a-t-il compté?
– Le CERN est grand et a la chance d’avoir beaucoup de ressources. Il n’empêche qu’à un certain moment, peut-être entre 1998 et 2005, le projet a souffert d’un manque de personnel, surtout qualifié. Beaucoup de choses ont eu lieu en même temps. Le problème n’est pas facile à gérer, y compris du point de vue humain, car tantôt nous avons besoin de beaucoup de personnel et puis, soudain, de beaucoup moins. Le CERN n’est pas le seul à souffrir de cela: quel projet n’a pas aujourd’hui des ressources limitées?

Et pourtant! C’était un miracle d’être prêts en septembre 2008 avec un surcoût – par rapport à la première estimation de 1993 – de seulement 15-20%!

– Quelles réparations vont être effectuées?
– Nous avons cherché la solution la moins invasive possible mais qui assure la fiabilité de la machine. La faiblesse des connexions est due à un manque d’étain dans l’alliage étain-argent qui emprisonne les câbles dans la soudure. Nous allons donc remédier à cela. Nous voulons aussi ajouter une bande de cuivre latérale sur la connexion car même si la soudure n’est pas parfaite, le cuivre fait le pont et connecte. Nous mettrons aussi une pince mécanique verticale pour soutenir la connexion. Il est prévu d’arrêter le LHC à l’automne 2011 pour effectuer ces travaux qui dureront environ un an.

– Pourquoi avoir publié un article scientifique sur le sujet?
– Je voulais donner un retour à la communauté scientifique. C’est bien de souligner les aspects positifs d’un projet, mais il faut aussi donner les retours d’expérience. Ce que j’ai écrit est sans doute discutable. L’important est de le discuter.

Le LHC « saboté depuis le futur »

Mardi 20 octobre 2009

Le LHC « saboté depuis le futur »

© 7sur7

L’accélérateur géant de particules (« LHC », pour Large Hadron Collider, « grand collisionneur de hadrons ») du Centre européen de recherche nucléaire (CERN), à Genève, qui doit permettre des avancées dans notre compréhension de la structure de la matière et de l’univers, serait victime de son destin, autrement dit d’un « sabotage » organisé depuis le futur pour sauver le monde, selon une étrange théorie digne de la science-fiction avancée par le Dr Holger Bech Nielsen, du Niels Bohr Institute de Copenhague, et le Dr Masao Ninomiya, du Yukawa Institute for Theoretical Physics de Kyoto.

Les deux scientifiques affirment que la nature imposera des répercussions à rebrousse-temps afin de stopper le LHC avant qu’il puisse permettre de trouver le boson de Higgs, pierre manquante à la théorie du Modèle Standard qui explique depuis 40 ans la composition de la matière ordinaire. Elle agirait tel un voyageur dans le temps qui remonte le temps pour aller tuer son grand-père.

Bien qu’il soit paradoxal de remonter le temps pour tuer son grand-père, les physiciens sont d’accord pour dire qu’il n’y a pas de paradoxe à aller l’empêcher d’être renversé par un bus, ce qui serait plus proche de la situation du LHC, écrit en substance le New York Times, qui précise que l’importance de la catastrophe que pourrait engendrer la découverte du boson de Higgs n’est pas clairement définie.

Après une panne de plus d’un an survenue quelques jours après sa mise en service en septembre dernier, le grand collisionneur de hadrons devrait redémarrer mi-novembre. Les travaux de réparation ont coûté quelque 23 millions d’euros. (7sur7)

L’accélérateur du CERN devrait redémarrer au printemps 2009

Mercredi 24 septembre 2008

L’accélérateur du CERN devrait redémarrer au printemps 2009

© Reuters – Mardi 23 septembre

GENEVE (Reuters) – L’accélérateur de particules géant du Cern (Organisation européenne de recherche nucléaire), arrêté ce week-end à  la suite d’un incident technique, ne redémarrera pas avant le printemps 2009, a annoncé mardi le Cern.

Une importante fuite d’hélium dans le tunnel abritant l’accélérateur a contraint le Cern a arrêter l’accélérateur samedi, dix jours après sa mise en service.

Robert Aymar, directeur général du Cern, a déclaré qu’il s’agissait d’un revers psychologique après le succès du lancement de l’accélérateur, mais il s’est dit convaincu que ce revers serait surmonté.

La cause la plus probable de la fuite d’hélium dans le tunnel de 27 km du « grand collisionneur de hadrons » (LHC) serait un problème électrique entre deux aimants géants, a indiqué le Cern.

Pour bien déterminer les causes de la fuite, les chercheurs devront ramener des sections du tunnel de moins 271,3 degrés à  une température ambiante et ouvrir les aimants pour les inspecter, un processus qui prend de trois à  quatre semaines.

L’enquête et les réparations, suivies par la période de maintenance d’hiver, devraient repousser le redémarrage de l’accélérateur au début du printemps 2009, a indiqué le Cern.

Jonathan Lynn, version française Nicole Dupont

Débuts houleux pour l’accélérateur géant de particules déjà  arrêté

Mardi 23 septembre 2008

Débuts houleux pour l’accélérateur géant de particules déjà  arrêté

© AFP

GENEVE (AFP) – Lancé en fanfare il y a une dizaine de jours, le plus puissant accélérateur de particules au monde, victime de deux pannes successives, ne sera pas opérationnel pour son inauguration officielle, prévue pour le 21 octobre prochain.

Le Grand collisionneur de hadrons (LHC), l’instrument de physique le plus grand et le plus précis au monde grâce auquel les scientifiques espèrent mieux décrypter le Big Bang, a été arrêté pour au moins deux mois ce week-end, après sa deuxième panne en dix jours.

Le premier incident est survenu moins de 48 heures après son démarrage le 10 septembre.

C’est un transformateur électrique de 30 tonnes qui est tombé en panne, altérant l’alimentation d’une partie du circuit de 27 km enfoui à  100 mètres sous terre, a reconnu l’Organisation européenne de recherche nucléaire (Cern) qui l’exploite.

L’incident est considéré comme mineur mais pour changer le transformateur, il faut réchauffer puis refroidir la machine à  271°C, un processus très long, a mis en avant le Cern. Jeudi, après une semaine, la machine a pu être remise en route.

Mais vendredi déjà , nouvel incident. Alors que les chercheurs s’apprêtent à  tester la puissance du circuit dans lequel des protons doivent se percuter afin de faire jaillir des particules élémentaires jamais observées, une importante fuite d’helium est détectée.

Selon les premières investigations, cette fuite pourrait avoir été occasionnée par un problème de connexion électrique entraînant la fonte de deux aimants supraconducteurs, a expliqué samedi le Cern. Cette fois, le problème est plus préoccupant.

Les opérations ont ainsi été interrompues pour « au moins deux mois », a précisé lundi le porte-parole du Cern, James Gillies, le « temps minimum nécessaire pour réchauffer et refroidir à  nouveau le supraconducteur ».

Quant aux réparations, « l’enquête en cours devrait permettre dans les jours qui viennent de mieux comprendre ce qui s’est passé », selon M. Gillies.

Malgré ces débuts difficiles, les scientifiques se veulent rassurants. Les deux incidents n’ont « rien à  voir l’un avec l’autre », a insisté M. Gillies pour qui il est « normal de rencontrer des problèmes au début ».

Il est vrai que le LHC est une des machines les plus complexes et les plus précises au monde dont la construction a pris plus de douze ans, pour un montant de 3,76 milliards d’euros, mobilisant des milliers de physiciens et d’ingénieurs du monde entier.

Ses objectifs sont à  la hauteur de sa complexité: mener à  bien quatre expériences dont l’une doit recréer, durant une fraction de microseconde, les conditions qui prévalaient dans l’univers juste après le Big Bang, avant que les particules élémentaires ne s’associent pour former les noyaux d’atomes.

« Il a fallu vingt ans pour la concevoir et la lancer, ce n’est pas deux mois qui vont changer quelque chose », commente un physicien de l’organisation, sous couvert de l’anonymat.

Le problème « a l’air plus grave qu’il n’est réellement » en raison du temps nécessaire pour réchauffer puis remettre près du degré absolu le circuit, explique-t-il.

« Gérer un tel appareil est aussi compliqué que procéder au lancement d’une navette spatiale, on ne peut s’attendre à  ce que tout fonctionne parfaitement du premier coup », tempère également un ancien chercheur du Cern.

« Le Fermilab de Chicago (qui gère le Tevatron, accélérateur de particules américain, ndlr) a mis trois ans pour fonctionner normalement alors que c’est une machine bien plus simple », ajoute-t-il.

Cern : l’accélérateur géant de particules à  l’arrêt pour deux mois

Samedi 20 septembre 2008

Cern : l’accélérateur géant de particules à  l’arrêt pour deux mois

© AFP

GENEVE (AFP) €” L’accélérateur de particules géant de l’Organisation européenne de recherche nucléaire (Cern) est à  l’arrêt pour deux mois, a annoncé samedi un porte-parole du Cern.

« Il y a eu un incident lors d’un test. Un élément de la machine devra être réparé », a déclaré le porte-parole James Gillies à  l’AFP.

Selon un communiqué du Cern publié samedi, le problème vient d’une importante fuite d’helium survenue dans le tunnel vendredi en milieu de journée.

Selon les premières investigations, cette fuite pourrait avoir été occasionnée par un problème de connexion électrique qui a entraîné la fonte de deux aimants.

Cet incident, a précisé le Cern, n’a aucune conséquence sur la sécurité du personnel.

Le Grand collisionneur de hadrons (LHC), l’instrument de physique le plus grand du monde, avait été arrêté une première fois quelques jours après son lancement, le 10 septembre, en raison d’un problème électrique affectant le système de refroidissement du circuit de 27 km enfoui à  100 mètres sous terre.

Il a été remis en route vendredi, avant d’être de nouveau arrêté.

Le projet de 3,76 milliards d’euros remonte à  1983 pour sa conception et à  1996 pour le début des travaux. Il a mobilisé des milliers de physiciens et d’ingénieurs du monde entier.

Le LHC doit faire se fracasser des protons circulant en sens inverse, faisant jaillir des particules élémentaires encore jamais observées.

Il doit recréer, durant une fraction de microseconde, les conditions qui prévalaient dans l’univers juste après le Big Bang, avant que les particules élémentaires ne s’associent pour former les noyaux d’atomes.

CERN: mise en service le 10 septembre de l’accélérateur géant de particules

Mercredi 27 août 2008

CERN: mise en service le 10 septembre de l’accélérateur géant de particules

© AFP

cern

GENEVE (AFP) €” Le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) a annoncé jeudi qu’il mettra en service son accélérateur de particules géant, le Grand collisionneur de hadrons (LHC), le 10 septembre.

Le premier faisceau de particules devrait ainsi circuler dans l’anneau souterrain de 27 km avec près d’une année de retard sur le calendrier prévu.

« C’est un marathon qui se termine par un sprint », a commenté le chef du projet du LHC Lyn Evans dans un communiqué. « Cela a été un long chemin et nous sommes tous très désireux que le programme de recherche commence », a-t-il ajouté.

La construction de l’équipement géant a commencé en 2003 et ce n’est qu’à  la fin juillet 2008 que l’installation a été refroidie à  -271 degrés, une température toute proche du zéro absolu (-273) pour permettre la mise en service des aimants supraconducteurs qui jalonnent l’anneau du LHC.

Les chercheurs du CERN doivent à  présent procéder aux réglages et aux essais qui leur permettront de propulser un faisceau de particules à  99,9999% de la vitesse de la lumière.

Grâce au Grand collisionneur de hadrons, les scientifiques espèrent trouver le boson de Higgs, une particule instable qualifiée de « divine » car beaucoup de chercheurs l’ont étudiée sans que personne ne l’ait vue. Le boson de Higgs permettrait d’expliquer l’origine de la masse et pourquoi certaines particules en sont bizarrement dépourvues. Le Cern est sous pression pour trouver le « Higgs » avant les Américains du Tevatron de Chicago.

Le LHC a également pour mission d’explorer la supersymétrie, un concept permettant d’expliquer l’une des découvertes les plus étranges des dernières années, à  savoir que la matière visible ne représente que 4% de l’univers. La matière noire (23%) et l’énergie noire (73%) se partagent le reste.

Les chercheurs du CERN veulent également étudier le mystère de la matière et de l’anti-matière.

Enfin, ils veulent recréer les conditions qui prévalaient dans l’univers dans les millièmes de secondes qui ont immédiatement suivi le big bang.

Le CERN, premier laboratoire de recherche au monde pour la physique des particules, est un organisme international fondé en 1954 par 12 pays européens.

La fin du monde partira-t-elle de Suisse ?

Mercredi 27 août 2008

La fin du monde partira-t-elle de Suisse ?

© Nouvel Obs

Le 10 septembre, le Cern doit mettre en service son « Grand collisionneur de hadrons » LHC, un accélérateur de particules géant.

Le Cern, premier laboratoire de recherche au monde pour la physique des particules basé près de Genève, pourrait-il déclencher l’apocalypse ? Presque dix ans après le lamentable échec des prophéties de Paco Rabanne, le spectre de la fin du monde a en tous cas encore de beaux jours devant lui. Et cette fois, il ne s’agit pas des prévisions d’illuminés mais d’un projet scientifique tous ce qu’il y a plus de sérieux qui alimente les inquiétudes.
Le Cern doit en effet mettre en service le 10 septembre son tout nouveau Grand collisionneur de hadrons (LHC), un accélérateur de particules géant permettant de propulser un faisceau de particules à  99,9999% de la vitesse de la lumière dans un anneau de 27km refroidi à  -271 degrés, une température toute proche du zéro absolu (-273).
Le LHC pourrait permettre d’enfin étudier le boson de Higgs, une particule instable qualifiée de « divine » car aucun chercheur n’a encore pu l’observer, d’expliquer le fait que la matière visible ne représente que 4% de l’univers (le reste étant composé de matière noire à  23% et d’énergie noire à  73%) ou encore d’élucider le mystère de la matière et de l’anti-matière. Le LHC pourrait ainsi permettre aux chercheurs de recréer les conditions dans lesquels notre univers se trouvait quelques millièmes de secondes après le big bang.
Mais voilà , depuis quelques mois, une terrible rumeur court sur internet : ce fabuleux LHC pourrait créer de mini-trous noirs incontrôlables qui engloutiraient la terre en quelques minutes. A l’origine de cette prévision, se trouvent deux personnes, l’Américain Walter Wagner et l’Espagnol Luis Sancho, qui se sont lancés dans une véritable campagne afin de demander l’abandon du projet, déposant même une plainte devant un juge d’Honolulu à  Hawaï.
Même si les théories de Wagner et Sancho trouvent assez peu d’écho dans le milieu scientifique, leur campagne a réussi à  mobiliser assez de personnes, dont de nombreux « prophètes » affirmant que Nostradamus avait prévu que la fin du monde serait provoqué par le LHC, pour obliger le Cern à  réagir. Le centre vient ainsi de publier un rapport afin de dissiper une bonne fois pour toutes les craintes d’une apocalypse venue de Suisse.

- Des internautes ont réalisé une petite animation simulant la création d’un trou noir par le Cern

- Une autre vidéo affirmant que Nostradamus avait annoncé le LHC

- En bonus, pour mieux comprendre le fonctionnement du LHC, voici le « Rap du LHC »

CERN – la physique des particules piégée par l’OTAN

Jeudi 14 août 2008

CERN – la physique des particules piégée par l’OTAN

© Mondialisation.ca

En publiant une adaptation de l’article de l’historien John Krige sur l’origine du CERN, La Recherche d’octobre 2004 (no 379; p. 64–69) a eu le grand mérite de dépasser les légendes qui circulent à  ce propos, et ainsi d’ouvrir le débat sur les vraies fonctions du CERN, qui comme pour toute organisation internationale, sont avant tout politiques.

En tant que participant actif, ou (et) observateur attentif, du dévelopment du CERN et de la physique des hautes énergies durant ces trentes dernières années, nous voudrions faire quelques commentaires, notamment en nous référant à  l’original: «I.I. Rabi et la naissance du CERN» (Physics Today, September 2004, p. 44–48)1.

D’abord le titre, devenu: «CERN l’atome piégé par le plan Marshall». En effet, si les idées à  l’origine du CERN en 1954 remontent au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sa création proprement dite a beaucoup moins à  voir avec le plan Marshall (1948–1952) qu’avec l’initiative «Atomes pour la Paix» de l’Administration Eisenhower en 1953. En effet, comme l’ont montré les politologues2, cette démarche américaine de déclassement d’une partie des secrets de la fission nucléaire était avant tout une intiative de politique étrangère, tout comme la création du CERN, ainsi que le démontre John Krige.

De fait, l’initiative «Atomes pour la Paix» a été suivie en 1957 par une initative soviétique dont on parle peu, une démarche similaire de déclassement d’une partie des secrets de la fusion thermonucléaire, initiative rapidement récupérée par les Américains en 19583. Il en a résulté que la Grande Bretagne, suivie par d’autres Etats, se sont rapidement engagés dans des programmes nationaux, ce qui explique en partie pourquoi aujourd’hui encore l’effort international pour la fusion thermonucléaire n’est pas comparable à  celui de la recherche centralisée en physique des hautes énergies, dont le CERN est le prototype.

Ainsi, l’épisode relaté par John Krige démontre, documents officiels à  l’appui, que la création du CERN s’inscrit dans une dynamique où les trois axes scientifico-technologiques du nucléaire (la fission, la fusion, et l’accélération des particles – voir La Recherche no 124, juillet/aoùt 1981, p. 866–868) ont été autant que possible endigués, neutralisés, «piégés» voire même «pillés» par la politique étrangère américaine. En fait, ces conclusions étaient déjà  les nôtres quand nous avons publié «La Quadrature du CERN» en 1984 (voir La Recherche no 165, avril 1985, p. 506)4. Mais nous ne savions pas alors que François de Rose, considéré comme l’un des fondateurs du CERN (dont il a présidé le Conseil de 1959 à  1962), avait écrit en tant qu’ancien Représentant permanent auprès du Conseil atlantique, dans la Revue de l’OTAN d’octobre 1978, pages 16–20 et 26–30, un article sur la politique scientifique de l’OTAN où le CERN était montré en exemple, et dont les conclusions vont largement dans le sens de celles de John Krige ou des nôtres. En particulier, dans une perpective de complémentarité atlantiste, où domine la vision d’une Amérique plus «apte» à  «assimiler et utiliser les développements scientifiques et techniques», donc mieux «disposée» que l’Europe «à  accueillir les innovations et les progrès», François de Rose rappelle qu’il aurait été «dommageable pour l’Amérique elle-même» de ne pas avoir un accès direct «aux découvertes de base, aux enseignements et aux travaux accomplis en Europe»5.

C’est ainsi que, bien que ne faisant pas partie de l’Organisation, les Etats-Unis ont toujours eu un accès privilégié aux résultats scientifiques et technologiques du CERN. Ceci est illustré par le fait que des expériences cruciales pour le développement des armes à  faisceaux de particules ont pu être faites sans difficultés au CERN au début des années 19806, et qu’en ce moment même des scientifiques américains travaillant sous contrat Défense participent à  des expérience sur l’antimatière7, alors qu’il est explicitement reconnu que ce genre de collaboration permet aux USA de faire l’économie de la construction d’installations similaires sur leur propre territoire, voir La Recherche de novembre 1986 (no 182; p. 1440–1443)8.

Mais cela ne veut pas dire que les Européens n’ont pas pu profiter de la «tête de pont» CERN, notamment pour détourner à  leur avantage certains aléas de la démocratie. C’est ainsi que lorsqu’en 1965 des complications politico-administratives ont freiné la livraison d’un super-ordinateur CDC 6600 dont la France avait besoin pour mettre au point sa bombe à  hydrogène9, les scientifiques français ont pu utiliser une machine similaire que le CERN venait de recevoir10 pour apprendre à  s’en servir et commencer à  écrire leurs programmes. En fait, si dans ce cas un Etat européen dont la politique nucléaire indépendantiste inquiétait le Congrès américain a pu bénéficier du CERN, un événement assez semblable s’est produit en 2001 lorsque le CERN a signé un accord de coopération avec l’Iran11, au grand dam de la classe politique américaine.

Pourquoi? Comme nous le confirme John Krige dans son article original, avec référence à  la CIA, le CERN avait aussi été créé à  l’avantage de l’Occident pour que «les scientifiques américains puissent discrètement juger la compétence de leurs collègues soviétiques et d’ailleurs, […] en bref, pour que le CERN puisse constituer une base utile à  l’espionnage scientifique informel»12. C’est ainsi que lorsque les scientifiques et ingénieurs irakiens ont assidùement fréquentés le CERN dans les années 1970, par le biais de collaborations avec des Universités anglaises, il ne fait aucun doute que Washington fut rapidement informé de ce que les Irakiens s’inspiraient de la technologie des accélérateurs pour enrichir de l’uranium à  des fins militaires13. Si on les a laissé faire, pour ensuite prétendre en 1991 que l’on ne savait rien, c’est que la règle de ce jeu là  consistait, et consiste toujours, à  frapper fort au moment où l’autre commettrait une erreur.

C’est ainsi que le CERN, né avec la Guerre froide, continue à  jouer, voir à  étendre, son rôle politique de passage obligé pour tout pays voulant accéder à  la technologie des accélérateurs de particules, que ce soit en raison de leurs applications scientiques, industri­elles, ou militaires. Il n’est donc pas étonnant de constater que depuis qu’ils ont fait des essais nucléaires, l’Inde et le Pakistan sont devenus des partenaires hautement considérés au CERN, comme le démontrent les nombreuses pages consacrées à  ces deux pays dans le Courrier CERN depuis quelques années14.

Que dire alors du CERN à  l’occasion de son 50e anniversaire? Principalement qu’il a largement concrétisé, voir dépassé, les rêves de ses promoteurs – les visionnaires atlantistes tels que Isidor I. Rabi (qui représenta les Etats-Unis auprès du Comité scientifique de l’OTAN), J. Robert Oppenheimer (président de 1946 à  1952 du «GAC», le très influent comité de huit personnes, dont Rabi, conseillers scientifiques et politiques de l’«AEC», la Commission américaine pour l’énergie atomique), François de Rose en France, Edoardo Amaldi en Italie, et beaucoup d’autres15. Il est donc navrant, pour nous qui sommes convaincus que l’Europe a un autre message à  apporter au monde que celui de la puissance, de voir que le CERN piégé dans la dynamique atlantiste, a empêché plutôt que favorisé un véritable processus d’unification européenne centré sur des valeurs morales et scientifiques qui lui seraient propres.

(pour voir les sources/notes, voyez le lien original, mondialisation.ca)

Pourquoi je mets en garde contre les expériences prévues à  l’aide du Grand collisionneur à  hadrons

Mercredi 13 août 2008

Pourquoi je mets en garde contre les expériences prévues à  l’aide du Grand collisionneur à  hadrons

© Alter Info

par Otto E. Rà¶ssler, biochimiste et physicien

Le texte ci-dessous du biochimiste, pionnier de la théorie du chaos et physicien Otto E. Rà¶ssler expose tout d’abord ses inquiétudes à  propos des expériences qui vont être réalisées au CERN. Cette première partie du texte ne sera pas immédiatement accessible à  la plupart des profanes, mais les conclusions de ces réflexions scientifiques le seront et elles sont si importantes que nous tenons à  présenter le texte à  nos lecteurs dans sa totalité. En résumé, il s’agit de ceci: A partir du 1er aoùt, le CERN va procéder à  une série d’expériences permettant très probablement de créer des trous noirs. Deux théories s’opposent à  ce sujet: selon Stephen Hawking, les trous noirs ainsi produits se désintègrent en l’espace de 10-26 secondes. («évaporation des trous noirs»). D’autres scientifiques, notamment Rà¶ssler, craignent que les trous noirs ne se dématérialisent pas mais restent sur terre, se nourrissent d’autres particules de matière (quarks), se développent de manière exponentielle et ne puissent plus être éliminés de l’environnement terrestre. En conséquence, il demande qu’avant le début des expériences, une commission de sécurité scientifique examine attentivement les théories existantes.
C’est un honneur pour moi de pouvoir écrire un article accessible à  tous. Les auditeurs de mon cours sur le chaos et moi-même sommes tombés sur un fait nouveau de la théorie générale de la relativité qui nous distingue de la presque totalité des spécialistes mais n’a jamais été contesté. Nous l’avons exposé en anglais en 1998 sous le titre Gravitational slowing-down of clocks implies proportional size increase (in: A Perspective Look at Nonlinear Media, Lecture Notes in Physics, Springer Verlag, 1998;503:370-372) sans enregistrer de critiques. Ce résultat est la vraie raison de ma mise en garde contre les expériences prévues par le CERN sur des faisceaux protoniques soumis à  des accélérations extrêmes, jamais atteintes jusqu’ici.

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Des trous noirs pour y voir plus clair

Jeudi 3 juillet 2008

Des trous noirs pour y voir plus clair

© Alter Info

Ces jours-ci doit se former à  la frontière franco-suisse un trou noir qui engloutira dans un premier temps toute l’Europe, puis toute la planète. Les prévisions apocalyptiques de ce genre se sont multipliées ces derniers temps, à  l’approche du lancement du nouvel accélérateur de particules LHC (Large Hadron Collider, ou « Grand collisionneur hadronique »). Cet ambitieux projet d’études fondamentales, auquel participent également des chercheurs russes, est lié à  la supraconductivité, à  la physique des particules et à  Dieu sait quoi d’autre. Mais l’information qui a fait le plus de bruit est l’éventualité de l’apparition de trous noirs à  l’intérieur du LHC.

Par Iouri Zaïtsev, de l’Institut d’études spatiales, pour RIA Novosti

Il faut noter que les plus puissantes sources de rayonnement dans l’Univers ne sont pas la conséquence de réactions thermonucléaires ou de processus d’interaction de particules élémentaires. Tout simplement, la matière « tombe » sous l’action d’une force de gravité, en accélérant pour créer d’énormes quantités d’énergie, et c’est cette énergie qui « rayonne ». Cela est lié au fait que l’Univers comporte des corps extrêmement compacts, les trous noirs et les étoiles à  neutrons, autour desquels la force gravitationnelle est très importante. Par exemple, la vitesse de chute d’une particule de matière au moment de son impact sur la surface d’une étoile à  neutrons atteint la moitié de celle de la lumière. Qui plus est, l’énergie dégagée est dix fois plus importante que lors d’une réaction thermonucléaire.

La relativité générale prévoit la naissance de trous noirs dans le cas où l’on a affaire à  de la matière compressée dans un espace sensiblement plus compact que pour les étoiles à  neutrons. Les trous noirs possèdent donc un champ gravitationnel si puissant qu’aussi bien les corps de matière que les rayonnements ne peuvent échapper à  sa force d’attraction. C’est pourquoi il est impossible d’observer directement les trous noirs. Leur identification se fonde sur l’observation de la matière qu’ils engloutissent, par exemple, d’une étoile voisine.

Le gaz qui sort de cette étoile ne « tombe » pas directement dans le trou noir. Dans un premier temps, un disque d’accrétion se forme au tour d’elle, dans lequel la matière tourne pendant un certain temps. En accélérant, elle atteint une vitesse proche de celle de la lumière et commence à  émettre des rayons X d’une énergie ultra puissante, visibles par les appareils d’observation qui se trouvent en orbite.

Parviendra-t-on à  recréer artificiellement dans un accélérateur terrestre ces phénomènes qui ne s’expliquent pour l’instant que théoriquement?

Le LHC, construit à  la frontière entre la France et la Suisse, est un accélérateur-collisionneur circulaire de faisceaux de particules chargées. En une seconde, plus d’un milliard de collisions s’y produiront. L’anneau du LHC a une circonférence de 26,65 km. Cette distance est l’un des facteurs déterminants pour que les particules puissent atteindre une vitesse un peu moins élevée que celle de la lumière et, par conséquent, obtenir des collisions libérant une énergie ultra puissante.

On prévoit de réussir à  obtenir dans le LHC, par des collisions de faisceaux de protons, des énergies de 7 TeV (tera-électrons-volt). Les faisceaux d’électrons et de protons entreront en collision en libérant des énergies allant jusqu’à  1,5 TeV, alors que les faisceaux d’ions lourds, notamment de plomb, permettront d’atteindre une énergie globale supérieure à  1.250 TeV. C’est-à -dire que, au fond, il est question d’une physique des phénomènes totalement nouvelle et, notamment, de la possibilité de confirmer la théorie selon laquelle des trous noirs se formeraient à  des énergies tera-électrons-volt et dans les conditions de la gravitation qui en découle.

Cependant, un certain nombre de scientifiques, avec à  leur suite des représentants de la société civile, ont commencé à  émettre des craintes, affirmant que la modélisation de ces phénomènes dans le LHC présentait un risque, même minime, de réaction en chaîne incontrôlée, qui serait théoriquement capable, dans certaines conditions, de faire disparaître notre planète. Il est vrai que la possibilité de faire apparaître des trous noirs microscopiques capables d’engloutir la matière environnante a fait l’objet de nombreux débats. En mars dernier, une plainte a même été déposée au tribunal fédéral de Hawaï contre le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), responsable de la mise ne oeuvre du projet LHC, accusé de risquer de provoquer la fin du monde. Les plaignants réclament l’interdiction pure et simple de sa mise en exploitation.

Par ailleurs, une découverte clé pour la compréhension de la physique des trous noirs a été faite il y a quelques années: ils se volatilisent invariablement avec le temps. Les plus grands mettent des milliards d’années avant de disparaître, tandis que les plus petits le font presque instantanément, en 10-17 secondes. Ils n’ont par conséquent pas le temps d’engloutir quelque masse significative de matière que ce soit.

De l’avis de nombreux experts, des trous noirs apparaissent également lorsque des rayonnements cosmiques, qui plus est à  des énergies bien plus importantes, bombardent l’atmosphère terrestre, la Lune, ou la surface d’autres planètes. Mais nous ne les remarquons tout simplement pas, en raison de la brièveté du phénomène.

On suppose que dans le LHC des trous noirs apparaîtront environ à  chaque seconde. En se volatilisant, ils laisseront un certain rayonnement, que les appareillages extrêmement sensibles de l’accélérateur de particules pourront détecter. Ils ne représenteront aucun danger, et ce, même en théorie. En revanche, on pourra grâce à  eux mieux comprendre comment interagissent la mécanique quantique et la gravitation, dans la mesure où la volatilisation des trous noirs est un phénomène relatif à  la mécanique quantique.

Le LHC doit littéralement faire crouler les physiciens sous une montagne de nouvelles informations. On estime qu’il faudra l’équivalent de 20 millions de CD pour les stocker, et 70.000 ordinateurs très puissants pour les exploiter. Outre des éclaircissements sur les phénomènes de formation des trous noirs, on attend de ce superaccélérateur qu’il puisse créer des conditions proches de celles de l’Univers dans les milliardièmes de seconde qui ont suivi le Big Bang. Ainsi, on pourra répondre à  de nombreuses questions sur la formation de notre monde, questions qui restent pour l’instant du domaine de la spéculation.

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