Archive pour la catégorie ‘Géorgie’

Géorgie: Sarkozy et l’UE lundi à  Moscou pour tenter de faire plier la Russie

Dimanche 7 septembre 2008

Géorgie: Sarkozy et l’UE lundi à  Moscou pour tenter de faire plier la Russie

© AFP

sarkozy georgie

PARIS (AFP) – Un mois après y avoir négocié un cessez-le-feu, Nicolas Sarkozy reprend lundi le chemin de Moscou et de Tbilissi pour tenter d’accélérer l’application d’un accord toujours retardée par des Russes décidés à  profiter jusqu’au bout de leur avantage militaire.

Lors de son premier séjour, le chef de l’Etat, président en exercice de l’UE, avait négocié seul et dans l’urgence un texte qui lui a valu les critiques de plusieurs partenaires européens. Il revient en Russie et en Géorgie flanqué du président de la Commission José Manuel Barroso et du diplomate en chef de l’UE Javier Solana, avec un mandat précis et le soutien unanime des 27.

Réunis le 1er septembre à  Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont chargé la « troïka » européenne d’obtenir au plus vite l’application intégrale de l’accord en six points négocié le 12 aoùt, dont les Russes tardent à  respecter plusieurs dispositions.

En retrouvant lundi son homologue russe Dmitri Medvedev, Nicolas Sarkozy espère donc obtenir des « avancées » sur trois points jugés essentiels, selon son entourage.

D’abord le déploiement rapide sur le sol géorgien d’une mission d’observateurs indépendants. A la mission de l’ONU déjà  en Abkhazie et à  celle que l’OSCE souhaite positionner autour de l’Ossétie du Sud, l’UE souhaite ajouter un autre contingent civil à  ses couleurs.

Réunis vendredi et samedi à  Avignon, les chefs des diplomaties européennes ont confirmé cette volonté. Mais, comme l’a souligné Javier Solana, la zone de déploiement de cette mission, et donc son efficacité, devra être discutée lundi avec la Russie.

Le deuxième objectif consiste, selon l’Elysée, à  « obtenir des dates précises, des mécanismes et des engagements de Moscou qui garantissent l’achèvement du retrait » des troupes russes encore présentes sur le sol géorgien, hormis l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.

Moscou affirme avoir retiré du territoire géorgien l’ensemble de ses effectifs, et n’en maintenir dans des zones tampon que conformément au point 5 de l’accord. La France estime à  environ un millier le nombre de soldats russes encore déployés autour de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. « Si on y arrivait dans un délai court (…) ce serait déjà  pas mal », dit-on à  Paris.

Nicolas Sarkozy espère enfin obtenir de Moscou « une date et un lieu » pour engager les discussions prévues au point 6 de l’accord sur « la sécurité et la stabilité » dans les deux républiques séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.

« Ce serait déjà  une satisfaction » de voir les Russes, qui ont reconnu le 26 aoùt l’indépendance de ces territoires au grand dam des Occidentaux, accepter l’ouverture de ces discussions, commente-t-on à  l’Elysée.

Mais la Russie ne semble guère disposée à  faire de concessions, comme le suggère sa réaction à  peine contrariée à  la décision de l’UE de geler les négociations sur leur futur partenariat. Et Moscou invoque maintenant des ambiguïtés de traduction de l’accord pour traîner des pieds.

« Les Russes veulent absolument faire consacrer le rapport de force né de leur intervention. Il ne faut pas être surpris qu’ils ne respectent pas l’accord », juge le chercheur Thomas Gomart, spécialiste de la Russie à  l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Sans vouloir anticiper un échec de la « troïka » européenne, Paris rappelle toutefois que, le cas échéant, les discussions des 27 reprendraient sur une « longue liste » de sanctions possibles, parmi lesquelles une annulation du sommet UE-Russie du 14 novembre.

Après Moscou, MM. Sarkozy, Barroso et Solana rallieront lundi soir Tbilissi pour redire leur soutien au président géorgien Mikheïl Saakachvili. Et lui livrer les résultats très attendus de leur discussion avec Dmitri Medvedev.

Le sommet de l’Union européenne se range du côté de la Géorgie

Vendredi 5 septembre 2008

Le sommet de l’Union européenne se range du côté de la Géorgie

© WSWS

« Des réprimandes envers la Russie, de l’argent pour la Géorgie. » C’est en ces mots que les représentants de l’Union européenne ont décrit le programme du sommet spécial de l’UE tenu le 1er septembre à  Bruxelles sous les auspices de la présidence française de l’UE.

La guerre entre la Russie et la Géorgie, ainsi que les vives tensions entre la Russie, les Etats-Unis et l’Europe, ébranlent les bases mêmes de la politique étrangère européenne et ont scindé en deux l’Union européenne. La gravité de la situation est soulignée par le fait que les 27 dirigeants gouvernementaux de l’UE se sont rencontrés à  un sommet spécial pour la première fois depuis février 2003, au commencement de la guerre en Irak.

Un violent débat public a précédé le sommet, et pas seulement de par l’Europe, mais aussi au sein des diverses factions politiques.

Un groupe d’Etats, dirigé par la Pologne, les pays baltes, la République tchèque, la Grande-Bretagne et la Suède, a appelé à  la confrontation avec Moscou, en collaboration étroite avec Washington. Pour eux, la condamnation de la Russie n’était pas suffisante et ils ont exigé des mesures punitives, telles que l’exclusion de la Russie du G8 et l’arrêt des négociations au sujet d’un partenariat russo-européen, ainsi que l’imposition de restrictions d’immigration sur les citoyens russes.

Un autre groupe, dirigé par l’Allemagne, la France et l’Italie, s’est opposé à  l’imposition de sanctions et a favorisé le dialogue avec Moscou. L’Europe, selon leur argumentation, ne peut empêcher l’intensification et la prolifération géographique du conflit, et défendre ses propres intérêts face à  la Russie et dans la région du Caucase, qu’en maintenant le dialogue avec Moscou.

Le sommet devait remplir deux tâches contradictoires. D’un côté, il devait afficher un consensus afin d’éviter la dislocation supplémentaire de l’UE, qui aurait des conséquences néfastes pour tout le projet de l’Union européenne. De l’autre, il devait résister aux pressions des Etats-Unis et de leurs plus proches alliés européens et empêcher une intensification du conflit avec la Russie, sans provoquer l’opposition de ses membres de l’Europe de l’Est vigoureusement anti-russes.

La signification du sommet spécial de l’UE ne résidait pas dans la critique prévisible de Moscou, a commenté samedi le Süddeutsche Zeitung, « mais plutôt dans son succès à  effacer les divisions intra-européennes et fournir ainsi à  la présidence française de l’UE un appui assez fort pour soutenir des discussions avec Moscou ».

Le même article lance un avertissement face aux conséquences de toute intensification du conflit avec la Russie. « Si cela devient hors de contrôle », écrit l’auteur Martin Winter, « les tensions pourraient alors affecter l’Ukraine et la Moldavie. Si l’Europe et la Russie entrent dans une nouvelle période glaciaire, d’autres éléments seront aussi perturbés à  moyen terme : la gestion des crises régionales et mondiales et la lutte contre le terrorisme deviendront plus difficiles, et cela annoncera une nouvelle course aux armements. Une leçon que l’on doit retenir de la Guerre froide est que l’attitude de confrontation entre l’Europe et la Russie gaspillerait des forces essentielles dans la lutte compétitive mondiale. C’est quelque chose qui n’est ni dans l’intérêt de l’un ou de l’autre. Cela devrait fournir l’élan à  un dialogue sérieux. »

Bien que l’article n’indique pas clairement qu’un tel affaiblissement de l’Europe et de la Russie pourrait servir les intérêts des Etats-Unis, c’est la suite logique des événements. Significativement, les milieux politiques dirigeants européens se sont essentiellement abstenus de toute critique envers Washington et son vassal géorgien, le président Mikheil Saakashvili. Mais en coulisse, de nombreux politiciens européens ont exprimé leur colère face à  ce dernier, étant d’accord que Saakashvili, encouragé par les Etats-Unis, était responsable de l’éruption de la guerre.

En dernière analyse, le sommet de Bruxelles a condamné la « réaction inappropriée » de la Russie et a déclaré que la reconnaissance des régions dissidentes de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud par la Russie « était contraire au droit international ». Toute solution au conflit doit « reposer sur le respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, et non pas sur des faits unilatéraux, en contradiction avec le droit international », selon le président du Conseil de l’UE, Nicolas Sarkozy.

Le sommet a exigé de la Russie qu’elle réalise complètement les six points du plan de cessez-le-feu négocié par Sarkozy, et le président français a annoncé qu’il se rendrait de nouveau en Russie et en Géorgie au cours des prochaines semaines afin de trouver une issue à  la crise. La Géorgie devrait recevoir une aide importante, mais ce que cela signifie concrètement sera décidé plus tard.

Le sommet ne s’est pas mis d’accord sur les sanctions qui devraient être imposées à  la Russie, à  l’exception d’une seule : les négociations au sujet du partenariat russo-européeen et des accords de coopération seront suspendues jusqu’à  ce que Moscou retire ses troupes de Géorgie. Ces négociations étaient déjà  au point mort en raison des objections de la Pologne. Elles auraient dù reprendre le 15 septembre.

Avant le sommet, on avait signalé au gouvernement russe que le but n’était pas d’intensifier la crise. Lors d’un long appel téléphonique avec son homologue russe Sergei Lavrov, le ministre allemande des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier fut d’accord pour tenter de calmer la situation.

Intérêts stratégiques

Toutefois, il ne faudrait pas anticiper que les tentatives de calmer la situation réussissent : les intérêts stratégiques antagonistes en jeu dans le Caucase sont beaucoup trop importants.

Les médias occidentaux ont essayé avec empressement de présenter la guerre comme une lutte entre une Géorgie démocratique, avide de liberté et d’indépendance, et une Russie autoritaire et impérialiste. Mais le président géorgien Saakashvili est mal choisi pour le rôle de martyr de la démocratie.

Ayant pris le pouvoir grâce à  une rébellion financée par l’Occident, sa réélection au début de cette année ne s’est réalisée qu’en raison de la répression brutale de l’opposition.

Selon un rapport paru dans l’hebdomadaire Der Spiegel, même l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) a conclu que Saakashvili a contribué à  l’éclatement de la guerre par une attaque délibérée sur l’Ossétie du Sud. Dans les rapports des observateurs de l’OSCE, il y a même des discussions sur les crimes de guerre géorgiens commis pendant l’attaque-surprise nocturne.

Le Süddeutsche Zeitung a admis ouvertement que l’« intérêt de l’OTAN en Géorgie provient moins d’un désir d’établir un phare de la démocratie là -bas, que de la proximité des réserves de gaz et de pétrole du bassin caspien. »

Dans sa colonne hebdomadaire, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a dit que la guerre russo-géorgienne « concerne la compétition russo-américaine pour le contrôle stratégique des ressources de gaz et de pétrole dans cette région. C’est le nouveau grand jeu. »

Le premier ministre Gordon Brown qui, à  la veille du sommet, a publié une attaque virulente contre la Russie dans le journal Sunday Observer, n’a également laissé aucun doute quant à  l’intérêt principal dans le Caucase. Il a calculé que la Grande-Bretagne, qui couvre présentement 80 pour cent de ses besoins énergétiques à  l’aide de ses propres ressources, devra importer près des deux tiers de son gaz et plus de la moitié de ses exigences en pétrole pour 2020, « précisément au moment où les marchés deviennent plus volatiles au fur et à  mesure que plus de gens recherchent des ressources naturelles qui diminuent ».

Conséquemment, Brown a déclaré qu’il « ferait pression sur les leaders européens pour augmenter le financement d’un projet qui nous permettrait d’aller chercher l’énergie de la mer Caspienne, réduisant notre dépendance envers la Russie ». Comme un coup d’œil sur la carte le montre, la seule route de transport du bassin caspien vers l’Europe se trouve au beau milieu de la Géorgie. L’Afghanistan est peu fiable en raison de la guerre qui fait rage dans ce pays et des raisons politiques empêchent de regarder vers l’Iran.

Quant à  la Russie, elle n’est pas motivée principalement par des soucis pour les droits de l’Abkhazie ou de l’Ossétie du Sud, mais elle réagit à  son encerclement par l’alliance militaire de l’OTAN. Depuis la dissolution de l’Union soviétique sous le président Boris Eltsine, la Russie a progressivement été repoussée des zones qui étaient en partie sous sa gouverne depuis des siècles. Des millions de gens qui parlent le russe et qui sont d’anciens citoyens soviétiques vivent aujourd’hui en dehors du territoire national russe. Les Etats-Unis et l’Europe se font compétition pour l’Asie centrale et la région caspienne. L’OTAN touche aujourd’hui aux frontières de l’ancienne Union soviétique, et les a même dépassées dans la région de la Baltique. Si l’Ukraine et la Géorgie se joignent à  l’OTAN, la mer Noire tomberait sous son influence. Conséquemment, la Russie pourrait devenir le jouet des grandes puissances.

Pendant longtemps, l’élite dirigeante du pays a passivement observé ces développements, concentrant son énergie à  piller la propriété étatique de l’Union soviétique. Maintenant, elle réagit à  l’aide de méthodes liées à  son caractère de classe bourgeoise. Incapable de faire appel à  la solidarité de la classe ouvrière internationale, comme l’avait fait l’Union soviétique à  ses débuts sous Lénine et Trotsky, elle a recours au nationalisme et à  la force militaire débridée.

Mais, cela ne réduit pas la responsabilité des puissances occidentales pour la présente crise dans le Caucase ; pas seulement les Etats-Unis, mais aussi les puissances européennes qui tentent maintenant de se présenter comme les médiateurs, particulièrement l’Allemagne.

Depuis la réunification de l’Allemagne en 1990, Berlin a énergiquement cherché l’entrée des anciens pays du bloc de l’Ouest dans l’Union européenne et l’OTAN. Il a soutenu le démembrement de la Yougoslavie, l’envoi de troupes au Kosovo, en Afghanistan et dans d’autres parties du monde et est devenu très actif dans le Caucase et en Asie centrale. Pendant longtemps, ces politiques pouvaient être combinées au maintien de relations étroites avec Moscou ; mais cela n’est plus possible. Le caractère expansionniste de la politique étrangère allemande a maintenant des répercussions.

L’élite politique allemande est divisée sur la manière de procéder. Il y a ceux €” comme le ministre des Affaires étrangères, Walter Steinmeier, de larges sections du Parti social-démocrate et du Parti libéral-démocrate, le Parti de la gauche et les porte-parole des industries de l’exportation et de l’énergie €” qui priorisent la relation avec Moscou. Il y a aussi ceux €” des sections de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et de l’Union chrétienne-sociale ainsi que des Verts €” qui veulent une confrontation à  tout prix. L’expert en politique étrangère, Eckart von Klaeden, par exemple, exige l’exclusion temporaire de la Russie du G8 et l’admission de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN.

Dans sa chronique qui paraît sur une base régulière dans Die Zeit, l’ex-ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a mentionné qu’une confrontation avec la Russie constitue une stupidité stratégique qui dépasse de loin celle de l’Irak. Il a déclaré que « les intérêts communs de la Russie et de l’Occident appellent plutôt à  une nouvelle ère de coopération ». Mais, une telle coopération requiert le développement de l’Union européenne et de l’Allemagne comme une grande puissance.

« La réaction à  un retour de la Russie à  des politiques de grande puissance impériale, écrit Fischer, ne doit pas être des sanctions, mais le développement de l’Occident et, d’abord et avant tout, de toutes les positions de pouvoir européennes. » Il a ajouté : « Ceux qui veulent une coopération avec la Russie, et cela est dans l’intérêt de l’Europe, doivent se manifester et agir dans une force unifiée. Voilà  la leçon que le Caucase nous enseigne et que l’Europe doit considérer de façon urgente. »

Fischer articule l’opinion de la majorité de l’élite dirigeante allemande, qui suit de plus en plus les traces agressives de ses ancêtres historiques.

(Article original anglais paru le 2 septembre 2008)

Géorgie: arrivée du vice-président américain Dick Cheney à  Tbilissi

Jeudi 4 septembre 2008

Géorgie: arrivée du vice-président américain Dick Cheney à  Tbilissi

© AFP – Jeudi 4 septembre

TBILISSI (AFP) – Le vice-président américain Dick Cheney est arrivé jeudi à  Tbilissi, pour exprimer le soutien de Washington à  la Géorgie dans la crise qui l’oppose à  la Russie, a constaté une journaliste de l’AFP.

M. Cheney, dont l’avion s’est posé vers 11h00 locales (07h00 GMT), est le plus haut responsable américain venu dans cette ex-république soviétique depuis le début du conflit russo-géorgien le 8 aoùt. Il est arrivé en provenance d’Azerbaïdjan.

Il doit s’entretenir avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili avant de se rendre plus tard dans la journée en Ukraine, dernière étape de sa tournée auprès des alliés de Washington dans l’ex-URSS.

Le numéro deux américain ira ensuite en Italie, pour des entretiens avec le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

M. Cheney, a exprimé mercredi en Azerbaïdjan l’ »intérêt profond et constant » des Etats-Unis pour la sécurité dans l’ensemble de la région et souhaité un développement du transport des ressources énergétiques à  travers le Caucase.

« Le président (George W.) Bush m’a envoyé ici avec un message clair et simple pour les peuples d’Azerbaïdjan et de la région tout entière: les Etats-Unis ont un intérêt profond et constant pour votre bien-être et votre sécurité », a-t-il dit à  la presse après avoir rencontré le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev.

M. Cheney a déclaré que sa présence dans la région intervenait « dans l’ombre de la récente invasion russe en Géorgie, un acte qui a été clairement condamné par la communauté internationale ».

Le numéro deux américain s’est également prononcé en faveur d’une augmentation du nombre de couloirs énergétiques depuis le Caucase.

« La sécurité énergétique est essentielle pour nous tous et ce dossier devient particulièrement urgent », a-t-il déclaré.

« Les Etats-Unis ont la profonde conviction que nous devons avec les pays d’Europe, dont la Turquie, travailler avec l’Azerbaïdjan et les autres pays du Caucase et d’Asie centrale pour (créer) des couloirs d’exportation d’énergie supplémentaires », a-t-il poursuivi.

A Washington, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a annoncé une aide d’un milliard de dollars à  la Géorgie après son conflit avec la Russie. Dans le cadre du même effort, Washington a déjà  fourni une aide humanitaire d’environ 30 millions de dollars à  Tbilissi.

Bakou est la première étape de la tournée que M. Cheney effectue pour rassurer les alliés de Washington dans la région et exprimer le soutien des Etats-Unis à  la Géorgie dans la crise qui l’oppose à  la Russie.

Dernière ligne droite pour Cheney, il menace l’Iran et le monde

Jeudi 4 septembre 2008

Dernière ligne droite pour Cheney, il menace l’Iran et le monde

© Solidarité & Progrès

4 septembre 2008 (Nouvelle Solidarité) – Des sources diplomatiques américaines haut placées tirent à  nouveau la sonnette d’alarme sur la possibilité, dans un futur très proche, d’une attaque militaire contre l’Iran. Ces avertissements coïncident avec le scénario identifié par Lyndon LaRouche, selon lequel le vice-président Cheney est déterminé à  lancer une attaque avant la fin de son mandat ; ce qui, dans le contexte de l’affrontement instigué par les Britanniques contre la Russie, ne manquerait pas de nous amener à  une 3e Guerre mondiale thermonucléaire.

Le monde tient actuellement à  un fil, et le soutien de l’administration Bush à  l’exigence saoudienne d’évincer le président pakistanais Pervez Musharraf a rendu cette situation encore plus précaire. La marge de manoeuvre pour entraver cette nouvelle folie du de facto président Cheney est très étroite.

Dans ce contexte, l’absence totale de candidat présidentiel crédible aux Etats-Unis et la désintégration des institutions financières du monde, créent un danger pour le monde dépassant les pires cauchemars. A court terme, le seul espoir d’éviter ce désastre repose sur un réveil de l’électorat américain, exigeant des mesures rooseveltiennes face à  cette crise qui promet de reléguer la dépression de 1929 au rang des anecdotes. [*]

Notes:

[*] On note à  ce sujet les manquements de la presse française depuis janvier dernier, à  souligner cette réalité dans le débat électoral américain. Le « débat » quotidien de France Info du 4 septembre, au sujet du duel Obama-McCain, illustre bien la maladie mentale en question. Il a fallu attendre les 20 dernières secondes de l’émission, après avoir enduré toute une discussion digne de turfistes entre Denis Olivennes, directeur du Nouvel Observateur, et Nicolas Baverez, éditorialiste au Point, pour entendre dire en quasi-aparté, que paradoxalement, aucun des candidats n’était compétent en économie alors que le problème numéro 1 aux Etats-Unis était l’effondrement de l’économie !

Cheney: les Etats-Unis soutiennent l’adhésion de la Géorgie à  l’Otan

Jeudi 4 septembre 2008

Cheney: les Etats-Unis soutiennent l’adhésion de la Géorgie à  l’Otan

© XIN HUA

TBILISSI, 4 septembre (Xinhua) — Le vice-président américain Dick Cheney, en visite en Géorgie, a déclaré jeudi à  Tbilissi que les Etats-Unis soutenaient l’adhésion de la Géorgie à  l’Otan.

« L’Amérique soutient fermement le programme d’adhésion de la Géorgie à  l’Otan et son intégration à  terme dans l’Alliance Atlantique », a déclaré M. Cheney lors d’une conférence de presse à  l’issue d’une rencontre avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili.

Il a condamné les actions militaires russes en Géorgie et la reconnaissance de l’indépendance de deux régions séparatistes géorgiennes par Moscou.

Un haut responsable américain a déclaré que M. Cheney évaluerait avec le président Saakachvili et son équipe les conséquences et les implications de cette crise.

Les deux dirigeants se projetteront également au-delà  de la situation immédiate et débattrons de la nécessité d’une stratégie à  long terme de la communauté internationale pour contribuer à  la reconstruction et au redressement de la Géorgie, a affirmé le responsable.

M. Cheney est arrivé jeudi à  Tbilissi au terme d’une visite en Azerbaïdjan, la première étape de sa tournée dans quatre pays qui le conduira également en Ukraine et en Italie.

La visite de Cheney à  Tbilissi intervient après l’annonce par la Maison Blanche d’une aide d’un milliard de dollars à  la Géorgie pour satisfaire ses besoins humanitaires et soutenir son redressement économique.

Cette aide aidera le peuple géorgien à  se redresser de l’assaut contre son pays et à  continuer à  construire une économie prospère et compétitive, a déclaré le président américain George W. Bush mercredi.

Plus de la moitié de cette aide sera disponible dans un proche avenir, a indiqué M. Bush.

Dick Cheney entame en Azerbaïdjan sa tournée de soutien à  la Géorgie

Mercredi 3 septembre 2008

Dick Cheney entame en Azerbaïdjan sa tournée de soutien à  la Géorgie

© AFP

BAKOU (AFP) €” Le vice-président américain Dick Cheney a entamé mercredi matin une visite en Azerbaïdjan pour des discussions sur l’énergie ainsi que pour rassurer les alliés de Washington dans la région et exprimer le soutien américain à  la Géorgie, dans la crise qui l’oppose à  la Russie.

Bakou est la première étape de cette tournée, qui le conduira également à  Tbilissi, à  Kiev et enfin en Italie, où il devrait s’entretenir avec le Premier ministre italien Silvio Berlusconi.

M. Cheney devait rencontrer dans la journée le président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

« Les deux parties vont discuter de la situation dans la région », a déclaré à  l’AFP Moubariz Gourbanly, député du parti au pouvoir.

Il a réitéré la position du président Aliev sur sur la crise russo-géorgienne: « La Géorgie et la Russie sont tous deux nos amis, et l’Azerbaïdjan appelle à  la paix dans la région ».

Il a précisé qu’au menu des discussions figurait aussi la « sécurité des couloirs énergétiques pour les livraisons » de gaz et de pétrole de la Caspienne vers l’Occident.

Cette tournée intervient alors que les Etats-Unis tentent d’achever l’examen de leurs relations avec la Russie après le conflit en Géorgie, la Maison Blanche n’excluant pas mardi d’éventuelles sanctions.

Parallèlement, l’ambassade de Russie à  Tbilissi et celle de la Géorgie à  Moscou ont cessé leurs activités, à  la suite de la rupture officielle des relations diplomatiques entre les deux pays, a-t-on indiqué mercredi de sources officielles.

« Depuis hier (mardi), l’ambassade de Russie en Géorgie ne fonctionne plus. La section consulaire est également fermée, en attendant des ordres de Moscou », a déclaré à  l’AFP par téléphone, l’attaché de presse de l’ambassade, Alexander Savonov.

A Moscou, le chargé d’affaires géorgien, Givi Chougarov, a également annoncé la cessation des activités de la mission diplomatique géorgienne.

« A partir de maintenant, notre ambassade cesse ses activités diplomatiques », a dit M. Chougarov, à  l’agence Interfax, tout en précisant que « le consulat de Géorgie continue à  travaille comme d’habitude ».

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Nesterenko, a souhaité qu’après la visite de M. Cheney à  Tbilissi, prévue jeudi, « la direction des Etats-Unis verra autrement la situation, (…) et trouvera des mesures pour la corriger ».

Il faisait écho aux déclarations du président russe, Dmitri Medvedev, qui a tenu la veille des propos particulièrement virulents à  l’adresse de son homologue géorgien, Mikheïl Saakachvili, et appelé Washington à  réviser ses relations avec Tbilissi.

« Il est temps que nos partenaires américains revoient leurs relations avec le régime (géorgien) actuel, car il (…) a causé une déstabilisation grave et a lancé une agression qui s’est soldée par beaucoup de morts », a dit M. Medvedev dans une interview retransmise à  la télévision russe.

« Le président Saakachvili n’existe plus pour nous. Il est un +cadavre politique+ », a déclaré M. Medvedev.

Le président russe a aussi défié les Occidentaux, en assurant que Moscou ne craignait pas d’être exclu du G8, forum qui groupe les huit pays les plus industrialisés du monde (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie). Il réagissait à  des déclarations appelant à  une telle exclusion faites notamment par le candidat républicain à  la présidence américaine, John McCain.

« Les appels qui se font entendre, je les explique exclusivement par la technologie électorale américaine pour faire monter une cote de popularité sur fond de conflit », a noté M. Medvedev.

Le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa, a aussitôt fustigé ces déclarations et dénoncé l’utilisation par Moscou de « méthodes inacceptables pour un monde civilisé dans ses efforts pour miner le gouvernement légitime géorgien ».

« Le président russe a perdu le contrôle parce que ses efforts en vue de renverser le gouvernement géorgien ont échoué », a dit M. Lomaïa à  l’AFP.

M. Cheney est le plus haut responsable américain à  se rendre dans la région depuis le début du conflit russo-géorgien, le 8 aoùt.

Un conflit militaire a opposé la Géorgie à  la Russie début aoùt, les troupes russes entrant sur le territoire géorgien pour contrer une intervention de l’armée géorgienne dans sa région séparatiste d’Ossétie du Sud.

La Russie a reconnu le 26 aoùt l’indépendance des territoires séparatistes géorgiens de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, une décision qui a suscité un tollé en Occident.

L’Occident pousse la Russie vers l’Iran et le Venezuela (Nezavissimaïa gazeta, RBC Daily)

Mercredi 3 septembre 2008

L’Occident pousse la Russie vers l’Iran et le Venezuela (Nezavissimaïa gazeta, RBC Daily)

© RIA NOVOSTI

MOSCOU, 1er septembre – RIA Novosti. Il y a trois mois, Téhéran avait déclaré que la première centrale nucléaire iranienne en cours de construction par des spécialistes russes à  Bouchehr pourrait être mise en service dès septembre-octobre, rappellent lundi les quotidiens Nezavissimaïa gazeta et RBC Daily.

Cependant, à  la veille de la visite effectuée aujourd’hui par une délégation d’Atomstroïexport en Iran, la compagnie a refusé de préciser la date de mise en service de la centrale, dont la construction se prolonge indéfiniment. L’Occident menace de punir la Russie pour la guerre en Géorgie, par conséquent, l’intensification de la coopération avec l’Iran dans le domaine nucléaire pourrait être une sorte de réponse à  ces menaces, et une éventuelle monnaie d’échange dans le marchandage avec l’Occident, si ce dernier se résigne à  prendre des sanctions sévères.

« La réaction exagérément sévère de l’Occident, surtout des Etats-Unis, aux actions de la Russie à  l’égard de la Géorgie rapproche certainement Moscou de pays du type de l’Iran et du Venezuela », estime Rouslan Poukhov, directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies. Selon lui, à  un moment donné, « cédant à  l’influence de l’Occident, la Russie a partiellement « trahi » l’Iran, en réduisant le niveau de soutien apporté à  ce pays dans l’arène internationale ». Mais cette politique favorable à  l’Occident pourrait toucher à  sa fin. « A présent, à  la suite des événements dans le Caucase, nous subissons une grande pression, nous avons besoin de partenaires et d’alliés, c’est pourquoi le pendule s’est déplacé de l’autre côté », a déclaré l’expert à  Nezavissimaïa gazeta.

Les sanctions prises par l’ONU à  l’encontre de l’Iran restreignent tous ses contacts avec le monde extérieur dans les domaines para-nucléaire et militaire. Les Etats-Unis et l’UE ont réduit leurs investissements, ce qui n’a d’ailleurs pas touché les petites entreprises, dont les intérêts sont éloignés de la grande politique. « Du point de vue iranien, les rapports avec les compagnies étrangères sont certainement loin d’être idéaux et l’Iran voudrait entretenir des contacts commerciaux normaux, a déclaré au quotidien RBC Daily Mohammed Shakil, expert d’Economist Intelligence Unit. Mais les petites entreprises ont trouvé une brèche dans les sanctions de l’UE et en ont profité, grâce à  quoi la pression de ces sanctions sur l’économie de l’Iran a diminué ».

M. Shakil a souligné que les Iraniens suivraient attentivement l’évolution de la discussion entre les pays de l’UE sur les sanctions à  l’encontre de la Russie. Il estime que l’économie iranienne pressée par les sanctions pourrait servir d’exemple de ce à  quoi conduisent ce genre de restrictions, les principales victimes étant les grandes entreprises européennes.

Cet article est tiré de la presse et n’a rien à  voir avec la rédaction de RIA Novosti.

Poutine sur CNN : Les États-Unis ont incité la Géorgie à  la guerre pour que la Russie apparaisse en ennemi

Mardi 2 septembre 2008

Poutine sur CNN : Les États-Unis ont incité la Géorgie à  la guerre pour que la Russie apparaisse en ennemi

© Alter Info, Pravda, 29 aoùt 2008

€”¹Â€”¹Certaines forces aux États-Unis auraient pu initier le conflit en Géorgie afin d’avantager l’un des candidats à  la présidence des États-Unis. Cette opinion a été exprimée par Vladimir Poutinee lors de son dernier entretien avec CNN.

€”¹Â€”¹Â€”¹Ce point de vue est apparu en Russie peu après l’agression géorgienne en Ossétie du Sud. D’éminents politiciens russes pensent que le conflit a été orchestré par les États-Unis, car le minuscule État de Géorgie n’aurait jamais envahi l’Ossétie du Sud sans leur aval. Cette version dit aussi que la guerre en Ossétie du Sud a été manigancée par le Vice-Président Dick Cheney pour ne pas laisser Barack Obama prendre la Maison Blanche suite aux élections en novembre.

€”¹Â€”¹Â€”¹Poutine a déclaré au journaliste de CNN : « Ils avaient besoin d’une petite victoire militaire. Si ça ne marchait pas comme prévu, alors ils pouvaient rejeter la faute sur nous, pour nous faire considérer en ennemi et unir les pays à  nouveau autour de certaines forces politiques. Pourquoi cette hypothèse vous semblerait-elle surprenante ? Je suis surpris que vous soyez étonné par ce que je dis. C’est totalement recevable au premier abord. »

€”¹Â€”¹Â€”¹Le vice président du parlement Russe, Vladimir Zhirinovsky, a aussi accepté cette version. Il a déclaré :

€”¹Â€”¹Tout cela a été fait pour que leur préféré, John McCain, gagne les élections du 5 novembre. Le complexe de la défense des États-Unis a besoin de son propre type à  la Maison Blanche : John McCain.

€”¹Â€”¹Â€”¹Dick Cheney est aujourd’hui le principal ennemi de l’humanité. Bush est une marionnette, tout comme Saakashvili.

€”¹Â€”¹Poutine a dit dans son interview avec CNN : « Des citoyens étasuniens étaient impliqués dans le conflit. Ils ont agi ainsi parce qu’ils ont reçu l’ordre d’intervenir de celle manière, et la seule personne qui puisse donner ce genre d’ordre est leur chef. »

€”¹Â€”¹Â€”¹Dans le texte en russe de son interview avec CNN, Poutine a formulé cette idée ainsi :

€”¹Â€”¹Â€”¹Nous avons de sérieuses raisons de penser que des citoyens étasuniens étaient dans les secteurs de combat. Si c’est vrai, si le fait était confirmé, ce serait très grave. C’est très dangereux et cette politique est incorrecte.

€”¹Â€”¹Son entretien exhaustif avec CNN se trouve en langue russe sur le site officiel du gouvernement russe.

€”¹Â€”¹« Même au cours de la guerre froide, dans l’opposition acharnée entre l’Union Soviétique et les États-Unis, nous avons toujours évité l’affrontement direct entre nos ressortissants, sans parler des militaires, » a souligné le Premier Ministre.

€”¹Â€”¹Â€”¹Vladimir Poutine a exprimé son regret du fait que les États-Unis n’ont pas interféré dans le conflit entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud pour empêcher l’administration géorgienne de l’aggraver.

€”¹Â€”¹Â€”¹L’agence de presse Interfax a cité Poutine : « J’étais déçu parce que l’administration étasunienne n’a rien fait pour arrêter la Géorgie dans la phase initiale du conflit. »

€”¹Â€”¹Â€”¹Le Premier Ministre russe a rappelé qu’il avait parlé au Président étasunien George W. Bush le 8 aoùt à  Beijing, lors de l’ouverture des Jeux Olympiques. Le Président étasunien a dit n’aimerait pas qu’une guerre se produise quelque part [1].

€”¹Â€”¹Â€”¹« À minuit, les troupes géorgiennes se sont emparées d’un quartier du maintien de la paix au sud de Tskhinvali. Ce n’est pas à  nous de nous porter garant du fait que nous n’avons attaqué personne. Nous n’avons attaqué personne. Nous demandons des garanties des autres afin que personne ne puisse jamais nous attaquer et tuer nos citoyens, » a déclaré Vladimir Poutine.

€”¹Â€”¹Â€”¹Poutine a dit que Washington, non seulement n’a tenu aucun compte de l’agression de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud, mais a armé en plus les militaires géorgiens.

« Pourquoi personne ne conduit de négociations de longue date pour rechercher les compromis délicats dans les conflits ethniques ? Il est beaucoup plus facile d’armer l’une des parties en conflit et de la pousser à  tuer les gens de l’autre bord. Il semble que ce soit une décision facile à  prendre. Bien que ça se termine en réalité, ça ne se passe pas toujours ainsi, » a souligné Poutine.

€”¹Â€”¹Â€”¹Poutine a dit que c’est le Président Dmitri Medvedev qui a ordonné aux troupes russes d’entrer en Géorgie.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Medvedev connaissait mon avis sur la question. Mais c’était uniquement le Président de la Fédération Russe, le commandant en chef suprême, M. Medvedev, qui pouvait prendre pareille décision, » a déclaré Poutine.

€”¹Â€”¹Â€”¹Poutine a aussi dit que la Russie ne va pas fermer les yeux sur le meurtre de ses citoyens dans l’intérêt de son adhésion aux organisations internationales.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Sommes-nous censés nous laisser tuer afin de pouvoir rester, disons, dans le Groupe des Huit ? » a-t-il déclaré.

€”¹Â€”¹Â€”¹Le Premier Ministre russe a fait remarquer qu’il pouvait entendre les médias et les hommes politiques occidentaux jacasser à  tire-larigot à  propos d’une menace venant de Russie.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Vous et moi sommes assis-là  et parlons dans la ville de Sotchi. Venant de plusieurs centaines de kilomètres d’ici, sont arrivés en mer Noire des navires de guerre étasuniens avec des missiles à  bord,. La portée de leurs missiles est précisément de plusieurs centaines de kilomètres. Ce ne sont pas nos navires de guerre s’approchant de nos côtes. Ce sont vos navires de guerre qui s’avancent vers nos rivages, » a déclaré Poutine au journaliste de CNN.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Nous ne voulons pas de complication, nous ne voulons nous quereller ou nous confronter avec personne. Nous voulons coopérer normalement et percevoir une attitude respectueuse envers nous et en ce qui nous concerne, » a déclaré Poutine.

€”¹Â€”¹Â€”¹Dans son entrevue exhaustive, Poutine a exprimé le fait que le Groupe des Huit est de second ordre sans la Chine et l’Inde.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Dans son état actuel, le Groupe des Huit est un organisme de second ordre. Il est invraisemblable d’imaginer un développement normal de l’économie mondiale sans inviter la République Populaire de Chine et l’Inde, » a dit le Premier Ministre russe.

Répondant à  une question sur l’éventuelle exclusion de la Russie du club du G8, Poutine a mis en doute l’efficacité des activités du G8 sans la Russie dans des domaines comme la lutte contre le terrorisme [2], la drogue, les maladies infectieuses et la prévention de la prolifération des armes de destruction massive.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Je pense qu’il ne faut pas y penser et qu’on ne devrait effrayer personne avec ça. Ce n’est pas du tout effrayant. On doit seulement essayer d’analyser la situation correctement, regarder vers l’avenir et établir des relations normales en traitant les intérêts de chacun avec égards, » a déclaré Poutine.

€”¹Â€”¹Â€”¹Poutine a ajouté que la Russie espère toujours coopérer étroitement avec les autres pays, même si la coopération doit être équitable.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Nous voulons vivre dans la paix et la concorde. Nous voulons travailler normalement dans toutes les directions : sur la sécurité internationale, le désarmement, la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la drogue, sur la question nucléaire en Iran et en Corée du Nord, nous y sommes entièrement préparés, » a déclaré Poutine.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Mais nous voulons que ce travail soit honnête, ouvert, fondé sur le partenariat, et non l’égoïsme, » a dit le Premier Ministre russe.

€”¹Â€”¹Â€”¹Poutine estime que, dans certaines circonstances, la Russie pourrait cesser de coopérer avec l’Occident sur le programme nucléaire iranien.

€”¹Â€”¹Â€”¹« Si personne ne veut nous parler de ces questions et si la coopération avec la Russie n’est pas nécessaire à  ce sujet, eh bien, pour l’amour de Dieu, ils peuvent y travailler seuls, » a-t-il dit.

€”¹Â€”¹Â€”¹Poutine a été particulièrement énergique dans l’expression de ses sentiments à  propos des médias occidentaux, contrôlés par les États, qui fournissaient des informations fausses sur le conflit en Ossétie du Sud.

€”¹Â€”¹Â€”¹« En ce qui concerne la perception des événements en Ossétie du Sud par le grand public, cela dépend en grande partie de la façon dont les médias sont manipulés par les politiciens et de la manière dont ils influencent l’opinion publique dans le monde. Nos collègues étasuniens sont décidément bien meilleurs que nous, » a ironisé Poutine à  CNN.

€”¹Â€”¹Â€”¹Pour illustrer son point de vue, Poutine s’est servi de l’interview de l’étasunienne d’origine Ossétienne, Amanda Kokoyeva, et de sa tante sur Fox News :

€”¹Â€”¹Il (l’animateur) l’interrompait constamment. Dès qu’il n’appréciait pas ce qu’elle disait, il entreprenait de l’interrompre, se mettant à  tousser et à  croasser. Il semblait prêt à  chier dans son froc [3] avec des mimiques si expressives qu’il la faisait taire. C’est ça de l’information honnête et objective ? C’est ce qu’ils appellent de l’information ? Non, ce n’en est pas. C’est de la désinformation.

Original : english.pravda.ru/…/106241-Poutine_CNN-0
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

OTAN, Union européenne, Géorgie : cherchez l’émetteur et vous saurez…

Mardi 2 septembre 2008

OTAN, Union européenne, Géorgie : cherchez l’émetteur et vous saurez…

© Mondialisation.ca

otan georgie

L’édition du 28 aoùt 2008 de l’International Herald Tribune annonce en première page que Moscou s’inquiète devant l’augmentation du nombre de navires de guerre de l’OTAN dans la Mer Noire, nombre qui « dépasse largement celui des navires russes qui sont ancrés au large des côtes de Géorgie. » Cette inquiétude se justifie à  la lecture des articles récemment publiés par Manlio Dinucci dans le journal italien Il Manifesto- et traduits en français sur le site de www.mondialisation.ca . Fidèle à  chaque ligne à  un souci de précision utile qui l’honore et dont les media ne souhaitent pas tirer de leçon, Manlio Dinucci dresse un rapport détaillé des manœuvres qui s’annoncent dans l’espace clos de la Mer Noire et nous informe sur la nature et les capacités réelles des navires militaires affectés au transport des savonnettes, rasoirs et couvertures généreusement offerts par l’USAID aux victimes géorgiennes d’un conflit qui, au préalable, aurait pu être évité, ne serait-ce que par générosité. Mais je m’égare, car nous parlons ici de relations diplomatiques, c’est-à -dire de rapports de forces, et la générosité n’entre là -dedans que comme spectacle destiné à  désorienter ceux qui y croient ou qui s’en fichent et qui de toute façon n’infléchiront pas le cap des événements à  venir.

Derrière l’affiche racoleuse des souffrances authentiques d’une population qui a vécu la guerre, les Étasuniens ont ouvert un bal qui se voudrait humanitaire mais qui se danse en uniforme sur fond de palettes décoratives. Et si Moscou ne fait pas demi-tour et reste à  contempler la danse du feu des « démocraties » offusquées, ce n’est certainement pas pour découvrir de nouveaux talents pour le Bolchoï. Moscou semble ne plus craindre d’arrêter l’assaut hypocrite d’une vague qui s’autoproclame démocratique mais qui cache, sous l’écume grondante de sa bonne conscience médiatisée, des abysses de turpitudes et de manipulations contre les populations dont elle devrait être la gardienne mais dont elle est devenue le geôlier. Car d’autres l’ont montré, et je ne citerai que les trois premiers noms qui me viennent à  l’esprit, Michael Parenti, Chalmers Johnson ou Noam Chomsky, la prétendue démocratie reflue chaque jour un peu plus de ses rivages d’origine et sera bientôt réduite à  quatre syllabes qui, comme le chant des vagues, se réfugieront dans les coquillages, qu’on ramassera et qu’on portera à  son oreille pour entendre l’écho de ce qui fut et qui n’est plus.

L’édition de l’International Herald Tribune citée plus haut rapporte les propos de Dimitri Rogozine, envoyé du gouvernement russe auprès des instances de l’OTAN, qui, après avoir fustigé le « bla, bla, bla » diplomatique, remet en cause les fondements prétendument moraux de la politique extérieure des démocraties entêtées :

« Vous n’avez pas le droit moral de dire que (notre offensive en Géorgie) est disproportionnée (…) si nous avions agi dans le Caucase, proportionnellement à  ce que vous avez fait en Serbie, alors Tbilissi aurait été démolie, ça, ça aurait été proportionné. »

La « guerre froide » est de retour disent les media. Les journalistes, « empaillés de formules » – l’expression est de Bloy et à  l’époque Bloy visait les séminaristes ignares ou hypocrites ; c’est ressemblant – aiment appliquer à  l’Histoire ces petites trouvailles verbales, monuments autour desquels se massent les foules balbutiantes, petits coups de clairon qui sonnent faux au-dessus des têtes creuses et n’expliquent rien. Ils en gardent plein leurs fourre-tout de ces formules sacrées et en piochent dedans, avec leurs gros doigts manucurés, pour nous les enfoncer dans le gosier, dans nos gosiers desséchés par une soif jamais étanchée. Ces formules sont l’hostie des vérités satellisées dont la prise à  heure fixe garantit la perduration des ignorances collectives. Ainsi donc ce serait la « guerre froide »…

M. Sarkozy « a dit devant le corps diplomatique français que personne ne voulait d’une nouvelle guerre froide et a demandé à  la Russie de ramener ses forces aux positions qu’elles occupaient avant le conflit avec la Géorgie. » (« Nato Ships Raise Alarm In Moscow », International Herald Tribune, Thursday, August 28, 2008, p. 1). En disant cela, le président français ne fait que reprendre l’un des six points de l’accord signé par lui-même et par le président Medvedev le 12 aoùt dernier. Cet accord « prévoit « l’engagement de ne pas recourir à  la force » et le « retour des forces militaires géorgiennes dans leur lieu habituel de cantonnement ». De l’autre côté, « les forces militaires russes se retireront derrière les lignes antérieures au déclenchement des hostilités » et « les forces de maintien de la paix russes (…) mettront en œuvre des mesures additionnelles de sécurité (…) tant que la confiance ne sera pas revenue entre les protagonistes », a dit Nicolas Sarkozy, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne. Le texte appelle aussi à  « l’ouverture de discussions internationales » sur le « statut futur » des provinces séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Enfin, les deux pays doivent aussi pouvoir garantir la libre circulation de l’aide humanitaire vers les différentes zones touchées. Par ailleurs, bien que Dmitri Medvedev se soit engagé à  respecter l’ »intégrité et la souveraineté » de la Géorgie, ce dernier point ne figure pas dans le plan de paix. Nicolas Sarkozy transmettra mercredi le document au président géorgien Mikhaïl Saakachvili. » (Le Journal du dimanche, 12/08/2008).

Le Canard Enchaîné du 27 aoùt évoque ironiquement cet accord dont les imperfections ont abouti au serrage de boulons opéré par l’aimable dame Rice lors de son entrevue du 15 aoùt avec le président français au fort de Brégançon. Pour le Canard Enchaîné, il y a eu « rappel à  l’ordre ». Le journal satirique affirme que « Deubeuliou (…) s’est agacé du flou certain de plusieurs dispositions du texte en question» qui ne garantit pas l’intégrité de la Géorgie et qui laisse le Kremlin seul maître dans l’interprétation de que pourraient bien être « les mesures additionnelles de sécurité. »

Mais, qui a pensé puis rédigé cet accord signé par Nicolas Sarkozy et le Président Medvedev ? Le président Sarkozy avait-il carte blanche de l’Union européenne pour formuler comme il le souhaitait un accord sur une question aussi épineuse que le conflit osséto-géorgien ?

Si l’accord est l’œuvre exclusive de messieurs Sarkozy et Medvedev, le président Sarkozy s’est laissé berner par le chef d’état russe. Mais ceci semble peu probable. L’accord a donc été volontairement rendu flou. Mais dans quel but ? A-t-il été conçu dans le but de trouver un équilibre entre les intérêts de l’Union européenne et de la Russie ? Est-il le révélateur d’un désaccord non exprimé par l’Union européenne avec la politique étrangère d’un régime Bush éminemment susceptible et surarmé ? A-t-il eu pour but de pousser les Russes à  rester en Abkhazie et en Ossétie afin de servir de prétexte à  un conflit très proche, près de naître, mais encore enfermé, comme un gros insecte hideux, dans son cocon enrobé de sirop humanitaire.

Si les Russes étaient au Mexique et multipliaient les pressions pour l’adhésion de la Californie ou du Texas à  un Pacte de Varsovie nouvelle version, s’ils envoyaient des navires militaires porteurs d’armes nucléaires au large de Miami, s’ils écrivaient dans des traités idéologico-stratégiques que les États-Unis devaient être découpés en trois territoires indépendants afin de se faciliter l’accès à  un sous-sol riche en réserves vitales, s’ils installaient des rampes de missiles anti-missiles à  Cuba ou à  Montréal afin de lutter contre le terrorisme international, le tout en jurant sur les ondes que leurs intentions sont pacifiques, tous les lecteurs de journaux éclateraient de rire, même les moins doués et ils semblent nombreux, et les journalistes ne pourraient pas nous servir la soupe du prisonnier de treize heures ou de vingt heures avec le sérieux qu’ils singent aujourd’hui platement sous nos écrans plats et à  coins carrés.

Quand une puissance veut la guerre, elle ne le dit pas. Elle la prépare et elle y incite. L’OTAN s’apprête à  faire un saut décisif. La future adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie va demander un tour d’écrou un peu moins huilé et un peu plus brutal que les précédents. Quand Hitler a envahi la Pologne, il a accusé les Polonais d’avoir fait sauter un poste émetteur. D’un côté un poste émetteur, de l’autre la Seconde Guerre mondiale. Mauvais rapport qualité prix direz-vous. àƒ”¡a dépend pour qui. Pour le conflit qui se prépare, qu’on prépare, que des milieux d’affaires préparent, cherchez l’émetteur et vous saurez. Mais il sera trop tard. Il ne s’agira plus de jouer les surpris ni de pleurnicher comme des enfants.

Bruno Adrie est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Bruno Adrie publiés par Mondialisation.ca

LaRouche à  Poutine : la provocation de la Géorgie était dirigée par les Britanniques, par le biais de Cheney

Samedi 30 août 2008

LaRouche à  Poutine : la provocation de la Géorgie était dirigée par les Britanniques, par le biais de Cheney

© Solidarité & Progrès

28 Aoùt 2008 (LPAC) – Lyndon LaRouche a aujourd’hui répondu au Premier ministre russe Vladimir Poutine, suite à  une interview de ce dernier sur CNN. Poutine y accuse les Etats-Unis d’être derrière l’attaque géorgienne en Ossétie du sud au début du mois d’aoùt, contre les troupes russes ayant pour mission de maintenir la paix dans la région et contre la population. Il déclare également avoir des preuves que des conseillers militaires américains étaient engagés aux côtés des unités des Forces spéciales géorgiennes, lors des combats contre les troupes russes de maintien de la paix, et que de telles actions sont nécessairement le fruit d’ordres venant d’échelons supérieurs.

Tout en étant d’accord avec les faits présentés par Poutine, LaRouche proposa une clarification cruciale : « Considérer cela comme une opération américaine serait une erreur, » expliqua-t-il. « Cela vient des Britanniques, qui agirent principalement par le biais de leurs agents privilégiés au sein de la Maison blanche de Bush, comme le vice-président Dick Cheney. Cheney est un agent certifié de la faction en Grande Bretagne qui se mobilise pour provoquer une troisième Guerre mondiale entre la Russie et les Etats-Unis. »

LaRouche continua : « Cheney est un polichinelle britannique, et cela doit être clair dans la tête du Premier ministre Poutine et d’autres, comme le général Ivachov, pour évaluer correctement le contexte stratégique de ces provocations. Cheney est un polichinelle britannique, et cette provocation géorgienne est une opération britannique stratégique, utilisant des éléments américains de haut niveau. Le Premier ministre Poutine est correct sur les faits, mais son analyse ne l’est pas, faute de prendre en compte le rôle crucial des Britanniques. »

LaRouche avertit également que les deux candidats présumés aux élections présidentielles américaines, les sénateurs John McCain et Barack Obama, s’aligneront vraisemblablement avec cette provocation de troisième Guerre mondiale dirigée par les Britanniques. Dans le cas d’Obama, il est implicitement un agent britannique, de par ses liens étroits et son allégeance à  George Soros, un agent connu du British Foreign Office. Dans le cas de John McCain, il est idéologiquement en phase avec précisément ce genre de provocation orchestrée par les Britanniques.

LaRouche conclut : « L’intention britannique est de mener le monde au bord d’une nouvelle confrontation similaire à  la crise des missiles de Cuba ; et ils dirigent cette politique au travers d’opérations américaines qu’ils contrôlent, notamment par le pivot que représente le vice-président Dick Cheney. »