Archive pour la catégorie ‘Colombie’

La grippe A/H1N1 touche Alvaro Uribe

Lundi 31 août 2009

La grippe A/H1N1 touche Alvaro Uribe

© Agoravox

Fièvre, fatigue, courbatures… Le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement sud-américains lui a été fatal. C’est lors de cette rencontre, vendredi, que le président colombien a contracté le virus de la grippe A(H1N1). Il continue cependant d’assumer la totalité de ses fonctions.

L’état de santé d’Alvaro Uribe, qui participait à un sommet en compagnie de ses homologues sud américains à Bariloche, en Argentine, ne suscite pas d’inquiétudes dans son entourage. Il évolue, selon le ministre de la Protection sociale Diego Palacio lors d’une conférence de presse à Bogota, « de façon satisfaisante ». Le président, âgé de 57 ans, ne présente, toujours selon la même source, « aucun facteur de risque » qui, rapporte Paris match, « pourrait aggraver son cas ».

Le chef de l’état colobien est actuellement en quarantaine dans le palais présidentiel, mais, a précisé son porte-parole, Cesar Velasquez, il continue d’assumer la totalité de ses fonctions. Les présidents latino américains présents lors du sommet ont été prévenus de son état de santé. Oscar Arias, président du Costa Rica, est également touché par le virus.

Question : Alvaro Uribe a serré de nombreuses mains lors de ce sommet. Il a pu contaminer d’autres personnes. En amérique du Sud, c’est l’hiver austral. On dénombre 621 cas de grippe A/H1N1, dont 29 mortels, en Colombie. En Argentine, pays où le président à contracté le virus on en dénombrait à la mi-août, selon l’OMS, 793 637 cas dont 404 décès.

Ingrid Betancourt en Italie pour remercier le pape

Mercredi 3 septembre 2008

Ingrid Betancourt en Italie pour remercier le pape

© Le Point

ingrid betancourt pape

La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt se rendra la semaine prochaine auprès du pape afin de le remercier du soutien du Vatican et des appels qu’il a lancés pour la libération des victimes d’enlèvement au cours des six années où elle était retenue en otage dans la jungle.

Betancourt, libérée en juillet, sera reçue lundi 1er septembre en audience privée par Benoît XVI à  sa résidence d’été de Castelgandolfo, non loin de Rome, a indiqué Federico Lombardo, porte-parole du Saint-Siège.

« Elle était très reconnaissante au pape de son intérêt et de ses appels pendant le temps où elle était prisonnière, aussi a-t-elle demandé après sa libération la possibilité de le rencontrer rapidement et de le remercier », a-t-il dit.

Le pape a exhorté à  maintes reprises la guérilla colombienne à  libérer tous ses otages, dont Betancourt, fervente catholique qui dit avoir prié chaque jour avec un chapelet durant sa captivité.

En février, cinq mois avant qu’elle ne retrouve la liberté, Benoît XVI avait reçu au Vatican sa mère, Yolanda Pulecio. Il semble aussi s’être entretenu de son cas lors d’une rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy en janvier dernier.

Betancourt doit rencontrer plusieurs dirigeants italiens, dont le président Giorgio Napolitano, afin de remercier leur pays de ses marques de soutien durant sa captivité.

Elle a été faite citoyenne d’honneur de trois villes italiennes, dont Rome, alors qu’elle était encore séquestrée, et recevra une autre distinction mercredi prochain à  Florence, en Toscane.

Stephen Brown, version française Philippe Bas-Rabérin

Questions troublantes sur le sauvetage de Betancourt

Mercredi 23 juillet 2008

Questions troublantes sur le sauvetage de Betancourt

© Mondialisation.ca, WSWS

Alors que des politiciens de droite sur trois continents profitent des éloges d’une soi-disant brillante opération de sauvetage d’otages détenus par les guérilleros des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) réalisée le 2 juillet, certains doutes ont été émis quant à  la véritable nature de cette opération.

La libération d’Ingrid Betancourt, Franco-colombienne et ancienne candidate à  la présidence, de trois « entrepreneurs » militaires américains sous contrat avec la compagnie Northrop Grumman et de onze autres otages a été exploitée pour restaurer la politique discréditée de l’administration Bush en Amérique latine, faire un héros d’Alvaro Uribe, le président colombien impliqué dans le trafic de drogue et les massacres paramilitaires, et raviver la faible popularité du président de droite français, Nicolas Sarkozy.

Même le sénateur John McCain, le candidat à  la présidence du Parti républicain, qui avait organisé une visite en Colombie (simple coïncidence ?) la journée avant la libération des otages, a pu faire son numéro. Alors qu’il était en Colombie, il a été mis au courant par Uribe, lui permettant ainsi de s’associer avec l’opération qui allait être menée.

Pratiquement rien ne peut distinguer McCain de son opposant démocrate sur la question de la Colombie. Le sénateur Barack Obama a fait sa propre déclaration de soutien à  l’opération, qualifiant les FARC d’ « organisation terroriste » et donnant son appui au gouvernement colombien pour qu’il ne fasse « aucune concession » aux guérilleros. Malgré tout, si Uribe pouvait rendre un service politique, ce serait sans aucun doute aux républicains, lui qui est depuis six ans le plus proche allié de l’administration Bush en Amérique latine.

Ce que toutes ces personnes ont tenté d’exploiter est l’indéniable sympathie du public pour Betancourt, une mère de deux enfants gardée prisonnière dans la jungle durant six ans, et les autres otages. De plus, elles présentent l’opération colombienne comme un brillant coup des services de renseignement €” décrite par certains comme étant sortie tout droit d’un film d’Hollywood €” dans la « lutte mondiale contre le terrorisme ».

Bien sùr, la sympathie générée par les représentants gouvernementaux et les médias autour de Betancourt, pas seulement en Colombie, mais aux Etats-Unis, en France et à  travers l’Europe, ne se rend pas jusqu’à  de nombreux autres qui ont été kidnappés et emprisonnés dans de pires conditions. Il existe après tout un autre endroit en Amérique où des centaines de personnes ont été faites prisonnières durant six ans, torturées et brutalisées après avoir été enlevées. Ces prisonniers, séquestrés sans accusation, ont peu de chance d’être libérés de la même façon, étant emprisonnés par l’armée américaine à  Guantanamo Bay.

Et, notons-le, les centaines de prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons colombiennes ou qui ont été enlevés par les organisations paramilitaires de droite qui sont intimement liées au gouvernement et aux forces armées n’ont pas profité d’une attention semblable. Leurs origines sociales sont généralement bien différentes de celles d’une personne ayant étudié en France comme Ingrid Betancourt, la fille d’un ancien ministre du gouvernement et le produit de l’oligarchie colombienne.

En ce qui concerne l’opération elle-même, la comparaison avec Hollywood pourrait être involontairement révélatrice. Selon la version officielle de l’armée colombienne, des espions auraient réussi à  infiltrer le mouvement de guérilla et à  « tromper » les dirigeants des FARC en leur faisant croire que les commandos d’élite portant des t-shirts de Che Guevara et les pilotes militaires étaient en fait des travailleurs humanitaires, des guérilleros et des journalistes qui faisaient partie du plan établi par les FARC eux-mêmes pour transférer les otages à  un autre endroit par hélicoptère.

Selon les commentaires, un des éléments qui auraient participé au succès de l’opération fut que « pas un coup de feu ne fut tiré ».

Il est difficile de croire que des guérilleros d’expérience rendraient les plus importants otages des FARC à  des inconnus arrivés en hélicoptère. Toutefois, ce qui rend cette version tout particulièrement douteuse est tout le dossier de l’armée colombienne dans lequel rares sont les occasions où « pas un coup de feu n’a été tiré ». En fait, elle a mené l’une des opérations les plus sanglantes de l’hémisphère durant des décennies, alimentée au cours des dix dernières années par 5,4 milliards de dollars en aide militaire des Etats-Unis.

Entre 2002 et 2007, les groupes de défenses des droits de l’homme ont documenté les meurtres extrajudiciaires de près de 1000 civils par l’armée du pays, en plus des 3500 meurtres et disparitions orchestrés par les unités paramilitaires de droite €” qui opèrent de façon routinière avec le soutien de l’armée. C’est en décembre 2002 que le gouvernement colombien a conclu un cessez-le-feu avec les paramilitaires, les disculpant essentiellement de leurs crimes, qui ont causé la plupart des morts et des blessés civils de la longue guerre civile du pays. Néanmoins, les assassinats et les massacres ont continué.

Pendant la même période, les guérilleros €” autant les FARC qu’une organisation plus petite, le ELN €” avec qui aucun cessez-le-feu n’a été conclu, n’ont été responsables que d’à  peine la moitié des morts civiles causées par les paramilitaires.

De plus, le gouvernement Uribe n’a pas montré d’intérêt pour la libération pacifique des otages dans le passé. En fait, la dernière tentative par les négociateurs français pour garantir la libération de Betancourt et des autres fut interrompue en mars, lorsque l’armée colombienne organisa un raid transfrontalier sur le camp des FARC en Equateur, tuant le chef de la guérilla Raul Reyes, qui fut apparemment ciblé dans le but de bloquer toute entente. La famille de Betancourt avait régulièrement exprimé la crainte que les actions d’Uribe auraient comme conséquence la mort d’Ingrid Betancourt.

Ce sont ces faits historiques qui donnent de la crédibilité aux comptes rendus circulant en Europe qui jettent un doute sur le récit héroïque raconté à  Bogota.

Citant une source « proche des évènements », la radio publique suisse a rapporté que la liberté des otages avait été achetée avec une rançon de 20 millions de dollars et que « toute l’opération qui a suivi après était une mise en scène. » La raison politique pour l’organisation d’une telle mise en scène est claire. Autant le gouvernement Uribe que l’administration Bush ont classifié les FARC comme étant une « organisation terroriste » et ont insisté pour dire qu’ils rejettent toutes négociations avec de tels groupes.

Selon le rapport provenant de la Suisse €” dont le gouvernement a été impliqué dans les négociations pour la libération des otages, tout comme celui de la France et de l’Espagne €” Washington a joué un rôle de premier plan dans l’organisation de l’entente.

Le rapport a ajouté que l’accord fut réalisé en utilisant une femme capturée d’un des chefs de la guérilla comme un intermédiaire. Selon ce rapport, elle fut renvoyée au camp des FARC et a persuadé son mari de changer son allégeance pour de l’argent.

En France, où Betancourt est arrivée vendredi en héros, Dominique Moisi, un des plus hauts experts en politique étrangère du pays, a semblé appuyer cette version des faits. Il a dit à  la télévision française que c’était « probable » que l’argent avait garanti la coopération des chefs des FARC. « Ils furent achetés afin de les faire changer d’avis, comme des chefs de mafia », a-t-il dit.

Pendant ce temps-là , Mediapart, le site web français de nouvelles fondé par l’ancien éditeur en chef du journal Le Monde et d’autres journalistes, a rapporté que la libération n’était « pas un accomplissement de l’armée colombienne, mais était due à  la capitulation d’un groupe des membres des FARC » suite à  « des négociations directes par les services secrets colombiens avec le groupe de la guérilla qui tenait Betancourt captive ». Citant des sources colombiennes, il rapporte qu’Uribe avait dit à  un groupe en mai dernier qu’une remise d’otages était en train d’être négociée. Mediapart a ajouté que le gouvernement Sarkozy avait accepté d’offrir un sanctuaire aux ex-guérilleros en France après leur remise.

Le gouvernement a accès à  de grands montants d’argent fournis par Washington afin d’acheter les guérillas et de les faire changer de côté. Cela était clair en mars dernier lors du meurtre du chef des FARC, Ivan Rios : son garde du corps l’a tué et a ensuite présenté sa main droite tranchée aux autorités afin de recevoir une récompense de 2,5 millions de dollars américains.

Une autre version, de sources proches des dirigeants des FARC, affirme que l’opération du gouvernement colombien avait été montée après que les FARC eurent eux-mêmes conclu une entente avec les négociateurs européens et se préparaient à  libérer les otages, soit le même week-end ou le suivant. Le but de l’intervention, selon cette version, était de faire de la libération un succès médiatique pour le gouvernement plutôt que pour les FARC.

Peu importe les détails exacts de cette étrange « opération de sauvetage », la libération de Betancourt, des mercenaires américains et des autres, pour laquelle Uribe et ses alliés américains prennent le crédit, est un autre signe de l’ampleur de la crise dans laquelle se trouvent les FARC.

Plongeant ses racines dans le Parti communiste colombien, les FARC sont nées dans la guerre civile qui a saigné le pays pour une période débutant en 1948 connue sous le nom de « La Violencia » et qui a été la plus grande lutte armée terrestre des Amériques depuis la révolution mexicaine.

Formées en 1964, les FARC se sont toujours basées sur la perspective stalinienne de la subordination des luttes des travailleurs et des paysans à  l’aile « progressiste » de la bourgeoisie nationale. Les FARC ont utilisé l’action armée dans la campagne (à  leur zénith, elles contrôlaient 40 pour cent du territoire colombien dans les années 1990) comme moyen de faire pression sur le gouvernement. Leur perspective dans la période récente a été de forcer le gouvernement à  entreprendre des négociations avec elles, prenant la voie empruntée par les autres groupes de guérilla d’Amérique latine qui est de se transformer en parti politique bourgeois.

Bénéficiant d’un faible soutien au sein des travailleurs urbains de Colombie, les FARC se sont basées sur une couche de la paysannerie, devenant de plus en plus dépendantes des taxes imposées aux cultivateurs de coca en échange de leur protection. Comme l’État bourgeois, l’armée et les organisations paramilitaires, elles sont corrompues par les immenses revenus que génèrent la production et le trafic de la drogue.

Les coups qu’ont subis les FARC dans la période récente n’ont pas eu d’impact sur le flot de cocaïne. Selon le rapport mondial sur les drogues de l’ONU, la culture du coca a augmenté de 27 pour cent l’an dernier. La défaite de groupe de guérilla signifie seulement que ce sont les autres acteurs de l’État et du secteur privé qui collectent leurs revenus.

Incapables d’offrir une véritable alternative politique ou sociale à  l’oligarchie colombienne, le mouvement de guérilla a été de plus en plus décrit par l’establishment comme la source plutôt que comme le symptôme de la longue crise et du bain de sang que connaît ce pays. Alors qu’il ne semble pas y avoir de voie progressiste hors de l’impasse, Uribe a pu se former une base d’appui en promettant d’imposer l’ordre d’une main plus ferme.

Il ne fait aucun doute que le supposé succès de l’armée dans cette opération sera utilisé par Uribe pour consolider sa dictature présidentielle et pour détourner l’attention des multiples crises politiques que connaît son gouvernement.

Le président et ses proches supporteurs sont profondément impliqués dans le scandale parapolitica, qui a exposé les liens entre eux et les organisations paramilitaires de droite responsables de massacres et de l’assassinat de milliers de personnes. Au moins 33 membres de l’actuel Congrès colombien sont présentement sous arrêt et 60 autres sont sous enquête, presque tous des partisans d’Uribe, pour avoir entretenu de tels liens. Le président lui-même a été impliqué dans l’un des plus sauvages massacres des années 1990.

De plus, la libération des otages a eu lieu un peu plus d’une semaine après que la plus haute cour de Colombie eut statué que le président colombien avait obtenu une modification de la constitution pour lui permettre d’obtenir un autre mandat en 2006 en soudoyant les membres du Congrès. Le jugement, qui a résulté en la condamnation d’un des législateurs, soulève des doutes sur la légitimité du second mandat d’Uribe. Le président colombien a réagi en appelant à  un autre vote, essentiellement comptant sur un référendum populaire pour aller à  l’encontre d’une décision constitutionnelle. Les soupçons se font plus persistants qu’il voudra utiliser cette manœuvre pour se donner un troisième mandat.

Article original en anglais, WSWS, paru le 7 juillet 2008.

Copyright WSWS.

Les Farc ont révélé qu’il n’y a pas eu de sauvetage des otages mais une fuite.

Mercredi 23 juillet 2008

Les Farc ont révélé qu’il n’y a pas eu de sauvetage des otages mais une fuite.

© Mondialisation.ca

Les Forces armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc) ont révélé ce vendredi que la libération de quinze de ses [derniers] otages ne s’est pas produite par un sauvetage mais par une fuite, et ils ont accusé les guérilleros qui les surveillaient de la permettre, « César » et « Gafas , a diffusé l’Agence Bolivarienne de Presse (ABP).

Le 2 juillet dernier, l’armée colombienne a libéré au cour de l’opération dénommée « Jaque » (Échec) l’ex-candidate à  la présidence [de la Colombie] Ingrid Betancourt, et trois citoyens étasuniens [FBI] et 12 soldats qui se trouvaient aux mains des Farc, l’action a été qualifiée d « impeccable », mais depuis une Radio suisse il a été révélé que celle-ci fut réussie grâce au paiement de 20 millions de dollars.

Voici le communiqué :

1. La fuite des 15 prisonniers de guerre, mercredi 2 juillet, a été la conséquence directe de la conduite méprisable de César et d’Enrique qui ont trahi leur engagement révolutionnaire et la confiance qui était mise en eux.

2. Indépendamment d’un épisode comme celui qui est arrivé, inhérent à  toute confrontation politique et militaire où se présentent des victoires et des revers, nous maintenons notre politique en vigueur pour concrétiser des accords humanitaires permettant l’échange, de plus ils protègent la population civile des effets du conflit. En persistant dans le sauvetage comme voie unique, le gouvernement doit assumer toutes les conséquences de sa décision aventureuse et téméraire.

3. La lutte, pour libérer les nôtres et les autres combattants politiques prisonniers sera toujours à  l’ordre du jour dans l’ensemble des unités « fariennes », spécialement à  sa direction. Nous les portons tous dans l’esprit et dans le cœur.

4. Pour obtenir les transformations révolutionnaires, dans aucun endroit du monde ni en aucun moment de l’histoire le chemin a été facile, au contraire, et par cela notre engagement s’accroît devant chaque nouveau défi ou difficulté.

5. La paix que requiert la Colombie doit être le résultat d’accords qui bénéficient aux majorités, cela ne va pas être la paix des sépulcres soutenue par la corruption, la terreur d’État, la félonie et la trahison. Les causes pour lesquelles luttent les Farc-EP sont toujours vivantes, le présent est la lutte et l’avenir est le nôtre.

Secrétariat de l’État-major Central des Farc-EP

Montagnes de Colombie, le 5 juillet 2008.

ABN . Bogotà¡, le 11 Juillet de 2008.-

Traduction de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

Vingt millions de dollars pour la libération des otages, info ou intox ?

Lundi 7 juillet 2008

Vingt millions de dollars pour la libération des otages, info ou intox ?

© 20minutes.fr

Bogota a démenti avoir versé « le moindre centime » pour libérer les quinze otages, dont Ingrid Betancourt. Samedi, la Radio suisse romande a lancé la polémique en affirmant que des membres des Farc avaient été achetés par le pouvoir colombien. Selon la radio helvète, quelque 20 millions de dollars auraient été versés à  la guérilla.

Une information démentie par Bogota, qui a diffusé des extraits d’une vidéo réalisée au moment du sauvetage pour prouver sa bonne foi. Par ailleurs, la Colombie a précisé que l’opération avait été avancée de dix jours par crainte de fuites au sein des Farc. Interrogé dans Le Journal du Dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a affirmé de son côté n’avoir « jamais entendu parler d’argent ». « Très clairement, il n’y a pas eu d’argent français », a-t-il précisé. Ingrid Betancourt, elle, a estimé que le commandant Enrique, qui la détenait, « n’a pas été acheté ». « Lorsque je l’ai vu poings et pieds liés au sol avec les yeux bandés, l’expression de son visage, de sa bouche, ce n’est pas quelqu’un qu’on a acheté, il était humilié », a-t-elle déclaré.

Betancourt, libérée par les Sionistes?

Samedi 5 juillet 2008

Betancourt, libérée par les Sionistes?

© IRIB

Le ministre colombien des A.E. a apporté un démenti €Žcatégorique aux informations qui couraient ces derniers €Žjours sur le rôle d’Israël dans la libération de l’otage franco-€Žcolombienne, Ingrid Betancourt. « Certaines agences ont €Žspéculé sur une éventuelle participation d’Israël à  Â€Žl’opération de sauvetage des otages, je tiens à  apporter un €Ždémenti officiel à  ces rumeurs. Cette opération a été menée €Žsous l’auspice de l’armée nationale et aucun pays étranger €Žn’y a participé », a affirmé le ministre colombien en €Žévoquant l’existence d’une vidéo qui montrait, étape par €Žétape, cette libération. Le ministre a également rejeté €Žl’hypothèse évoquée par les médias concernant le paiement €Žd’une colossale somme d’argent aux preneurs d’otage en €Žéchange de la libération des prisonniers.  » Il est vrai que par €Žle passé nous avons été parfois contraints de payer des €Žrançons, mais Betancourt a été relâchée sans que nous €Žayons rien à  verser aux FARC », a-t-il ajouté.

Ingrid Betancourt : la manipulation

Vendredi 4 juillet 2008

Ingrid Betancourt : la manipulation

© Alter Info

ingrid photo

« C’est à  lui que dois le fait d’être ici avec mes enfants. Je suis admirative de son audace et de son intelligence« , a déclaré à  propos de Nicolas Sarkozy Ingrid Betancourt après sa libération, dans une interview accordée à  RTL. Manifestement, sa détention a gravement altéré son discernement ! Remarquez, elle dit aussi avoir été libérée grâce à  dieu et la vierge Marie…

Sa gratitude va également à  Jacques Chirac et Dominique de Villepin, ce que Le Figaro ne saurait relayer : l’ami Birenbaum présente sur Le Post la vidéo originale de l’intervention de l’ex-otage et celle mise en ligne par le quotidien de Serge Dassault. La version de la Pravda sarkoziste n’a pas seulement coupé le passage sur l’ancien président et son Premier ministre pour raccourcir le sujet, ce qui eùt pu, à  la rigueur, se justifier, en finissant sur le remerciement à  son prophète : elle a conservé la fin originale de l’allocution de Betancourt (« je suis à  vous, merci la France »), en opérant donc un grand coup de ciseaux manipulatoire entre l’hommage à  Sarkozy et la fin, pour squizzer son prédécesseur et Galouzeau. Le directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Yves Thréard, livre la parole officielle dans une autre vidéo, en ligne ici : à  la question de savoir s’il s’agit d’une victoire personnelle pour Nicolas Sarkozy, il répond sans hésiter : « Oui, incontestablement ». C’est du reste le titre de la page : Une victoire personnelle pour Nicolas Sarkozy. Thréard justifie cette position par le fait que le président français avait annoncé dès son élection vouloir travailler à  la libération de la députée franco-colombienne et qu’il y a mis « tous les moyens ». Certes, mais son appel télévisé solennel à  Manuel Marulanda, le chef des FARC aujourd’hui décédé, lui demandant de libérer Betancourt, a-t-il été couronné de succès ? Absolument pas. Et l’avion médicalisé envoyé par Sarkozy pour ramener l’otage est-il rentré avec son précieux chargement ? Pas plus. Pour Thréard donc, il suffit que Sarkozy ait vainement tenté de faire élargir la prisonnière pour que sa libération, obtenue sans qu’il n’y joue un rôle quelconque, devienne pour lui une victoire personnelle : l’affaire a beau se dérouler en Colombie, c’est tout de même un peu fort de café, caramba !

Voilà  la réaction que l’on put avoir à  chaud : tempêter que d’aucuns attribuent le

ingrid betancourt

Ingrid Betancourt : la manipulation mérite de la libération de Betancourt à  Sarkozy sans que ce dernier n’ait en fait rien à  voir avec l’opération couronnée de succès. Mais il apparaît ensuite que la version livrée au public par le président colombien, Alvaro « Escobar » Uribe, d’une infiltration des FARC par l’armée, serait une pure invention, à  en croire Médiapart. Dans un article titré Libération d’Ingrid Betancourt : ce que ne dit pas la version officielle, le site d’Edwy Plénel revient tout d’abord sur l’exécution du négociateur de la guerilla marxiste, Raul Reyes, en s’appuyant sur le témoignage livré aux services spéciaux équatoriens par deux membres des FARC rescapés de l’attaque du camp : « Ces deux guérilleros ont décrit la précision de l’attaque qui a détruit ce camp, attaque à  la laquelle ils ont échappé parce qu’ils s’étaient éloignés de quelques centaines de mètres. Ils ont raconté que cinq bombes ont frappé simultanément la vingtaine d’hommes qui y vivaient depuis quelques jours. Selon plusieurs sources, ces bombes ou missiles n’ont pas été largués par des avions colombiens mais par des appareils américains volant à  haute altitude. Ils ont été guidés par le faisceau d’ondes émis par l’un des téléphones satellites utilisés par Raul Reyes. Ayant réussi à  se procurer quelques jours auparavant le numéro de ce téléphone, et en accord avec le gouvernement colombien, les responsables américains ont estimé nécessaire de mettre un terme à  la négociation qui était sur le point d’être finalisée. La libération d’Ingrid Betancourt était alors programmée pour le 8 mars, journée internationale de la femme. L’objectif de cette attaque, toutes les informations et les

ingrid betancourt la grande

indices l’indiquent, était de remettre en cause la libération d’une otage médiatique. Car, dans ces conditions, cette libération aurait redoré la réputation d’une guérilla en perte de vitesse ; elle aurait été porté au crédit de l’Equateur, du Venezuela et de la France. » Voici comment, avec l’assistance empressée de cet humaniste de George W. Bush, le président colombien, responsable des escadrons de la mort massacrant paysans réputés proches des FARC, syndicalistes et militants de gauche – ce qui lui vaut d’être représenté par certains opposants sous les traits d’un clone d’Adolf Hitler -, a sciemment empêché la libération de Bétancourt ! Ce qu’avait du reste vigoureusement dénoncé le président équatorien Correa : « Regardez la bassesse d’Alvaro Uribe, il savait qu’en mars douze otages allaient être libérés, parmi eux Ingrid Betancourt. Il le savait et il a utilisé ses contacts pour monter ce traquenard et faire croire au monde qu’il s’agissait de contacts politiques et pour lancer un écran de fumée sur son action injustifiable ».

Comment Betancourt a-t-elle finalement été libérée ? Voici ce que racontre Médiapart : « Il n’y a eu, en dépit de la version officielle, aucune infiltration des services spéciaux militaires. Simplement, avec l’aide logistique (et notamment le support de drones) américaine, le groupe a été suivi jour après jour pendant que se préparait par radio et par l’intermédiaire d’un émissaire, le scénario de reddition. Scénario reposant, comme l’a expliqué Ingrid Betancourt, sur une évacuation de sécurité par une ONG imaginaire. De quoi faire admettre, à  ceux qui n’étaient pas dans le secret, l’arrivée de plusieurs hélicoptères, puisque les FARC ne disposent pas de ce type de moyens aériens. Il a évidemment fallu plusieurs semaines pour qu’un maximum de chefs du groupe soient convaincus. La condition de ce groupe des FARC étant d’abord l’impunité promise et l’assurance qu’aucun coup de feu ne serait tiré. Le contrat a été respecté. Vers le 15 juin, le gouvernement colombien a fait demander à  la France si l’offre d’accorder l’asile aux rebelles, offre faite tant par Nicolas Sarkozy que par François Fillon, tenait toujours. La réponse ayant été positive, la phase finale de l’opération a été mise en route sans que les rebelles aient à  se déplacer, les otages étant à  peu prés désormais « présentables ». Il ne restait plus, au moment du dénouement, qu’à  accréditer l’invraisemblable version d’une opération militaire surprise résultat d’une opération d’infiltration. La réalité est moins glorieuse pour l’armée colombienne. »

marina petrella

Il apparaît donc que Sarkozy a finalement bien joué un rôle dans la libération de l’otage : celui d’avoir offert l’asile aux guerilleros. Rejoignons alors le camarade Fontenelle qui observe sur son blog : « Le gentil Sarkozy l’a répété hier : il est « prêt à  accueillir tous ceux qui accepteraient de renoncer à  la lutte armée ». Durant que des polices traquent dans nos rues les sans-papiers : le gentil Sarkozy répète que tou(te)s les repenti(e)s qui laisseront les Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia (FARC) trouveront chez lui un refuge sùr et douillet. Dans le même temps, exactement : un autre Sarkozy, moins directement souriant, laisse extrader vers l’Italie de son ami Berlusconi une femme qui a depuis longtemps renoncé à  la lutte armée. » Libérez Marina Petrella !

QUELQUES TRUCS BIZARRES DANS LA LIBÉRATION D’INGRID BÉTANCOURT

Vendredi 4 juillet 2008

QUELQUES TRUCS BIZARRES DANS LA LIBÉRATION D’INGRID BÉTANCOURT

© Alter Info

La liberation d’Ingrid Betancourt est une excellente nouvelle, mais la manière dont elle nous est racontee est bien mysterieuse.

1) Mourante il y a quelques semaines au point que l’on du affreter un avion médicalisé, elle se porte comme un charme aujourd’hui (jusqu’a pouvoir porter son sac a dos). Isolee au fond de la jungle, elle semble soudain tout connaitre de la realite internationale et du moindre detail des actions conduites en sa faveur.

2) Surtout, rien ne permet de verifier la relation des evenements par les autorites colombiennes, alors meme que celle-ci est contredite par le temoignage de la principale interessee. Ingrid Betancourt a parle d’hommes avec des badges representant une ONG qu’elle ne connaissait pas, tandis que l’armee colombienne parle uniquement d’une infiltration des FARC.

De source sure et certaine, si l’operation a ete éxécutée par l’armée colombienne, sa planification et son encadrement etaient exclusivement israéliens. (NdL&I – ce qui n’est pas étonnant, l’armée colombienne a depuis des années un contrat avec la boite de mercenaires israélienne Hod He’Hanitin)


Ingrid Betancourt : "C'est un miracle !"
envoyé par lemondefr

Regardez jusqu’o๠ça va avec Ingrid Bétancourt

Vendredi 4 juillet 2008

Ridicule : Le pape Benoît XVI va recevoir Ingrid Betancourt

© AP

CITE DU VATICAN – Le Vatican a annoncé vendredi que le pape Benoît XVI recevrait l’ex-otage des FARC Ingrid Betancourt dès que son emploi du temps le lui permettrait.

Selon le Vatican, le souverain pontife a adressé à  la Franco-Colombienne un télégramme pour lui exprimer sa joie dès qu’il a appris la nouvelle de sa libération.

Le message papal précise que le « désir noble et compréhensible » d’être reçu en audience par le pape, exprimé par Ingrid Betancourt, sera exhaussé dans les plus brefs délais.

Benoît XVI a récemment rejoint sa résidence d’été de Castel Gandolfo, près de Rome, et prévoit de se rendre en Australie le 12 juillet prochain.

Le pape avait reçu en février au Vatican Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid Betancourt.

L’ex-candidate à  l’élection présidentielle colombienne a été libérée mercredi lors d’une opération de l’armée après avoir passé plus de six ans aux mains de la guérilla des FARC. Elle était attendue à  Paris vendredi après-midi. AP

Ingrid Betancourt, libre

Jeudi 3 juillet 2008

Ingrid Betancourt, libre

© Alter Info

ingrid betancourt

L’armée colombienne a libéré mercredi Ingrid Betancourt, ancienne candidate écologiste à  la présidence colombienne, détenue depuis plus de six ans dans la jungle par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), ainsi que 14 otages, a déclaré le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.

Ingrid Betancourt, qui possède la double nationalité franco-colombienne, a été libérée au cours d’une opération des forces de sécurité et de renseignement colombiennes. Trois otages américains et 11 militaires colombiens ont retrouvé la liberté dans la foulée, a annoncé le ministre.

Selon lui, l’état de santé de l’ensemble des otages est satisfaisant. Ils ont été transférés vers la base militaire de Tolemaida, à  190km de Bogota.

Ingrid Betancourt était tombée entre les mains des Farc en février 2002 au cours d’une visite de soutien à  un membre de son parti, candidat à  la mairie de San Vincente, dans une zone récemment libérée de la présence des Farc. Les Américains Keith Stansell, Marc Gonsalves et Thomas Howes avaient été capturés en février 2003, alors qu’ils recueillaient des informations sur les plantations de coca pour le Pentagone.

Le renseignement militaire est parvenu à  infiltrer un de ses agents au sein du secrétariat des Farc, l’organe supérieur de l’organisation marxiste. 15 membres des Farc ont été neutralisés au cours de l’opération réalisée dans la province de Guaviare (centre-est).

Les militaires se sont présentés comme les membres d’une ONG fictive chargée de transporter les otages par hélicoptère vers un autre camp afin d’y rencontrer le nouveau leader de la guérilla colombienne Alfonso Cano.

« Les hélicoptères, qui appartenaient en fait à  l’armée, ont récupéré les otages dans le Guaviare et les ont conduits vers la liberté », a déclaré M. Santos.

Dans une interview à  Radio Caracol, Mme Betancourt a remercié l’armée colombienne, louant une opération « absolument impeccable ».

« C’est un signe de paix pour la Colombie, cela prouve que nous pouvons trouver la paix », a-t-elle déclaré, incapable de contenir ses larmes.