Archive pour la catégorie ‘Chine’

Les partenaires de Google en Chine exigent des clarifications

Mercredi 17 mars 2010

Les partenaires de Google en Chine exigent des clarifications

© Nouvel Obs

PEKIN (Reuters) – Les entreprises chinoises qui vendent des espaces publicitaires sur les pages de Google ont sommé le géant américain de l’internet de clarifier ses projets en Chine, le menaçant de demander des compensations s’il y ferme son portail.

Cet avertissement intervient au moment où Google, qui dit avoir été victime en janvier d’une vaste opération de piratage, semble près de quitter la Chine, même si un porte-parole a assuré que les négociations avec Pékin continuaient autour d’un accord garantissant la fin du filtrage des résultats du moteur de recherche.

Dans un courrier adressé à Google, 27 courtiers d’espaces publicitaires é sur ses pages en Chine déplorent une attente qui n’a que trop duré et nuit à leur activité, effraie leurs employés et met d’importants investissements en péril.

« Nous avons un flux constant d’informations mais ne pouvons pas prévoir l’avenir. Nous voyons les affaires reculer, mais nous ne pouvons rien y faire », dit la lettre, également publiée sur un site internet lié à la télévision officielle.

« Nous attendons maintenant dans une souffrance et une inquiétude incomparables », ajoute le texte.

Google a reçu ce courrier et est en train de l’étudier, a seulement réagi une porte-parole, Jill Hazelbaker.

Certains des signataires, contactés par Reuters, se sont refusés à commenter la lettre mais ont assuré que ni leurs liens avec Google Chine ni le différend entre l’entreprise et les autorités chinoises n’avaient affecté leurs activités.

Le Wall Street Journal cite pour sa part une source anonyme qui confirme le contenu du courrier mais ajoute que tous les signataires n’ont pas été impliqués dans sa rédaction.

Le courrier requiert de Google qu’il détaille ses projets et dise quand les sommes prépayées par les clients leur seront retournées, comment les employés des vendeurs d’espaces seront indemnisés et comment les entreprises elles-mêmes seront indemnisées, s’il venait à quitter la Chine.

Il demande en outre l’ouverture de négociations.

Le directeur général de Google, Eric Schmidt, a déclaré la semaine dernière avoir bon espoir de trouver un accord avec la Chine sur le maintien d’un moteur de recherche libre de censure.

Mais le Financial Times rapportait le week-end dernier que la fermeture du portail Google.cn était acquise « à 99,9% ».

Un porte-parole de Google a déclaré lundi que le dialogue se poursuivait mais ajouté que l’entreprise ne transigerait pas sur l’absence de censure, domaine dans lequel les observateurs ne voient pas non plus Pékin faire des concessions.

Chris Buckley et Michael Wei à Pékin, avec Alexei Oreskovic à San Francisco, Grégory Blachier pour le service français

Dominique Strauss-Kahn fait l’éloge de la Chine

Dimanche 15 novembre 2009

Dominique Strauss-Kahn fait l’éloge de la Chine

© Money Week

Le directeur du Fonds monétaire international estime que la Chine jouera un rôle prépondérant dans la stabilisation de l’économie mondiale en sortie de crise. « Le rôle de la Chine, non seulement en termes de croissance, mais aussi en corrigeant les déséquilibres dans l’économie mondiale, aura un rôle majeur dans les prochaines années, » a-t-il indiqué jeudi dans un entretien télévisé aux Etats-Unis.

Comme c’est génial ! La Chine, qui n’est même pas encore comptée parmi les pays développés (mais parmi les émergents), va corriger les inégalité subies à l’occident, en particulier les Etats-Unis.

Mais sur quelle planète vivons-nous? Strauss-Kahn, l’un des personnages les plus influents de la scène économique mondiale, affirme devant le monde que c’est la Chine qui va rétablir l’égalité sur la Terre. Un bien beau scénario qui est parfaitement accepté par un public auquel on répète depuis des années que la Chine devient de plus en plus puissante. Que la Chine fait régner l’inégalité. Pour les Etats-Unis, les Chinois s’enrichissent au dépens des honnêtes Américains… qui sont de plus en plus désavantagés dans un monde qui profite d’eux.

Dominique Strauss-Kahn mise sur un nouvel ordre mondial propulsé par la croissance chinoise – une thèse qui fonctionne mieux dans les discours que dans la réalité. Chez MoneyWeek, nous le verrions presque comme une insulte, sauf que nous avons la suspicion que DSK y croit peut-être lui-même.

Il est vrai que la Chine figure tout de même parmi les plus résistants face à la crise, avec une croissance estimée à 10% pour le quatrième trimestre – contre 0,3% pour la France au troisième trimestre.

Mais la Chine protégera ses intérêts en premier, et non les nôtres. Si la Chine avance vers la prospérité grâce à l’exportation de produits peu chers, alors il est peu probable qu’elle remette ce modèle en cause alors qu’elle est encore en plein essor.

Henri Bonnère

La Chine s’affirme comme grande puissance mondiale, par Bruno Philip

Vendredi 9 octobre 2009

La Chine s’affirme comme grande puissance mondiale, par Bruno Philip

© Le Monde

L’impressionnante parade militaire organisée à Pékin, jeudi 1er octobre, à l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de la République populaire vient de boucler un cycle d’occasions qui ont montré à quel point les dirigeants de la troisième économie mondiale revendiquent désormais sans complexe le statut de grande puissance pour leur pays. « Aujourd’hui, la Chine socialiste se tient solidement debout à l’est, face à l’avenir », a proclamé dans son discours du 1er octobre le président Hu Jintao, vêtu d’un costume similaire à celui que Mao portait soixante ans plus tôt.

En août 2008, les Jeux olympiques de Pékin avaient symbolisé le retour en fanfare de la Chine sur la scène mondiale. En novembre 2008, au G20 de Washington, la Chine était apparue comme un acteur essentiel du sauvetage de l’économie mondiale mise à mal par la crise financière. Au G20 de Londres, au printemps, des commentateurs avaient même avancé que le G20 devrait s’appeler G2, puisqu’il n’y a que deux pays qui comptent vraiment : les Etats-Unis et la Chine !

En juillet, lors du sommet sino-américain de Washington, il était frappant de voir comment de nombreux experts chinois des questions stratégiques et financières analysaient le rapport de force entre Washington et Pékin : le ton de leurs interviews laissait clairement entendre que la Chine était désormais en mesure de dicter certaines de ses conditions.

Un certain professeur Yu Wanli, du Centre des études internationales et stratégiques de l’université de Pékin, se réjouissait à la pensée que, si Washington voulait faire à nouveau pression sur la République populaire afin qu’elle consente à apprécier sa monnaie nationale, fortement sous-évaluée par rapport au dollar, le moment était mal choisi : la Chine finance une partie de la dette des Etats-Unis puisqu’elle a déjà acheté pour quelque 800 milliards de dollars de bons du Trésor américains…

La Chine suscite à l’étranger des réactions complexes : elle est perçue comme une puissance avec laquelle il est nécessaire d’avoir des relations apaisées. Mais son « émergence » – et peut-être la façon dont Pékin se rengorge devant les manifestations de sa nouvelle puissance – est source d’inquiétude. Entre autres exemples, sa compétitivité dans le domaine des échanges commerciaux a, selon des instituts de recherche américains indépendants, fait perdre en moyenne 350 000 emplois par an aux Etats-Unis depuis que la Chine est devenue membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2001.

Dans le domaine militaire, en revanche, les menaces que pourrait faire peser sur le nouvel ordre mondial une armée engagée dans un processus de modernisation n’alarment pas – encore – les experts : en termes de « capacité de projection » loin de ses frontières, la Chine est encore en retard de deux décennies par rapport aux Américains si elle voulait soutenir un conflit prolongé.

Si le XXe siècle fut celui des Américains, le XXIe serait-il celui de la Chine ? L’assertion est prématurée, même si ce que les responsables pékinois ont baptisé « ascension pacifique » prouve aujourd’hui, et de manière sans doute durable, que la Chine ne va pas cesser de se hisser sur les barreaux de l’échelle de la diplomatie mondiale. Dans leur livre consacré à la confrontation sino-taïwanaise (La Chine en quête de ses frontières, Presses de Sciences Po, 2005), Jean-Pierre Cabestan et Benoît Vermander ont fait une analyse de la sémantique utilisée par le pouvoir, remarquant que le terme da guo (grande puissance) était utilisé de manière croissante en Chine. Certes, ajoutaient-ils, « ce statut n’est pas considéré (par les Chinois) pleinement acquis encore ». Ils insistaient sur le fait que si sa politique étrangère est en phase « expansionniste » et s’oriente dans un rôle voulu de puissance de premier plan, la Chine estime que son statut de leadership mondial « ne (lui) sera reconnu que si elle prouve sa capacité à jouer avec maîtrise et pondération dans son environnement régional ».

La Chine, grand pays qui fera de plus en plus fair valoir les droits conférés par sa puissance, tout en se comportant comme un « bon citoyen » du village global ? Richard Baum, sinologue et professeur à l’université de Los Angeles, estime que le principe cardinal de la diplomatie chinoise de « non-interférence » dans les affaires intérieures d’autres pays a donné lieu ces derniers temps à « des ajustements pragmatiques de la part de Pékin, mais la plupart du temps en conjonction avec des pressions internationales pour intervenir dans des crises d’ordre humanitaire ». Interventions dans laquelle s’engage de manière croissante l’armée chinoise.

A Pékin, des voix modérées n’hésitent pas à relativiser les limites de la « puissance » de cet empire du Milieu au rôle central. Comme le dit Shi Yinhong, professeur de politique internationale à Pékin : « La Chine a récemment fait de grands progrès mais doit encore surmonter de nombreuses faiblesses : elle n’est pas très avancée en matière technologique, son environnement écologique est dégradé et, dans certaines de ses campagnes, on vit dans un climat d’anarchie partielle. On peut vraiment faire mieux, beaucoup mieux ! »

La Chine a affirmé son rang d’acteur majeur du nouvel ordre mondial

Samedi 4 avril 2009

La Chine a affirmé son rang d’acteur majeur du nouvel ordre mondial

© Le Monde

C’était une première. Hu Jintao s’est exprimé sans notes. Librement. Lors du dîner donné, mercredi 1er avril, au 10 Downing Street, par Gordon Brown, le président chinois est apparu plus détendu, plus sûr de lui. Chacun l’a remarqué. Depuis des mois, les dirigeants chinois prennent de l’assurance. Ils s’impliquent dans les négociations internationales, défendent leurs intérêts mais savent faire des concessions.

Ainsi, le président chinois a-t-il accepté la publication d’une liste noire des paradis fiscaux, tant la pression de Nicolas Sarkozy était forte. « La Chine est allée plus loin qu’elle ne le voulait parce qu’elle ne voulait pas faire d’esclandre », commente un membre du G20.

Certes, M. Hu a obtenu une solution qui lui permettait de sauver la face : ce n’est pas le G20 qui établira la fameuse liste, mais l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avec laquelle la Chine n’a rien à voir. On aurait dit un compromis bruxellois.

« C’est la première fois que la Chine accepte de faire référence à une organisation dont elle ne fait pas partie », a noté M. Sarkozy. M. Hu peut ainsi prétendre qu’il n’est pas lié par la décision, lui qui entend protéger les places financières de Hongkong, Macao et Singapour. Il n’empêche, celles-ci sont menacées d’être livrées à la vindicte si elles ne respectent pas les exigences de transparence.

Autre concession, la Chine a fini par accepter d’apporter 40 milliards de dollars au Fonds monétaire international (FMI), selon le premier ministre britannique Gordon Brown. Pékin faisait un préalable du renforcement de son pouvoir au sein de cette institution. Mais il a obtenu que le sujet soit tranché d’ici à 2011 au lieu d’être renvoyé à 2013.

« La Chine, tout comme l’Inde et le Brésil, ne se serait jamais assise à cette table il y a quelques années », a indiqué M. Brown. A condition qu’on ne leur offre pas un strapontin. « Les Chinois ne veulent pas que le G20 soit le prolongement du G7 des pays industrialisés », explique un dirigeant allemand. M. Sarkozy ne dit pas autre chose depuis des mois : « Si on n’invite pas la Chine et les grands émergents aux réunions du G7, c’est eux qui finiront par se réunir sans nous inviter. »

Tout n’est pas normalisé. A Londres, les Chinois n’ont pas donné de conférence de presse publique, à la différence de la plupart de leurs homologues du G20, mais ils sont moins cadenassés par leur moule communiste. « Jusqu’à présent, c’était le président de la banque de Chine qui était le plus connu. Maintenant, c’est le président et le premier ministre qui prennent leurs responsabilités et c’est très bien », commente le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.

« La coopération de la Chine avec l’ensemble des partenaires est indispensable si on veut une économie mondiale organisée », a expliqué de son côté le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

Et les Chinois savent qu’ils y ont intérêt. Ils font partie des grands défenseurs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), eux qui dépendent tant de leurs exportations et sont les premiers touchés par la contraction du commerce. « Pour la Chine, le spectre protectionniste est une hantise », explique Pascal Lamy, directeur général de l’OMC.

Les diplomates et financiers français et allemands se sont heurtés pendant toute la négociation du G20 à leurs homologues chinois. Mais il s’agit moins d’une opposition systématique que d’une stratégie offensive. Les Chinois inquiètent lorsqu’ils proposent de détrôner le dollar comme monnaie de réserve. M. Hu a veillé à ne pas évoquer le sujet à Londres, mais chacun y pensait. Les dirigeants chinois étaient bel et bien au cœur du G20. La presse chinoise n’a pas manqué de le souligner. « Pour la première fois, les pays développés n’ont pas été la seule force directrice », s’est félicité Le Quotidien de la jeunesse de Pékin.

Arnaud Leparmentier, Virginie Malingre et Anne Michel

Pékin appelle à  un « nouvel ordre économique » à  Davos

Jeudi 29 janvier 2009

Pékin appelle à  un « nouvel ordre économique » à  Davos

© Nouvelobs

Le Premier ministre chinois a également demandé aux pays riches d’ »assumer leurs responsabilités » en aidant les pays pauvres face à  la crise, au premier jour du Forum économique mondial à  Davos.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé, mercredi 28 janvier devant le Forum économique mondial à  Davos (Suisse), à  « l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial » et a demandé aux pays riches d’ »assumer leurs responsabilités » en aidant les pays pauvres face à  la crise. Le 39e Forum de Davos a démarré mercredi dans les Alpes suisses dans une ambiance plombée par la crise économique, face à  laquelle l’élite des affaires et de la politique internationales promettent de plancher sur une « convalescence mondiale ».
Selon les organisateurs du Forum économique mondial (WEF) qui ambitionnent pendant cinq jours de « Redessiner le monde de l’après-crise », l’édition 2009 s’annonce « historique » en raison de son nombre « record » de participants.
Au total, quelque 2.500 décideurs mondiaux sont attendus dans la station de ski, dont une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement.

Première visite de Vladimir Poutine

La Russie et la Chine sont à  l’honneur, à  l’image de leur poids économique et politique grandissant. Pour sa première visite dans la petite station suisse, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a eu le privilège du discours inaugural.
La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet devaient également faire le voyage pour participer au grand « brain storming » dont le patron-fondateur, Klaus Schwab, espère tirer des lignes directrices pour le prochain G20 sur la crise, début avril à  Londres.

La Chine appelle à  un « nouvel ordre économique mondial »

« Nous devons non seulement prendre des mesures efficaces pour surmonter les difficultés actuelles mais agir pour l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial qui soit juste, équitable, solide et stable », a déclaré le Premier ministre chinois Wen Jiabao, qui s’est exprimé le premier jour du Forum.
Il a demandé une réforme des grandes institutions financières internationales, estimant que « les pays en voie de développement doivent avoir davantage de poids dans les institutions financières internationales ».
« Nous devons faire évoluer le système monétaire international vers une plus grande diversification », a-t-il ajouté, dans une référence à  la domination actuelle du dollar dans les échanges internationaux.
Le responsable chinois a par ailleurs demandé aux pays riches d’ »assumer leurs responsabilités » et de « minimiser » l’impact de la crise financière sur les pays en voie de développement.

Refonte du système financier

La « refonte du système financier » devrait ainsi prendre une place de poids avec la présence d’un nombre importants de banquiers centraux. Et ce malgré l’absence remarquée de nombre de représentants de grandes banques, premiers coupables et également premières victimes de la crise. Des dirigeants de banques en faillite ou en très grandes difficultés comme Citigroup, la Bank of America ou UBS feront tout de même le déplacement.

Les Etats-Unis discrets

Mais peu attendent de mea culpa ni de plan miracle de cette grand’messe du capitalisme, d’autant que la nouvelle administration américaine est modestement représentée par une simple conseillère du président Barack Obama.
Côté diplomatique, les organisateurs prévoient une rencontre sur le Caucase en présence des présidents azerbaïdjanais et arménien.
Le conflit du Moyen-Orient, notamment la situation humanitaire à  Gaza, est également à  l’ordre du jour avec une intervention du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.
En écho à  la morosité ambiante, les fêtes traditionnelles du Forum ne devraient plus avoir le faste d’antan. Signe que l’heure n’est plus à  la fête, les célébrités, elles, seront absentes. Pas d’Angelina Jolie, de Sharon Stone ou de Bono cette année.

A Belém, les altermondialistes

Pendant ce temps, plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient attendues au Forum social mondial à  Belém, au Brésil, l’anti-Davos, également consacré à  la crise économique mondiale et au climat. Au moins cinq chefs d’Etat latino-américains de gauche ont annoncé leur venue: le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva évidemment, Hugo Chavez pour le Venezuela, Evo Morales pour la Bolivie, Rafael Correa pour l’Equateur et Fernando Lugo pour le Paraguay.
Les altermondialistes préparent une journée d’action mondiale pour le 28 mars, juste avant le sommet économique du G-20 le 2 avril à  Londres.

Pour la Chine, l’effondrement de Wall Street est dù à  la surémission de monnaie de la Fed

Samedi 20 septembre 2008

Pour la Chine, l’effondrement de Wall Street est dù à  la surémission de monnaie de la Fed

© Alter Info, Prison Planet

Le sauvetage des institutions financières avec l’argent des contribuables fait parti d’un vaste plan visant à  augmenter le contrôle sur l’économie mondiale, écrit un média contrôlé par l’État chinois.

Pour la Chine, l’effondrement de Wall Street est dù à  la surémission de monnaie de la Fed
Paul Joseph Watson et Yihan Dai
Prison Planet
Vendredi, le 19 septembre 2008

Aujourd’hui, les médias officiels de la Chine font des reportages sur la vraie cause de l’effondrement de Wall Street, une cause dont les grands médias américains n’osent pas parler : la surémission de monnaie de la Réserve fédérale – et dont les chinois disent qu’elle fait partie d’un vaste plan pour justifier un contrôle encore plus grand sur l’économie mondiale.

L’administration Bush a annoncé aujourd’hui un plan visant à  utiliser des centaines de milliards de dollars de l’argent des contribuables pour acheter des prêts hypothécaires et autres dettes de mauvaise qualité. Le processus qui permet d’injecter encore plus de monnaie fiduciaire dans un système qui en est déjà  trop gorgé a eu l’effet souhaité – le Dow Jones a grimpé de 450 points – mais le dollar, à  la suite d’un bref saut, a commencé à  chuter.

De nombreux médias contrôlés par l’État chinois déclaraient aujourd’hui que la ferveur sans limite de la Réserve fédérale à  soutenir le marché en injectant des liquidités illusoires, fait partie d’un plan pour gagner la confiance et pour accroître l’intervention du gouvernement sur les marchés financiers.

Les médias chinois qui relèvent de l’état dont Chine Finance, Chine News et Chaobao Financial News, ont fustigé contre la Fed pour avoir pris des mesures qui, à  long terme, aggraveront les conditions économiques et dévalueront le dollar par « la création de nouveaux argents qui n’existent pas et qui conduira à  l’inflation monétaire, » une politique contraire à  la position de la Chine qui est titulaire de vastes réserves de dollars US.

L’analyste cité par Chaobao Financial News a souligné que « lorsque le marché est en faillite, l’objectif premier de l’intervention du gouvernement devrait consister à  soutenir le marché au profit du peuple: d’abord par une aide d’urgence, ensuite par la stabilisation et enfin par une réforme » et que « la protection des droits des personnes qui souffrent des conséquences du marché immobilier ou des prix élevés du pétrole devrait être traitée en priorité. »

L’analyste a ajouté que, en se concentrant sur le sauvetage d’un petit nombre de grandes sociétés financières, la Fed est en train de créer un chaos financier beaucoup plus grand et qu’elle suscite la colère et de la suspicion en « protégeant et en encourageant seulement les grandes entreprises dont l’éthique est questionnable. »

Hier, Xu Xiaonian, un professeur d’économique et de la finance à  la China Europe International Business School, a déclaré lors d’une conférence que « la cause fondamentale de l’effondrement de Wall Street est attribuable à  la surémission de monnaie de la Réserve fédérale. » Il a avisé que le gouvernement américain avait déjà  outrepassé son champ d’intervention par rapport à  sa politique habituelle.

Des propos similaires ont été repris par l’économiste Zuo Xiaolie, qui a déclaré que le montant d’argent injecté dans le marché aura peu d’impact réel, mais que ces mesures sont une « approche limitée utilisées par la Réserve fédérale pour répartir la pression des ajustements monétaires sur d’autres pays, ce qui entraîne la dévaluation du dollar en provoquant un déséquilibre dans l’économie mondiale. »

« Le montant d’argent qui a été injecté sur le marché ne peut fondamentalement pas sauver le marché, » a déclaré Xiaolie, en ajoutant que ce geste faisait simplement partie d’un plan visant à  « regagner la confiance et à  justifier une éventuelle nouvelle intervention dans l’économie. »

Mercredi, le journal officiel de la Chine, People’s Daily, la voix du parti communiste au pouvoir, a déclaré que les États-Unis ont mis à  feu des « armes de destruction massive » économiques et qu’ils ont déclencher un « tsunami financier » en permettant aux prêteurs de Wall Street de faire le commerce des subprime et des produits dérivés, selon un reportage de Presse TV.

La Chine a déjà  menacé de liquider ses énormes avoirs en bon du trésor US, qui s’élèvent à  1,33 trillions de dollars, si jamais Washington devait imposer des sanctions commerciales pour forcer une réévaluation de yuan. À plusieurs reprises, le parti communiste a également exprimé sa colère face à  l’indifférence de la Fed devant l’affaiblissement du dollar. Si la Chine devait se débarrasser du dollar, il s’en suivrait une série d’événements qui conduirait à  l’effondrement du billet vert.

Nous devrions réaliser que nous sommes en difficulté lorsque tout ceux qui soutiennent le Parti communiste chinois prêchent la bonne politique monétaire et le conservatisme fiscale alors que l’administration Bush et la Réserve fédérale qui, en créant toujours plus d’argent comme par magie, permettent à  leurs amis de Wall Street de s’en sortir alors que l’avenir économique de centaines de millions de citoyens américains n’est pas considérée.

Traduction de Dany Quirion pour Alter Info

Article original anglais : http://www.prisonplanet.com

La Coopération de Shanghai soutient le « rôle actif » de la Russie dans le Caucase

Samedi 30 août 2008

La Coopération de Shanghai soutient le « rôle actif » de la Russie dans le Caucase

© Solidarité & Progrès

28 aoùt 2008 (LPAC) – Les présidents des six pays membres de l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS) ont signé ce 28 aoùt la déclaration de Douchanbé (Tadjikistan), qui soutient le « rôle actif » de la Russie dans la crise actuelle du Caucase. La déclaration reconnaît la profondeur de la crise. Elle déclare que les « Etats membres de l’OCS sont profondément inquiets des tensions autour de la question de l’Ossétie du sud, et appellent toutes les parties concernées à  résoudre pacifiquement les problèmes existants, par le dialogue ». L’OCS regroupe la Russie, la Chine, et quatre anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale : le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Quatre pays sont observateurs : l’Inde, la Mongolie, l’Iran et le Pakistan. La déclaration ne reconnaît cependant ni l’indépendance de l’Ossétie du sud ni de l’Abkhazie, comme on pouvait s’y attendre.

Néanmoins, par la suite, le président russe Dimitri Medvedev expliqua que, durant la rencontre, les présidents étaient « d’accord que des événements tels » que l’agression géorgienne, ne participaient pas à  « renforcer la sécurité mondiale », et que « toute nation qui lance une agression devrait être tenue pour responsable » des conséquences. Medvedev, dans ses déclarations présentées sur Russia Today TV, précise qu’il a pu expliquer en profondeur l’agression géorgienne et la réaction russe à  ses collègues de l’OCS, qui l’en remercièrent. Selon RIA Novosti, Medvedev appela les dirigeants de l’OCS à  soutenir la Russie, à  « envoyer un signal sérieux à  ceux qui tentent de justifier l’agression commise ». « Qui est de connivence avec les autorités géorgiennes et qui les a même cooptées, à  des fins personnelles et égoïstes, est quelque chose de bien connu. Dans ces circonstances extrêmes, nous sommes restés calmes et avons poursuivi une ligne politique responsable et prévisible, » dit Medvedev.

Dans la déclaration conjointe de l’OCS, il est dit : « Les dirigeants des Etats membres de l’OCS accueillent positivement la signature à  Moscou des six principes de régulation du conflit en Ossétie du sud, et soutiennent le rôle actif de la Russie en aidant à  la paix et à  la coopération dans cette région. » (…) « Les pays membres de l’OCS déclarent leur adhésion à  la diplomatie préventive, en tant que moyen significatif pour résoudre les problèmes de sécurité et de développement, ainsi que pour renforcer le rôle clé de l’ONU dans la sphère de la prévention de crise. »

Medvedev remercia la compréhension des dirigeants de l’OCS vis-à -vis de la position de la Russie : « Nous sommes sùrs que la position des membres de l’OCS trouvera une réponse internationale à  la hauteur. J’espère que cela servira de signal sérieux à  ceux qui essayent de justifier l’aventure sanglante du gouvernement géorgien. » Il remarqua que lui-même, tout comme le président Bush, avait été informé de l’attaque géorgienne en plein Jeux olympiques à  Pékin, par le Premier ministre Vladimir Poutine. « Personne n’a besoin de guerre, » répondit George Bush.

Pour creuser le sujet : Focus

L’empire de Big Brother

Mercredi 27 août 2008

L’empire de Big Brother

© Courrier International

Un journaliste chinois a décidé d’enquêter sur le quadrillage du territoire chinois par les caméras de surveillance. Il narre son expérience dans l’hebdomadaire hongkongais Yazhou Zhoukan.

camera chine

La mise en réseau, avant les Jeux olympiques, de caméras réparties dans toutes les rues de la capitale chinoise, permet aujourd’hui aux autorités de Pékin de surveiller la totalité de la ville. Grâce à  ces caméras équipées d’un système de reconnaissance biométrique et grâce aux satellites, un simple coup d’œil aux écrans de contrôle suffit aujourd’hui pour savoir qui fait quoi et où.

Dans le film Matrix, il y a cette scène culte : Morpheus rencontre Neo pour la première fois et lui offre le choix entre deux pilules, une bleue dans la main gauche, une rouge dans la main droite. S’il avale la bleue, lui dit-il, tout redeviendra comme avant (comprenez : il retournera à  l’ignorance béate d’un bonheur illusoire et artificiel). S’il prend la rouge, il verra la matrice telle qu’elle est (comprenez : il devra faire face à  la dure réalité). En mars de cette année, au Canada, j’ai accepté la pilule rouge que m’offrait la célèbre journaliste Naomi Klein et après l’avoir avalée, j’ai ouvert les yeux…

Dans le magazine Rolling Stone, Naomi Klein décrit comment, après les attentats du 11 septembre, l’industrie de la sécurité intérieure des Etats-Unis a essaimé ses technologies en Chine. Elle le fait avec ce même regard perçant que l’on avait remarqué dans La Stratégie du choc. Selon l’enquête, la zone économique spéciale de Shenzhen s’est déjà  équipée d’environ 200 000 caméras de surveillance. Elle prévoit d’élever ce chiffre à  2 millions en trois ans et deviendrait alors la ville la mieux « surveillée » au monde, devant Londres. L’expérience ayant fait ses preuves à  Shenzhen, on prévoit d’étendre cette initiative à  d’autres villes dans d’autres provinces. Le coùt prévisionnel de l’opération s’élèverait à  30 milliards de dollars pour l’ensemble du marché chinois.

A l’époque, encore sceptique, j’ai pris mon appareil photo pour illustrer le reportage de Naomi Klein et je me suis promené dans les rues de Shenzhen pour la première fois depuis trois ans. Avant même d’avoir franchi la frontière de Luohu, les premiers effets de la pilule rouge se sont fait sentir. A la douane, au-dessus de la fenêtre du poste frontière, une rangée entière de caméras couleur crème. Les anciennes sont rectangulaires, les nouvelles protégées par un boîtier en plastique noir transparent. Si on les regarde avec attention, certaines caméras mobiles peuvent effectuer un balayage à  180 degrés et ressemblent à  la prunelle d’un œil. Je me dis qu’à  la douane, il faut bien un moyen pour éviter les fraudes. La douane franchie, une autre armée de caméras sont implantées à  l’intérieur et à  l’extérieur du centre commercial de Luohu. Dans les magasins, il faut bien se protéger des voleurs, me dis-je. Je m’éloigne et traverse un parc. Dans le reflet de l’étang qui se trouve à  côté des marches de pierre près des grands arbres, que vois-je ? Les yeux de plusieurs caméras camouflées en lampadaires ! Encore une en face, là , au carrefour ! Mais enfin, tous ces yeux partout, ça n’inquiète personne ? C’est alors que tout à  coup j’ai compris.

Des yeux dans tout Pékin

Avec les Jeux olympiques, je sais à  quoi m’attendre. En allant vers l’est, de Xidan [quartier de Pékin] jusqu’à  la rue Chang’an, mes vieilles copines sont là , tout au long du chemin, et me saluent cordialement. Arrivé sur la place Tiananmen, devant le président Mao, elles me prennent en photo avec les touristes. Et quand je tourne dans les hutongs, à  hauteur de Qianmen, elles paraissent étrangement belles et lumineuses, telles des étrangères qui auraient rendez-vous avec le vieux Pékin. Elles sont là , un peu gênées, et attendent à  l’entrée de la ruelle. De retour dans la rue principale, je me dirige vers Dongdan. Cette fois, je les retrouve haut perchées sur le toit des prestigieux immeubles de l’Oriental Plaza. Elles me toisent, moi pauvre brin d’herbe au milieu de cette jungle de béton. Puis elles me poussent en hâte vers le métro. Depuis la mi-juillet, à  chaque station, un contrôle de sécurité est désormais systématique avant de passer le portillon. Tous les sacs, petits et gros, passent aux rayons X ou sont fouillés par le personnel affecté à  ce poste.

Le 2 aoùt, en compagnie de plusieurs milliers de personnes, je me suis rendu aux abords du Nid d’oiseau pour regarder en douce le feu d’artifice donné à  l’occasion de la deuxième répétition générale de la cérémonie d’ouverture. Pour ceux qui disposaient du billet d’entrée, ce n’est qu’à  l’issue d’un contrôle de sécurité digne d’un aéroport qu’ils ont pu prendre place dans le stade. Les autres quidams, comme nous, ont contourné le stade pour aller s’installer sur un terrain voisin. Là  encore, tout au long du chemin, des policiers, des gardes, des volontaires, une myriade d’yeux électroniques et un véhicule blindé chargé de la sécurité, semblable à  un char d’assaut ! Et tandis que certains se plantaient devant pour prendre des photos, j’ai soudain repensé à  l’homme de Tiananmen bloquant une colonne de chars pendant la période des troubles [en 1989], et j’ai frissonné.

Ayant retrouvé mes esprits, j’ai observé à  nouveau la marée humaine qui marchait lentement, en ordre, à  mes côtés. Dans ces nouveaux jardins créés à  l’occasion des Jeux, les membres du cordon de sécurité, pourtant ruisselants de sueur, conservaient un air amène. Face à  ce spectacle, je me suis laissé aller… Tous ensemble, petits et grands, mes amis journalistes et moi, ainsi que des fans de photos, nous sommes d’abord allés à  Beimen voir le soleil se coucher sur le Nid d’oiseau, en attendant les feux d’artifice. La lumière du crépuscule, quelle vision féerique ! Puis, après un long moment dans la pénombre, tout le monde s’est mis soudain à  hurler : dans un crépitement assourdissant, le ciel tout entier s’embrasa au-dessus d’un Nid d’oiseau, devenu éblouissant de lumière. Dans les yeux des spectateurs scintillaient des étoiles tantôt rouges, tantôt vertes. J’ai sauté sur mon appareil photo. Dans mon objectif, une caméra camouflée en lampadaire, aussi haute que le Nid d’oiseau, me regarda. Maudite pastille rouge !

Li Silu
Yazhou Zhoukan

Le Falun Gong, arme de la CIA contre le « Grand dragon rouge »

Samedi 23 août 2008

Le Falun Gong, arme de la CIA contre le « Grand dragon rouge »

© Alter Info, VoltaireNet

par Thierry Meyssan*
L’une des principales personnalités soutenues par le département d’État pour le Prix Nobel de la Paix est un maître d’art respiratoire chinois, Li Hongzhi, qui a coordonné les manifestations anti-communistes sur le passage de la flamme olympique. Peu connu du grand public, l’homme a fondé une puissante secte qui étend l’influence états-unienne sur la diaspora chinoise, le Falun Gong. Avec l’aide de Washington, il dispose désormais d’une vaste infrastructure médiatique et mène une croisade contre le Parti communiste chinois.

le falun gong
Des milliers d’adeptes du Falun Gong se massent en silence sur les trottoirs, le 25 avril 1999, devant le siège du Parti communiste chinois.

Les médias occidentaux ont donné un fort écho aux manifestations qui ont perturbé le passage de la flamme olympique entre mars et mai 2008. Ignorant les étapes festives, ils se sont centrés sur les gesticulations de Reporters sans frontières à  Olympie (25 mars), les protestations pro-tibétaines de Londres (6 avril), Paris (7 avril) et San Francisco (9 avril), et ont entretenu un flou artistique autour des manifestations de Buenos Aires (11 avril). Ils ont essayé de faire croire à  l’existence d’un mouvement spontané du public contre divers aspects de la « dictature du Parti communiste chinois ». Malgré €”ou peut-être à  cause€” de ce parfum de Guerre froide, les médias occidentaux n’ont pas relevé que ces événements avaient été planifiés un an à  l’avance et coordonnés par une ONG, Human Rights Torch Relay (Relais de la flamme olympique pour les Droits de l’homme) [1], émanation d’un puissant mouvement américano-chinois, le Falun Gong.

Plus récemment, de nombreux journalistes sportifs accrédités aux Jeux olympiques de Pékin ont reçu un mail de la Coalition to Investigate the Persecution of Falun Gong in China (Coalition pour enquêter sur la persécution du Falun Gong en Chine) [2] contenant un document de 26 pages intitulé : Torture Outside the Olympic Village : A Guide to China’s Labor Camps (Torture hors du village olympique : un guide des camps de travail chinois) [3].

Selon ce document et l’abondante littérature publiée par les adeptes du Falun Gong, ce culte serait un « nouveau mouvement religieux » réalisant une synthèse entre bouddhisme et taoïsme. Alors que ses adeptes ne demanderaient qu’à  pratiquer en paix, ils seraient victimes d’une féroce répression en Chine, État encore dirigé par un Parti communiste athée.

Mais qu’est-ce que le Falun Gong ? [4]

Dans les années 90, le Parti communiste chinois a encouragé les initiatives civiles en autorisant la création d’associations culturelles et sportives dont il avait jusque-là  le monopole. Parmi celles qui ont vu le jour, les associations d’art martiaux et de qigong ont connu un véritable engouement. Le qigong, technique ancestrale de respiration, permet de développer la concentration et l’équilibre interne. Diverses études médicales ont montré que ses pratiquants sont moins sujets aux maladies que le reste de la population. Aussi le gouvernement s’est-il réjouit publiquement de cette mode qui ne pouvait que contribuer à  diminuer les dépenses nationales de santé.

C’est dans ce contexte que Li Hongzhi, un fonctionnaire quadragénaire, créa son association de qigong, en 1992 : le Falun Gong. Cependant, Maître Li ne se contenta pas d’enseigner des techniques respiratoires, il les associa à  une doctrine ésotérique dont il révéla progressivement le contenu.

En 1996, Li Hongzhi retira son association de la Fédération nationale de qigong et émigra aux États-Unis d’où il continua à  la diriger. À partir de ce moment là , son association attacha un soin particulier à  recruter des membres du Parti communiste. De même, les meetings du Falun Gong changèrent d’aspect pour prendre la forme américanisée de ceux du pasteur évangélique Billy Graham avec témoignages des adeptes guéris. En 1999, Maître Li revint en Chine pour mobiliser les cadres de son mouvement. Le lendemain de son départ, ses disciples manifestèrent à  Tianjin (140 km de Pékin), devant le siège d’une revue scientifique qui avait publié un article très critique sur leurs élucubrations métaphysiques et leur comportement sectaire [5]. La police les dispersa sans ménagement et interpella plusieurs d’entre eux. Le lendemain, 25 avril, 10 à  30 000 adeptes du Falun Gong se rassemblèrent en silence, la journée durant, à  Pékin devant Zhongnanhai, siège central du Parti communiste chinois. Brandissant le Zhuan Falun (ouvrage du maître), ils réclamaient en silence la libération de leurs camarades.

Pour le gouvernement, le choc était rude. Dans un pays où toutes les manifestations sont soigneusement encadrées, il avait été possible d’en organiser secrètement une, qui plus est devant le siège du Parti. Il s’avérait que le Falun Gong disposait de plusieurs dizaines de millions d’adeptes, dont un tiers étaient membres du Parti communiste. En d’autres termes, une organisation incontrôlée s’était développée dans le pays et avait infiltré le Parti, dans la grande tradition des sociétés secrètes chinoises.

Dès lors le pouvoir n’avait que deux solutions : soit reconnaître Falun Gong comme une force à  l’intérieur du Parti, soit l’écraser. Bien que choqué par la détermination irrationnelle des manifestants, le Premier ministre Zhu Rongji était favorable à  la reconnaissance, mais le président Jiang Zemin, persuadé d’avoir à  faire à  une organisation manipulée en sous-main par la CIA, choisit la répression. Le Falun Gong fut interdit. Au début, les adeptes furent intimidés par la police, au besoin en usant de la violence lors d’interpellations et de garde à  vue. Devant la persistance du problème, une campagne de communication fut organisée pour discréditer l’organisation, puis ses cadres restants furent rendus responsables de crimes commis par certains membres fanatisés. Ils furent jugés et condamnés.

Les autorités états-uniennes multiplièrent les protestations officielles devant ce qu’elles considèrent comme une atteinte à  la liberté religieuse.

À ce stade de l’analyse, se pose la question de la doctrine de Li Hongzhi et de la nature de son association. S’agit-il de la résurgence d’un ésotérisme ancien que le Parti communiste ne tolérerait pas €”comme le prétend Washington€”, ou le Falun Gong est-il une secte manipulant ses membres en vue de prendre le pouvoir €”ainsi que l’affirme Pékin€” ?

li hongzhi

L’enseignement de maître Li repose sur une cosmogonie, c’est-à -dire une conception de l’univers et de la place que l’homme y tient ; une gnose, c’est-à -dire une connaissance nécessaire au disciple pour s’affranchir de sa condition existentielle ; et enfin une ascèse, c’est-à -dire un mode de vie et des techniques permettant au disciple d’accéder à  la rédemption.

Selon Li Hongzhi, l’univers ne serait pas composé du seul monde que nous percevons, mais de milliards de mondes imbriqués les uns dans les autres. « Un grain de sable contient trois mille monde […] avec bouddhas, taos et dieux, ainsi qu’êtres humains, animaux, substances, montagne, eau, ciel, terre, air […]. Les êtres humains à  l’intérieur des grains de sable sont exactement comme nous. La couleur de leur peau varie du noir au blanc et au jaune. Si vous pouviez voir, vous trouveriez sur les poils de votre corps de nombreuses villes où circulent trains et voitures ». Notre monde apparaît microscopique, vu des mondes supérieurs, pourtant il contient lui même des mondes encore plus petits.

Tous les êtres, animés ou inanimés, y compris les objets fabriqués industriellement, sont dotés d’une âme. Le jour de sa naissance ou de sa fabrication, chaque être apparaît simultanément dans différents mondes. il a donc une multiplicité de corps reliés par une âme individuelle. Lorsqu’il meurt ou qu’il est détruit, un être perd ses corps dans les différents mondes, mais son âme ne tarde pas à  se réincarner dans de nouveaux corps. Selon leur comportement, les âmes peuvent s’incarner dans des mondes supérieurs ou s’enfoncer dans des mondes inférieurs. L’humanité, quand à  elle, ne cesse de chuter depuis des milliards d’années. Contrairement à  ce que prétendent les scientifiques, il a existé de nombreuses civilisations humaines avant la période historique. L’humanité a déjà  été 81 fois presque entièrement détruite avant de se relever. Certains humains, qui ont été éliminés au cours de ce processus se sont réfugiés sous la surface de la terre et dans les abysses des océans où ils vivent désormais. D’autres ont eu la chance d’accéder à  des mondes supérieurs où ils ont créé des civilisations avancées. Ils peuvent traverser l’espace-temps et nous rendent parfois visites en soucoupes volantes. Ce sont eux qui nous ont donné les techniques de pointe que nos scientifiques étaient bien incapables d’inventer par eux-mêmes. Les adeptes du Falun Gong peuvent retrouver la conscience de leurs migrations passées et de leurs vies parallèles. En intervenant sur celles-ci, ils peuvent acquérir des pouvoirs magiques, guérir des maladies, et se libérer de leur karma. Maître Li et ses disciples les plus proches peuvent aussi évoluer dans ces mondes parallèles pour changer nos vies. Il peut agir sur les centres d’énergie du corps subtil, notamment en faisant tourner la Roue de la Loi, une svastika dorée cachée dans notre abdomen, ou en ouvrant notre troisième œil, lequel permet de percevoir de nouveaux mondes.

Le pratiquant du Falun Gong doit s’adonner à  cinq formes d’exercices, alliant techniques respiratoires et méditation. Il doit aussi s’adonner à  une vie pure pour échapper à  la prochaine apocalypse qui emportera tous les démons, en premier lieu les homosexuels.

Parmi les millions d’adeptes de Li Hongzhi, certains ont pris ces billevesées au pied de la lettre et sont devenus un danger pour eux-mêmes ou pour la société. Beaucoup ont refusé des traitements médicaux et sont morts en attendant que maître Li les guérisse. Quelques adeptes se sont immolés par le feu sur la place Tien an Men pour se libérer de ce monde. D’autres ont cru reconnaître des démons chez des parents ou voisins avec qui ils étaient en conflit et les ont assassinés pour les exorciser. Plusieurs se sont jetés par la fenêtre en croyant pouvoir léviter, etc. Maître Li conteste la véracité de ces faits divers et ne se considère de toute manière pas responsable de fanatiques isolés qui se sont mépris sur son enseignement.

Cet argument satisfait les États-Unis qui accordent des visas sans difficulté à  Maître Li et à  ses adeptes pour « les protéger de la persécution religieuse des communistes ». Depuis 1999, la Commission des États-Unis pour la liberté religieuse dans le monde (organe consultatif du département d’État) n’a cessé de dénoncer la répression du Falun Gong. Dans ses rapports annuels sur la liberté religieuse dans le monde, le département d’État désigne la Chine comme État suscitant « une forte préoccupation ». En avril 2006, 81 membres du Congrès ont demandé par pétition au président Bush de prendre des mesures coercitives contre la Chine pour protéger les adeptes de Li Hongzhi. Enfin, le 12 juin 2006, la Congrès a condamné cette « persécution religieuse ».

À Washington, le dossier du Falun Gong a surtout été porté par Elliott Abrams [6], en tant que président de la Commission sur la liberté religieuse dans le monde durant l’administration Clinton, puis en tant que conseiller national de sécurité adjoint sous l’administration Bush fils. Intégriste juif fermement opposé aux mariages inter-religieux, M. Abrams est un des inventeurs du concept de « théopolitique » [7]. Selon lui, la laïcité et la liberté de conscience sont des atteintes à  la liberté religieuse car l’agnosticisme et l’athéisme auxquels ils donnent droit de cité portent préjudice à  l’ordre social.

Néoconservateur endurci, Elliott Abrams fut un des piliers du soutien secret aux Contras nicaraguayens et un des principaux responsables des massacres au Honduras. Seule la grâce du président Bush père lui permit d’échapper aux sanctions pénales. Durant cette période, il joua un rôle central dans la transformation de l’Église de l’Unification du Révérend Sun Myung Moon d’une secte syncrétiste coréenne en une puissante armée sous-traitant des actions militaires pour la CIA en Amérique latine.

Apparemment Elliott Abrams n’a pas changé de méthodes et le Falun Gong marche sur les traces de la secte Moon. Dès le jour de son interdiction par le président Jiang Zemin, la secte de Li Hongzhi a abattu le masque. Alors qu’elle ambitionnait de prendre le contrôle du Parti communiste chinois de l’intérieur, elle l’a soudain désigné comme l’incarnation des forces démoniaques. Affichant ses ambitions, Maître Li a répété que les gouvernements actuels étaient incapables de résoudre les problèmes humains et que seule une personne comme lui, ayant atteint un haut niveau de sagesse, pouvait le faire. Son action politique s’exerce désormais directement sur la diaspora chinoise et, à  travers elle, indirectement sur la population de Chine populaire.

Le Falun Gong a ouvert dans les villes de la diaspora des « Centres de démission du Parti communiste ». Il assure que les Cieux ont retiré leur soutien au PCC et qu’ils vont le détruire de façon imminente. Sauvez votre vie en démissionnant du Parti et de ses associations affiliées. Cette rhétorique fait écho à  la culture populaire chinoise : jadis les empereurs tiraient leur légitimité du mandat que le Ciel leur avait accordé. Il la perdait lorsque le Ciel indiquait leur avoir retiré son mandat en provoquant des catastrophes naturelles. Des sociétés secrètes, présentes au palais, soulevaient alors la paysannerie pour renverser la dynastie et en imposer une nouvelle. Il est difficile d’estimer si le Falun Gong a convaincu beaucoup de Chinois de la diaspora de s’écarter du Parti communiste, mais il est certain que désormais le leadership du Parti sur la diaspora est sérieusement contesté. Le récent séisme qui a frappé la Chine serait le signe du retrait par les Cieux du mandat qu’ils avaient accordé au Parti communiste. Un cataclysme majeur serait imminent si le Parti n’est pas renversé et les adeptes du Falun Gong peuvent encore se sauver en participant à  la clarification que représentent les manifestations au passage de la flamme olympique contre le « Grand dragon rouge » (c’est-à -dire le Parti).

Dans ses Neuf commentaires sur le Parti communiste chinois (2004), maître Li écrit que le PCC « ayant commis toutes sortes d’horreurs qui vont à  l’encontre du Tao et s’oppose au ciel et à  la terre, est devenu une force extrêmement malfaisante qui s’érige contre l’univers ». C’est « une secte perverse ». Progressivement, il en est venu à  décrire le conflit entre le Falun Gong et le PCC comme le combat eschatologique du Bien contre le Mal. Il s’en suit que les disciples doivent rechercher l’affrontement avec le PCC pour se libérer du Mal, ainsi qu’il l’a expliqué lors du Congrès de son mouvement, le 24 avril dernier à  Manhattan.

Pour stigmatiser en interne le « Grand dragon rouge » et pour alimenter en externe la propagande anticommuniste, le Falun Gong a multiplié les accusations contre le PCC. La plus spectaculaire affirme que des milliers d’adeptes du Falun Gong auraient été incarcérés dans un camp de rééducation et que l’on aurait prélevés sur eux des organes à  l’hôpital de Shenyang. Un rapport rédigé par un ancien parlementaire canadien, David Kilgour (le gendre de l’ancien Premier ministre John Turner) [8] et un avocat, David Matas, a corroboré les faits [9]. Cependant les deux enquêteurs se sont uniquement basés sur des interviews par téléphone d’adeptes du Falun Gong, dont le discours n’est pas toujours rationnel. Le PCC a eu beau jeu de convoquer la presse internationale pour constater que l’hôpital était normal et qu’il n’y avait pas de camp de rééducation au lieu indiqué.

Officiellement, le Falun Gong n’est pas une organisation. Juste un mouvement spontané. Avec l’aide d’Elliott Abrams et de la CIA, il s’est néanmoins doté en une décennie d’une infrastructure colossale exactement à  la manière de la secte Moon. Il a d’abord créé un imposant réseau de sites internet multilangues qui sont aujourd’hui de loin la cible principale de la censure du web chinois. Il s’est doté d’un journal, d’une radio et d’une télévision.
- Epoch Times (version française sous le titre La Grande époque) est un bimensuel édité en version papier en 10 langues, et en 7 langues supplémentaires sur le web [10]. Il est distribué gratuitement dans une trentaine de pays et totalise 1,5 millions d’exemplaires hebdomadaires. Bien qu’il contienne quelques publicités, on ignore son mode de financement.
- Sound of Hope (Le Son de l’espoir) est une radio émettant en mandarin et en 7 autres langues [11]. Elle est relayée gracieusement par les émetteurs utilisés par le Broadcasting Board of Governors (BBG) pour les programmes de propagande du département d’État (Voice of America, Radio Sawa, Radio Marti, etc.). Elle est financée par la National Endowment for Democracy (NED) [12], la vitrine légale de la CIA mise en place notamment par… Elliott Abrams.
- New Tang Dynasty (NTDTV) est une télévision diffusée par satellite [13]. Ses programmes sont principalement en mandarin et cantonais, mais aussi en anglais. Elle est financée par la NED/CIA.

À terme, la stratégie d’Elliott Abrams et du Conseil de sécurité nationale a peu de chances de peser sur la politique intérieure chinoise. La fonction du Falun Gong sera plutôt de contrôler la diaspora et de diffuser de la propagande anti-communiste. Toutefois, ceci aura un prix pour les États-Unis. Les efforts déployés pour rendre la secte respectable, l’appuyer d’un fort lobby parlementaire, lui fournir de puissants médias, obligent à  lui donner aussi un rôle politique à  Washington, comme cela a dù être fait pour le secte Moon.

Au vu de ces éléments, la question du soutien au Falun Gong doit être réexaminée [14]. On ne peut que déplorer la brutalité de la police chinoise, mais celle-ci ne signifie pas que Maître Li et ses disciples soient inoffensifs. En premier lieu toute société a le devoir de protéger ses membres et aucun État au monde ne peut accepter chez lui le développement d’une organisation religieuse qui détourne les gens faibles de la science et de la médecine pour les plonger dans la superstition. Même pas les États-Unis qui n’ont pas hésité à  recourir à  l’armée pour écraser l’Église davidienne à  Waco (1993). En second lieu, le Falun Gong est aussi une arme des États-Unis dans leur croisade contre le communisme. Accorder l’asile à  cette organisation, c’est s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises, ce qui ne peut être fait qu’avec circonspection.

Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire
Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

[1] Cf. Site officiel.
[2] Cf. Site officiel.
[3] Cf. Document consultable en html et téléchargeable en pdf.
[4] Sur le Falun Gong, outre les écrits du fondateur Li Hongzhi, on consultera les études suivantes : Falun Gong’s Challenge to China : Spiritual Practice or Evil Cult ? par Danny Schechter, Akashic Books, 2000 ; Power of the Wheel : The Falun Gong Revolution, par Ian Adams, Riley Adams et Rocco Galati, Stoddart Publishing, 2001 ; Falun Gong, The end of days par Maria Hsia Chang, Yale university press, 2004 (version française : Falungong, secte chinoise. Un défi au pouvoir, Éditions Autrement, 2004) ; Falun Gong and the Future of China, par David Ownby, Oxford University Press, 2008.
[5] Article de He Zuoxiu, de l’Académie des sciences chinoise, paru le 11 avril 1999 dans Science et technologie pour la jeunesse.
[6] « Elliott Abrams, le « gladiateur » converti à  la « théopolitique » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2005.
[7] La théopolitique est une politique définie à  partir du « plan de Dieu sur le monde ». Elle affirme que la paix internationale ne peut être construite qu’autour du « peuple élu » et de l’État d’Israël divinement inspiré avec Jérusalem comme capitale. Cette théorie est soutenue par de nombreux responsables de l’administration Bush fils. Voir le chapitre « Théopolitique » dans L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, Éditions Alphée, 2007.
[8] Notons que David Kilgour est aujourd’hui très impliqué dans la campagne internationale pour qualifier la guerre du Soudan de « génocide », et en rendre responsable les gouvernements de Khartoum et de Pékin.
[9] Report into allegations of organ harvesting of Falun Gong practitioners, par David Matas et David Kilgour, 6 juillet 2006.
[10] Site officiel.
[11] Site officiel.
[12] « La NED, nébuleuse de l’ingérence « démocratique » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.
[13] Site officiel.
[14] En France, le soutien au Falun Gong est jusqu’à  présent limité. Outre l’association Reporters sans frontières, il faut citer le sénateur communiste et maire de Fontenay-sous-bois, Jean-François Voguet (probablement par anti-maoïsme primaire).

A Pékin, Sarkozy affirme avoir « parlé des droits de l’Homme » aux dirigeants chinois

Vendredi 8 août 2008

A Pékin, Sarkozy affirme avoir « parlé des droits de l’Homme » aux dirigeants chinois

© AFP

PARIS (AFP) – Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé vendredi avoir « parlé des droits de l’Homme » avec les dirigeants chinois à  Pékin, à  qui il a « communiqué des listes » de dissidents, sur la chaîne de télévision France 2.

« Comment on trouve une solution si on ne dialogue pas? Comment on essaie de se comprendre si on ne se parle pas? », a lancé le chef de l’Etat, arrivé vendredi à  Pékin pour assister à  la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques.

« J’ai eu un déjeuner, puis un rendez-vous avec le président chinois (Hu Jintao, ndlr) et un rendez-vous avec le Premier ministre de Chine (Wen Jiabao, ndlr). J’ai parlé de ces questions, j’ai parlé des droits de l’Homme, j’ai communiqué des listes », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec la chaîne publique enregistré dans la capitale chinoise peu avant le début de la cérémonie. « On va essayer de faire avancer les choses », a ajouté M. Sarkozy, dont la visite à  Pékin a été très critiquée, notamment par la gauche et les organisations de défense des droits de l’Homme.

L’entourage du président à  Pékin a précisé à  la presse que M. Sarkozy avait parlé « longuement » et « extrêmement franchement » des droits de l’Homme avec le président chinois Hu Jintao. Cette question a été évoquée de manière générale, « sans rentrer dans le détail, nom par nom » de prisonnier politique chinois, a indiqué l’Elysée, précisant qu’un quart d’heure avait été consacré au sujet, lors d’un entretien d’un quarantaine de minutes.

« Le président a souligné auprès de M. Hu qu’en choisissant d’organiser les JO, les Chinois prenaient la lourde responsabilité de se mettre sous les projecteurs du monde entier », a souligné son entourage, ajoutant qu’il était « normal » que le monde se focalise aussi sur ces questions sensibles.

L’Elysée a également confirmé avoir soumis aux dirigeants chinois deux listes de noms de prisonniers et défenseurs des droits de l’Homme chinois, l’une au nom de la France, l’autre au nom de l’UE.

Alors que l’annonce cette semaine qu’il ne rencontrerait pas le dalaï lama, en visite en France du 11 au 23 aoùt, a été condamnée par l’opposition, M. Sarkozy a assuré que « ce n’est que partie remise ». « D’ici à  la fin de l’année, cette année-là , on aura d’autres occasions », a-t-il dit.

« Le dalaï lama lui-même m’a indiqué qu’il ne souhaitait pas qu’on organise une rencontre », a-t-il expliqué, voyant dans le chef spirituel tibétain un « homme sage qui sait très bien que dans le raidissement et dans la tension on n’améliorera pas la situation au Tibet ». « J’enverrai le meilleur de moi-même puisque ma femme (Carla Bruni-Sarkozy) ira participer à  l’inauguration d’un temple bouddhiste dans le sud de la France le 22″ aoùt, a souligné le chef de l’Etat.

« Nous avons besoin de la Chine pour la stabilité du monde », a argumenté M. Sarkozy.

« Nous avons besoin de la Chine pour convaincre l’Iran de ne pas avoir la bombe atomique, pour voter des sanctions – ils sont membres permanents du Conseil de sécurité. On a besoin de la Chine pour faire pression sur le Soudan, pour arrêter le drame et le scandale au Darfour », a-t-il poursuivi. « Alors expliquez-moi un peu comment on fait pour dire à  la Chine du lundi au vendredi +votez avec nous pour assurer la stabilité et la paix dans le monde, venez dans le concert des nations (…) mais excusez-nous pour les jeux Olympiques…+ », a-t-il insisté.