Archive pour la catégorie ‘Allemagne’

La Grèce s’est-elle ruinée ou a t-elle été conduite par d’autres à la faillite ?

Mardi 9 mars 2010

La Grèce s’est-elle ruinée ou a t-elle été conduite par d’autres à la faillite ?

© Voltairenet

par Karl Müller

Alors que le discours dominant impute la situation économique critique de la Grèce à une mauvaise gestion camouflée par un trucage des comptes publics, Karl Müller l’analyse comme la conséquence de politiques extérieures au pays. Classiquement, il met en cause le rôle des agences de notation pour favoriser la spéculation. Surtout, et c’est beaucoup plus moins connu, il met en cause la politique économique agressive de Berlin qui a enrichit l’Allemagne au détriment de ses plus petits partenaires de la zone euro.

Athènes, début février 2010. Partout dans cette ville de plus de 3 millions d’habitants qui explose littéralement, on rencontre des gens aimables, ouverts, communicatifs et travailleurs. Sont-ils responsables de ce que l’Union européenne cloue leur pays au pilori ? Est-ce leur faute si depuis quelques se­maines, leur pays fait la une des journaux de ma­nière si négative ? Ou les vrais respon­sables se trouvent-ils ailleurs ?

Qui sont ces fameuses « agences de notation » ?

Le 11 février, le président du groupe socialiste du Parlement européen Martin Schulz a, au cours d’une interview au Deutsch­landfunk, déclaré ceci : « Vous avez mentionné les agences de notation qui, semble-t-il, ont abaissé la note de solvabilité de la Grèce. Je voudrais bien parler ce matin avec les chefs d’Etat et de gouvernement [ils se sont réunis le 11 février pour s’entretenir de la crise financière de la Grèce] pour savoir qui sont ces agences de notation et quel intérêt elles ont à déclarer que les mesures sont inefficaces, qu’il faut augmenter le taux d’intérêt des prêts qui seront accordés un jour ou l’autre soit par des pays soit par des banques privées. Quelqu’un va les recevoir, ces intérêts, mais qui ? Qui a intérêt à ce qu’on augmente les taux ? Les agences de notation. Mais qui sont-elles ? C’est une de ces petites questions que je pose en passant car on n’en débat jamais. »

La faute incombe-t-elle aux spéculateurs sur les monnaies ?

Rudolf Hickel, spécialiste de gauche des questions financières, a exprimé ses craintes en déclarant le 11 février au Spiegel Online : « Une faillite de la Grèce pourrait causer la ruine de tout le système de l’euro ». Selon le média allemand, toute l’agitation à propos de la Grèce a été provoquée volontairement par ceux qui spéculent sur les monnaies, « car les bénéficiaires d’une éventuelle faillite de l’Etat sont avant tout ceux qui spéculent en Bourse sur les monnaies. Selon Hickel, « plus le pays est petit, plus il est livré brutalement aux spéculateurs. […] Après la Grèce, l’Espagne et l’Italie seront dans la ligne de mire des spéculateurs. »

Le capital financier agit de son propre chef

Pour le chef des socialistes européens, c’est un dilemme : d’une part, ils s’accrochent de toutes leurs forces à l’UE et à l’euro pour leurs projets de gouvernement mondial. D’autre part, le capital financier — les res­ponsables socialistes sont toujours à son service — agit de son propre chef et on ne sait jamais avec certitude pour ou contre quoi il se décide dans tel ou tel cas. Actuellement, pas tellement pour l’euro, mais plutôt pour le dollar ? On dit que les Etats-Unis vont, cette année, lancer pour 2,5 billions d’emprunts d’Etat. C’est énormément d’argent et la concurrence augmente sur les marchés financiers. En tout cas, cela donne un coup de fouet aux affaires. Hickel dit simplement : « Les spéculateurs ne visent pas un cours particulier de l’euro qui reflèterait adéquatement l’activité économique. Ils tirent beaucoup plus de profits d’un cours extrêmement instable. » Selon le Neue Zürcher Zeitung du 11 février, la Bourse des marchés à terme de Chicago, qui est déterminante pour le négoce des dérivés monétaires, parie actuellement plus que jamais contre l’euro.

On fait des affaires avec les intérêts

On fait aussi des affaires avec les intérêts. En avril et mai 2010 seulement, des emprunts de l’Etat grec à hauteur d’environ 40 milliards arrivent à échéance qui devront être remboursés au moyen de nouveaux emprunts, de nouveaux crédits, cependant plus à 3% mais à 6% environ. Les prêteurs appellent cela « prime de risque » à cause de la dette publique grecque. A vrai dire, ils doublent ainsi leurs profits car jusqu’ici, la Grèce a toujours payé. Il paraît que cette année, un total de 2,2 billions d’emprunts d’Etat arrive à échéance dans le zone euro. Une grande partie devra être financée en recourant aux marchés financiers. Si le monde de la finance réussissait ici aussi — au Portugal, en Italie et en Espagne et également en France et en Belgique, peut-être même en Allemagne — à faire grimper les taux d’intérêt, avec l’aide des agences de notation ? 1% de plus, cela représente déjà 22 milliards d’euros. Ce serait une affaire formidable … en tout cas aussi longtemps que les peuples et les Etats participeront à ce jeu sinistre. Et qu’est-ce qui se passerait si l’euro ne pouvait plus être soutenu, si l’UE s’effondrait et si par exemple la Grèce ne remboursait plus ses dettes qu’à des conditions équitables ?

L’Allemagne a profité de l’euro … au détriment d’autres pays

L’Allemagne avant tout perdrait énormément de sa puissance. Son industrie exportatrice tout particulièrement a profité considérablement jusqu’ici de l’UE et de l’introduction de l’euro. Actuellement, les exportations représentent environ 50% du PIB.

Le journal Junge Welt titrait même, le 9 février : « Faillite made in Germany. La me­nace d’effondrement des finances publiques d’Etats d’Europe du Sud est la consé­quence directe de la politique agressive de l’Allemagne en matière de commerce extérieur ». Dans l’article, on pouvait lire ceci : « Depuis des décennies, Berlin mène une politique économique agressive fondée sur les exportations. […] Le plus grand débouché pour le capital allemand, c’est l’UE. […] La monnaie commune européenne a privé les pays de la zone euro exposés à cette offensive exportatrice allemande de la possibilité de rétablir la compétitivité de leur économie en procédant à une dévaluation de leur monnaie. L’énorme déséquilibre économique qui en est résulté se manifeste de manière éclatante à travers la Grèce, cette candidate à la faillite qui, en 2008, a importé des marchandises alle­mandes pour 8,3 milliards d’euros alors que ses exportations ne s’élevaient qu’à 1,9 milliard d’euros.

Pour l’auteur de l’article, une cause importante du « succès » allemand réside dans une « stratégie d’appauvrissement du marché intérieur : Entre 2002 et 2008, les salaires bruts ont augmenté en moyenne de 15,2% en Allemagne, mais de 31,9% dans l’ensemble des pays de l’UE. »

L’euro conduit à un contrôle total des Etats de l’UE

La grande industrie allemande « a besoin » de pays comme la Grèce, mais à la longue, cela ne fonctionne que si la politique alle­mande peut contrôler de plus en plus ces pays. Et c’est à cela que sert l’actuelle politique de la carotte et du bâton : le bâton des restrictions pour la population, celui du contrôle par des commissaires européens pour le gouvernement. Le nouveau président de l’UE Hermann van Rompuy a déclaré après le sommet de Bruxelles : « Nous demandons au gouvernement grec d’appliquer toutes ces mesures de manière rigoureuse et déterminée. » Mais la carotte a également été présentée lors de la réunion du 11 février des chefs d’Etat et de gouvernement : « Nous n’abandonnerons pas la Grèce », a déclaré la Chancelière allemande Angela Merkel (communiqué officiel).

Cela veut dire que l’Allemagne fait savoir qu’en cas d’insolvabilité de la Grèce, elle est prête à l’aider financièrement … afin de soutenir l’euro et mais sans doute pas par solidarité.

Et quel en est le prix ? L’inflation ? Encore plus de sacrifices pour le contribuable allemand, et avant tout au détriment des travailleurs ? Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies (CEPS) de Bruxelles, a fait savoir au Manager Magazin allemand en quoi consistait la « maîtrise de la crise » dans des pays comme la Grèce : « Il s’agit précisément de baisse des salaires dans le secteur privé. C’est pour moi l’essentiel. » Et il ne pensait pas seulement à la Grèce.

Les leaders socialistes européens vont louer cela comme étant un acte de solidarité. Les chefs de gouvernement socialistes des Etats européens, à la veille de la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement, avaient demandé une « aide » d’urgence pour la Grèce (et les autres pays du sud de l’Europe dont il était question à la une des journaux). En effet notons-le bien : les socialistes européens veulent aussi l’UE et l’euro.

Le gouvernement allemand aspire-t-il à un statut de puissance mondiale ?

Revenons encore une fois à l’Allemagne. L’Agence de Renseignement privée états-unienne Stratfor Global Intelligence a publié le 8 février une analyse intéressante sur le rôle de l’Allemagne en Europe et dans le monde (« Germany’s Choice »). Pendant des décennies, l’Allemagne a été le trésorier (coupable) de l’Europe sans y jouir d’un poids politique réel, mais maintenant, elle n’est plus un « observateur passif muni d’un carnet de chèques ». Merkel est la première Chancelière qui gouverne « libérée du poids des péchés passés ». Elle n’est plus disposée à payer pour l’Europe « au détriment des intérêts allemands ».

Mais elle paiera malgré cela, ou plutôt à cause de cela, pour la Grèce. Il serait certes « intelligent » que l’Allemagne cesse de payer et que l’UE et l’euro s’effondrent, mais sans l’UE et l’euro, l’Allemagne ne pourrait plus prétendre au statut de puissance mondiale. (A vrai dire, la population n’y tient pas.) Cependant, le gouvernement Merkel y tient et le prix que les autres Etats de l’UE doivent payer pour cela est le contrôle absolu de l’Allemagne sur la Banque centrale européenne et par là même sur les budgets de tous les pays de la zone euro.

Mais ne voyons-nous pas se profiler ici une mégalomanie qui s’était déjà mani­festée jadis en Allemagne ? Qu’est-ce qui rend le gouvernement allemand si certain qu’il ne pourra pas se trouver bientôt au bord de la faillite ? Où existe-t-il des plans sinistres de la droite et des Verts en vue d’un renouveau « allemand vert » qui ne recule devant rien ?

Mais revenons à la Grèce. Lors des manifestations contre le plan de rigueur imposé par l’UE au nouveau gouvernement, on pouvait lire ou entendre des slogans comme « Nous n’accepterons pas le chômage et la pauvreté pour permettre au capital monopoliste de faire de gros profits » ou : « Nous ne payerons pas un centime pour la ploutocratie ». Le secrétaire général du syndicat grec des fonctionnaires Adedy a déclaré : « Ils ont promis que les riches paieraient mais au lieu de cela, ils se servent chez les pauvres. C’est cette politique que nous combattons, pas la tentative de surmonter la crise. »

Les Grecs en ont assez de l’UE

La Grèce a-t-elle une chance de s’en tirer au sein de l’UE et de la zone euro ? Guère ! Un article paru dans le Neue Zürcher Zeitung du 12 février et intitulé « La zone euro, zone de conflits » a une fois encore rappelé un défaut fondamental de l’euro : Contre toute raison économique, l’introduction de l’euro devait permettre de créer un super-Etat européen. L’euro devait contraindre les Etats à harmoniser de plus en plus leurs politiques. Mais c’était chimérique dès le début : « Les tensions au sein de l’union monétaire européenne sont plus ou moins le résultat du fait que les politiques ont toujours vu dans l’union monétaire un instrument destiné à accélérer et à imposer l’intégration politique de l’Europe. On a fait un usage abusif de l’institution moné­taire afin de viser des objectifs situés au-delà de la politique monétaire, ce qui représente un danger pour la stabilité de la monnaie et pour l’économie. »

Il est possible que si la Grèce sortait de l’UE, elle subirait dans un premier temps un certain nombre d’inconvénients écono­miques et autres, mais si elle reste dans l’UE, les inconvénients se multiplieront considérablement. Les Athéniens disent qu’ils en ont assez de l’UE, et c’est normal. Ne se fier qu’à ses propres forces et jouir de la liberté est plus digne que mener de plus en plus une vie d’esclaves.

Karl Müller

Bertelsmann

Mercredi 27 août 2008

Bertelsmann

© Wikipedia

Bertelsmann est un groupe de médias allemand dont l’origine remonte à  la création en 1835 de l’imprimerie de Carl Bertelsmann à  Gütersloh.

En 2004, Bertelsmann est le premier groupe de médias européen. Les principales sociétés du groupe sont :

- RTL Group, audiovisuel
- Random House, édition
- Gruner & Jahr, presse
- Prisma Presse
- Arvato, société de services média (imprimerie, gravure CD et DVD, marketing direct, IT)
- DirectGroup, vente de produits culturels
- Nordcall, plateforme téléphonique en réception et émission d’appels
- France Loisirs, vente de produits culturels, abonnements livres

Le groupe est contrôlé par Liz Mohn, la présidente du groupe, et sa famille qui détiennent en direct 17,3 % du capital alors que 57,6 % sont à  la fondation Bertelsmann. Le financier et milliardaire belge Albert Frère va leur vendre au premier juillet 2006 les 25,1 % qu’il détient depuis 2001 pour 4,5 milliards d’euros.

Au temps de la bulle internet dans les années 1995-2000, le groupe, sous la houlette de Thomas Middelhoff, président du directoire, avait multiplié les initiatives numériques et notamment crée une coentreprise européenne avec le fournisseur d’accès américain AOL.

La division musique de Bertelsmann a enregistré une baisse de 16% de son chiffre d’affaires en 2005, à  2,13 milliards. Cette perte proviendrait de l’essor du téléchargement de musique.

Le 6 septembre 2006, Bertelsmann vend sa participation de 50% dans l’éditeur musical Sony BMG ainsi que sa filiale à  100% BMG Music Publishing à  Universal Music Group, filiale de Vivendi, pour une valeur totale de 2 milliards d’euros.

Le 23 avril 2008, ce groupe allemand annonce la publication de la première encyclopédie papier de Wikipedia. C’est une version germanophone comprenant les 50.000 fiches les plus consultées outre-Rhin. Cette encyclopédie sera basée essentiellement sur l’actualité et permettra au gens de découvrir Wikipedia et son fonctionnement. Elle sera mise en vente au prix de 19,95 euros dont 1 euros sera reversé à  l’association à  but non lucratif Wikipedia Allemagne.

Bertelsmann, premier groupe de communication en Europe

© Prisma Presse

Bertelsmann est organisé en six grandes lignes de produits : la presse écrite (G+J), l’audiovisuel (RTL Group), les livres (Random House), l’imprimerie et les services (Arvato), la musique (BMG Entertainment), les clubs et le e-commerce (Direct Group).

Pourcentage du chiffre d’affaires par division d’activité en 2007

bertelsmann<br />

Bertelsmann en France

Le groupe est notamment présent à  travers Prisma Presse, Motor Presse, M6, RTL, France Loisirs et BMG France.

Le groupe Bertelsmann

© Acrimed

Premier groupe européen de communication et le quatrième au niveau mondial. Quelques informations [*] sur I.Une peu d’histoire – II. Le groupe – III. Les principakles activités Les chiffres – IV. En France.

I. Une peu d’histoire

Le groupe allemand, un des groupes de médias les plus importants dans le monde, tire son origine dans une imprimerie située à  Gütersloh, où se trouve encore son siège social.

En 1835 l’imprimerie se double d’une maison d’édition spécialisée dans les ouvrages religieux, puis elle s’étend, modestement, dans la presse.

Au cours des années 1920 la branche édition se développe au-delà  du livre religieux, et la maison collaborera activement avec le pouvoir nazi (avec notamment des livres diffusés aux soldats), du moins jusqu’en 1944, où elle est fermée par les autorités.

C’est après la deuxième guerre mondiale que cette entreprise familiale va connaître une croissance exceptionnelle, grâce, en premier lieu, au succès de son club de livres fondé en 1950 sous le nom de Bertelsmann Leserer, et qui compte 1 million d’abonnés dès 1954. Cette formule à  succès s’étendra en Espagne, et plus tard en France en 1970 (France-Loisirs), puis en Belgique, en Suisse et au Québec, en Italie, au Portugal, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne…

Le développement du groupe est passé par le processus classique de diversification et d’internationalisation, avec son cortège de fusions et d’acquisitions.

Les principales étapes de la croissance intéressent le disque (création d’Ariola en 1958), le cinéma (rachat de la fameuse société allemande UFA en 1964, dont les salles seront revendues une dizaine d’années plus tard), l’édition de livres (maison C. Bertelsmann, puis rachat de Goldmann en 1977, de Bantam Books en 1980, etc.), et la presse : rachat de Gruner & Jahr, éditeur des célèbres magazines Stern, Brigitte, Capital, où Bertelsmann est majoritaire depuis 1973 – puis création en France de Prisma Presse en 1978 et extension aux Etats-Unis et en Europe centrale.

La télévision est devenue un objectif essentiel dans les années 1980 avec la fusion de sa filiale UFA et de la Compagnie luxembourgeoise de télévision, puis la création de chaînes privées en Allemagne à  partir de 1984. Enfin les pratiques dites de convergence ont débouché sur d’importants investissements dans le multimédia et Internet.

II. Le groupe

- Voir : Le site web du groupe

Bertelsmann est le premier groupe européen de communication et le quatrième au niveau mondial.

Son principal actionnaire, la Fondation Bertelsmann a été créée en 1977 par M. Reinhard Mohn, descendant de la famille Bertelsmann. Reinhard Mohn et sa famille ont transféré l’essentiel de leur portefeuille de titres Bertelsmann à  la Fondation.

Le groupe voit ainsi son capital protégé et s’assure une totale indépendance. Reinhard Mohn est actuellement président du conseil de surveillance de Bertelsmann.

Le groupe est présent dans tous les secteurs de la communication : édition de livres et de disques, imprimerie, presse, radio, télévision, multimédia.

Voir Groupe Prisma

bertelsmann 2

Source de l’organigramme : sur les site du groupe Prisma

Bertelsmann emploie 82 162 collaborateurs dans plus de 58 pays.

En 2000-2001, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros et un résultat net de 968 millions d’euros.

II. Les principales activités

Bertelsmann est ainsi devenue une des principales multinationales de la communication, le troisième groupe, probablement, après AOL-Time Warner et Vivendi Universal, et le premier groupe européen. Ses activités se sont développées dans 5 directions : la musique, l’audiovisuel, l’édition de livres, la presse, et Internet.

la musique : BMG (Bertelsmann Music Group), qui a racheté RCA Records à  General Electric en 1986, fait partie aujourd’hui de l’oligopole du disque avec Warner, Universal, Sony et EMI. BMG se vante de posséder 200 labels répartis dans 42 pays : Arista, BMG-Ariola, Milan, RCA et RCA Victor, Jive, Windham Hill, Nashville, Ricordi, etc.

l’audiovisuel : Bertelsmann détient aujourd’hui les deux tiers de RTL Group, le reste relevant du groupe britannique Pearson. Les chaînes RTL couvrent l’Allemagne et d’autres pays comme ceux du Benelux et la Hongrie, mais Bertelsmann dispose d’autres chaînes privées, comme Vox en Allemagne, ou Channel 5 en Grande-Bretagne. La fusion de la CLT-UFA avec Pearson TV en a fait un des plus importants fournisseurs de programmes. RTL Group est également très actif dans la radio, dans 14 pays européens.

Leader européen en matière de télévision financée par la publicité, le groupe dispose en Allemagne du tiers environ de l’audience des chaînesTV, devant le groupe Kirch, en pleine déconfiture en 2002, et à  égalité avec le service public.

En France, au-delà  de RTL 9, ses principaux intérêts résident dans la propriété de 48 % de M6, où Suez (qui a reçu les parts de la Lyonnaise des Eaux lors de leur fusion) est devenue minoritaire – et dans les filiales de M6, comme M6 Music, Teva, des sociétés de production, la société de distribution de films en salles SND, et le club de foot-ball professionnel de Bordeaux. M6 détient en outre 34 % de TPS aux cotés de TF1.

le livre : la position de Bertelsmann s’est renforcée simultanément en Allemagne et aux Etats-Unis, qui sont devenus le premier marché du pôle-édition du groupe depuis l’acquisition de Random House en 1998, qui a fusionné avec les maisons déjà  détenues (Bantam, Doubleday, Ballantine, Pantheon) et qui est très présent en Grande-Bretagne. En Allemagne le groupe dispose de C. Bertelsmann, Karl Blessing, Goldmann, Siedler – et tente en 2003 de reprendre…

Au printemps 2003, le groupe a cédé à  un fonds d’investissement britannique sa filiale spécialisée dans l’édition scientifique et professionnelle.

Dans le domaine de la diffusion, la formule club a été une des sources de la prospérité de Bertelsmann, dont la filiale allemande se nomme aujourd’hui tout simplement « Der Club ». D’après la maison-mère, tous ses clubs compteraient quarante millions d’abonnés dans le monde. Le dernier-né serait Book Club of China. En France, France-Loisirs a été fondé en 1970 à  parité avec les Presses de la Cité dont les parts, au terme d’une série d’acquisitions sont revenues à  Vivendi-Universal, qui les a cédées à  Bertelsmann en 2001. Malgré une baisse importante par rapport aux années 1980, France Loisirs compte 3,5 millions d’abonnés, et a élargi ses ventes au disque et à  la vidéo.

Bertelsmann a tenté de relancer la diffusion du livre à  l’âge du commerce électronique, avec Bertelsmann on line (BOL – en France Books on line) mais des résultats décevants ; le site français, filiale de France-Loisirs, a cessé ses activités en 2002.

la presse : l’expansion du groupe s’est appuyée sur la prospérité des magazines édités par Grüner & Jahr, dont plusieurs titres ont été adaptés dans plusieurs pays (Capital, Geo, presse féminine, presse parentale). Les titres G & J sont parmi les magazines allemands les plus diffusés : Stern, Geo, Eltern, Schöner Wohnen, Essen und Trinken, Brigitte. Le groupe co-édite le National Geographic, ainsi que plusieurs éditions européennes du Financial Times (avec Pearson) et des quotidiens allemands, dont deux à  Berlin.

La presse Bertelsmann est présente au total dans 14 pays avec 120 titres, notamment dans plusieurs anciens pays socialistes et aux Etats-Unis (Child, Family Circle, Parents, Parents Expecting a Baby, Inc., Fitness, Fast Company). L’ensemble représenterait 11 000 emplois dans le monde.

Internet : Bertelsmann, traditionnellement prudent dans ses stratégies, n’a pas résisté devant les brillantes perspectives de la bulle Internet, créant le fameux portail Lycos. Associé au lancement d’AOL Europe, le groupe s’en est retiré à  l’époque de la fusion d’AOL avec son concurrent Time-Warner en réalisant des gains substantiels – ce qui n’a pas été le cas des ses autres activités du secteur. Lycos a racheté Comundo (né en Allemagne), Caramail, Tripod, le suédois Spraynet, et Multimania. Bertelsmann a d’autre part racheté Napster afin de transformer le fameux système d’échange sur le Web – mais les résultats se font attendre.

III. En France

Prisma Presse, fondée en 1978 et dirigée par Axel Ganz, filiale française de G & J, est le deuxième groupe de presse magazine en France, revendiquant 270 millions de magazines par an (cf. site) et 18,3 % de parts de marché sur le secteur.

Chiffre d’affaires brut en 2002 : 531 millions d’€, dont 30% apportés par la publicité, et 1 753 700 abonnés au 31-12-2002.

En France, Bertelsmann est présent dans plusieurs sociétés :-

- France Loisirs,
- Setradis,
- les Encyclopédies Bordas,
- les Code Rousseau,
- BMG-France,
- la CLT/UFA,
- RTL,
- M6,
- Prisma Presse : Voir le Groupe Prisma

Les titres, avec date de création et tirage OJD (diffusion totale payante 2002) se répartissent tout d’abord entre presse féminine, presse « people », presse documentaire, avec des mensuels ou des hebdomadaires consacrés à  l’économie, la TV, la cuisine, et un titre généraliste (VSD) :

- Geo (1979) – 389 383 exemplaires
- Ca m’intéresse (1981) – 236 994 ex.
- Capital (1991) – 375 317 ex.
- Management (1995) – 92 689 ex.
- Prima (1982) – 699 437 ex.
- Femme actuelle (1984) – 1 416 769 ex.
- Gala (1993) – 302 022 ex.
- Voici (1987) – 573 349 ex.
- Télé-Loisirs (1986) – 2 002 168 ex.
- Guide cuisine (1989) – 135 127 ex.
- Cuisine actuelle (1989) – 167 400 ex.
- Cuisine gourmande (1994) – 88 626 ex.
- VSD (racheté en 1996 devant le tribunal de commerce) – 228 728 ex.
- Femme (1999) – n.c.
- National Geographic, édition française, en co-édition à  50% (1999) – 228 991 ex.
- Geo Ado (2002)
- Shopping (2003)

S’y ajoutent des suppléments et des hors-série, ainsi qu’une collection de guides touristiques co-édités par Gallimard. Quelques déconvenues dans ce brillant tableau : Allo (1998), disparu en moins d’un an, et Web Magazine, né en 1999, interrompu en 2002.

- Lire la suite : « Bertelsmann : recentrages de 2003-2004 » à  dater du 26 aoùt.

Allemagne : Joschka Fischer fait l’éloge d’Obama et appelle à  une intensification du militarisme

Jeudi 14 août 2008

Allemagne : Joschka Fischer fait l’éloge d’Obama et appelle à  une intensification du militarisme

© WSWS

Dans la rubrique du lundi qu’il tient dans le journal Die Zeit, l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer (Parti des Verts), a résumé le « discours prononcé par Barack Obama à  Berlin » comme suit : « Quand la situation militaire devient sérieuse, il faut arrêter de voyager aux frais des autres ! »

La lutte contre le terrorisme « est loin d’être terminée » selon Fischer. La guerre en Irak était une faute, écrit-il en ajoutant rapidement que la guerre contre Al-Qaïda et les Talibans en Afghanistan est « toutefois, inévitable. » En Afghanistan, l’Europe doit être prête à  prendre « les mêmes risques que les Etats-Unis ».

La division du travail selon laquelle « les Etats-Unis combattent et les Européens reconstruisent », ne sera plus acceptée par le président Obama. A l’avenir, l’Europe et l’Allemagne devront s’engager « plus intensément en prenant davantage de risques… Sous un président Obama, l’Afrique gagnera en importance, ce qui est aussi une bonne nouvelle, » écrit Fischer. La référence répétée à  la tragédie du Darfour faite par Obama dans son discours de Berlin signifie que dans cette région aussi, l’Allemagne devra assumer une plus grande part des risques. »

Fischer salue l’appel d’Obama à  « agir davantage ensemble » en cas de crises internationales. » Cependant, si ces efforts diplomatiques devaient échouer, Obama n’hésitera pas « à  faire porter davantage de charges et de responsabilités à  ses alliés, » souligne Fischer en concluant : « L’Iran pourrait devenir le premier exemple du genre. »

Plus que n’importe quel autre commentateur, l’ancien ministre des Affaires étrangères et dirigeant des Verts, cherche à  canaliser l’espoir de vastes couches de la population de voir se terminer le gouvernement Bush et les illusions qu’ils peuvent avoir en Barack Obama derrière un soutien pour une politique droitière. Un nouveau tournant vers une intensification du militarisme est en train d’être pris grâce à  une « Obamamanie » qui avait aussi été encouragée avec ferveur par une grande partie de la presse allemande.

C’est pourquoi, il est nécessaire de garder la tête froide et de ne pas se laisser prendre dans la campagne de glorification d’Obama.

Un trait essentiel de cette glorification est une compréhension tout à  fait superficielle de la politique. La fixation des médias sur des ténors politiques tels Obama peut donner l’impression que les décisions politiques sont le produit d’abord et avant tout d’individus qui les prennent. Mais, la personnalisation de la politique ignore totalement le fait que les principales questions politiques sont réglées par les couches influentes de l’élite dirigeante, et ce sur la base d’un processus complexe, afin de sauvegarder et de faire progresser leurs intérêts de classe.

Fisher défend une version particulièrement vulgaire de la personnalisation de la politique. Il écrit : « D’abord et avant tout, Obama personnifie le contraire de George W. Bush et de ses néoconservateurs et, pour de nombreux Européens, ce simple constat en fait un rédempteur. » Ensuite, Obama incarnerait une « nouvelle génération » et finalement, il jouirait d’un « charisme évident » qui augmenterait sa crédibilité.

Cependant, Bush n’est pas Satan et Obama n’est pas le Messie. Il n’y a quasiment pas d’autre pays au monde où l’argent joue un rôle aussi important qu’aux Etats-Unis dans la sélection du président. En 2000, George W. Bush fut en mesure de voler la présidence sur la base d’un soutien financier prodigué, en dépit de l’absence de mandat populaire, par une élite riche et influente.

Les projets de guerre élaborés par la Maison Blanche ayant abouti à  l’invasion et à  l’occupation de l’Irak, en violation des lois internationales et sans être cautionné par une résolution de l’ONU, n’étaient nullement le résultat d’ambitions personnelles du président et de ses conseillers. Ils étaient avant tout une réaction de certaines couches influentes de l’élite américaine et étaient destinés à  contrer le déclin continu de l’économie américaine. L’occupation militaire de l’Irak et la prise de contrôle de certains des champs pétrolifères les plus abondants du monde, visaient à  renforcer la puissance américaine dans cette région stratégique.

Depuis lors, la crise économique américaine a continué de s’aggraver et parallèlement à  elle, les ambitions militaires américaines. C’est la tentative d’une prise de contrôle plus ferme sur les principaux champs pétrolifères de la région de la Mer Caspienne qui entraîne l’éventualité d’une attaque de l’Iran et une extension de la guerre en Afghanistan, déjà  annoncée d’ailleurs. C’est la raison pour laquelle la fin de l’ère Bush ne signifiera pas la fin du militarisme américain.

Face aux revers militaires considérables subis en Irak et à  la résistance grandissante rencontrée en Afghanistan, des sections de l’élite américaine proposent à  présent de modifier les relations transatlantiques. Le but est de renforcer la progression américaine au moyen d’un engagement militaire plus fort de la par des gouvernements européens. C’est une des raisons pour lesquelles la campagne présidentielle d’Obama est soutenue par des couches influentes de Wall Street et d’autres magnats de la finance. Son appel au « changement » n’est pas un appel à  mettre fin à  l’aventurisme militaire mais plutôt un appel à  préparer un changement de la politique étrangère américaine dans le but de réclamer un plus grand soutien financier et militaire de l’Europe, et la volonté de sacrifier la vie des soldats sur les champs de bataille.

Pendant que Joschka Fischer loue avec effusion le sénateur américain, les critiques se font déjà  entendre. Sous le titre « Le troc américain », le quotidien Süddeutsche Zeitung écrivait lundi que l’exigence d’Obama de déployer davantage de troupes en Afghanistan « ne plaira pas » à  un grand nombre de ses partisans allemands.

L’article continue : « Est encore moins du goùt des partisans d’Obama ce que le politicien démocrate escompte percevoir d’un engagement plus fort de la part des alliés : si l’OTAN envoyait plus de soldats dans l’Hindoukouch, les Etats-Unis pourraient économiser sur les dépenses militaires. Avec ces milliards, a révélé Obama durant le week-end, il envisage de réduire les impôts et de dédommager ses compatriotes pour les prix élevés du carburant. »

Le commentaire d’Obama montre clairement qu’il considère la politique étrangère et les alliances purement du point de vue de la politique intérieure et de la défense de ses propres vues.

Il en va de même au sein du gouvernement allemand. La revendication américaine pour des troupes de combat supplémentaires sert à  justifier un rapide renforcement de l’armée allemande. L’intensification de l’intervention de l’armée allemande en Afghanistan, quoi qu’en aient dit jusqu’ici les formulations diplomatiques des représentants du gouvernement, vise à  promouvoir les intérêts allemands dans la région. Le gouvernement a fait comprendre à  plusieurs reprises que l’Allemagne étant un pays pauvre en matières premières, il devait faire le nécessaire pour lui assurer un approvisionnement stable en énergie et aussi que l’Afghanistan servait de tête de pont importante pour accéder aux ressources considérables de la région caspienne. En fait, les premières tours de forages à  Bakou, sur la mer Caspienne, avaient été érigées il y a plus d’un siècle par des entreprises allemandes.

Les appels à  une coopération transatlantique plus étroite ne peuvent cacher le fait que, sous la surface, la lutte pour le pouvoir et l’influence est en train de s’accroître entre les grandes puissances.

Les 200.000 personnes qui sont venues jeudi dernier pour entendre et applaudir Obama à  Berlin, dont de nombreux étudiants et de jeunes, verront vite leurs espoirs et leurs rêves réduits à  néant. Le candidat démocrate à  la présidence n’est une alternative ni pour les masses en Europe ni pour celles outre-Atlantique. Son appel en faveur d’un déploiement plus important de troupes en Afghanistan est d’ores et déjà  devenu une source de désillusion pour ses partisans.

Les travailleurs et les jeunes devraient se rappeler ce qui s’est passé il y a dix ans avec le changement de gouvernement à  Berlin. A l’époque aussi il y avait une véritable soif de changement. Et, après 16 ans de gouvernement conservateur CDU, beaucoup étaient persuadés que la situation ne pouvait que s’améliorer. Le gouvernement qui suivit, une coalition entre le Parti social-démocrate et les Verts dirigé par Gerhard Schröder (SPD) et Joschka Fischer (Parti des Verts), leur prouva le contraire.

Schröder et Fischer furent responsables de la première grande opération militaire internationale des troupes allemandes depuis la Seconde guerre mondiale et de l’application d’un train de coupes sociales jamais vu dans l’Allemagne d’après-guerre. Les réductions et les mesures d’austérité appliquées par Schröder et Fischer dépassèrent de loin les mesures introduites par le CDU.

Pour ce qui est de transformer de fausses espérances en politiques droitières, Joschka Fischer dispose d’une vaste expérience.

(Article original paru le 30 juillet 2008)

Un collaborateur du Réseau Voltaire incarcéré à  Berlin

Mercredi 11 juin 2008

Un collaborateur du Réseau Voltaire incarcéré à  Berlin

© VoltaireNet

La répression contre le Réseau Voltaire se poursuit. Jürgen Cain Külbel, vient d’être incarcéré à  Berlin. Les arguties juridiques employées pour le condamner ne masquent pas l’intention politique de cette décision : notre collaborateur avait démontré que le chef de la mission d’enquête de l’ONU sur l’assassinat de Rafic Hariri avait des liens financiers avec les assassins, et que son principal assistant est un agent de la CIA impliqué dans des enlèvements en Europe.

prison berlin
La prison berlinoise où a été incarcéré le journaliste Jürgen Cain Külbel, coupable d’avoir révélé l’action de la CIA dans l’assassinat de Rafic Hariri, l’organisation de la fausse piste syrienne, et la manipulation de la Commission d’enquête de l’ONU.

Jürgen Cain Külbel, collaborateur du Réseau Voltaire, a été incarcéré à  Berlin. Il lui est reproché d’avoir violé une décision du Tribunal des référés en maintenant un lien actif sur son site Internet vers un article de Voltairenet.org [1]

Cette affaire rocambolesque est une machination de plus de la CIA pour intimider Jürgen Cain Külbel et les collaborateurs du Réseau Voltaire. Voici le mécanisme de cette opération :

Ancien enquêteur de la police est-allemande, Jürgen Cain Külbel a conduit, en tant que journaliste, une enquête indépendante sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Il a publié ses conclusions dans un livre édité en allemand et en arabe : Le Dossier Hariri [2] . Il y reprend et approfondi des éléments déjà  présentés par le Réseau Voltaire [3]. Thierry Meyssan avait montré qu’une association d’opposants libanais en exil, l’U.S. Committee for a Free Lebanon (USCFL), avait connaissance à  l’avance du crime et avait immédiatement lancé une campagne de communication visant à  détourner les soupçons vers la Syrie [4]. L’USCFL, que la CIA destinait à  former un gouvernement fantôche au Liban en cas d’intervention militaire US, est donc complice, au moins passivement, du meurtre. Talaat Ramih avait montré que l’ancien procureur allemand Detlev Mehlis, devenu chef de la mission d’enquête des Nations Unies, avait été employé par le Washington Institute for Near East Policy (WINEP) [5]. En relevant que l’USCFL est une émanation du WINEP, Jürgen Cain Külbel a montré que le chef de la mission de l’ONU était un ancien employé de personnes impliquées dans le meurtre sur lequel il était chargé d’enquêter. Continuant sur sa lancée, il a établi le rôle de l’assistant principal de Detlev Mehlis, le commissaire principal Gerhard Lehmann, dans les enlèvements perpétrés par la CIA en Europe depuis 2001. M. Lehmann a ainsi été formellement reconnu par une des victimes, Khaled El-Masri [6]. Plusieurs éléments laissent à  penser que M. Lehmann pourrait également être impliqué dans la « disparition » à  Paris du témoin clé de l’affaire Hariri, Zuhair As-Siddik, le 13 mars dernier [7]

Dès la publication de son livre en allemand, Jürgen Cain Külbel a été approché par un militant palestinien connu résidant en Allemagne, Said Dudin, qui s’est proposé d’éditer l’ouvrage en arabe et d’en assurer la promotion. Mais lorsque M. Külbel est venu à  Damas, donner une conférence à  la Bibliothèque nationale syrienne, à  l’invitation de Syria Alghad (institut de recherche politique membre du Réseau Voltaire), M. Dudin a fait son possible pour discréditer son auteur. L’éditeur a exhorté l’assistance à  attaquer les ambassades occidentales et a multiplié les déclarations incendiaires pour déplacer l’attention des médias.

jurgen-cain.jpg
Conférence de Jürgen Cain Külbel, le 8 mai 2006, à  la Bibliothèque nationale syrienne (Damas).

De retour en Allemagne, Jürgen Cain Külbel a tenté d’en savoir plus sur ce saboteur. Il a alors découvert que le prétendu militant de la cause palestinienne était le fils de Mustafa Dudin, un agent secret israélien placé directement sous le commandement du général Ariel Sharon. Découvert, Mustafa Dudin avait été exécuté par la Résistance. Poursuivant ses recherches, Jürgen Cain Külbel découvrit dans les archives de la Stasi, l’ancienne police politique est-allemande, des documents attestant que Said Dudin lui-même était de longue date un agent de la CIA infiltré dans la gauche radicale allemande. Ces documents ont été publiés sur Voltairenet.org [8].

Introduisant une action juidiciaire en référé, Said Dudin a obtenu que le Tribunal de Berlin enjoigne M. Külbel de ne plus faire mention d’aucune manière que ce soit de l’incident survenu à  Damas, des fonctions de son père dans les services israéliens et de ses fonctions personnelles à  la CIA. Obéissant à  la Raison d’État, le Tribunal n’a retenu que les témoignages produits par M. Dudin et a écarté ceux produits M. Külbel, y compris celui du prince Issa El-Ayoubi, vice-président du Réseau Voltaire et petit-neveu du fondateur de la République arabe syrienne, qui avait assisté à  l’incident de Damas où il s’était opposé à  M. Dudin. En outre, le Tribunal a écarté les documents de la Stasi en vertu d’une loi allemande d’amnistie qui fait interdiction de leur mention.

Or, Jürgen Cain Külbel ayant ultérieurement maintenu sur son site Internet personnel un lien actif vers celui du Réseau Voltaire qui contient les documents illégalement rendus publics de la Stasi, le Tribunal l’a condamné à  10 jours de prison ferme pour violation de son injonction.

Pour Merkel, deux repas par jour, c’est trop !

Mercredi 30 avril 2008

Pour Merkel, deux repas par jour, c’est trop !

© Solidarité & Progrès

Le détournement massif d’une partie des récoltes céréalières vers la production de biocarburants, n’est en rien responsable de la pénurie alimentaire qui sévit à  l’échelle mondiale. Etant à  la tête du pays qui produit le plus de carburants « renouvelables » en Europe, il n’est pas surprenant qu’Angela Merkel ait tenu ces propos lors de l’ouverture d’une nouvelle usine de biocarburants, en Saxe, le mercredi 17 avril. La crise alimentaire serait donc le résultat d’une mauvaise politique agricole due à  une mauvaise estimation du besoin alimentaire de la population mondiale, selon ses dires.

Angie, qui est une femme sans tabous, dénonce les fauteurs de troubles. « Si vous voyagez en Inde ces derniers jours, vous pouvez voir que le débat porte essentiellement sur la question du deuxième repas […] Les gens mangent [habituellement] deux fois par jour, et si un tiers de un milliard de personnes en Inde fait cela, alors nous aurons 300 millions de personnes en plus. Cela représente une large partie de l’Europe […] Et s’ils consomment deux fois plus qu’avant et que 100 millions de chinois commencent à  boire du lait, c’est sùr que nos quotas seront dépassés », a-t-elle déclaré, parlant ainsi des limites de production laitière fixées par l’UE.

Logique, non ? Mais comment se fait-il que personne n’ait pensé qu’un jour les gens désireraient manger à  leur faim ?

Une Pyramide de 5 millions de blocs dans l’ex-RDA qui servirait de tombeau pour toute l’humanité?!

Dimanche 6 avril 2008

Du haut de cette pyramide, cinq millions d’excentriques vous contemplent

© AFP

the great pyramid

BERLIN (AFP) – Cinq millions de blocs de ciment, pour autant d’urnes funéraires: deux Allemands excentriques rêvent d’édifier, dans l’ex-RDA en crise, une pyramide géante qui servirait de « tombeau pour toute l’humanité ».

Ce projet pharaonique, mais qui ne se veut pas macabre, serait « certainement visible depuis l’espace », assure Ingo Niermann, un journaliste-écrivain, qui avec son complice l’économiste Jens Thiel a imaginé cette « sépulture possible pour tous les êtres humains ».

« Monumental et bon marché à  la fois », ce « tombeau ouvert à  toutes les nations et à  toutes les religions » serait édifié à  Dessau, à  une centaine de km au sud-ouest de Berlin. « Il n’y a pas de raison qu’il n’atteigne pas 200 à  300 mètres de haut d’ici 20 ou 30 ans », assure Jens Thiel. Voire, à  plus lointaine échéance, « 600 mètres », plus de quatre fois la hauteur de la pyramide de Kheops, la plus grande des tombes de pharaons.

Pour l’heure, à  défaut de cinq millions, ce sont un peu plus d’un millier de personnes, issues de 46 pays – de l’Allemagne à  l’Indonésie, en passant par l’Egypte – qui se sont inscrites sur le site www.thegreatpyramid.org, afin qu’après leur mort leurs cendres soient scellés dans l’une des briques de 90 cm de long qui composeront le monument.

Ceux qui, pour des raisons religieuses, ne souhaitent ou ne peuvent se faire incinérer, peuvent malgré tout réserver une pierre, où ils feront déposer un objet rappelant leur souvenir. Dans les deux cas le prix sera le même: environ un millier d’euros, pour l’éternité.

Quoique passablement loufoque, l’idée a séduit le grand architecte néerlandais Rem Koolhaas, qui a accepté – avec la styliste italienne Miuccia Prada, détentrice de la marque du même nom – de participer à  la conception de la pyramide. « Rem aime les idées audacieuses, et il a aimé la manière graphique avec laquelle ce projet aborde la mort, un thème très négligé par l’architecture contemporaine », s’enthousiasme Jens Thiel.

A terme, la « Grande pyramide », que jouxteront des expositions dans une sorte de « parc à  thème », attirera à  Dessau des milliers de visiteurs, rêvent ses concepteurs.

« Des églises et des communautés religieuses du monde entier vont s’implanter face à  la pyramide: les retombées sur l’emploi dans le secteur des services seront considérables », avancent encore les auteurs du projet, qui n’hésitent pas à  avancer une comparaison avec « Disneyland ».

A Dessau, la future hypothétique pyramide suscite l’enthousiasme de la célèbre école d’art du Bauhaus – qui révolutionna le design au début du XXe siècle. « Nous prévoyons un effet Bilbao », s’enflamme Walter Prigge, du Bauhaus, en référence à  la ville du Pays basque espagnol qui a connu une seconde jeunesse grâce à  l’ouverture du musée d’art contemporain Guggenheim, en 1997.

Selon Niermann et Thiel, le maire de Dessau est « ouvert » à  l’idée pharaonique des deux compères. Mais les habitants de Streetz, le quartier tranquille pressenti pour accueillir le monument, seraient plus circonspects.

« Quand nous avons commencé à  évoquer ce projet à  Dessau, certains ont dit qu’ils ne voulaient pas que des millions de morts s’installent dans leur voisinage – comme si on parlait de déchets qui s’entasseraient dans les rues, et non d’êtres humains », relève Ingo Niermann.

« Cela m’a fait réfléchir à  quel point notre attitude envers la mort est devenue bizarre depuis quelques siècles ».

La Grande Pyramide

Allemagne: Fraude fiscale au Liechtenstein

Mercredi 27 février 2008

Fraude fiscale au Liechtenstein: 200 contribuables français soupçonnés, selon Eric Woerth

© AP

PARIS – Environ 200 contribuables français sont soupçonnés d’être détenteurs de comptes bancaires au Liechtenstein susceptibles d’être utilisés à  des fins d’évasion fiscale, a confirmé mercredi le ministre du Budget Eric Woerth.

« On a reçu de la part des autorités anglaises dans le cadre de la coopération quotidienne qui existe entre les différentes administrations fiscales une liste d’environ 200 noms », a-t-il déclaré à  l’issue du conseil des ministres. « Il faut expertiser tout cela, et après on procédera aux contrôles habituels », a ajouté M. Woerth, expliquant que l’administration fiscale est « en train de regarder tout ça de près sérieusement ».

Le ministre du Budget a refusé de s’exprimer sur les noms qui figurent sur cette liste au nom du secret fiscal. « Il faut vérifier la qualité des choses. Une personne peut avoir un compte à  l’étranger à  partir du moment où elle le déclare », a-t-il fait valoir. « Tout cela est en train d’être vérifié très précisément par l’administration fiscale française ».

« Il y a une volonté très forte de la part du gouvernement de traquer tout ce qui ressemble à  de la fraude fiscale », a assuré le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez. Quant à  la composition de la liste, « je ne suis pas sùr que ce soit des noms qui soient si attractifs que les uns et les autres peuvent le spéculer », a dit M. Wauquiez.

Quelque 163 personnes ont déjà  reconnu avoir commis des irrégularités dans le cadre de l’enquête sur cette vaste affaire de fraude fiscale, découverte en Allemagne sur la base d’informations obtenues par les services de renseignement. Ces derniers ont versé cinq millions d’euros à  un informateur pour un CD-ROM contenant les noms de 1.400 fraudeurs présumés, dont 600 Allemands.

D’après le directeur du fisc suédois Mats Sjostrand, neuf pays travaillent avec les autorités allemandes pour confondre les fraudes, menées par l’intermédiaire de transactions et comptes au Liechtenstein: Grande-Bretagne, France, Italie, Espagne, Canada, Etats-Unis, Australie et Nouvelle-Zélande et Suède.

Dans un communiqué publié mardi, la direction générale des Impôts annonçait avoir « reçu dans le cadre de l’assistance administrative des informations concernant des personnes physiques susceptibles d’être détentrices de comptes bancaires au Liechtenstein et de les utiliser à  des fins d’évasion fiscale », et procéder aux « enquêtes nécessaires ».

L’enquête fiscale en Allemagne prend une dimension internationale

© AFP Par Francis CURTA

BERLIN (AFP) – La justice allemande a annoncé mardi avoir pris dans ses filets plus de 160 contribuables allemands dans le cadre d’une enquête phare sur la fraude fiscale, via le Liechtenstein, qui touche désormais plus de 10 pays, dont les Etats-Unis.

Le procureur du parquet de Bochum, Hans-Ulrich Krück, qui chapeaute l’enquête allemande, a indiqué lors d’un point de presse que les services fiscaux ont déjà  récupéré quelque 27,8 millions d’euros auprès de 91 fraudeurs qui ont reconnu les faits et de 72 personnes qui se sont elles-mêmes dénoncées dans l’espoir d’échapper à  des poursuites.

« La somme (récupérée) croît chaque jour », a affirmé M. Krück qui a confié que rien que pour l’Etat de Rhénanie-Westphalie, l’enquête était menée par huit procureurs et 139 enquêteurs fiscaux.

Au départ, a-t-il ajouté, l’enquête visait des personnes soupçonnées d’avoir secrètement placé environ 200 millions d’euros auprès de la banque LGT au Liechtenstein, ainsi que des employés de trois banques allemandes soupçonnés de les avoir conseillées.

Les investigations se sont maintenant étendues à  une deuxième banque à  l’étranger, a-t-il ajouté sans autre précision.

Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung croit savoir qu’il s’agit d’une filiale du groupe bancaire suisse Vontobel, au Liechtenstein.

A Zurich, Vontobel, spécialisée dans la gestion de fortune, a démenti mardi que des données confidentielles concernant ses clients au Liechtenstein aient été volées ou communiquées de manière frauduleuse.

Toutefois, selon l’édition à  paraître mercredi du quotidien allemand Handelsblatt, le patron de la filiale de Vontobel au Liechtenstein avait autrefois travaillé à  la banque LGT et emmené une partie de sa clientèle lorsqu’il avait changé d’employeur.

Selon le quotidien des milieux d’affaires, ceci explique que les enquêteurs allemands aient accès à  des données concernant des virements faits par des clients de la LGT vers la filiale de Vontobel.

Le directeur du Trésor public suédois Mats Sjà¶strand a affirmé pour sa part mardi que son pays « fait partie d’un groupe de neuf pays de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques) qui, ensemble, ont reçu et étudient des informations sur des comptes au Liechtenstein ».

Ce groupe comprend Grande-Bretagne, France, Italie, Espagne, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande et Etats-Unis.

Mardi, Washington a d’ailleurs annoncé que le fisc américain avait ouvert des enquêtes sur « plus de 100 contribuables » soupçonnés de fraude fiscale via le Liechtenstein.

Les services du fisc australien ont indiqué avoir ouvert une enquête contre 20 contribuables.

Un porte-parole du ministère allemand des Finances, Thorsten Albig, avait indiqué lundi que Berlin allait partager ses informations — pour lesquelles les services secrets allemands ont versé plus de 4 millions d’euros — en vertu d’accords de coopération avec les administrations fiscales d’autres pays.

Le ministère français du Budget a démenti mardi que les informations transmises par l’Allemagne sur des personnes susceptibles d’avoir fraudé le fisc aient été payées.

La banque LGT Group, de la principauté, a reconnu pour sa part que des données, volées en 2002 par l’un de ses employés, avaient non seulement été transmises aux autorités allemandes, mais aussi « apparemment (…) à  d’autres autorités ».

Le ministre danois des Impôts, Kristian Jensen, fait partie des rares responsables hostile à  l’idée d’utiliser des renseignements achetés à  un informateur pour démasquer les fraudeurs du fisc.

« Je pense que c’est un problème moral de récompenser un criminel pour quelques informations qu’il a volées. Je n’aime pas cette forme avancée de recel », a-t-il déclaré.

Ces informations ont permis à  la justice allemande de lancer, à  la mi-février, une vaste enquête sur la fraude fiscale, visant notamment des personnalités comme Klaus Zumwinkel, le patron de la Deutsche Post qui a depuis démissionné.

George Bush Masse Angela Merkel

Dimanche 14 octobre 2007

George Bush fait un Massage à  la Chancelière Allemande lors du G8

Pourquoi bush s’est senti obligé de masser la chancelière allemande Angela Merkel lors du sommet du G8 en 2006? Voila quelques informations pro-bush, pour vous donner une idée.

Je pense que Bush n’aime pas que les femmes participent au sommet du G8, c’est un peu comme un club de garçon, donc voila un signe de machisme profond de la part du président Américain. On ne peut pas toucher une chancelière Allemande comme ça, enfin, cela montre aussi a quel point Merkel est coincée, c’est excellent!