Archive pour la catégorie ‘Afghanistan’

Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

Lundi 8 mars 2010

Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

© Le Monde

Guérilla versus contre-guérilla. La bataille de Marjah, achevée militairement, et qui ne fait que commencer par tous ses autres aspects – humains, politiques, sociaux, économiques – doit devenir le cas d’école de la stratégie afghane du président américain, Barack Obama, et de ses chefs de guerre, les généraux David Petraeus et Stanley McChrystal.

Une fois les canons tus et les talibans partis, le grondement des complaintes peut retentir à Marjah. Car si la victoire militaire fut aisée pour l’OTAN, la réelle prise de contrôle de ce rude district pachtoune de la province du Helmand, dans le sud afghan, par le pouvoir de Kaboul est tout sauf acquise. C’est là et maintenant que l’armée américaine compte déployer tout ce qu’elle a appris en matière de stratégie contre-insurrectionnelle.

Le président afghan, Hamid Karzaï, en a fait l’expérience, dimanche 7 mars, lors de sa première visite à Marjah depuis que le drapeau national y a été hissé, remplaçant le drapeau blanc de l’ »Emirat islamique » taliban. Trois cents chefs tribaux et religieux, réunis dans une mosquée, n’ont guère modéré leur langage pour lui dépeindre un tableau désastreux de ce qu’ils voient localement, depuis 2001, de l’Afghanistan post-taliban.

La présence de l’OTAN – l’ »occupation étrangère » – fut évidemment pointée du doigt. Les « barbes grises » du Helmand ont dénoncé qu’en douze jours d’offensive, du 13 au 25 février, des civils ont été tués et blessés, des maisons et des marchés ont été détruits.

Le général McChrystal, commandant américain en Afghanistan, était venu écouter les doléances en compagnie de M. Karzaï, mais sans ouvrir la bouche : l’ »afghanisation » du conflit passe aussi par le fait de laisser le président afghan en première ligne, afin qu’il affirme son autorité.

MARJAH DOIT DEVENIR UN LABORATOIRE

Car les critiques les plus vives furent dirigées contre son gouvernement et son administration. C’est en fait la quatrième fois que Marjah tombe sous le contrôle gouvernemental (après 2001, 2007 et 2009), et à chaque fois, ce fut une catastrophe.

Corruption criante des policiers et fonctionnaires, violences et détentions arbitraires, absence d’hôpitaux et d’écoles, de projets économiques. Au printemps 2009, les hommes de Marjah n’avaient même pas attendu le retour des talibans pour chasser de leur ville la police de Kaboul. Marjah n’a pas besoin des talibans pour être rebelle…

Hamid Karzaï a donc beaucoup promis : la sécurité, la réouverture d’écoles, la construction de routes et de cliniques. Marjah doit devenir un laboratoire de ce que le gouvernement afghan et ses alliés étrangers peuvent offrir comme alternative au règne taliban, certes synonyme de loi et d’ordre, mais aussi de terreur et de misère.

Marjah doit être « un modèle » pour corriger les erreurs du passé, a indiqué le représentant politique de l’OTAN en Afghanistan, Mark Sedwill. « Modèle » qui doit s’étendre, au fil de l’année 2010 et après des offensives militaires déjà annoncées, à tous les districts des deux berceaux talibans que sont les provinces du Helmand et de Kandahar.

Les talibans, qui n’ont presque pas combattu et se sont évanouis dans la nature face à la puissance militaire déployée pour conquérir Marjah, n’ont pas dit leur dernier mot. L’OTAN s’attend à des actions de harcèlement, des attaques de convois, des attentats. La nouvelle « bataille » de Marjah, celle qui consiste à gagner « le cœur et les esprits » des Afghans, est donc loin d’être gagnée.

« Etes-vous contre moi ou avec moi ? Allez-vous me soutenir ? », a demandé le président Karzaï aux « anciens » réunis à la mosquée de Marjah. « Nous sommes avec vous ! » ont crié les vieux Pachtounes, qui n’ont pas eu un mot, prudence oblige, pour critiquer le règne taliban. Nul n’est dupe. Les armées de l’OTAN et de Kaboul ont conquis la ville : la raison autant que la tradition incitent à être, sans perdre de vue le caractère éminemment volatil de la situation, du côté du plus fort.

Rémy Ourdan

REGARDEZ – Fillon annonce un renfort militaire français en Afghanistan

Mardi 23 septembre 2008

REGARDEZ – Fillon annonce un renfort militaire français en Afghanistan

© Le Point

François Fillon a annoncé, lundi, aux députés l’envoi de moyens supplémentaires pour les militaires français en Afghanistan ainsi que les « effectifs correspondants ».


Afghanistan : Fillon et l'intervention française
envoyé par LepointTV

« Nous avons décidé de renforcer nos moyens militaires dans les domaines de l’aéromobilité, du renseignement et de l’appui », a annoncé le Premier ministre dans son discours d’introduction au débat et au vote de l’Assemblée sur la présence militaire française en Afghanistan. « Ces moyens seront sur place dans quelques semaines. (…) Concrètement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d’écoute, des mortiers supplémentaires seront envoyés, avec les effectifs correspondants, soit une centaine d’hommes. »

Selon François Fillon, il s’agit pour l’exécutif de tirer « les enseignements de l’embuscade meurtrière » qui avait fait dix morts parmi les soldats français, le 18 aoùt, près de Kaboul. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait déjà  indiqué trois jours après l’embuscade que la France devait accroître sa « capacité de reconnaissance et de renseignement » en Afghanistan, évoquant notamment les drones (avions sans pilote), des hélicoptères ou un retour des forces spéciales.

L’UMP s’en félicite

Alors que de nombreux députés de gauche ont quitté l’hémicycle après que leurs orateurs, Jean-Marc Ayrault et Noël Mamère, se sont exprimés pour dénoncer la stratégie française dans cette « guerre » qui ne dit pas son nom, seul Jean-François Copé a souligné sa satisfaction à  l’annonce du Premier ministre sur les moyens et les hommes supplémentaires. « Nous demandons que toutes les leçons soient tirées de l’embuscade. Ce que vous venez de nous dire, Monsieur le Premier Ministre va dans ce sens », a déclaré le président du groupe UMP chahuté par Maxime Gremetz. Le député communiste a été repris à  plusieurs reprises par le président de l’Assemblée nationale pour avoir mené le chahut au moment où les orateurs favorables au maintien des troupes françaises faisaient valoir leur point de vue.

Au terme d’un débat long et animé, les députés ont confirmé l’engagement des troupes françaises en Afghanistan. Selon l’article 35 de la Constitution révisée, un vote défavorable de l’Assemblée aurait obligé le gouvernement à  suivre l’avis du Parlement et à  retirer les troupes d’Afghanistan.

Regardez l’intervention de Noël Mamère, très virulent envers Nicolas Sarkozy, qu’il accuse de ne pas avoir respecté ses engagements de la campagne présidentielle.


AFGHANISTAN : MAMÈRE
envoyé par LepointTV

Le Globe and Mail maintient son information sur un rapport de l’Otan

Lundi 22 septembre 2008

Le Globe and Mail maintient son information sur un rapport de l’Otan

© AFP

MONTRÉAL (AFP) – Le quotidien canadien Globe and Mail a maintenu dimanche soir son information sur un rapport de l’Otan concernant l’embuscade qui a coùté la vie à  10 soldats français en Afghanistan et l’auteur de l’article a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un message électronique.

« Nous maintenons notre information », a déclaré dimanche soir Philippe Devos, chef-adjoint du service étranger du grand quotidien de Toronto, interrogé sur les démentis de l’Otan.

« Le Globe and Mail a obtenu le rapport en question d’une source fiable et a vérifié son authenticité avec d’autres sources », a ajouté M. Devos dans un courriel à  l’AFP, en précisant que le document porte la mention « NATO ISAF SECRET ».

L’Otan et les autorités françaises ont démenti l’existence de tout rapport de l’Alliance sur cet épisode.

Mais un responsable de l’Otan s’exprimant sous couvert de l’anonymat a révélé à  l’AFP qu’un courrier électronique, rédigé par un officier de l’Isaf à  l’adresse du quartier général de la force de l’Otan à  Kaboul et dans lequel il exprimait son avis sur l’embuscade contre l’unité française, avait fait l’objet d’une fuite.

Le quotidien The Globe and Mail avait fait état samedi d’un rapport de l’Otan, marqué « secret », soulignant notamment que l’unité française tombée dans une embuscade meurtrière le 18 aoùt en Afghanistan manquait de munitions et d’équipements de communication. Dix soldats français ont été tués dans l’affrontement.

L’auteur de l’article, le journaliste Graeme Smith, a déclaré que le document en sa possession n’était pas un courrier électronique. « C’est un document sur papier qui m’a été remis, il s’agit d’un examen par l’Otan des événements du 18 et 19 aoùt », a-t-il dit à  l’AFP par téléphone de Kaboul. Il a en outre fourni une photo de la première page du document à  l’appui de ses dires.

« La source qui m’a donné le document m’a spécifiquement demandé de ne pas le partager avec d’autres médias », pour éviter d’être identifiée, a-t-il ajouté.

M. Smith s’est d’autre part déclaré surpris par les réactions suscitées par son papier, ajoutant qu’il ignorait lorsqu’il l’a écrit que le Parlement français devait voter lundi sur la poursuite de la mission en Afghanistan.

« Je suis aussi surpris que l’Otan démente l’existence de son propre rapport. Je puis vous assurer qu’il existe », avait-il écrit un peu plus tôt dans un message à  l’AFP.

Rapport « secret » de l’Otan : les 10 soldats français tués en Afghanistan manquaient de tout

Lundi 22 septembre 2008

Rapport « secret » de l’Otan : les 10 soldats français tués en Afghanistan manquaient de tout

© Novopress

Les soldats français pris dans une embuscade meurtrière le 18 aoùt dernier en Afghanistan manquaient cruellement de moyens face à  leurs assaillants, rapporte aujourd’hui le quotidien canadien The Globe and Mail.

Citant un rapport « secret » de l’Otan qu’il est parvenu à  se procurer, le quotidien affirme que lors de l’attaque meurtrière, les soldats français manquaient cruellement de munitions pour faire face à  leurs assaillants et de moyens de communication pour demander de l’aide. Ils ont dù abandonner une contre-attaque après s’être retrouvés à  court de munitions 90 minutes seulement après le début d’un engagement qui aurait duré près de deux jours. L’une des sections françaises ne disposait, toujours selon le rapport, que d’une seule radio, laquelle s’est rapidement retrouvée hors d’état de fonctionnement, rendant impossible toute demande de renforts.

En outre, le document révèle que les soldats tués « montraient des signes donnant à  penser qu’ils ont été tués à  bout portant ». Leurs assaillants étaient pour leur part particulièrement bien entraînés et armés. L’enquête révèle également la présence de tireurs d’élite très efficaces – ce qui est très rare chez les talibans souvent raillés pour leurs piètres tireurs – et l’emploi de balles incendiaires capables de percer des gilets pare-balles. Des révélations qui ne manqueront pas de relancer le débat sur la présence de l’armée française, sous commandement de l’Otan, donc américain, en Afghanistan.

Afghanistan: les talibans menacent de tuer « tous » les Français, Paris renforce son dispositif

Jeudi 4 septembre 2008

Afghanistan: les talibans menacent de tuer « tous » les Français, Paris renforce son dispositif

© AFP – Mercredi 3 septembre

PARIS (AFP) – Les talibans qui ont tué dix soldats français dans une embuscade le 18 aoùt promettent le même sort à  l’ensemble des troupes françaises déployées en Afghanistan, tandis que Paris s’apprête à  renforcer son dispositif militaire.

« Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous », a lancé le « commandant Farouki », chef militaire taliban déniché par des reporters de Paris-Match avec 27 de ses hommes quelque part dans la province de Laghman, entre Kaboul et les zones tribales pakistanaises.

« Ces menaces n’entament aucunement ma détermination, ni celle de mes hommes », a assuré à  RTL le colonel Jacques Aragonès, à  la tête des 700 soldats français déployés en renfort en Kapisa (est), affirmant n’avoir « rien à  répondre » à  des talibans passés maîtres, selon lui, en « opérations de propagande ».

Après avoir fait parler les armes, le commando taliban joue sur l’image et les symboles. Les photos de Paris-Match à  paraître jeudi montrent en particulier deux combattants islamistes arborant des Famas, le fusil d’assaut des forces françaises pris aux soldats tombés dans l’embuscade.

L’un d’eux porte un uniforme français quasi-complet: casque lourd, gilet pare-éclats, Famas surmonté de sa lunette de tir. Comme par défi, il arbore jusqu’au masque de protection dont ont été spécialement dotées les forces françaises en Afghanistan pour se protéger contre les éclats.

Le commando afghan a pris soin de signer son embuscade. Il a remis aux journalistes de Paris-Match l’une de ses prises de guerre, la montre de l’un des soldats tués afin qu’elle soit restituée à  ses proches.

Ils « tenaient à  remettre cet objet pour montrer qu’ils étaient de bonne volonté vis-à -vis de nous, à  condition que les (soldats) français s’en aillent (d’Afghanistan) d’ici à  la fin du ramadan », a expliqué à  Europe 1 la photographe de Paris-Match, Véronique de Viguerie. Le ramadan prendra fin cette année le 2 octobre en Afghanistan.

Dix jours plus tôt, le parlement français se réunira pour la première fois depuis 1991 et la guerre du Golfe afin de se prononcer sur la poursuite de l’engagement français en Afghanistan.

A cette occasion, le Premier ministre, François Fillon, devrait annoncer les « aménagements » dans le dispositif militaire français en Afghanistan, indique-t-on de sources proches du dossier. Il devrait aussi réaffirmer le credo français, mais aussi de l’Otan, d’opérations militaires conjuguées à  des actions de reconstruction.

Le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, est arrivé mercredi sur le « théâtre des opérations » pour déterminer précisément les besoins. Et plusieurs conseils restreints se réuniront autour du chef de l’Etat et des armées, Nicolas Sarkozy, à  l’Elysée.

Trois jours après l’embuscade meurtrière tendue par les talibans, le ministre de la Défense, Hervé Morin, indiquait déjà  que la France devait accroître sa « capacité de reconnaissance et renseignement » en Afghanistan, évoquant notamment les drones (avions sans pilote).

Mais il pourrait aussi s’agir d’un ou plusieurs hélicoptères (Caracal, Super Puma, Cougar…) ou d’un retour des forces spéciales, hypothèse également avancée par le ministre.

Les forces françaises en Afghanistan -plus de 3.000 hommes actuellement- n’ont cependant pas attendu pour « durcir » leur dispositif face à  une guérilla qui s’apparente à  celle des insurgés irakiens.

Afghanistan : comment les britanniques et Cheney protègent l’opium

Jeudi 28 août 2008

Afghanistan : comment les britanniques et Cheney protègent l’opium

© Solidarité & Progrès

27 aoùt 2008 (Nouvelle Solidarité) €” Un article publié par Le Figaro du 23 aoùt fait le bilan de l’échec du gouvernement Karzaï dans la lutte antidrogue, en s’appuyant sur les déclarations de Thomas Schweich, ancien coordinateur de la lutte antinarcotique pour les autorités américaines (secrétaire adjoint du Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs).

Joint par Le Figaro, Schweich a confirmé ses propos au vitriol publiés le mois dernier dans le New York Times Magazine « Is Afghanistan a Narco-State ». Pour lui, la lutte anti-drogue est « un échec complet jusqu’ici » dont les talibans tirent le plus grand bénéfice.

Si en 2006, les autorités afghanes annonçaient une production d’opium en baisse, Schweich n’était pas dupe et anticipait que la production allait exploser. En effet, en 2007, l’Afghanistan s’est hissé au chiffre record de 93% de la production mondiale d’héroïne.

Dès 2006, Schweich s’est entretenu avec le vice-président américain Dick Cheney, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et Donald Rumsfeld, le secrétaire d’Etat à  la Défense de l’époque, pour les avertir de cette réalité et ses conséquences militaires.

Le premier responsable désigné par Schweich : « le président afghan Karzaï lui-même » est entièrement corrompu et soucieux de garder des bonnes relations avec ses pairs pachtouns du Helmand au sud du pays, dont il compte obtenir le soutien lors des présidentielles de 2009.

Mais selon le responsable, ce « narco-état » afghan, « se repaît de la pusillanimité du Pentagone » écrit Le Figaro. Si le quotidien français adopte un ton diplomatique, l’article du responsable américain n’y va pas de main morte quand il affirme que le « Pentagone était hostileà  la mission antidrogue ».

Schweich rapporte que le Lieutenant Général Karl Eikenberry, en charge des opérations de l’armée américaine en Afghanistan, a affirmé à  Anne Patterson, du Bureau of International Narcotics (BIN) que certes, la drogue était une chose mauvaise, mais que d’après les ordres reçus, la drogue n’était pas la priorité de l’armée US en Afghanistan.

Patterson, ex-ambassadrice américaine en Colombie, lui a rappelé alors que les FARC Colombiens finançaient leur guérilla avec l’argent de la cocaïne. Eikenberry a répondu que le Pentagone avait une stratégie « séquentielle » : « battre les talibans, et laisser quelqu’un d’autre régler la question de la drogue », alors même que l’argent de la drogue finance directement les talibans.

Cependant, raconte Schweich, « les militaires anglais étaient encore plus hostiles que les militaires américains à  la mission antidrogue. Les forces britanniques – basées au Helmand – ont même parachuté des tracts et ont acheté des annonces à  la radio pour faire savoir aux criminels locaux que le déploiement de l’armée anglaise ne faisait pas parti de l’opération anti-drogue. J’ai dù prendre un vol pour Bruxelles afin de montrer un de ces tracts au Commandement des forces de l’OTAN pour mettre fin à  cette campagne d’information contreproductive… »

Schweich a dénoncé le fait que les Britanniques ont fait pression sur les autorités américaines afin qu’elles ne s’avancent pas dans un combat efficace. Le Major Général Britannique Peter Gilchrist, ancien commandant adjoint des forces alliées en Afghanistan et actuellement stationné à  Washington, lui a signifié que son plan « n’était pas acceptable » pour l’Angleterre.

« L’Angleterre, écrit Schweich, apparemment rejointe par la Suède (qui déploie moins de 500 hommes dans des régions où il n’y a aucune culture de pavot), a envoyé des lettres à  Karzaï pour lui sommer de rejeter des éléments fondamentaux du plan américain ».

Thomas Schweich dit pourtant avoir essayé de convaincre ses interlocuteurs afghans de soutenir une campagne d’éradication aérienne du pavot, seule à  même, selon lui, si elle est combinée avec des mesures d’aide aux cultures vivrières, de produire des résultats. Karzaï s’y serait opposé avec la dernière énergie.

Schweich fait aussi voler en pièces le mythe qui dit que le pavot constitue la seule ressource traditionnelle des « pauvres paysans afghans ». Il indique notamment que 80% des terres utilisées pour la culture du pavot dans le sud, sont des cultures nouvelles. Depuis deux ans, c’est l’opium qui est venu y remplacer les cultures traditionnelles de légumes, du coton et du blé. En dépit des prix record des céréales, les grands producteurs d’opium ont surtout profité de la complaisance politique et de l’absence de toute opposition pour démarrer des productions à  grande échelle.

Cette analyse a été confirmée début 2008 par un rapport de l’ONU qui démontre que la culture du pavot décroît dans les régions pauvres tandis qu’elle s’accroît dans les régions riches !

Pour creuser le sujet : focus

Afghanistan : plus d’une centaine de civils massacrés par l’OTAN

Jeudi 28 août 2008

Afghanistan : plus d’une centaine de civils massacrés par l’OTAN

© Mondialisation.ca

Hamid Karzai, le président afghan, a destitué un général et un commandant après que des rapports aient fait état de plus de 100 civils massacrés par les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis.

La décision est intervenue après qu’une délégation désignée par Karzai se soit rendue à  l’aéroport de Shindand et dans le village d’Azizabad au coeur de l’ouest de l’Afghanistan pour enquêter sur le fait que des civils avaient été tués.

Les témoins visuels et les habitants attestent que plus de 100 civils, dont la grande majorité sont des femmes et des enfants, ont été tués dans l’attaque de l’OTAN.

Les officiels américains prétendent que seulement trois civils ont été tués en plus de 25 combattants Talibans.

Le Général Jalandar Shah Behnam, responsable de l’armée pour l’ouest de l’Afghanistan, et le commandant Abdul Jabar ont été limogés pour « négligence et dissimulation » selon un décret présidentiel publié dimanche.

« Dans cette tragique attaque aérienne et l’opération militaire irresponsable et imprécise contre le village d’Azizabad dans la zone de Shindand, plus de 89 de nos compatriotes innocents, y compris des femmes et des enfants, ont été martyrisés », dit le rapport.

Zeina Khodr d’Al Jazeera rapporte depuis Kaboul que les deux responsables avaient été rappelés dans la capitale pour y être interrogés par le ministère de la défense.

« Karzai est sous forte pression, il a perdu beaucoup de soutien parmi la population locale en raison de ces attaques aériennes, » explique Zeina Khodr.

Le président a régulièrement fait appel aux Etats-Unis et aux forces dirigées par l’OTAN pour qu’ils accordent plus d’attention aux pertes infligées aux civils, avertissant que de tels incidents sapent la bonne volonté du peuple afghan.

Les Nations Unies ont signalé que 255 des presque 700 décès civils lors de combats en Afghanistan cette année ont été provoquées par les troupes afghanes et les troupes internationales sous direction américaine.

Le chef de la police dans la province d’Hérat située à  l’ouest de l’Afghanistan a déclaré à  Al Jazeera dimanche que 95 civils avaient été tués.

Le ministère de l’intérieur avait d’abord estimé le nombre de morts à  76, dont une cinquantaine d’enfants et 19 femmes.

Environ 15 des maisons qui ont été détruites lors des bombardements appartiennent aux hommes qui travaillent comme gardes de sécurité sur une piste d’atterrissage employée par les troupes internationales à  environ 120 kilomètres au sud de de la ville d’Hérat, ont fait savoir des gens du pays.

Les villageois et les parents des victimes ont organisé une manifestation de colère samedi, mettant le feu à  un fourgon de police, retournant un camion de transport et portant des banderolles sur lequelles on pouvait lire « mort à  l’Amérique ».

« [Le secteur] est calme maintenant. Nous enquêtons sur ce qui s’est passé, » a déclaré le Général Mohammad Zahir Azimi, un porte-parole du ministère de la défense.

« Notre première enquête prouve qu’un grand nombre de civils ont été tués. La tragédie est beaucoup plus grave que ce nous avions tout d’abord pensé, » a-t-il avoué.

Article original en anglais: http://english.aljazeera.net/news/asia/2008/08/200882410517833582.html

Traduction: Info-Palestine.net.

Et la France profonde découvre qu’elle est en guerre

Vendredi 22 août 2008

Et la France profonde découvre qu’elle est en guerre

© Mondialisation.ca, Basta

Le 20 Aoùt, en pleines vacances, alors que le bon peuple de France se traînait nonchalamment entre les pages bondées et les écrans de télé pour suivre les prouesses des athlètes à  Pékin, tentant de maîtriser le stress qui commençait à  le prendre à  l’idée qu’il allait bientôt devoir reprendre le chemin du « travailler plus pour gagner moins », la nouvelle a éclaté comme un coup de tonnerre dans un ciel serein : 10 valeureux jeunes soldats français sont morts dans le lointain Afghanistan, dans une embuscade tendue par les horribles Talibans à  50 km à  peine de Kaboul. Ce qui a porté à  22 le nombre de soldats français tués depuis 2002. ce qui est peu par rapport aux 100 soldats britanniques tués. Et n’est rien par rapport aux milliers d’Afghans tués. Et par Afghans, j’entends hommes armés, hommes désarmés, femmes, enfants, vieillards.

Et le bon peuple a ainsi découvert que son armée était engagée en Afghanistan, et qu’elle y faisait la guerre. Il aura fallu six ans pour que les Français se rendent compte qu’ils étaient, à  leur corps défendant, engagés dans une guerre.

Une guerre mondiale ?
Pas tout à  a fait.

Une guerre locale ?
Pas non plus.

Non, une « guerre des mondes ».

Deux mondes s’opposent dans les montagnes et les plaines d’Afghanistan : d’un côté, il y a les bons, la « Coalition » regroupant 70 000 soldats d’une quarantaine de pays. Officiellement, ils ne sont pas là  pour faire la guerre, mais pour faire la paix, pour reconstruire le pays et, surtout, pour libérer les femmes, ces malheureuses Afghanes enfermées dans des voiles-cages. De l’autre côté, il y a les « méchants », les barbus, les « terroristes », les « talibans », « Al Qaïda ». Donc, ces soldats sont aussi là  pour combattre le terrorisme. C’est ce que George Bush appelle « la guerre mondiale contre le terrorisme », « Global war against terror ». Sauf que les « terroristes » afghans bénéficient apparemment du soutien d’une très grande partie d ela population.

Depuis six ans que cette guerre dure, l’opinion française s’en est fichue comme de sa dernière culotte, de cette guerre qui n’est pas une guerre. La gauche et l’extrême-gauche n’ont pas organisé une seule manifestation. Rien, rien, rien. Silence radio et consensus total. Cela n’a guère été différent en Espagne et en Italie, où la gauche institutionnelle a retiré ses troupes d’Irak pour mieux les engager en Afghanistan. Il y a eu plus de remous en Allemagne, au Danemark, en Suède, en Norvège et au Canada, mais sans grandes incidences sur le cours des choses : « j’y suis, j’y reste », telle est la devise de la Coalition baptisée ISAF/FIAS.

De fait, les alliés des USA sont chargés de boulot du soutien logistique et civil, en quelque sorte du « service au sol » pour les boys US qui, eux, font le sale boulot, ou du moins sont censés le faire, c’est-à -dire prenant sur eux de commettre crimes de guerre et autres bombardements de population civiles avec des bombes à  l’uranium appauvri.
Les Français et les Européens, eux, tentent de garder les mains propres et essayent plutôt de creuser des puits et d’accoucher des femmes.

Mais qu’allaient donc faire les soldats français dans cette galère,, se demande soudain M. Dupont-Durand. Un « travail indispensable », a répondu le Président. Et son ministre Bockel d’appeler à  « l’union nationale », disant que l’heure n’était pas aux critiques.

C’est que la gauche et l’extrême-gauche semblent s€˜être soudain réveillées : le PCF et la LCR demandent un retrait des troupes, le PS se contente de dire qu’il faudrait « rééxaminer la mission des soldats français en Afghanistan ». Le Front national est le plus virulent dans la dénonciation de cette guerre qui ne dit pas son nom.

Le 21 Aoùt 1968, il y a exactement quarante ans, les chars soviétiques et est-allemands du pacte de Varsovie pénétraient dans Prague, mettant fin à  un printemps trop court. Les jeunes Tchèques écrivirent sur les murs : « Lénine, réveille-toi, ils sont devenus fous » et chantèrent aux soldats soviétiques une chanson de leur composition dont le refrain disait : « Ivan, rentre chez toi, Natacha t’attend ».

Les résistants afghans devraient aller écrire sur les murs des baraquements français à  Kaboul : « Jaurès, réveille-toi, ils sont devenus fous. »

Jean Jaurès, l’homme qui osa dire non à  l’Union sacrée pour la guerre en 1914 et le paya de sa vie. Jean Jaurès, que le candidat Sarkozy se fit fort de citer dans ses discours écrits par Henri Guaino.

Et les résistants afghans pourraient chanter : « Kevin, rentre chez toi, Jessica t’attend ».

Qui finance les Talibans ?

Vendredi 22 août 2008

Qui finance les Talibans ?

© Solidarité & Progrès

Dans un article paru hier, Le Monde suggère un lien entre l’offensive en cours des Talibans et la désintégration du Pakistan, qui culmine avec l’éviction de Musharraf. « Les talibans ont pour tactique en Afghanistan de « fixer » les troupes américaines dans les régions du Sud, en les soumettant à  des attaques croissantes, tandis que de nouveaux groupes djihadistes, liés à  Al-Qaida et protégés par l’ISI [services secrets de l'armée pakistanaise, ndlr], se déploient dans les zones de l’est du pays », affirme l’auteur, citant des sources occidentales officielles.

« La crise relève désormais d’un emballement régional, et non plus du seul face-à -face, en Afghanistan, entre un contingent international et une guérilla locale », poursuit t-il, reconnaissant que « les tensions se cristallisent entre Pakistan d’un côté, Afghanistan et Inde de l’autre ». La raison ? « Une partie de la hiérarchie militaire pakistanaise, animée d’un vieux réflexe obsidional, redoute l’apparition en Afghanistan d’une armée nationale équipée et formée par les Occidentaux, et réagit très mal à  ce qu’elle perçoit comme une pénétration de l’Afghanistan par l’Inde ».

Dans le même temps, l’armée pakistanaise, déstabilisée par l’éviction de Musharraf et en prise avec les groupes terroristes de la zone tribale, « agit de moins en moins contre les islamistes ». Et ces derniers se retrouvent d’autant plus libre pour mener leurs opérations contre l’armée du gouvernement afghan, à  partir de cette zone tribale pakistanaise. Et Le Monde explique, citant les services occidentaux, que « l’ISI est à  l’origine de l’attentat contre l’ambassade d’Inde à  Kaboul », et de la tentative d’assassinat du président Karzaï en avril dernier.

pak afgh taliban

Faisant une allusion à  peine voilée au financement des Talibans par les réseaux britanniques BAE-Bandar, Le Monde écrit qu’« en Afghanistan, tandis que les talibans engrangent les revenus de la drogue (auxquels s’ajouteraient des financements en provenance de réseaux salafistes basés dans le Golfe), le pouvoir du président Hamid Karzaï reste rongé par la corruption ». Le terme salafiste est connu en France comme étant un euphémisme pour les opérations britanniques BAE-Bandar.

Cette connection Salafistes-Bandar avait notamment été exposée par le Prince Hassan de Jordanie, frère de feu le Roi Hussein et oncle du Roi Abdullah, en 2007, lors d’une interview sur Al Jazeera au sujet de la stratégie du vice-président américain Cheney et du prince Bandar de financer les Salafistes sunnites du Liban pour détruire le Hezbollah chiite.

L’ancien ministre libanais des télécommunications, Issam Naam, a confirmé ces accusations dans une tribune publiée dans Al Quds al-Arabi, où il relate sa conversation avec la délégation américaine menée par Nancy Pelosi : « On a appris de la délégation américaine que des services de renseignements de Washington avaient commencé à  rassembler, armer et entraîner des groupes islamistes extrémistes pour effectuer des attaques contre le Hezbollah, conformément au plan de l’administration Bush consistant à  opposer les populations sunnites et chi’ites, dans les régions où elles cohabitent habituellement. Et cela sera organisé en camouflant les vrais commanditaires et exécutants de ces opérations qui pourront être facilement attribuées à  Al-Qaïda. »

Comment l’Otan peut-elle affirmer combattre les Talibans tout en laissant le Pakistan aux mains des réseaux britanniques BAE-Bandar ?

Soldats français tués: Nicolas Sarkozy à  Kaboul demande aux soldats de poursuivre le combat

Mercredi 20 août 2008

Soldats français tués: Nicolas Sarkozy à  Kaboul demande aux soldats de poursuivre le combat

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sarkozy afg

CAMP WAREHOUSE (Afghanistan), (AFP) – Le président français Nicolas Sarkozy a demandé mercredi à  Kaboul aux soldats français de poursuivre le « combat contre le terrorisme », après la mort de dix des leurs dans l’attaque la plus meurtrière contre les troupes étrangères en Afghanistan.

Accompagné par les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin, le chef de l’Etat s’est rendu au camp Warehouse, quartier général du commandement régional de Kaboul de la Force internationale d’assistance à  la sécurité (Isaf) de l’Otan, en périphérie de la capitale.

« La meilleure façon d’être fidèles à  vos camarades c’est de continuer le travail, c’est de relever la tête, c’est d’agir en professionnels », a-t-il lancé aux militaires français.

« Je tenais à  vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (…). Pourquoi on est ici ? Parce qu’ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme », a poursuivi Nicolas Sarkozy.

« Je n’ai pas de doute, il faut être là . (…) je vous dis en conscience que si c’était à  refaire, je le referais. Pas la patrouille et l’enchaînement des événements, mais le choix qui m’a amené à  confirmer le choix de mes prédécesseurs d’envoyer l’armée française ici », a-t-il souligné.

M. Sarkozy avait décidé en avril de renforcer le contingent français en Afghanistan.

Le président français et les deux ministres se sont recueillis devant les cercueils des dix soldats, dans la chapelle ardente dressée dans le camp, puis M. Sarkozy s’est entretenu avec des militaires du 8e Régiment parachutiste d’infanterie de marine (8e RPIMa), qui lui ont raconté l’embuscade et les combats contre les talibans, dans la vallée d’Uzbeen du district de Saroubi, à  50 km à  l’est de Kaboul.

Une centaine d’insurgés islamistes avaient pris lundi en embuscade une unité de reconnaissance, tuant neuf soldats français.

Il a fallu l’intervention d’une force de réaction rapide et un soutien aérien rapproché pour dégager les troupes. Une trentaine d’insurgés auraient été tués, selon M. Morin.

Un dixième soldat, parmi ceux dépêchés pour récupérer les blessés, est mort mardi, lorsque son véhicule blindé s’est renversé.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière pour l’armée française depuis l’attentat contre l’immeuble le Drakkar à  Beyrouth en 1983 (58 morts).

Cette embuscade illustre la nouvelle stratégie d’encerclement de la capitale par les talibans, auparavant cantonnés dans leurs bastions du sud et de l’est de l’Afghanistan.

Parallèlement, les insurgés ont multiplié depuis le début de l’année les actions spectaculaires dans la capitale, comme notamment la tentative d’assassinat du président Hamid Karzaï en avril.

M. Sarkozy s’est ensuite rendu à  l’hôpital du camp, où il a rencontré des soldats blessés, avant de s’entretenir avec le général Michel Stollsteiner, commandant français des troupes internationales dans la région de Kaboul, puis avec son homologue afghan Hamid Karzaï, qui lui a présenté ses « condoléances ».

« La France est une amie sincère et un soutien important de l’Afghanistan et nous sommes profondément attristés et choqués », a déclaré M. Karzaï à  l’issue de l’entretien.

Le président français a ensuite quitté Kaboul pour la France, alors qu’un Boeing médicalisé a rapatrié en fin de matinée 11 des 21 blessés français et que les corps des dix soldats tués devaient arriver dans la journée.

Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l’Isaf. Avant les pertes de lundi, 13 militaires français étaient morts en Afghanistan depuis 2002, dans des accidents, opérations ou attentats.

Quelque 176 soldats étrangers sont morts en Afghanistan depuis le début de l’année, selon un décompte de l’AFP basé sur les communiqués militaires.

Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir à  la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d’intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, celle de l’Otan et l’autre sous commandement américain (Opération Enduring Freedom).