Archive pour octobre 2008

La mort de l’Empire américain

Jeudi 30 octobre 2008

Les États-Unis s’autodétruisent et entraînent le reste du monde avec eux.

© Mondialisation.ca, Le 29 octobre 2008, par Tanya Cariina Hsu

«Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que le sont les armées» (Thomas Jefferson, président américain. 1743-1826)

Les États-Unis se meurent. Ils s’autodétruisent et entraînent le reste du monde avec eux.

On dit souvent qu’il s’agit d’un effondrement du crédit hypothécaire à  risque, ce qui voile la vraie raison de la crise. En l’associant à  la crise des hypothèques pourries, inutiles et tangibles, on peut au moins blâmer quelque chose de « réel » pour le carnage. C’est un mythe, voilà  le problème. L’ampleur de cet effondrement financier est due au fait que tout était basé sur du vide.

L’industrie financière a renommé les créances garanties « swap sur défaillance » et les paris risqués « produits dérivés ». Les directeurs financiers et les cadres du milieu bancaire vendaient l’ultime escroquerie au monde entier à  l’instar des charlatans vendant leurs remèdes au 18e siècle, mais cette fois-ci en vestons et cravates. En octobre 2009, cette industrie, que peu de gens arrivaient à  comprendre, atteignait les quatrillions de dollars (1000 milliards).

Soutenus par de faux espoir, les États-Unis tombent maintenant comme un château de cartes.

Tout a commencé au début du 20e siècle. En 1907, J.P. Morgan, un banquier privé de New York, a propagé une rumeur voulant qu’une grande banque concurrente, sans dire laquelle, était sur le point de sombrer. C’était une fausse accusation, mais les gens sont tout de même accourus à  leur banque pour retirer leur argent, craignant que celle-ci ne soit l’objet de la rumeur. Comme ils retiraient leurs fonds, les banques ont perdu leurs dépôts en argent et ont dù rappeler leurs prêts. Les clients devaient alors payer leurs hypothèques afin que les banques aient des revenus, un processus qui les menait à  la faillite. La panique de 1907 a provoqué un krach incitant à  la création de la Réserve fédérale, un cartel bancaire privé avec le vernis d’une organisation gouvernementale indépendante. En réalité, c’était un coup des banquiers d’élite dans le but de contrôler l’industrie.

La loi signée en 1913 autorisait la Réserve fédérale à  prêter et imprimer l’argent de la nation, mais avec intérêt. Plus elle imprimait d’argent, plus elle générait ses propres revenus. De par sa nature, la Réserve fédérale était vouée à  produire à  jamais des dettes pour survivre. Elle a pu imprimer la réserve monétaire à  sa guise, en contrôlant sa valeur. Pour en contrôler la valeur, il fallait toutefois garder l’inflation à  l’œil.

La Réserve fédérale a alors doublé la réserve monétaire américaine en l’espace de cinq ans et a rappelé un pourcentage volumineux de prêts. Plus de 5 000 banques se sont effondrées au cours de la nuit. Un an plus tard, la Réserve fédérale a de nouveau augmenté la réserve monétaire de 62 %, mais en 1929, elle a une fois de plus rappelé une quantité importante de prêts. Cette fois, le krach de 1929 a ruiné plus de 16 000 banques et fait plonger la bourse de 89 %. Les banques privées et bien protégées dans le système de la Réserve fédérale ont pu rafler les banques ruinées pour presque rien.

Le pays est entré dans la grande dépression, et, en avril 1933, le président Roosevelt a promulgué un décret confiscant tous les lingots d’or détenus par le public. Ceux qui refusaient de rendre leur or étaient emprisonnés pendant dix ans, et à  la fin de l’année, l’étalon-or était aboli. On a remplacé ce qui était autrefois remboursable en or par du papier monnaie ayant cours légal, et l’or ne pouvait plus être échangé pour de l’argent comptant comme avant.

Plus tard, en 1971, le président Nixon a complètement aboli l’étalon-or, et, par conséquent, le dollar a cessé de se transiger au prix international fixe de 35$. Les États-Unis décidaient alors de la valeur du dollar US parce qu’il valait autant que l’or. Il n’avait aucun standard de mesure et est devenu la monnaie universelle. Les bons du Trésor (obligations à  court terme) et les obligations (à  long terme), c’est-à -dire les billets du gouvernement étasunien payés par les contribuables, ont remplacé l’or comme valeur. En outre, l’or étant exempt des exigences relatives aux déclarations, contrairement aux systèmes monétaires fiduciaires occidentaux (basés sur la fiducie), on ne pouvait le retracer. Ce n’était pas dans le meilleur intérêt des États-Unis.

Après la grande dépression, les banques privées craignaient toujours de faire des prêts hypothécaires. Roosevelt a alors créé Fannie Mae, une banque de financement hypothécaire subventionnée par l’État et fournissant des fonds fédéraux afin de financer des hypothèques pour des logements abordables. En 1968, le président Johnson a privatisé Fannie Mae, et en 1970, Freddie Mac a été créée pour lui faire compétition. Les deux achetaient des hypothèques des banques et autres prêteurs et les vendaient à  de nouveaux investisseurs.

Le boom qui a suivi la Seconde Guerre mondiale avait créé une Amérique débordante d’argent et d’actifs. En tant que complexe militaro-industriel, les États-Unis ont profité de la guerre de façon exponentielle, et, contrairement à  tous les empires de l’histoire, le pays s’est hissé au rang de superpuissance. Mais il a oublié qu’historiquement, l’ascension des empires est proportionnelle à  leur déclin.

Les Étasuniens pouvaient se permettre toutes les commodités modernes, en exportant leurs biens manufacturés à  travers le monde. Après la guerre du Vietnam, les États-Unis ont vécu un déclin économique, mais les gens répugnaient à  abandonner leur niveau de vie élevé en dépit des pertes d’emplois, et la production était envoyée de plus en plus à  l’étranger. Un sentiment illusoire et de droit acquis a gardé les Étasuniens sur le tapis roulant de la consommation.

En 1987 la bourse étasunienne a plongé de 22 % en une journée en raison des transactions de contrats à  terme standardisés à  haut risque, appelés « produits dérivés », et, en 1989, la crise de la Savings & Loans a amené le président George H. W. Bush à  utiliser 142 milliards de dollars de l’argent des contribuables pour sauver la moitié de la S&L. Pour ce faire, on a donné à  Freddie Mac la tâche de donner des hypothèques à  risque (ou subprime, en deçà  du taux préférentiel) à  des familles à  faible revenu. En 2000, « l’exubérance irrationnelle » de la bulle technologique a éclaté et 50 % des entreprises de haute technologie ont fait faillite, rayant cinq billions de dollars de leur valeur marchande exagérée.

Après la crise, Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale, a maintenu les taux d’intérêt si bas qu’ils étaient en deçà  de l’inflation. Tous ceux qui épargnaient leurs revenus perdaient de l’argent en réalité, et le taux d’épargne est vite tombé dans le négatif.

Durant les années 1990, les publicitaires se sont activés intensément, mettant en marché un style de vie encore plus luxueux, disponible grâce au crédit facile et peu coùteux. Les secondes hypothèques sont devenues monnaie courante et les prêts d’accès à  la propriété servaient à  payer les comptes de cartes de crédit. Plus les Étasuniens achetaient, plus ils s’endettaient. Mais tant qu’ils possédaient une maison, leur faux sentiment de sécurité persistait : leur maison était leurs capitaux propres, sa valeur augmenterait sans cesse, et ils pouvaient toujours réhypothéquer à  des taux moindres si nécessaire. L’industrie financière croyait aussi que les prix de l’immobilier augmenteraient continuellement, et que s’ils devaient chuter, la banque centrale baisserait les taux d’intérêt afin de faire remonter les prix. Tout le monde croyait qu’il s’agissait d’une situation gagnant-gagnant

Le niveau le plus bas des taux d’intérêt de M. Greenspan permettait à  tout le monde d’avoir une maison. Les travailleurs au salaire minimum ayant l’ambition d’acheter une maison d’un demi-million de dollars étaient en mesure de garantir des prêts de 100 %, et les prêteurs étaient tout à  fait conscients qu’ils ne pourraient pas continuer à  payer.

Tellement de gens ont reçu des prêts à  risque que les sociétés de placement et les prêteurs ont trouvé une nouvelle manigance : rassembler ces prêts hypothécaires virtuellement sans valeurs et les vendre à  titre d’investissement à  des pays non avisés qui ne verraient pas la différence. Le mode de vie excessif des Étasuniens et le consumérisme n’en ont jamais souffert, et le tout était financé par des nations étrangères pas plus judicieuses.

Les banques ont toujours prêté plus d’argent qu’elles n’en possédaient, parce que le paiement d’intérêts génère leur revenu. Plus une banque prête, plus elle perçoit des intérêts, même sans argent dans la chambre forte. C’est une industrie lucrative de donner de l’argent que l’on ne possède pas au départ. Les banques de crédit hypothécaire et les sociétés de placement ont même emprunté de l’argent sur les marchés monétaires internationaux pour financer ces prêts hypothécaires à  risque à  100 % et plus, et ont commencé à  prêter plus de dix fois leurs actifs sous-jacents.

Après le 11 septembre, George Bush a dit à  la nation de dépenser et, en pleine guerre, c’est ce que la nation a fait. Elle a emprunté à  des niveaux sans précédents afin de payer non seulement sa guerre au terrorisme au Moyen-Orient (coùts estimés à  quatre billions de dollars), mais aussi ses baisses d’impôts au moment même où ces impôts auraient dù être haussés. Bush a diminué les réserves obligatoires de Fannie Mae et Freddie Mac de 10 % à  2,5 %. Elles étaient libres non seulement de prêter encore plus, à  des taux d’intérêt à  leur plus bas, mais en outre elles ne devaient posséder qu’une fraction des réserves. Les banques ont rapidement prêté trente fois la valeur de leur actif. C’était, comme l’a dit une économiste, une « orgie d’excès ».

C’était de l’excès de dépenses en temps de guerre. Jamais dans l’histoire un pays n’a été impliqué dans un conflit sans sacrifice, sans réductions budgétaires, sans augmentation d’impôts et sans conservatisme économique.

Et, comme en 1929, les chances que tous les investisseurs courent réclamer leur argent en même temps augmentaient.

Donc, pour garantir ces hypothèques à  haut risque, les sociétés d’investissement qui les vendaient ont alors créé des polices d’assurance sur les investissements dans ce type de crédit, vendues sous le nom de « swap sur défaillance » (credit default swap (CDS)). Le gouvernement doit toutefois réglementer les polices d’assurance, donc en les appelant CDS, elles demeuraient non réglementées. Les institutions financières « couvraient leurs spéculations » et vendaient des primes afin de protéger des actifs spéculatifs. En d’autres mots, l’actif qui devait prendre de la valeur pouvait également avoir un pari à  côté, au cas où il baisserait. En octobre 2008, les transactions des CDS se chiffraient à  62 billions de dollars, un montant plus élevé que toutes les bourses du monde réunies.

Ces spéculations n’avaient absolument aucune valeur et n’étaient pas des investissements. Ils n’étaient que des instruments financiers appelés produits dérivés – des spéculations à  haut risque, « des riens provenant de rien » — ou comme disait Warren Buffet, « des armes de destruction financière massives ». Les transactions de produits dérivés « valaient » plus qu’un quatrillion de dollars, soit plus que l’économie du monde entier. (En septembre 2008 le produit intérieur brut mondial s’élevait à  60 billions de dollars.)

Dénoncée comme étant illégale en 1990, la pratique des produits dérivés a été légalisée par Alan Greenspan. Les fonds de couverture sont rapidement devenus une industrie à  part entière, spéculant sur le marché des produits dérivés et misant autant que souhaité. C’était facile, car il s’agissait d’argent qu’ils n’avaient pas au départ. L’industrie avait toutes les allures d’une banque, mais les fonds de couverture, les fonds d’actions et les courtiers en produits dérivés n’avaient pas accès aux prêts gouvernementaux en cas de défaillance. Si les propriétaires manquaient à  leur engagement, les fonds de couverture n’avaient pas d’argent pour payer « à  partir de rien ». Ceux qui avaient couvert un actif en hausse ou en baisse ne pouvaient pas bénéficier des gains ou des pertes.

Ce marché était devenu la plus grande industrie au monde, et tous les géants financiers encaissaient : Bear Stearns, Lehman Brothers, Citigroup et AIG. Mais les propriétaires de maisons, ayant depuis longtemps atteint leur limite de crédit, commençaient à  faire défaillance sur leurs hypothèques. Ils payaient non seulement pour leur maison, mais aussi pour toutes les dettes amassées au fil du temps pour une voiture, une carte de crédit et un prêt étudiant, des frais médicaux et des prêts d’accès à  la propriété. Ils avaient emprunté pour payer leur épicerie et leurs primes d’assurance santé qui montaient en flèche afin de conserver leurs plus grandes maisons et leurs plus grosses voitures. Ils ont refinancé les dettes qu’ils avaient à  des taux moindres, lesquels ont rapidement grimpé. L’Américain moyen devait 25 % de son revenu annuel seulement en dettes de carte de crédit.

En 2008, les prix des maisons ont commencé à  descendre subitement et les hypothèques perdaient soudainement de la valeur. Les commandes manufacturières avaient baissé de 4,5 % avant septembre, les inventaires commençaient à  s’empiler, le chômage était en forte hausse, et les saisies avaient augmenté de 121 % et de 200 % en Californie.

Les géants financiers devaient arrêter de transiger ces titres adossés à  des créances hypothécaires (mortgage-backed securities (MBS)), puisque leurs pertes devraient dorénavant être justifiées. Les investisseurs ont commencé à  retirer leurs fonds. Bear Stearns, spécialisée dans les portefeuilles de titres hypothécaires, a été la première à  partir en mars.

Tout comme ils l’avaient fait au 20e siècle, JP Morgan est venue rafler la Bear Stearns pour presque rien. Un an auparavant, les actions de Bear Strearns se transigeaient à  159$, mais JP Morgan a pu prendre la relève et les acheter à  deux dollars l’action. En septembre, Washington Mutual s’est effondrée : il s’agissait du plus grand échec bancaire de l’histoire. Encore une fois, JP Morgan est intervenue et a payé 1,9 milliards de dollars pour des actifs évalués à  176 milliards. C’était une vente de feu.

Fannie Mae et Freddie Mac, les firmes reprises par l’État et responsables de 80% des prêts hypothécaires, ont tranquillement perdu presque 90 % de leur valeur au cours de l’été. Ensemble, elles étaient responsables de la moitié des prêts impayés, cependant, pour chaque dollar en réserve, elles avaient une dette de 80 dollars.

Afin de garantir leur survie, la Réserve fédérale est intervenue et a pris le contrôle de Fannie Mae et Freddie Mac. Le 7 septembre 2008, elles ont été « mises sous tutelle », ce que l’on appelle nationalisation ailleurs dans le monde, mais les Étasuniens rechignent à  l’idée de toute industrie gouvernementale requérant des hausses d’impôts.

En réalité, le gouvernement donnait une marge de crédit illimitée. Puisqu’elle provenait de la Réserve fédérale, et non pas du Trésor, elle a pu passer outre l’approbation du Congrès. Le département du Trésor a par la suite mis des bons du Trésor aux enchères afin d’amasser des fonds destinés uniquement à  la Réserve fédérale. Néanmoins, c’est le contribuable qui financerait le sauvetage. Les banquiers avaient saigné le système de dix milliards de dollars dans les opérations de couverture et la spéculation sur les produits dérivés, et provoqué le gel système des prêts interbancaires, lequel a cessé de fonctionner et s’est effondré.

La prise de contrôle a été définie comme un sauvetage de 700 milliards de dollars arbitraires, qui ne fait rien pour régler le problème. On n’a demandé à  aucun économiste de donner son opinion au Congrès, et le prêt ne fait que perpétuer le mythe voulant que le système bancaire ne soit pas vraiment mort.

En réalité, les dommages ne s’élèveront pas à  700 milliards de dollars, mais à  près de cinq billions de dollars, soit la valeur des hypothèques de Fannie Mae et Freddie Mac. Ce n’était rien d’autre qu’un sauvetage de l’industrie des produits dérivés valant des quatrillions de dollars, qui, autrement, devait faire face à  des dividendes de plus d’un billion de dollars sur les CDS et MBS vendus. Il était nécessaire, selon le secrétaire du Trésor Henry Paulson, de sauver le pays d’une « correction du marché immobilier ». Mais, ajoutait-il, le rachat de 700 milliards de dollars financé par les contribuables ne préviendrait pas la chute d’autres banques, ce qui entraînerait en retour un krach boursier.

En d’autres mots, Henry Paulson faisait du chantage au Congrès afin de mener un coup de l’élite financière sous les apparences d’une nécessité de légiférer pour colmater la brèche. Cela a simplement transféré les richesses d’une classe vers une autre, comme ce fùt le cas il y a presque un siècle. Les mots étaient à  peine sortis de la bouche de M. Paulson que déjà  d’autres institutions financières implosaient et s’ensuivait la désintégration du système financier mondial, largement modelé sur un système bancaire américain glorifié.

En septembre, sa marge de crédit étant désormais assurée, la Réserve fédérale a acheté la plus grande compagnie d’assurances au monde, AIG, au montant de 85 milliards de dollars pour 80 % de son capital. AIG était le plus gros vendeur de CDS, mais au moment où elle se devait de payer des biens donnés en garantie qu’elle ne possédait pas, elle vacillait au bord de la faillite.

En octobre, l’Islande en entier a fait faillite, car il avait acheté des prêts hypothécaires à  risque à  titre d’investissements. Les banques européennes ont commencé à  exploser, toutes désireuses d’encaisser concurremment leurs actions gonflées afin de payer leurs dettes à  bas taux d’intérêt avant que ces taux ne grimpent. L’année précédente, les signes étaient évidents lorsque le plus grand prêteur hypothécaire étasunien, Countrywide, s’est écroulé. Peu après, le plus grand prêteur du Royaume-Uni, Northern Rock, a fait naufrage : Londres copiait depuis longtemps la finance créative de Wall Street. Les manufactures automobiles du Japon et de la Corée ont plongé de 37 %, contractant les économies du monde entier. Le Pakistan est également au bord de la faillite, avec des réserves réelles de trois milliards de dollars, assez pour acheter des réserves alimentaires et du pétrole pour un mois et tenter de geler les paiements à  l’Arabie Saoudite, qui lui fournit 100 000 barils de pétrole quotidiennement. Sous le président Musharraf, qui a quitté le pouvoir juste à  temps, la devise pakistanaise a perdu 25 % de sa valeur, et son inflation atteignait 25 %.

Entre-temps, les prix de l’énergie ont monté en flèche, le pétrole atteignant un sommet d’environ 150 $ le baril cet été. Les coùts du chauffage, du pétrole, du transport et les coùts de production ont immédiatement été refilés aux propriétaires déjà  à  sec. Pourtant, 30 % des coùts d’un baril de pétrole étaient basés sur les spéculations de Wall Street, grimpant à  60 % pendant l’été en raison de la crainte des spéculateurs. Aussitôt que la crise financière a frappé, les prix du pétrole ont soudainement chuté, passant de 147 $ en juin à  61 $, prouvant que le facteur spéculatif de 60 % était bien plus précis. Ce brusque déclin a aussi révélé le manque de contrôle de l’OPEP sur la montée fulgurante des prix ces dernières années, un contrôle qui repose presque directement sur les épaules de l’Arabie Saoudite. En septembre, lorsque l’OPEP a tenté de maintenir des prix plus élevés en réduisant sa production, c’est l’Arabie Saoudite qui a voté contre une telle initiative, au détriment de son propre revenu.

L’Europe a alors décidé qu’elle ne serait plus jamais ruinée par les excès des États-Unis. La « vieille Europe » en avait peut-être assez de se faire dicter sa conduite par les États-Unis, qui ont refusé de faire des compromis sur les prêts qu’ont contractés leurs pays détruits après la Seconde Guerre mondiale. Le 13 octobre, les nations autrefois divisées de l’Europe ont approuvé unilatéralement un plan de sauvetage totalisant 2,3 billions de dollars. C’est trois fois plus que le plan américain pour une catastrophe que seul les États-Unis ont créée.

À la mi-octobre, le Dow, le NASDAQ et le S&P 500 ont effacé tous les gains accumulés dans la dernière décennie. Le stratagème frauduleux pyramidal de l’argent facile à  partir de rien a résulté en une surabondance du crédit, une exagération des prix des maisons, ainsi qu’en une incroyable évaluation des actions, due au fait que les investisseurs ne retireraient pas leur argent tous en même temps. Mais tout s’effondrait à  une vitesse casse-cou, sans solution à  l’horizon. Le président Bush a dit que les gens ne devraient pas du tout s’inquiéter parce que les « États-Unis sont la destination la plus attrayante pour les investisseurs du monde entier ».

Ceux qui souffriront le plus sont les hommes et les femmes qui ont bâti le pays après la Seconde Guerre mondiale et qui arrivent à  la retraite après avoir épargné leurs prestations. Ils ont bâti durant les années de guerre, fabriquant ses armes pour des conflits mondiaux. Pendant la guerre froide, l’URSS était l’ennemi omniprésent, donc le complexe militaro-industriel a continué à  croître. Ce n’est que lorsqu’il y a une guerre que les États-Unis en profitent.

La Russie ne tolèrera pas une nouvelle guerre froide avec la multiplication des missiles balistiques. Pour sa part, le Moyen-Orient a vu son allié historique se transformer en son pire cauchemar, qu’il soit militaire ou économique. Ces nations ne continueront plus à  appuyer le dollar comme monnaie internationale. Les États-Unis ne contrôlent plus l’économie mondiale et sont redevables au reste du monde. Ils ne pourront plus demander à  leurs plus grands fournisseurs de pétrole du Moyen-Orient d’ouvrir leurs portefeuilles bancaires afin d’être transparent et démontrer l’absence de corruption ou de connexions terroristes sans qu’il n’y ait de conséquences : la plus grande corruption criminelle de l’histoire vient d’être perpétrée par les États-Unis.

C’était la meilleure escroquerie en ville : être bien payé pour vendre du risque en grande quantité, échouer, et laisser les gouvernements régler le problème au détriment des contribuables qui n’ont jamais même vu un sous de la richesse commune.

Il n’y a pas de solution facile à  la crise, ses effets se multiplient comme une maladie contagieuse.

Ironiquement, les banques islamiques sont celles qui sont le moins affectées par la crise.

Elles ont été largement à  l’abri de l’effondrement, car elles prohibent l’acquisition de richesses par le jeu (ou l’alcool, le tabac, la pornographie ou les actions dans les compagnies d’armement) et interdisent l’achat et la vente d’une dette, ainsi que l’usure. De plus, les lois bancaires de la Charia interdisent d’investir dans une compagnie dont les dettes excèdent 30 %.

« Les institutions bancaires islamiques ne se sont pas effondrées pour la simple bonne raison qu’elles transigent avec des actifs tangibles et assument les risques », affirme Mohammed Ramady, professeur d’économie à  l’Université du Pétrole et des Ressources Minérales du Roi Fahd. « Même si les banques islamiques font partie de l’économie mondiale, l’impact d’une exposition directe aux investissements dans le crédit hypothécaires à  risque a été négligeable. La réduction des liquidités a particulièrement affecté Dubaï, qui a contracté de gros emprunts au niveau international. L’effet le plus négatif aura été la perte de confiance dans les bourses régionales. » Les nations arabes ayant un surplus de pétrole « reconsidèrent donc leurs investissements dans les actifs financiers à  l’étranger » et accélèrent leurs projets nationaux.

Il y a huit ans, en mai 2000, le banquier islamique saoudien Son Altesse Dr. Nayef Bin Fawaz al Chaalan a donné une série de conférences dans les États du golfe. À l’époque, ses recherches démontraient que les investissements arabes aux États-Unis, se chiffrant à  1,5 billions de dollars, étaient effectivement pris en otage et il recommandait de les retirer et de les réinvestir dans des actifs tangibles du marché arabe et islamique. « Pas dans des actions par contre, car la bourse peut être manipulée à  distance, comme nous l’avons vu ces dernières années dans les marchés arabes, où des milliards de dollars se sont évaporés. »

Il a alors annoncé qu’il était certain que le système économique étasunien était au bord de l’effondrement, en raison de ses dettes cumulatives, de l’accroissement constant de son déficit, et de l’intérêt sur cette dette. « Lorsque les dettes et les déficits arriveront à  échéance, ils émettront tout simplement de nouveaux bons du Trésor, afin de couvrir les vieux bons échus, avec leurs intérêts et un nouveau déficit ». On ne peut arrêter le cycle ou annuler la dette parce que les États-Unis ne seraient plus en mesure d’emprunter. Le fait de remédier à  ce cycle aurait pour conséquence l’effondrement de leur système économique, par opposition au krach partiel, bien qu’énorme de 2008.

« Les banques islamiques, affirmait le Dr. al Chaalan, protègent toujours la richesse des individus tout en mettant un bouchon sur l’égoïsme et l’avarice. Il possède le meilleur du capitalisme, en filtrant ce qu’il a de négatif, et le meilleur du socialisme, en filtrant aussi ce qu’il a de négatif ». Les deux systèmes devaient inévitablement échouer. De plus, l’Europe et le Japon n’avaient plus à  être tenus responsables et redevables aux États-Unis pour la protection contre les Soviets.

« La différence fondamentale entre le système économique islamique et le système capitaliste, poursuit-il, est que dans l’Islam, la richesse appartient à  Dieu, l’individu n’étant que son administrateur. C’est un moyen et non une fin. Dans le capitalisme, c’est l’inverse : l’argent appartient à  l’individu et est un but en soi. Aux États-Unis, spécifiquement, l’argent est vénéré comme un Dieu. »

En somme, le krach du système économique mondial est le résultat de l’arrogance fiscale des États-Unis, fondée sur un type de règlements pour eux, et un autre pour le reste du monde. Sa finance créative accrue a leurré son peuple en lui donnant un faux sentiment de sécurité, et le pays ressemble désormais à  l’échec total du capitalisme.

Tout l’exercice de la démocratie par la force contre les nations arabes musulmanes a presque mis les États-Unis en faillite. La guerre froide est terminée et les États-Unis n’ont rien à  offrir : pas d’exportations, pas de production, peu de ressources naturelles, ni d’économie dans le secteur des services.

Les marchés ayant résisté le plus aux politiques américaines, en restreignant les investissements directs aux États-Unis, sont ceux-là  même qui se débrouilleront le mieux et finiront premiers.

Mais pas avant d’avoir payé un prix très élevé.

Article original en anglais, Death of the American Empire, America is self-destructing & bringing the rest of the world down with it, publié le 23 octobre 2008.

Traduit par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Internet: le Sénat débute l’examen d’un texte déjà  contesté

Jeudi 30 octobre 2008

Internet: le Sénat débute l’examen d’un texte déjà  contesté

© AFP

Les sénateurs ont entamé mercredi soir l’examen du projet de loi anti-piratage qui vise à  dissuader les internautes de télécharger illégalement des oeuvres par une riposte « graduée », une mesure déjà  contestée par certains dans la majorité.

Le projet de loi « favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet » vise à  faire cesser « l’hémorragie des oeuvres culturelles sur internet » et à  favoriser le développement de l’offre légale de musique, films et programmes audiovisuels sur le web.

« La France détient le triste record de champion du monde » de la piraterie sur le net, a rappelé la ministre de la Culture, Christine Albanel. Un milliard de fichiers piratés d’oeuvres ont été échangés dans l’hexagone en 2006.

Pour lutter contre ce phénomène, le projet de loi crée une Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l’internet (Hadopi), que les ayants-droit pourront saisir s’ils constatent que leurs oeuvres font l’objet d’un téléchargement illicite.

L’Hadopi enverra un premier avertissement par courriel à  l’internaute. S’il recommence, il recevra une lettre recommandée.

Après cette phase préventive et pédagogique sur laquelle le gouvernement compte beaucoup, l’autorité administrative indépendante pourra passer aux sanctions. L’internaute risquera une suspension de trois mois à  un an de son accès à  internet. Sauf s’il accepte une transaction et s’engage à  ne pas recommencer, auquel cas la coupure pourra être réduite à  entre un et trois mois.

« La visée pédagogique et préventive de ce mécanisme est essentielle et constitue le coeur du projet du gouvernement », a déclaré Mme Albanel au Sénat.

« 70% des internautes cesseraient de télécharger dès le premier message d’avertissement et 90% dès le second », a expliqué Mme Albanel en citant une étude réalisée en Grande-Bretagne.

Mais la commission des Affaires économiques du Sénat, à  majorité UMP et saisie pour avis, a adopté mardi soir un amendement qui remplace cette coupure d’accès à  internet par « une amende ».

Cette initiative, qui s’inscrit dans une série de contestations de mesures gouvernementales au sein de la majorité, a été désapprouvée par le gouvernement, le groupe UMP ainsi que la commission des Affaires culturelles.

Mme Albanel s’est a nouveau montrée « réservée » sur cette disposition qui instaurerait une « inégalité » entre les internautes capables de s’acquitter de leur amende et les autres.

Le sénateur (non-inscrit) Bruno Retailleau, rapporteur de la commisssion des Affaires économiques, a toutefois maintenu sa position, qualifiant ce désaccord de « parfaitement normal ».

« Vous avez des zones où vous ne parviendrez pas à  faire le tri entre les services télévision, téléphone fixe et internet, donc la suspension c’est discriminatoire », a-t-il fait valoir.

« Comment réorienter les comportements vers l’offre légale, si on coupe le fil qui permet d’aller vers l’offre légale ? », s’est-il encore interrogé.

« L’urgence est là ! », a pour sa part lancé la socialiste Catherine Tasca, ancienne ministre de la Culture de Lionel Jospin, en référence à  la « déterioration de l’économie de la culture ».

« Vous semblez conditionner l’offre légale à  la lutte contre le piratage, vous participez ainsi à  entretenir un sentiment de défiance chez les internautes », pointant ce qui constitue, selon elle, « le déséquilibre du texte », que les sénateurs PS devraient néanmoins soutenir.

« Nous ne voulons pas » de la « guerre » entre « internautes et créateurs », a-t-elle encore souligné.

Des proches de Sarkozy également visés par le piratage bancaire

Jeudi 30 octobre 2008

Des proches de Sarkozy également visés par le piratage bancaire

© Reuters

famille sarko

Le père et la première épouse de Nicolas Sarkozy ont été aussi victimes du piratage de comptes bancaires qui a visé le chef de l’Etat, apprend-on de source policière.

Pal Sarkozy et Marie-Dominique Culioli sont comme le président de la République clients de la Société générale, mais dans une autre agence, a-t-on précisé cette source, confirmant ainsi des informations du site Mediapart.

Cette découverte ne signifie pas pour autant qu’il y ait eu complicité à  l’intérieur de la banque car les escrocs interpellés et mis en examen la semaine dernière ont fait des dizaines d’autres victimes dans d’autres établissements bancaires comme LCL ou La Banque postale.

Les escrocs auraient procédé depuis deux ans à  l’ouverture d’au moins 150 lignes de téléphonie mobile dans des agences Orange à  Rouen ou Louviers (Eure) ou à  l’agence SFR de Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Une employée de l’agence de Rouen a été mise en examen et écrouée pour complicité la semaine dernière. Mercredi, un salarié de l’agence de Mantes-la-Jolie a été présenté à  un juge.

En marge de l’enquête, les enquêteurs de la brigade financière ont découvert que plus de 150 employés de la Société générale avaient consulté le compte de Nicolas Sarkozy ces derniers mois, a ajouté cette source.

Une enquête est menée au sein de la banque pour mettre au jour d’éventuels abus.

Service France, édité par Sophie Louet

Piratage du compte de Sarkozy: trois nouveaux suspects arrêtés

Jeudi 30 octobre 2008

Piratage du compte de Sarkozy: trois nouveaux suspects arrêtés

© AFP

Trois nouveaux suspects ont été déférés mercredi devant la justice française dans le cadre de l’affaire de piratage de comptes bancaires du président Nicolas Sarkozy, portant à  six le nombre de personnes soupçonnées, selon une source proche du dossier.

Ils ont été placés en garde à  vue, qui peut durer jusqu’à  48 heures.

Ces nouvelles arrestations ont eu lieu après l’ouverture jeudi d’une enquête judiciaire pour « escroquerie en bande organisée », qui avait conduit à  l’inculpation et l’incarcération de trois personnes dont un couple de Sénégalais de 30 ans et une employée d’une boutique de téléphonie mobile de Rouen (nord-ouest).

Deux des trois personnes déférées mercredi sont des employés d’une boutique de téléphonie mobile, qui « sont soupçonnés d’avoir participé sciemment à  des ouvertures de lignes frauduleuses » avec les coordonnées bancaires des victimes, a précisé cette source.

La troisième personne est « soupçonnée d’avoir sollicité l’ouverture de ces lignes », a-t-on indiqué de même source.

Plus tôt dans la journée, une source proche du dossier a confirmé à  l’AFP des informations du site internet Mediapart selon lesquelles le père de Nicolas Sarkozy et sa première épouse, Marie-Dominique Culioli, font partie de la cinquantaine de victimes recensées dans cette affaire.

Cette conjonction laisse penser que les personnes à  l’origine de la fraude ne pouvaient ignorer à  qui appartenaient les comptes, a-t-on souligné.

La semaine dernière, une source proche de l’enquête avait indiqué que les trois premiers suspects arrêtés « ne savaient sans doute pas qu’il s’agissait du compte du président de la République ».

En revanche, a relevé mercredi une autre source, « il semble peu envisageable » que ceux qui ont fourni les coordonnées bancaires aux personnes interpellées aient « obtenu les données » du président, de son père et de sa première épouse « par hasard ».

« Ce sont des gens qui ont manifestement des moyens assez conséquents », a-t-on encore expliqué.

L’instruction a été ouverte pour « escroquerie en bande organisée », « usage frauduleux de références d’identification bancaire », « falsification et détention de documents administratifs », « divulgation intentionnelle de données figurant dans un fichier automatisé à  caractère personnel », ainsi que « complicité et recel ».

Courant septembre, le chef de l’Etat français avait déposé plainte après avoir constaté qu’une ou des personnes s’étaient servies des coordonnées de son compte bancaire personnel pour ouvrir plusieurs abonnements de téléphonie mobile. Le préjudice s’est élevé, dans son cas, à  170 euros.

Les Rothschild et leurs 200 ans d’influence en politique

Lundi 27 octobre 2008

Les Rothschild et leurs 200 ans d’influence en politique

© Alter Info, Independent.co.uk

Nat Rothschild, le financier au centre des accusations qui menacent d’engloutir le ministre des finance du cabinet fantôme britannique, George Osborne, connaît bien les lois qui interdisent aux politiciens d’accepter des dons de l’étranger.

Par Andy McSmith

The Independent, jeudi 23 octobre 2008

article original : « The Rothschilds and their 200 years of political influence »

nat rothschild

Les dons politiques de l’étranger sont aussi illégaux aux Etats-Unis, où l’équipe de campagne de John McCain fait l’objet d’une enquête, accusée d’avoir accepté un avantage en nature de la part de deux citoyens britanniques ultra-riches, nommément Nat Rothschild et son père, Jacob, le 4ème Baron Rothschild.

En avril dernier, M. McCain est passé par Londres et a fait un discours lors d’un dîner de collecte de fonds pour des expatriés américains, où les sièges aux tables les meilleures marché coùtaient 500 dollars par tête. Ce qui attira l’attention de Judicial Watch, une fondation basée à  Washington consacrée à  la lutte contre la corruption, était que cet événement se soit tenu « avec l’aimable autorisation de Lord Rothschild et de l’honorable Nathaniel Rothschild » à  Spencer House, la résidence familiale de St James, le seul palais du 17ème siècle privé au centre de Londres.

La Commission Electorale Fédérale (FEC) des Etats-Unis enquête toujours sur l’accusation selon laquelle l’équipe de campagne de M. McCain a violé la loi électorale en acceptant un avantage en nature de la part des Rothschild. « Nous n’avons pas encore de nouvelles de la part de la FEC et nous ne nous attendons pas à  en avoir avant la fin de la campagne électorale », a déclaré Tom Fitton, de Judicial Watch.

La famille Rothschild et la politique ont été étroitement liées pendant des générations, depuis que Nathan Rothschild, qui a fondé la branche anglaise de l’entreprise familiale, a financé la guerre britannique contre Napoléon, il y a deux siècles. Nathan était le fils de Mayer Rothschild, qui a fondé l’entreprise familiale dans le ghetto juif de Francfort au 18ème siècle.

L’année dernière, Serena Rothschild, la mère de Nat Rothschild, était l’une des plus importantes donatrices individuelles du Parti Conservateur. Elle a donné 190.000 livres sterling [240.000 €]. Elle a également aidé à  financer le poste de M.f Osborne.

Lorsqu’un autre membre du clan, Sir Evelyn de Rothschild, a épousé la femme d’affaire new-yorkaise Lynn Forester, ils ont passé leur nuit de noce à  la Maison Blanche, en tant qu’invités de Bill Clinton. Lady Rothschild était une collectrice de fonds pour les démocrates, mais elle est passée dans le camp de McCain après que son amie Hillary Clinton a été battue à  la nomination par Barack Obama.

Il n’est donc pas nouveau qu’un Rothschild fréquente des politiciens de premier plan – mais ils le font généralement d’une manière qui n’attire pas de publicité inutile. Ce qui est inhabituel à  propos de l’intervention soudaine de Nat Rothschild dans l’affaire de l’oligarque[1] et du yacht de Corfou est la façon dont il s’est mis au centre de la scène. Sa motivation présumée est la colère qu’il aurait éprouvé vis-à -vis des mauvaises manières de M. Osborne qui a révélé ce que Peter Mandelson avait dit sur Gordon Brown, lorsque Lord Mandelson, M. Osborne et M. Rothschild étaient les invités du magnat russe de l’aluminium, Oleg Deripaska.

Malgré la photographie désormais célèbre qui montre M. Rothschild et M. Osborne comme des étudiants privilégiés de 21 ans à  Oxford, ils n’étaient pas proches amis et leurs chemins ont rapidement bifurqué. Dans les deux ans après que cette photo fut prise, M. Osborne s’installa dans la carrière qu’il s’était choisie en prenant un poste au siège du parti conservateur. Cette même année, Nat Rothschild, ne montrant aucun intérêt à  trouver un emploi stable, se mit en couple avec Annabelle Neilson, un mannequin rencontré sur une plage en Inde, s’enfuit vers Las Vegas et l’épousa.

Ses parents horrifiés doivent avoir craint qu’il se dirige dans la même voie autodestructrice que celle de ses deux cousins – Amschel, qui s’est pendu dans un hôtel parisien en 1996, et Rafael, qui est mort d’une overdose d’héroïne, à  l’âge de 23 ans à  Manhattan.

Mais Nat Rothschild est sorti de ce mariage, rompu trois ans plus tard, en homme neuf. A New York, il a rencontré Timothy Barakett, le fondateur d’Atticus Capital, un fonds spéculatif qui fait des paris souvent risqués sur de larges sommes pour le compte de riches clients. M. Rothschild est devenu coprésident de cette entreprise, laquelle, à  son apogée, gérait des investissements de plus de 20 milliards de livres [27 milliards €]. C’était avant le désarroi des marchés financiers – le mois dernier, il a été rapporté que 2,5 milliards de livres [3,4 milliards €] ont été détruits de la valeur des actifs d’Atticus.

Même ainsi, on pense que Nat Rothschild a gagné beaucoup plus d’argent que ce qu’il aurait hérité en tant que plus jeune enfant et seul fils de Jacob Rothschild. Père et fils font à  présent équipe et ont co-fondé JNR, un véhicule d’investissement avec des bureaux à  Londres et à  New York et des intérêts étendus en Russie. C’est Jacob qui a présenté Nat à  Peter Mandelson.
Traduction JFG-QuestionsCritiques

Note :

[1] George Osborne, le « ministre de l’Economie » de l’opposition, est accusé d’avoir demandé au magnat russe de l’aluminium, Oleg Deripaska, de financer son parti, ce qui est illégal. Cela se passait pendant ses vacances en Grèce, à  Corfou, qu’il passait en compagnie de quelques personnalités extrêmement riches. Parmi ceux-ci, Nathaniel Rothschild, riche membre de la dynastie de banquiers, qui dispose d’une villa de vacances sur cette île grecque. A l’occasion de ce séjour estival, Osborne a en outre rendu visite à  l’oligarque russe Oleg Deripaska, l’un des hommes les plus riches de la planète, sur son yacht privé, lequel est, bien sùr, l’un des plus grands du monde.

Pendant ce séjour, Osborne a également rencontré Peter, désormais lord, Mandelson, alors encore commissaire européen au Commerce [devenu ministre du Commerce britannique début octobre]. Jusque-là , cette histoire de riches et célèbres ne suscite qu’un vague sentiment d’étonnement à  l’idée que le principal porte-parole des tories pour l’économie puisse frayer avec un adversaire politique tandis qu’au pays les gens s’inquiètent pour leur épargne, leur retraite, leur logement, leur emploi. Et c’est là  qu’intervient l’incroyable absence de jugement dont a fait preuve Osborne. Il a fait savoir que, lors de leur idylle ionienne, lord Mandelson avait « craché du pur vitriol » à  propos de Gordon Brown à  qui voulait bien l’entendre. Puis on a entendu dire que lord Mandelson aurait également rencontré Deripaska, qui a fait fortune dans l’aluminium et a profité de la baisse des droits de douane décidée par la Commission européenne. Ces révélations gênantes ont apparemment provoqué la colère de Rothschild, ce qui n’a rien de surprenant puisqu’elles entachent son rôle d’hôte. En réplique, Rothschild a affirmé que le chancelier de l’Echiquier du cabinet fantôme avait lui aussi vu Deripaska sur son yacht et qu’il était en plus accompagné d’Andrew Feldman, le collecteur de fonds des conservateurs, « pour solliciter un don » [la somme de 50 000 livres, soit plus de 63 000 euros, est avancée par la presse].

Bourses : 25 000 milliards de dollars partis en fumée

Lundi 27 octobre 2008

Bourses : 25 000 milliards de dollars partis en fumée

© Le Monde

25 000 milliards

Octobre, mois maudit pour les marchés boursiers. Après 1929, 1987 et 1989 : 2008. En trois semaines et demie, Wall Street et les autres places ont chuté de 25 %. « Peut-être l’automne a-t-il une influence psychologique particulière sur l’humeur des milieux financiers : l’hiver approche », notait l’économiste John Kenneth Galbraith dans son livre consacré au krach de 1929.

Vendredi 24 octobre, qui marquait le 79e anniversaire du plongeon à  Wall Street, les Bourses ont connu une nouvelle journée noire. A Paris, l’indice CAC 40 a terminé la séance en baisse de 3,54 %, après avoir perdu plus de 10 % en cours de journée et être passé sous la barre des 3 000 points. Tokyo a cédé 9,60 %, Bombay 11 %. A Wall Street, l’indice Dow Jones a reculé de 3,59 % à  l’issue d’une séance marquée par des mouvements de panique. « Une séance comme celle-là  ne fait que prolonger l’agonie », a estimé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management, interrogé par l’AFP. « De la peur à  l’état pur », a observé pour sa part Gina Martin, de Wachovia Securities.

Les chiffres donnent le vertige. Depuis le début de l’année, les grandes places boursières internationales ont perdu presque la moitié de leur capitalisation. Cela signifie qu’environ 25 000 milliards de dollars sont partis en fumée, soit près de deux fois le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis. Certaines places ont presque disparu du paysage. La Bourse de Reykjavik a perdu 94 % de sa valeur, Moscou 72 %, tout comme Bucarest.

Rien n’y fait. Ni la mise en oeuvre de gigantesquesplans de sauvetage bancaires, ni l’annonce de plans de relance économique massifs ou les appels au calme lancés par les dirigeants politiques et monétaires ne parviennent à  enrayer la chute des Bourses. Les investisseurs sont de plus en plus convaincus que l’économie mondiale n’échappera pas à  une récession longue et douloureuse.

Le dernier espoir qui subsistait, celui que les pays émergents résistent à  la crise, est en train de s’envoler. En Chine, le marché immobilier donne des signes de craquement, ce qui risque de fragiliser l’ensemble du système bancaire. Les fermetures d’usines se multiplient, les entreprises se trouvant privées de leurs débouchés dans les pays occidentaux. En Russie et dans tous les pays producteurs de pétrole, les revenus tirés des ventes de brut fondent au fur et à  mesure que le prix du baril s’écroule. Le cours du brent est tombé vendredi à  62 dollars, soit une baisse de plus de 55 % en trois mois.

La crise des subprimes dégénère en crise économique globale, qui menace les pays les plus faibles. Vendredi, l’Islande, au bord de la faillite, a annoncé avoir signé un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 2,1 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros). Et la liste des pays en grande difficulté ne cesse de s’allonger : Ukraine, Pakistan, Argentine, Hongrie,etc.

Aux Etats-Unis et en Europe, la contamination de »l’économie réelle « commence à  se matérialiser. Selon les chiffres publiés vendredi, l’économie britannique s’est contractée de 0,5 % au troisième trimestre, soit le recul le plus important depuis 1990. EnEspagne, le taux de chômage est remonté à  son plus haut niveau depuis quatre ans. En France, le climat des affaires est tombé à  son plus bas niveau depuis 1993. Quant au marché immobilier, il donne des signes de craquement. Le nombre de transactions devrait chuter de 25 % en 2008, ont indiqué jeudi les notaires.

Certains secteurs vacillent. Au premier rang d’entre eux, l’automobile. Renault va fermer ses usines en Europe de l’Ouest durant les vacances de la Toussaint. Le président du conseil de surveillance de Volkswagen, Ferdinand Piëch, prédit « une traversée du désert ».

Au vu de cette détérioration du paysage économique, les opérateurs boursiers s’attendent à  un effondrement des profits des entreprises.Tous les secteurs sont touchés. Selon une étude du courtier Cazenove, les plus exposés sont, dans l’ordre, la construction, les mines, les grands magasins, l’assurance-vie et la banque. Les valeurs refuges défensives se réduisent à  une peau de chagrin : produits de grande consommation, spiritueux… A la Bourse de Paris, la moins mauvaise performance revient à  GDF Suez, qui affiche un recul de 21,66 % depuis le début de l’année. La plus mauvaise est le fait de Renault, dont l’action a baissé de 77,12 % depuis le1 er janvier.

L’inquiétude des investisseurs est d’autant plus grande que les marges de manoeuvre monétaires et budgétaires commencent à  s’épuiser. En premier lieu, les taux d’intérêt s’approchent de leur plancher. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) pourrait annoncer, mardi, une nouvelle baisse de son taux directeur, fixé aujourd’hui à  1,5 %. En Europe, les opérateurs s’attendent aussi à  un geste de la Banque centrale européenne,dont le taux principal s’établit à  3,75 %. Au Japon, la banque centrale est dans l’incapacité d’agir, son taux directeur se situant à  0,5 %.

Sur le plan budgétaire, les injections de fonds publics pour sauver les banques vont se traduire par une hausse sensible des dettes publiques et par un recours massif à  l’emprunt de la part des Etats. Cet afflux d’obligations du Trésor sur les marchés financiers risque de provoquer une forte remontée des taux d’intérêt à  long terme qui jouent un rôle majeur dans le financement de l’économie. « Les marchés broient du noir et imaginent le pire avec uncaractère autoréalisateur, notent les économistes du Crédit agricole. La question de la confiance reste centrale, et personne ne sait bien aujourd’hui quel élément catalyseur est susceptible dela restaurerdemanièredurable. »

Le pétrole tombe sous 60 dollars à  Londres et 62 à  New York

Lundi 27 octobre 2008

Le pétrole tombe sous 60 dollars à  Londres et 62 à  New York

© AFP

Les cours du pétrole ont poursuivi leur chute lundi, tombant sous la barre psychologique des 60 dollars à  Londres pour la première fois depuis le 16 mars 2007, et sous celle des 62 dollars à  New York, plombés par les craintes de récession et l’appréciation du billet vert.

Le cours du Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre est tombé jusqu’à  59,32 dollars vers 08H40 GMT sur l’Intercontinental Exchange de Londres, redescendant ainsi à  ses plus bas niveaux en séance depuis février 2007.

Au même moment, le cours du baril de « light sweet crude » pour la même échéance est tombé jusqu’à  61,55 dollars sur le New York Mercantile Exchange, son plus bas niveau depuis mai 2007.

Depuis leurs records du mois de juillet, où ils s’étaient hissés à  plus de 147 dollars à  Londres comme à  New York, les cours du pétrole ont fondu en raison de craintes d’une chute de la demande sur fond de risque de récession entraînée par la crise financière internationale, et sous l’impact d’une forte appréciation du dollar.

Vendredi, la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de diminuer sa production d’un million et demi de barils par jour n’avait pas suffi à  enrayer le plongeon des cours.

L’euro sous 1,24 dollar, au plus bas depuis avril 2006

Lundi 27 octobre 2008

L’euro sous 1,24 dollar, au plus bas depuis avril 2006

© AFP

L’euro a touché lundi vers 08H40 GMT (09H40 à  Paris) un plus bas à  1,2367 dollar, et est passé pour la première fois depuis le 26 avril 2006 sous 1,24 dollar, en raison de craintes persistantes de récession et de mouvements de rapatriement de fonds soutenant le billet vert.

Depuis son record du 15 juillet dernier, à  1,6038 dollar, l’euro n’a cessé de reculer et a perdu plus de 22% de sa valeur.

Dans un contexte de dérèglement des échanges, avec des tensions sur le marché du crédit, et de fortes inquiétudes des marchés, avec les craintes de récession, l’euro a en outre connu une volatilité importante sur le marché des changes, avec des variations de plusieurs cents en quelques heures.

Les autres monnaies connaissaient le même sort et la livre sterling reculait face au dollar et à  l’euro tandis que le yen s’illustrait par sa résistance.

Le club des pays riches du G7 s’est inquiété lundi de la flambée du yen et le gouvernement japonais a dévoilé un nouveau paquet de mesures anticrise, sans aucun effet sur les marchés : la Bourse de Tokyo a terminé au plus bas en 26 ans et le yen n’a guère bougé.

« Nous continuerons à  surveiller attentivement les marchés et à  coopérer d’une façon appropriée », ont ajouté les grands argentiers du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon).

Un homme qui avait menacé de mort Nicolas Sarkozy par mail interpellé

Samedi 25 octobre 2008

Un homme qui avait menacé de mort Nicolas Sarkozy par mail interpellé

© AFP

Un homme qui avait envoyé le 15 octobre un mail contenant des menaces de mort au président Nicolas Sarkozy a été interpellé dans la nuit de jeudi à  vendredi dans un cybercafé du Ier arrondissement de Paris, a-t-on appris de source proche du dossier.

Après son interpellation, l’individu, âgé de 26 ans, sans profession ni domicile fixe, connu des services de police et qui a reconnu les faits, a subi un examen comportemental et a été admis à  l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

Après la réception, le 15 octobre, par la présidence de la République d’un mail contenant des menaces de mort visant Nicolas Sarkozy, la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne avait réussi à  identifier le cybercafé d’où le message avait été envoyé.

Lors de leurs investigations, et en utilisant des images de vidéosurveillance, les enquêteurs avaient appris par des familiers du lieu que l’homme qu’ils recherchaient venait de temps en temps envoyer des messages.

Au terme de plusieurs jours de surveillance, les policiers l’ont interpellé dans la nuit de jeudi à  vendredi dans le cybercafé situé boulevard de Sébastopol.

Article 104 du Traité de Maastricht

Mercredi 22 octobre 2008

Article 104 du Traité de Maastricht


Maastricht – Article 104
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